Xbreed Supersoul : à la croisée des genres
Il y a quelques temps Faiz, un lecteur du Blog-Bazar mauricien de son état, et non moins ami de la team, m’a gentiment proposé de me faire découvrir un groupe de chez lui qu’il apprécie énormément. Aimant les défis, les voyages musicaux et la découverte, j’ai bien sûr tout de suite accepté.
Le groupe en question ? Xbreed Supersoul (prononcez Crossbreed), qui voit le jour en 2004 et est composé de 5 zycos :
- Guylain Blackburn (batteur)
- Armand Gachet (bassiste)
- Roland Constantin (guitare lead)
- Vincent Brasse (guitare acoustique et chant)
- Laurent Blackburn (guitare rythmique)
Alors qu’est-ce que c’est que ce son ? Une fois les deux albums en main, je décide de me les jeter bien comme il faut dans les oreilles, en prenant soin de commencer par la première galette Live at the BBC, sorti en 2005. Un premier album avec un nom pareil, ça ne peut être que de bonne augure.
Oui alors bon, c’est sûr, certains ne manqueront pas de trouver ça assez présomptueux. Disons que c’est un jeux de mots assez bien trouvé, le sigle BBC ne faisant pas directement référence à la compagnie de radio-télé anglaise, mais au Banana Beach Café, club bien connu de Grand Baie où nombre d’artistes locaux se donnent rendez-vous avec leur public pour des sessions live qui, accompagnées des cocktails explosifs du barman, sont réputés pour mettre le feu aux soirées de fin de semaine…
Mais cessons de rêver de plages et de cocktails, et revenons à la zique. A la première écoute de ce live, le ressenti est plutôt sympa. Un mélange de styles aux teintes Coldplay, U2, Metallica et même du grand Hendrix, en passant par du Noir Desir, Queen of the Stone Age ou encore Placebo. Attention je ne parle pas de reprises mais bien d’ambiances !
On commence par un « Supersoul », mélodie cool et entrainante qui nous raconte une terre bien mal en point, que des super-héros tentent de sauver. On part d’un set pop acoustique, peu présent en rythmiques, pour arriver progressivement à un son rock plus impulsif, plus saturé, plus percutant aussi, avant de revenir au calme. Un premier morceau très bien écrit, qui incite à poursuivre plus loin le voyage. On continue avec un « President » à la mélodie et au beat assez entrainant eux aussi. On notera que pour un live le son est très bon, avec un master impeccablement qualibré grâce auquel il est impossible de manquer la moindre ligne de basse ni le moindre riff de guitare. J’adore.
« Tantric », tout comme « Hit By a Plane » valent le coup de s’y intéresser de plus près. On sent vraiment une grande osmose dans le groupe lorsqu’on écoute ces deux titres, dans lesquels se succèdent tentions et détentes de manière très convaincante et fluide.
« Be Mine » est sans doute la chanson la plus romantique de l’album, puisque la seule à parler d’amour. Joli petit slow donc, qui je pense saura plaire à beaucoup. Pas franchement représentatif du groupe, mais très appréciée par le public le titre fait partie des plus grands tubes des Xbreed.
Autre titre que j’aime beaucoup également, « Pokemeon ». Ca commence par un bon solo de percu et, petite surprise, on a droit au premier titre francophone du groupe ! Un bon tempo, un excellent beat auquel il est difficile de résister. Moi ça me fait penser à du bon Noir Désir.
Ensuite vient « Michael Jackson ». Pas le vrai bien sûr, qu’il repose en paix. Non, c’est juste le nom de la piste suivante. Pourquoi ce nom ? Aucune idée, de l’aveu même du chanteur. C’est un peu le même délire que Gorillaz avec son « Clint Eastwood », mais ça ne dérange pas vu la qualité de la chanson.
« Smile » est surement LA chanson du groupe. Celle qui l’a fait connaître grâce à sa diffusion sur les ondes. Un son très pêchu, de bons riffs, des voix qui se mélangent bien à la sauce (Laurent assure les chœurs), normal que ça cartonne autant pour les Xbreed !
On l’a vu plus haut, l’album mélange les genres sans complexe aucun. « Done my Time », composé par Armand en mémoire de son défunt frère Sacha, emprunte un beat reggae très convainquant, même si j’aurais apprécié un plus gros travail dans le style sur la mélodie du chant. On reste donc sur une ambiance rock, avec de (trop) courts emprunts reggae. Mais ça reste tout de même très bon.
A nouveau une bonne démo de la qualité de son avec « Above », dans lequel on sent une fois de plus une grosse présence des guitares et une bonne ambiance rythmique.
Et on fini par un excellent « Crowd Surfing », avec la fameuse intro guitaristique emblématique de Pulp Fiction (que vous découvrirez sous le nom de « Misirlou » dans la BO du film), ou encore du film Taxi premier du nom (le moins pire à mes yeux^^). Ca se lâche bien comme il faut par la suite. On est à la fin du concert, et le groupe a encore de la patate à revendre ! Et c’est ça qui est bon !
Très bon premier album live en résumé. Quand on voit la difficulté et la prise de risque que représentent l’enregistrement et la vente d’un album live, il fallait en avoir dans le caleçon pour en proposer un comme tout premier album. Alors oui, bien sûr, on pourrait épiloguer sur les petites erreurs de débutant, la justesse pas toujours très clean de certains passages… mais merde : c’est du rock, c’est du live, et c’est du bon ! Point barre.
Bon alors, vu que j’aime bien les galettes pleines de patates, forcément j’en ai repris !
Le second album, sorti en 2007, est un score studio cette fois-ci, et prend le nom de A Letter to G. Si le master du premier album était franchement bon pour un live, on sent bien ici que les Xbreed ont fait pas mal de chemin en 2 ans. « Come to Light » est le parfait exemple de cette recherche de qualité. Un chant un peu en retrait, sur des intrus chacun à leur place. Tenez, on a même droit à des petits passages de pianos. Un « Letter to G » très intimiste sur le début, qui ne tarde pas à exploser de guitares en mode disto. Un bon gros son rock bien gras ! J’aime !
Un « Better than you Thought » assez trash, faisant penser à du Metallica dans son riff d’intro de basse, et une voix aux sonorités plus heavy proche de celle de Bono, un peu Linkin Park sur les bords parfois…
On reviens sur un style plus acoustique dans « Monday », au départ avec Vincent et ça guitare, avant de s’énerver à nouveau par la suite avec l’arriver des guitare electro-saturées. On a droit à peut près à la même structure sur « Confused », mais en bien plus pêchu. On sent bien l’efficacité du bloc basse-percu, impeccable dans ses breaks, et l’efficacité de la mélodie. Là on serait plutôt dans l’influence Radiohead au niveau de la voix dans les passages calmes.
Vient ensuite « La femme » qui à nouveau nous présence un titre en français qui n’est pas sans nous rappeler les intonantions vocales et le travail textuel de Noir Désir. Très sympa comme rendu ! Une écriture très intelligente dans le phrasé, avec un rythme très entrainant et captivant fait de breaks et de retards bien dosés. Même sensation Noir Désir-like pour « Didapdap ». Si vous écoutez ce titre, il y a de grandes chances que comme moi vous n’y compreniez pas grand chose, puisque qu’il semble que le titre soit écrit en créole mauricien. Peut-être que Faiz pourrait nous faire une traduction, qui sait ?
Nouvelle apparition pianistique sur « Get soo High », avant de reprendre le bon son de gratte sur un « State of Mind » qui me donne envie, de me remettre un bon vieux Red Hot dans le casque. Un bon coup de caisse claire ? C’est « Without You », et c’est encore une belle déclaration d’amour, avec en prime des voix d’enfants sur la fin du titre : sympa.
La voix de Vincent change complètement de timbre sur l’intro d’un « Going Insane » un peu fou. Me fait un peu penser à certaines intonations de Rammstein sur le début (chant + chuchotement). Et on termine ce bel album avec un très bon « Punk Shit » très pêchu. Du bon son de gratte comme le groupe nous en a donné l’habitude. On note dans les riffs les plus cool de ce titre une couleur de son qui rappelle certains passages de « Get so High ». Perso j’aurais bien vu un doublage du chant sur ce morceau, histoire de donner un côté un peu plus rentre dedans à la voix. Mais ce n’est que mon avis, et ça passe déjà carrément bien comme ça !
Pour avoir du son ? Y clique sur ce lien, y clique dans le lecteur Myspace, y y est
Et si il en veux plus, y trouvera A Letter to G pour 8,99 euros dans son iTunes !
Keep on touch



Bonne review, et bonnes recherches sur le groupe ! une petite erreur par contre, c’est « Come to Light » et pas « Come to Life ». ^^
Si tu veux je pourrais traduire Didapdap, mais la traduction rendrait mal en francais. (dans le sens ou ca passe bien en créole, mais pourrait être un peu ridicule en francais).
Oups, jolie petite coquille sur « Come to Light » effectivement. :-p
En même temps « Come to Life » ça sonne pas mal non ? ^^
C’est corrigé !
En attendant pour la traduction je comprends bien que c’est un peu difficile.
Sans parler de faire du mot à mot, ça me plairait tout de même bien d’avoir une compréhension du sens général si ça te tente
Ouais là j’suis d’accord avec Faiz pour Didapdap. Par exemple dans le refrain je vois mal comment traduire le « langet sorma! » qui est une insulte en créole et qui n’a pas vraiment de définition.
En tout cas c’est fou, maintenant tu connais 10 fois mieux le groupe que moi Oo, vraiment super bien travaillé ta review. Je savais meme pas qu’on pouvait trouver toutes ses infos.
Au moins je sais que « langet sorma » est une insulte ! C’est un bon début ^^
Sinon pour les infos, tu peux aller fouiller là :
http://www.azenda.fr/article/artistes,crossbreed_supersoul_rock(3-499).htm
Tu y trouveras 2 clips en prime
Eh ben ! Il savent faire de la zik à Maurice ;p Belle voix le chanteur ^^