Up In The Air

jan 23, 2010 4 commentaires de Marv

"et si je reste sans bouger pendant 1h40, j'y aurai droit à mon oscar ?"

UP IN THE AIR de Jason Reitman

L’histoire :
L’odyssée de Ryan Bingham, un spécialiste du licenciement à qui les entreprises font appel pour ne pas avoir à se salir les mains. Dans sa vie privée, celui-ci fuit tout engagement (mariage, propriété, famille) jusqu’à ce que sa rencontre avec deux femmes ne le ramène sur terre.

LE JOUR OU LES CONS VOLERONT…
Vous l’attendiez avec impatience, vous trépignez a n’en plus dormir la nuit, je le sais, mais ne vous inquiétez pas, ça y est je l’ai trouvé : l’arnaque oscarisable de 2010 !
Troisième film de Jason Reitman (le fils du génie qui a signé GhostbustersGhostbusters II et un Flic a la maternelle, alors un peu de respect !), après le sympathique et faussement provoc Thank You For Smoking et le feel good movie acidulé pour bobos patentés et cinéphiles du marais Juno, voici que le canaillou revient avec un énième portrait symbole de l’Amérique moderne et de ses névroses, en l’occurrence celles laissées par la crise et la perte de l’emploi, castration ultime du sacre de la réussite de l’individu au pays de l’oncle Sam.
Le film s’articule en deux pistes bien distinctes : d’un côté la peinture “temps de crise” où Clooney vire les gens de la manière la plus Kafkaienne possible et de l’autre côté l’approfondissement du personnage de Clooney, une espèce de..de…de…une espèce de grosse merde en fait. Ben c’est a dire que le type est une épave, un trou émotionnel sans attaches à rien (son appart est plus vide que celui de Slater dans Last Action Hero) ni a personne (il renie autant que possible sa famille, le moindre lien amical ou professionnel) jusqu’à ce que le bonhomme rencontre deux nanas. L’une est une espèce de doppelganger avec qui il couche (sublime Vera farmiga) qui le fait renouer avec une espèce d’humanité, l’autre une collègue (Anna Kendrick super bonne, mais a encore du boulot a faire comme actrice et devrait arrêter de jouer les pétasses dans les Twilight) qui lui donne une épaisseur de simili-figure paternelle malgré lui. Bref une énième vision matriarcale d’une société en perte de repères, vous connaissez le refrain…

NESPRESSO, WHAT ELSE : LE FILM un homme. un destin. un café. l'addition.

Et après ? ben pas grand chose. Une fois arrivé là, on en est déjà aux trois quarts du film et c’est tout juste quand il amorce un possible début d’évolution dans sa personnalité que le film s’achève, sans que grand chose n’ait été résolu…ou même a résoudre d’ailleurs.
Le cinéma de fiction et de narration, quel que soit le genre, a besoin de conflits pour avancer, ce film n’en a presque aucun. Oui les acteurs sont bons. Oui, Clooney, quel homme (sic). Oui le réalisateur, l’écriture, quelle sensibilité, d’accord, d’accord. Et après ??

C’est bien beau de vouloir épurer sa forme et son fond dans un but de lisibilité, mais y’a un moment où on finit par ne parler plus de rien, et a remplir son film de scènes absolument inutiles voire parasites à l’ensemble, aussi sympas puissent-elles paraître une fois déconnectés du reste du métrage (je pense par exemple à une looongue séquence de soirée-séminaire où les persos principaux font juste la fête…tu l’enlèves le film gagne en fluidité et ne perd pas une seule information).

On est loin de la beauté esthète d’un Lost In Translation et encore plus du niveau d’écriture d’un Hotel International, bien que, faut l’avouer, en termes de mise-en-scène, de cadrage et de découpage, Reitman s’est grandement amélioré depuis Juno. Alors ce serait sympa de le voir la prochaine fois derrière un vrai scénar plutôt qu’un nouvel ersatz de pilote de série télé pour showtime. Ce serait au passage sympa aussi qu’il cesse avec autant d’opportunisme d’exploiter le misérabilisme à outrance en prenant devant la caméra des témoignages de véritables licenciés dans le rôle des gens virés par Clooney. Quand on demandera à Hollywood de sauver le monde, on vous fera signe les gars, promis. tas de cons.

1/6
quel twist dans la carrière de Jason Reitman ! Au bout de 3 films, on aurait pu croire qu’il commence enfin a parler de quelque chose qui ait un quelconque intérêt.
Et en fait, non.

Ciné Américain, Cinéma

A propos de

Descendant direct des plus grands héros de l'espèce humaine, le Marv est un aventurier au coeur d'or, dont le courage et la bravoure sont si puissants qu'ils pourraient lui faire soulever des montagnes ou des jupes par la seule force de sa pensée et dont les exploits sont si impressionants qu'ils sont vénérés jusqu'au pays du soleil couchant. Sans peur, humble et d'une modestie folle, le Marv, ce grand romantique, est un passionné. Amoureux du cinéma depuis 1895, le Marv n'a de cesse que de bouffer de la pelliculle jour et nuit quitte à en exploser. Le Marv est particulièrement féru de cinéma de genre, de tout ce qui se prête à la subversion, la culture geek, la contre culture et qui montre les tripes de son auteur. Le Marv dèteste le politiquement correct et le cynisme. Mais ce que le Marv préfere, ce sont les films qui arrivent a aligner à l'image un sens aigu de l'awesomeness, un propos philosophique, une pertinence métaphysique, des femmes nues et des grosses explosions.

4 réponses à “Up In The Air”

  1. fylyp82 says:

    Ok, au moins c clair ! Pourtant georges en Loser assure en général… dommage que le film ne suive pas.

  2. Grishka says:

    Moi qui voulait aller le voir, je suis bien refroidis… je tenterai le coup en DVD.

  3. chris says:

    bon descriptif du film et bonne analyse du travail de Reitman.
    Mais je n’ai pas compris que le personnage est “insensible”, j’ai compris qu’il s’était enfermé dans un univers pour se protéger de ses peurs qui ne sont pas dites. La peur globale de la famille n’est pas suffisante.
    Le film n’est en effet pas abouti, ni dans l’un ni dans l’autre de ses propos.

    Je pense que ce film ne doit être vu que par ceux qui aiment (trop) les aéroports et les hotels ! Les autres ne peuvent que s’ennuyer assez vite malgré Vera Farmiga (somptueuse).

    J’ai une question : le haut des têtes était le plus souvent coupé (on ne voyait pas le haut des cheveux) à la projection que j’ai eue… c’est le cadrage choisi par Reitman ou le projectionniste du ciné avait bu ? (personne ne s’est plaint…)

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