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	<title>Blog-Bazar &#187; daniel craig</title>
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	<description>Blog touche a tout</description>
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		<title>Les Aventures de Tintin : le Secret de la Licorne</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Nov 2011 15:43:37 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marv</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ciné Américain]]></category>
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		<description><![CDATA[Il existe une maquette d'un navire. Et dans cette maquette, il y a une énigme cachée. Et derrière cette énigme, il y a une chasse au trésor fantastique. Lorsqu'une course entre le bien et le mal s'engage pour le trouver, c'est l'aventure qui commence pour le plus intrépide des reporters : Tintin.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><em>Préambule : </em></p>
<p><em>En tant qu&#8217;auteur de ces lignes, il est de mon devoir de vous informer que cette critique ne fait pas parti du cycle Steven Spielberg faisant partie de l&#8217;Encyclopédie partielle et partiale dédiée à l&#8217;Histoire du Cinéma que j&#8217;ai entrepris. Elle s&#8217;inscrit dans une logique d&#8217;anticipation en forme d&#8217;écho aux doutes de mes milliards de fans afin d&#8217;effacer le terrible et sournois silence associé à la sempiternelle question : « alors, tu l&#8217;as trouvé comment toi, ce film ? » La question suppose deux réponses, la première se réduisant simplement à un « en cherchant dans un cinéma, connard », il m&#8217;a paru plus essentiel d&#8217;apporter du soin à la deuxième, autrement dit mon avis sur le film. Cet avis n&#8217;étant écrit qu&#8217;a quelques jours à peine suivant mes premières visions du métrage, il me parait important de signaler que son manque obligatoire d&#8217;objectivité sera plus dû à un manque de recul sur l&#8217;oeuvre lié au temps nécessaire séparant une vision de son analyse et plus particulièrement a la pertinence et a la justesse de cette dernière qu&#8217;à une soi-disant allégeance naturelle judéo-maçonnique inféodée au grand capital apatride levantin associée à une idolâtrie païenne extrémiste du réalisateur Steven Spielberg. </em></p>
<p><em>Cela étant posé, Steven Spielberg est Dieu et tous les hérétiques qui prétendent le contraire seront mis au bucher. </em></p>
<p><em>Merci de votre attention et bonne lecture. </em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-7795" title="tintin 0" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/11/tintin-0.jpeg" alt="" width="600" height="800" /></p>
<p><strong>THE ADVENTURES OF TINTIN </strong>de Steven Spielberg - 2011</p>
<p><em>(Les Aventures de Tintin : Le secret de la Licorne) </em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L’histoire :</p>
<p>Il existe une maquette d&#8217;un navire. Et dans cette maquette, il y a une énigme cachée. Et derrière cette énigme, il y a une chasse au trésor fantastique. Lorsqu&#8217;une course entre le bien et le mal s&#8217;engage pour le trouver, c&#8217;est l&#8217;aventure qui commence pour le plus intrépide des reporters : Tintin.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-7796" title="tintin 1" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/11/tintin-1.jpeg" alt="" width="700" height="394" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>LE PHÉNOMÈNE APOLLO 12 </strong></p>
<p>Ernesto Guevara a dit « Dans une révolution, on doit triompher ou mourir ».</p>
<p><strong>Avatar</strong> fut le triomphe que l&#8217;on sait, la révolution que si peu encore savent, mais un triomphe total indéniable.</p>
<p>Seulement pour qu&#8217;une révolution prenne, une fois qu&#8217;elle a commencé, il faut qu&#8217;elle s&#8217;étende. Qu&#8217;elle conquiert de nouveaux territoires, accueille de nouveaux adeptes a sa cause. Une étape énorme a été franchie par Cameron en 2009, étape que j&#8217;ai à l&#8217;époque assimilée au pas d&#8217;Armstrong sur la lune. Car en s&#8217;affranchissant de toute limite physique inhérente au tournage classique via la Performance Capture, Cameron (et Zemeckis avant lui, qui y a sacrifié beaucoup) a fait faire un bond en avant au Cinéma.</p>
<p>Guevera a aussi dit « soyez réalistes : demandez l&#8217;impossible ». L&#8217;impossible est ce à quoi le cinéma a toujours aspiré depuis que d&#8217;un procédé photochimique barbare et magique où la lumière visible s&#8217;est imprimée sur des sels d&#8217;argent, de la poussière d&#8217;étoile, des fous, des artisans et des techniciens on crée un art, celui de l&#8217;illusion. Le Cinéma est l&#8217;art du mensonge par excellence, plus il cherche a traduire le réel sans la moindre interférence plus il est artificiel et plus il va loin à développer du faux plus il fait ressortir du vrai. Si vous pensez que j&#8217;ai tort, posez-vous la question deux secondes : pourquoi <strong>Citizen Kane</strong> a marqué l&#8217;Histoire du Cinéma ? Parce qu&#8217;il avait un bon scénar et de bons acteurs ? Non, parce qu&#8217;il avait la réalisation la plus innovatrice de son temps, la mise-en-scène la plus élaborée, la plus pensée et la plus trafiquée possible (un plan sur 3 contient au moins un effet spécial) (oui je parle de Kane là, pas d&#8217;Avatar) pour parvenir au film le plus pur possible, se rapprocher le plus possible d&#8217;un idéal de Cinéma capable de cerner l&#8217;âme humaine à travers l&#8217;évocation de son imaginaire, de ses fantasmes, ses mythes et ses désillusions. C&#8217;est pour ça qu&#8217;il est encore considéré comme l&#8217;un de plus grands films de tous les temps, plus de 70 ans après sa sortie.</p>
<p>Les grandes mises en scène font les grands films, et les meilleurs metteurs en scène font les meilleurs films.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Bien des révolutions, des sacrifices et des raccourcis plus tard arrive la Performance Capture.</p>
<p>Alors, une bonne fois pour toutes, qu&#8217;est-ce que la Performance Capture et pourquoi une certaine partie de la critique cinéphile fait briller ses yeux à la lecture de ces deux mots ?</p>
<p>Ce qu&#8217;il faut comprendre c&#8217;est que, la Performance Capture&#8230;</p>
<p>Ce n&#8217;est pas de la motion capture.</p>
<p>Ce n&#8217;est pas de l&#8217;animation.</p>
<p>Ce n&#8217;est pas une technologie.</p>
<p>C&#8217;est une manière de penser et de faire du Cinéma autrement.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-7797" title="tintin 2" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/11/tintin-2.jpeg" alt="" width="700" height="394" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Quand on tourne avec une caméra de manière classique, qui qu&#8217;on soit et quel que soit notre pouvoir sur les éléments et notre compte en banque, nous sommes tous soumis aux mêmes lois de la nature : les caprices de la météo, la fabrication des décors, les acteurs typés pour correspondre à des rôles typés, le maquillage, la mise en place des trucages directs et indirects, les logistiques absurdes amenant des centaines de personnes à l&#8217;autre bout du monde pour filmer un plan, le temps qui joue contre nous, la technique qui lâche, la réussite d&#8217;un raccord, d&#8217;une scène ou d&#8217;une séquence dépendant de milliers de facteurs, tout ça pour dire que faire un film est un compromis avec le monde réel et que ce qu&#8217;on appelle un « tournage » n&#8217;est qu&#8217;une licence sur laquelle on s&#8217;accorde par défaut, mais qui n&#8217;a pas la moindre raison d&#8217;être le seul modèle en vigueur pour produire un film. On pourrait alors se rapprocher du film d&#8217;animation, mais là c&#8217;est un autre problème : aucun film d&#8217;animation, aussi réussi et parfait soit-il n&#8217;a jamais été capable de restituer toutes les nuances d&#8217;un visage humain, des mouvements des yeux, du grain de peau et par compromis encore une fois, n&#8217;a presque jamais aspiré à le faire. La guerre de chapelles fait rage. Les ayatollahs de la bien-pensance et du bon gout ont décidé il y a bien longtemps que le réel devait rendre compte du réel en filmant du réel ou quasi-réel et que l&#8217;animation était tout juste bonne pour… les dessins animés et les animaux qui parlent pour toute la famille, en gros.</p>
<p>La Performance Capture sort de ce système et des clivages en proposant une troisième voie : ni du live, ni de l&#8217;animation. Autre chose.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-7798" title="tintin 3" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/11/tintin-3.jpeg" alt="" width="636" height="226" /></p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-7799" title="tintin 4" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/11/tintin-4.jpeg" alt="" width="636" height="221" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Un idéal de théâtre, de mise-en-scène pure auquel les aspirants du cinéma-vérité, de la nouvelle vague et de tout auteur autoproclamé se devrait au minimum de s&#8217;enthousiasmer pour ne pas dire jubiler : un réalisateur face a son acteur. Rien d&#8217;autre au monde. Pas besoin de maquillage ou quoi que ce soit. Juste cette tenue qui permet de capter ses mouvements, son corps et les muscles de son visage et les mouvements des yeux. Tout autour un grand vide ou le strict minimum fait de bâtons en plastique, de scotch et d&#8217;élastiques évoquant une surface, un objet, un décor avec lequel interagir. Il n&#8217;y a rien d&#8217;autre au monde qu&#8217;un réalisateur et son acteur. Et tout ce qui compte c&#8217;est la performance de l&#8217;acteur. C&#8217;est son sujet. Tout le reste est à créer, enfin à penser. Et les possibilités sont infinies. C&#8217;est ce qui fait que, par exemple avec <strong>Beowulf</strong>, d&#8217;un vieil acteur bedonnant, laid et lent on a pu créer un personnage original, rapide, beau, vaillant et fort. Un vrai héros d&#8217;action qui ne ressemble à aucun autre acteur et qui conserve tout le talent et la force de l&#8217;acteur d&#8217;origine. La liberté est partout : tout décor est possible, toute échelle de plan est possible, tout mouvement de caméra est permis, toute obligation de raccord disparait. Une fois qu&#8217;on a atteint ce photoréalisme où notre capacité a créer du faux dépasse notre capacité a le détecter, il ne reste que le jeu des acteurs, à un état pur, évoluant dans un univers précalculé et qui peut se coller sur tout ce qu&#8217;on veut et tout ce qui reste a créer c&#8217;est de la mise-en-scène pure basée sur une seule contrainte : l&#8217;imagination.</p>
<p>Et si la création ne dépend plus que de notre imagination et plus d&#8217;aucune limite physique ou d&#8217;académisme, l&#8217;art peut évoluer à l&#8217;infini. Ce que donne au cinéma ces pionniers que sont Zemeckis, Cameron, Spielberg et Jackson, c&#8217;est un gage d&#8217;immortalité, la garantie de pouvoir se renouveler tant qu&#8217;il y&#8217;aura des esprits assez brillants pour concrétiser leurs visions. Ce don est en soi quelque chose d&#8217;assez puissant pour donner des ailes aux rêveurs et d&#8217;assez méritant pour se voir donner le titre de Révolution.</p>
<p>Mais cette Révolution ne serait rien si elle n&#8217;était pas accompagnée de grandes réussites.</p>
<p>Le Pôle Express, Monster House, Beowulf et A Christmas Carol en auront été l&#8217;avant-garde.</p>
<p>Avatar, le premier chef d&#8217;oeuvre.</p>
<p>Tintin est le second.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-7800" title="tintin 5" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/11/tintin-5.jpeg" alt="" width="700" height="394" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Dire de Tintin qu&#8217;il s&#8217;agit d&#8217;un film parfait serait exagéré.</p>
<p>Cependant, il parvient à un idéal de cinéma pur sur sa quasi-totalité, un exploit assez riche en soi pour ridiculiser la concurrence et pointer du doigt les terribles limites du système traditionnel. Comment ne pas trembler en pensant à la tiédeur d&#8217;un <strong>Rise of The Planet of the Apes</strong> se servant de la méthode comme d&#8217;un simple outil et réduisant ainsi une façon de penser à un simple effet spécial faisant du film un blockbuster anodin, dans la moyenne (et donc moyen) alors qu&#8217;en face Spielberg contribue à réécrire la grammaire cinématographique et n&#8217;oublie jamais son intégrité en chemin. Et quand bien même on pourrait parler des réussites ne serait-ce que cette année, il s&#8217;agit de réussites à reproduire des recettes déjà réussies par le passé. L&#8217;art de la création pure s&#8217;est perdu en chemin, et même si a mes yeux ils sont extrêmement bons, Drive ne va pas plus loin que Michael Mann 20 ans avant Refn et The Artist pas plus que les plus grands films muets il y a 80 ans maintenant. Ces films n&#8217;en demeurent pas moins des réussites, tout comme des tas de films digèrent et intègrent à leur langage l&#8217;Histoire du Cinéma ou les arts chacun a leur manière et parviennent a en faire parfois des chefs-d&#8217;oeuvre, mais qui crée encore aujourd&#8217;hui ? Qui invente réellement ? Personne, ou presque. Combien de yes-man, de remakes et de prequels sans âme pour un Nolan ou deux Wachowskis ?</p>
<p>Là où je veux en venir, c&#8217;est que, en tant que cinéphile, je ne peux pas croire que tout a déjà été fait, que tout a été vu et revu, qu&#8217;il ne reste plus rien à inventer et qu&#8217;il ne reste qu&#8217;à traiter différemment des histoires qu&#8217;on connait tous. Un art qui n&#8217;évolue pas est un art qui meurt et je ne sais pas vous, mais moi, ça me ferait bien chier de voir le Cinéma mourir.</p>
<p>Et un film comme Tintin sauve le Cinéma de la mort. Un plan aussi fou, aussi furieux, aussi intense, aussi détaillé, aussi brillant et aussi complexe que le plan-séquence de la poursuite en moto, ça remet tout le monde a sa place et ça démontre que tout reste à faire et que le meilleur est à venir.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-7801" title="tintin 6" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/11/tintin-6.jpeg" alt="" width="635" height="226" /></p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-7802" title="tintin 7" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/11/tintin-7.jpeg" alt="" width="635" height="225" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>C&#8217;est aussi cette impression que, comme pour<strong> Indiana Jones et le Temple Maudit </strong>(un film totalement hanté par Tintin, au point qu&#8217;on voit aujourd&#8217;hui le Tintin de Spielberg comme une version « Indiana Jones-isé » quand bien même c&#8217;est Indiana Jones qui s&#8217;est « Tintinisé » à la base), on assiste à un film entier, non pas composé d&#8217;une suite de séquences comprenant chacune des scènes, mais un grand ensemble quasi indissociable (où finit la poursuite du cargo ? À la fin de la poursuite en avion ?À celle en moto ?), c&#8217;est un peu comme si l&#8217;ouverture si folle et si habile et si dense de Speed Racer s&#8217;étendait ici à un film entier. Le film se suit d&#8217;une traite et les pauses aménagées en paraissent d&#8217;autant plus comme les seuls points noirs du film, quand bien même ils sont pertinents. Il s&#8217;agit tout d&#8217;abord de l&#8217;ouverture : oui, cette séquence de génie qui évoque Hergé, Spielberg, l&#8217;appropriation du mythe Tintin par le réalisateur et la composition des personnages autant par le cadre que par les reflets comme le barbu le fait depuis très longtemps maintenant. Cette ouverture si légère (musique de Williams à l&#8217;appui) pour nous habituer au style avant de nous transporter dans une aventure totale nous fait regretter la « belle erreur » de Spielberg sur le premier Indy : commencer le film trop fort sans arriver à rattraper le niveau ensuite. Spielberg s&#8217;est perfectionné et il ne fait presque jamais deux fois la même erreur, il commence donc Tintin doucement et fait monter le rythme progressivement. Ensuite, les rares pauses entre ces moments de pure folie cinématographique, ce sont les scènes avec Dupond et Dupont, scènes qui rappellent bien les bandes dessinées. Là c&#8217;est du gout perso : pour moi Tintin c&#8217;est bon quand ça évoque à la fois l&#8217;aventure, l&#8217;action, le burlesque, la comédie, l&#8217;Histoire et fait cohabiter le micro avec la macro (l&#8217;Anschluss via le sceptre d&#8217;Ottokar ou l&#8217;anticipation de la conquête spatiale dans le diptyque Objectif Lune/On a Marché sur la Lune). Quand ça en reste à des gags purs, visuels ou dialogues, c&#8217;est de l&#8217;art franco-belge assez classique qui ne trouve pas beaucoup de résonance chez moi. Et Spielberg ne triche pas, il colle Hergé et le traduit tel quel en langage cinématographique. Encore que là, on pourrait s&#8217;extasier des cadres sur le pickpocket, renvoyant dans les cordes celui de Robert Bresson, ou sur les fondus oniriques évoquant la barque d&#8217;Haddock et de Tintin dans une flaque d&#8217;eau ou d&#8217;une poignée de mains prenant la forme de la terre qu&#8217;arpentent les héros. Enfin, en réponse à l&#8217;ouverture douce, je reprocherais au film cet épilogue doux, en forme de porte ouverte à une suite se concluant tel un album d&#8217;Hergé sur la malice de Milou là où j&#8217;aurais souhaité (et c&#8217;est très personnel) une fin a bout de souffle où les personnages finiraient leur aventure sur les rotules (oui j&#8217;en reviens toujours au Temple Maudit, je sais). Et encore là, il y a tellement a savourer, ne serait-ce que la lumière sur Haddock se mettant le chapeau de son ancêtre sur la tête ou l&#8217;épiphanie de Tintin en gros plan, son visage recouvrant le côté gauche du cadre et le globe le côté droit, comme une ex-croissance de son esprit. Quant à la 3D, elle est utilisée avec parcimonie ou pas du tout, Spielberg démontrant qu&#8217;il n&#8217;a pas besoin de ça pour mettre de la profondeur dans ses cadres, mais jouant sur le relief avec des idées originales comme les particules de poussières éclairées par la lampe-torche lors de la première visite à Moulinsart, le jeu sur la vitesse lors des poursuites, l&#8217;effet loupe bien retranscrit, le vertige des travellings. Une 3D au final peu présente qui renforce l&#8217;idée que si Révolution il y a, et il y a, ce n&#8217;est pas là-dessus qu&#8217;elle se joue.</p>
<p>Tout ça pour dire que si défauts il y a que je veux bien admettre en toute bonne foi, je les concède si on accorde tout le génie avec lequel ils ont été conçus.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-7803" title="tintin 8" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/11/tintin-8.jpeg" alt="" width="629" height="224" /></p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-7804" title="tintin 9" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/11/tintin-9.jpeg" alt="" width="638" height="227" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Comment parler du film sans évoquer ce côté « galactique » comme dirait mes potes amateurs du Football espagnol, ce côté « golf team » comme on disait chez les X-Men à la belle époque. C&#8217;est un cas à ma connaissance unique dans l&#8217;histoire du cinéma : le réal et son premier assistant totalisent a eux deux 3 oscars du meilleur réalisateur, 5 en comptant les mecs qui ont mis au point la méthodologie et les ont engagés en tant que stagiaires sur leurs derniers films. Non, mais rien que ça, imaginez deux secondes : vous êtes un maitre absolu de la réalisation et vous avez derrière vous pour vous soutenir les talents conjugués des génies derrière<strong> le Seigneur des Anneaux, King Kong, Aliens, Terminator, Titanic, Avatar et Retour vers le Futur</strong> tous réunis, pour n&#8217;en citer qu&#8217;une poignée. Déjà, il y a un gage de qualité indéniable. Ensuite, on a les scénaristes. Bon Joe Cornish, je le connais pas trop, mais Steven Moffat, c&#8217;est du solide. C&#8217;est un des esprits les plus inventifs de la télévision en ce moment et ses épisodes de Doctor Who ont fait date, c&#8217;est pas pour rien. Il sait rendre iconique et humaniser des personnages en un seul dialogue, de manière très naturelle, fluide et charismatique. Et comme si ça ne suffisait pas, t&#8217;as Edgar Wright derrière, génie de l&#8217;art du dialogue et des intrigues à tiroir. Il sait jouer sur la musicalité des mots, le rythme du verbe, les répétitions d&#8217;idées, l&#8217;approfondissement et surtout c&#8217;est une machine de guerre en termes de structures narratives. Et le casting se résume à, oh, trois fois rien, Andy Serkis, Daniel Craig, Jamie Bell, Simon Pegg, Nick Frost, des acteurs qui peuvent jouer absolument n&#8217;importe quoi avec un talent fort et égal. Quel pied de voir la dynamique Pegg/Frost cadrée par Spielberg. Quel pied de voir Craig se transcender en pure raclure de serial. Les talents conjugués mis bout à bout donnent le tournis. À part ajouter Guillermo Del Toro et Sam Raimi dans l&#8217;équipe de conception artistique, je ne vois pas comment on aurait pu autant réunir les plus grands esprits actuels du Cinéma, ou plutôt d&#8217;une certaine vision du Cinéma, celle qui aspire à raconter les meilleures histoires le mieux possible et nous faire vivre les sensations et les émotions les plus fortes avec les plus belles images possible et le plus intelligemment possible. Un véritable panthéon qui force l&#8217;admiration et le respect face à la réussite totale du résultat.</p>
<p>Et puis il y a tout le reste du film. Et là, c&#8217;est l&#8217;orgie. Il faudrait bien des heures pour décortiquer chaque élément de chaque plan pour voir toute la perfection du travail de Spielberg. Voir plus que la référence ou le clin d&#8217;oeil. Voir le mouvement de ce plan qui suit le cylindre du mât jusqu&#8217;en dessous de la commode. La plongée labyrinthique dans la bibliothèque, la poursuite héroïque de Milou jusqu&#8217;au dock, la caractérisation d&#8217;un Haddock, faible, lâche, alcoolique, fou, devenant un authentique héros en retraçant les pas de son ancêtre (intéressant ajout au thème éternel du rapport père/fils chez Spielberg), ou la figure universelle de Tintin, ni enfant, ni adulte, mais les deux, renvoyant un écrin naturellement vif, curieux et optimiste dans lequel chaque spectateur colle sa propre identification. Et puis il y a ces séquences de pure folie Spielbergienne, deux scènes de pur swashbuckler détruisant 12 heures de pirates de caraïbes de pacotille en moins de 5 minutes, montre en main, une maestria et une inventivité comme on n’en a jamais vu ailleurs (les deux bateaux qui se montent l&#8217;un sur l&#8217;autre avec le mouvement de balancier, le duel Rackham/Hadoque rythmé par les flammes et l&#8217;anticipation de l&#8217;explosion du navire), et des séquences d&#8217;action mettant une claque à 20 ans de films d&#8217;aventures et d&#8217;action avec cette poursuite parfaite en moto ou comment donner une leçon de mise-en-scène d&#8217;une vie en moins de 20 plans ou ce combat de grues dont l&#8217;adjectif « spectaculaire » ne pourra jamais retranscrire toute la puissance, toute la démesure, toute la beauté. Et il y a tous ces détails qui font d&#8217;un film un grand film. Au hasard, la performance de Daniel Craig en Sakharine, grandiose méchant dont on discerne très bien les traits, les yeux, la gestuelle du James Bond actuel derrière l&#8217;enveloppe virtuelle. Et comment ne pas évoquer la multitude de symboles, l&#8217;aigle de Shakarine à Milou, les descendants aux ancêtres, Dupond à Dupont ? On a une thématique du double dont seul Tintin semble être le seul élément sans contre-partie. Et tout passe naturellement par le langage du cadre, du découpage. Spielberg n&#8217;abolit pas nécessairement la nécessité du raccord alors qu&#8217;en théorie il pourrait faire du film un seul plan-séquence. Il se sert de ce nouveau langage avec justesse et avec ce qu&#8217;il faut de folie pour nous mettre une claque, non pas visuelle ou technique, mais une claque de pure mise en scène.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-7805" title="tintin 10" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/11/tintin-10.jpeg" alt="" width="540" height="270" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>J&#8217;avais écrit en 2009 qu&#8217;à partir d&#8217;Avatar, il faudrait désormais se tenir sur les épaules du film-somme de Cameron pour le surpasser. Tintin ne fait peut-être pas mieux, mais je pense qu&#8217;il fait aussi bien sans qu&#8217;on s&#8217;en rende compte. Un phénomène curieux que je qualifierais « d&#8217;Apollo 12 » : tout le monde se fout d&#8217;Apollo 12 une fois qu&#8217;Apollo 11 a rempli son job. Pourtant c&#8217;est à partir d&#8217;un deuxième pas que commence une marche.</p>
<p>Ce film est le deuxième pas.</p>
<p>Puisse cette marche ne jamais s&#8217;arrêter.</p>
<p>6/6</p>
<p>Avec ce film, Spielberg fait plus que s&#8217;inscrire dans l&#8217;Histoire du Cinéma ou influer sur son cours.</p>
<p>Il l&#8217;incarne.</p>
<p><em>(Cette critique est dédiée à Rafik Djoumi, Yannick Dahan, Arnaud Bordas et Julien Dupuy)</em></p>
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		<title>Quantum Of Solace</title>
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		<pubDate>Fri, 05 Feb 2010 06:00:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marv</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ciné reste du monde]]></category>
		<category><![CDATA[Cinéma]]></category>
		<category><![CDATA[daniel craig]]></category>
		<category><![CDATA[ian flemming]]></category>
		<category><![CDATA[james bond]]></category>
		<category><![CDATA[mark foster]]></category>
		<category><![CDATA[quantum of solace]]></category>

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		<description><![CDATA[Même s'il lutte pour ne pas faire de sa dernière mission une affaire personnelle, James Bond est décidé à traquer l'organisation qui a forcé Vesper à le trahir.
Quantum est partout. Quantum contrôle tout. Mais lorsque Quantum mets au point un plan pour conquérir les ressources naturelles d'Amérique du Sud, elle se retrouve face à une machine a tuer implacable.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-full wp-image-2161" title="quantum - vignette" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/01/quantum-of-solace-poster1-e1265117180200.jpg" alt="" width="447" height="253" /></p>
<p><strong>QUANTUM OF SOLACE</strong> de Marc Forster<br />
2008</p>
<p>L’histoire :<br />
Même s&#8217;il lutte pour ne pas faire de sa dernière mission une affaire personnelle, James Bond est décidé à traquer l&#8217;organisation qui a forcé Vesper à le trahir.<br />
Quantum est partout. Quantum contrôle tout. Mais lorsque Quantum mets au point un plan pour conquérir les ressources naturelles d&#8217;Amérique du Sud, elle se retrouve face à une machine a tuer implacable.</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;A VERDADE SERÀ REVELADA A QUALQUER PREÇO&nbsp;&raquo;</em><br />
&laquo;&nbsp;La vérité sera révélée à tout prix&nbsp;&raquo;.<br />
Voilà ce que nous annonçait l&#8217;affiche brésilienne du film.<br />
Et c&#8217;est bien la seule accroche pertinente que j&#8217;ai pu trouver pour parler de <strong>Quantum Of Solace</strong>. Car croyez-bien, chers lecteurs fidèles, que trouver la vérité a propos de ce film est certainement la tâche la plus ardue qu&#8217;on puisse confier à un critique spécialiste de la matière en question. Quand à analyser la bête et à en saisir l&#8217;essence, voici un défi digne de figurer parmi les douze travaux d&#8217;hercule.<br />
La vérité ? La vérité&#8230; La vérité c&#8217;est que <strong>Casino Royale</strong> n&#8217;était qu&#8217;un écran de fumée. Une illusion venue du fond des âges. Un mensonge. Le mensonge d&#8217;un compromis, une union sacrée entre le grand public et les fans les plus hardcore de bond, scellée par les hommes de l&#8217;ombre derrière EoN. Car sinon, comment expliquer une telle harmonie unanime derrière les critiques des deux camps sur le 1er Craig et une telle cacophonie assourdissante sur le 2ème ?<br />
&laquo;&nbsp;we have people everywhere&nbsp;&raquo; avertit Mr. White au début du film. On peut en dire autant des détracteurs du film à travers le monde et pourtant, comment expliquer en face un tel raz-de-marée de lauriers jetés par les purs et durs de la saga ?<br />
La vérité c&#8217;est que <strong>Casino Royale</strong> n&#8217;était pas aussi révolutionnaire qu&#8217;on a bien voulu nous le faire croire, reposant sur une structure Brosnanesque déjà usée mais gentiment nettoyée. L&#8217;adhésion des fans ne venaient pas du film en soi mais du progrès qu&#8217;il représentait. C&#8217;était un symbole pour nous parce qu&#8217;enfin, après plus de 40 ans de variations cinématographiques, on avait enfin le vrai Bond, celui de Fleming, dans son essence la plus brute. Cet homme est un assassin, une machine à tuer. Et enfin, pour la première fois, on avait son drame fondateur, ses vraies origines. Bond, C&#8217;est pas un héros parfait venu de nulle part, c&#8217;était un homme avant de devenir 007 et il fallait qu&#8217;on montre à l&#8217;écran comment ce type est passé de bulldozer bourrin au meilleur des meilleurs. Il fallait un sacrifice, il fallait qu&#8217;on comprenne que pour montrer le vrai James Bond, il fallait revenir à la source, à Ian Fleming, à sa dureté, son sens de l&#8217;innovation, son humanité en même temps que son aventure. et <strong>Casino Royale</strong> c&#8217;était ça. Peu importait la radinerie en action, les parties de poker interminables et l&#8217;humour faussement subtil, enfin on avait droit au Bond qu&#8217;on attendait. Et là où on s&#8217;est trompés, et c&#8217;est ce qu&#8217;a vraiment révélé <strong>Quantum of Solace</strong>, c&#8217;est qu&#8217;on pensait que le public avait finalement compris qui était le &laquo;&nbsp;vrai&nbsp;&raquo; James Bond. Que ce n&#8217;était pas vraiment celui de Connery, Moore ou Brosnan, mais bien au contraire celui de Lazenby et de Dalton. Monumentale erreur.</p>
<p>La vérité, c&#8217;est que le grand public, malgré Casino Royale, n&#8217;a jamais rien compris à James Bond. Car bien plus que l&#8217;aura jamais fait son prédécesseur, Quantum achève la révolution et pose définitivement le vrai James Bond dans le monde moderne. L&#8217;excuse de la suite directe n&#8217;est en rien une nouveauté (dès le deuxième film, Bons Baisers de Russie, Blofeld parlait à ses troupes de venger la mort de Dr. No, si ça c&#8217;est pas de la suite directe alors rien ne l&#8217;est), tout ça n&#8217;est qu&#8217;un prétexte ! Un prétexte pour barbara Brocoli et Michael G. Wilson, qui connaissent le personnage sur le bout des lèvres et qui peuvent enfin avec Daniel Craig démontrer tout leur savoir accumulé en 20 ans et bâillonné par le politiquement correct et le marketing de masse du consensuel de l&#8217;ère Brosnan. Car parler Quantum revient à parler de Permis de tuer, le dernier Dalton, de 89, qui constituait la dernière tentative de coller à l&#8217;esprit de Fleming tout en trouvant un chemin juste, digne et fidèle de toute la richesse du personnage. Quantum est donc un nouvel essai de revenir aux meilleurs fondamentaux, ne pas se préoccuper des  fausses croyances ignares du public en ce qui concerne la saga, et tout faire pour vraiment produire cet élan d&#8217;évolution, quitte a perdre du monde en chemin.</p>
<p>Mais faire ce qui est juste n&#8217;est jamais ce qui est le plus facile. Car Bond et cet épisode en particulier est aussi le produit de toutes les contradictions. Et à placer dans le contexte de la grande fresque de la saga, <strong>Quantum of Solace</strong> est un morceau de pure folie, un film de malade mental, étonnant, imprévisible, extraordinaire, terrible, insensé et grandiose. Mais tout ça a la fois et sur toute la durée du film.<br />
Et ce qui fait que le film soit la somme d&#8217;éléments aussi contradictoires, c&#8217;est que pour la première fois en 20 ans, un Bond est  devenu plus que le résultat du travail d&#8217;une équipe technique, de ses producteurs et scénaristes. Il porte aussi la voix de son réalisateur. Pas une ombre opaque sur certains aspects ou quelques scènes, non là c&#8217;est une vraie marque, une signature, celle de Marc Forster. Et ce type fait résonner dans tout le métrage la plus belle contradiction, a la fois le plus intéressant du film et le plus fâcheux. Le plus fâcheux, c&#8217;est qu&#8217;il ne connaît rien à Bond quand il arrive à la barre du film et encore moins à la fabrication d&#8217;un blockbuster. Il ne comprend pas grand chose à la technique, ne regarde pas les combos pendant le shooting et  ne prête attention qu&#8217;au jeu des acteurs. Pour un Bond, c&#8217;est plutôt emmerdant. Mais il amène aussi avec lui dans ses bagages un beau cadeau et salvateur pour la franchise : de la folie. Là où la magie semblait avoir foutu le camp des épisodes précédents malgré tous les artifices et références employées, Forster s&#8217;amuse comme un gosse et fait carrément de l&#8217;expérimentation ! Du jamais vu en 25 films ! Alors parfois il se goure (les transitions foirées) parfois il touche très juste (la scène de l&#8217;opéra) mais au moins il essaye ! Il tente quelque chose ! Et cet effort, à une époque où 95% des blockbusters sont le produit de financiers tenant en laisse des yes-men serviles à la solde de leur dieu-dollar n&#8217;ayant jamais entendu parler d&#8217;intégrité artistique ou d&#8217;innovation, c&#8217;est quelque chose de tout bonnement remarquable. Arriver à ce niveau de démence dans la manière de penser les plans et de les découper et de les composer et de les monter, dans une franchise aussi vieille et aussi balisée par le cahier des charges selon ses critiques, c&#8217;est même pas rare, c&#8217;est unique.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-2162" title="quantum - 1" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/02/publicite-bresil-e1265117240799.jpg" alt="" width="500" height="226" /></p>
<p>Oh, bien sûr, un Bond ne serait pas un Bond sans des éléments de la bond formula et on en trouve encore dans Quantum : la séquence de pré-générique, le générique, le smoking, les bond-girls, l&#8217;exotisme globe-trotter, les scènes d&#8217;action, les seconds rôles de la mythologie&#8230; On a encore des repères familiers sur lesquels s&#8217;appuyer. Mais justement, Forster s&#8217;en sert comme des armes pour appuyer encore plus son décalage. Ce Bond est unique dans bien des catégories et de bien des manières : le gunbarrel est placé à la fin du film, la bond-girl principale n&#8217;est jamais conquise, le méchant n&#8217;est qu&#8217;un pantin, les bons se poursuivent entre eux, Bond échoue a peu près dans tous ses objectifs fixés&#8230; Mais tout a du sens, chaque scène produit du sens. Les scènes d&#8217;action sont liées entre elles, au niveau le plus naturel, les 4 grosses séquences se partageant<br />
les 4 éléments (l&#8217;avion=l&#8217;air, le bateau=l&#8217;eau, la voiture=la terre, l&#8217;hôtel=le feu). Parce que Bond affronte un ennemi invisible, tellement éparpillé sur le globe, tellement vaste et numériquement inchiffrable qu&#8217;on ne peut pas les voir tous en même temps, on ne peut pas tous les arrêter et stopper tous leurs plans d&#8217;une baguette magique. 007 ne peut donc que se débattre contre ce fait et se démener contre les éléments de la planète, renverser les lois des la probabilité, rendre possible l&#8217;impossible. C&#8217;est pour ça qu&#8217;il est si important et si fondateur de commencer par cette course-poursuite furieuse en début de métrage, plaçant la caméra au centre de l&#8217;action, au milieu du fracas de tôle au lieu d&#8217;être en retrait, pour montrer encore plus l&#8217;exploit physique et la rage tenue dans la vitesse et les chocs, rendant la scène volontairement trouble dans les repères spatiaux. Pour montrer qu&#8217;ici la folie règne, que chaque mouvement insensé est une prise de risque suicidaire et qu&#8217;on est tombé sur un épisode où ça va faire mal !</p>
<div id="attachment_2163" class="wp-caption aligncenter" style="width: 560px"><img class="size-full wp-image-2163" title="quantum - 2" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/02/sceneimage3.jpg" alt="" width="550" height="359" /><p class="wp-caption-text">Trop de café...</p></div>
<p>Oh oui, ça va chier, ça va chier grave. Voilà que le mec qui se prenait pour le grand chevalier servant faillit à sauver la demoiselle en détresse de service, la même demoiselle qui l&#8217;a trahi. Son premier réflexe c&#8217;est de se placer en mission, en mission sacrée. Il faut qu&#8217;il restaure son honneur. Qu&#8217;il venge les morts. Qu&#8217;il se venge lui-même. Laver la faute, terrasser la culpabilité en châtiant les méchants. Quitte a se défouler sur le premier gros poisson coincé dans les filets faute de pouvoir prendre le banc entier.<br />
Oui, parce que se donner des airs de justicier valeureux n&#8217;est pas tout et l&#8217;habit ne fait pas le moine. Pour commencer, il laisse encore glisser entre les mailles Mr. White (le véritable grand méchant de l&#8217;ère Craig à ce jour, puisque déjà seul ennemi récurrent en deux films depuis Jaws et Blofeld !) et un peu comme Alice, en voulant rattraper le gros lapin en retard, (pour compléter l&#8217;analogie, Mathis lui propose même des pilules qui &laquo;&nbsp;font grandir&nbsp;&raquo;) il finit par tomber sur d&#8217;autres putain d&#8217;énergumènes en tombant dans le trou. C&#8217;est pas une métaphore, il tombe vraiment dans un trou ! L&#8217;un des plus beaux plans du film, montrant en plan continu dans l&#8217;action la chute de Bond et du type qu&#8217;il pourchasse à travers une baie vitrée et se ramasser la gueule sur des étages de chantier en bois. Même la cascade a du sens. Le saut dans <strong>Goldeneye</strong>, c&#8217;était un saut dans le vide mais sécurisé par une corde élastique. Le saut dans Quantum, c&#8217;est peut-être se casser la gueule, mais c&#8217;est se casser la gueule pour survivre à tout prix.<br />
M lui sert de conscience et lui balance toute la psychologie de bazar possible tout le long du film pour faire comprendre aux néophytes ce que bond traverse. Oui il est en down dans ce film, mais ça va bien plus loin que ça. Quand un type normal fait une dépression, une vraie dépression, ça peut déjà être spectaculaire en soi. Mais si c&#8217;est une icône qui le fait ? ça deviens une super-dépression. Et c&#8217;est ce que traverse Bond : 200 km a pied de mauvaise route. Bond étant Bond, il se forge une image, une carapace, il est dans le déni, il renie tout attachement à Vesper. Mais qu&#8217;il le veuille ou non, tout ce qu&#8217;il fait, tous les endroits où il va, toutes les personnes qu&#8217;il rencontre, toutes les épreuves qu&#8217;il va traverser, tout reflète ce qu&#8217;il endure à l&#8217;intérieur. Au niveau du propos, ça a toujours été la plus grande qualité des meilleurs bonds : l&#8217;émotion a elle seule ne suffit pas. l&#8217;action a elle seule ne suffit pas. Mais le Cinéma a ceci de magique, qu&#8217;il peut redéfinir l&#8217;esprit et le corps d&#8217;un seul bloc entier. Il s&#8217;agit bien de métaphysique dans<strong>Quantum of Solace</strong>. Bond se définit lui-même comme un &laquo;&nbsp;salaud au coeur de pierre&nbsp;&raquo; pour cacher toute once de sentiment. Il dit qu&#8217;il n&#8217;est motivé que par le devoir, mais il accomplit son job plus comme une machine que comme un homme. Il se salit en costume, se confond avec la terre, la poussière et les pierres, reprend des forces dans une caverne, au milieu des rocheuses. C&#8217;est donc pas un hasard qu&#8217;on se retrouve dans l&#8217;épisode le plus aride et sec de la saga. Dans les scènes de désert, l&#8217;air y est presque irrespirable, tout n&#8217;y est que vice, mort et désolation, la transpiration se lit sur chaque visage, les flammes achèvent la symbolique : si on est pas en enfer, en tout cas ça y ressemble drôlement. Et pourtant, même en traversant cet enfer, en se refermant sur lui, plus dur que la roche, Bond ne peut échapper à son humanité. Du moins le fantôme ou le vague souvenir de son humanité. Et cette preuve d&#8217;humanité, c&#8217;est cette culpabilité surhumaine. Il ne dort plus, combat le sommeil avec l&#8217;alcool (évidemment a coups de vesper-martini, et au passage s&#8217;en enfiler 7 comme il le fait en une session sans faire de coma éthylique c&#8217;est du domaine du cas médical unique), vole la photo de Vesper incognito, porte son collier comme un chapelet. Et son monde n&#8217;en finit plus de s&#8217;effondrer, n&#8217;en finit plus de brouiller les pistes entres bons et méchants, les loups sont dans la bergerie, avec des taupes au MI-6, des corrompus dans la police bolivienne, à la CIA, dans le gouvernement britannique, des salopards partout, rôdant dans l&#8217;ombre pour élaborer de sombres plans machiavéliques. Et c&#8217;est là que Quantum deviens un élément essentiel de la saga. Parce que même si Bond remporte une victoire contre Greene à la fin, il est loin de saisir l&#8217;étendue colossale du groupe qu&#8217;il affronte, encore plus loin de les arrêter.<br />
Et le réel climax du film (si on met de côté le parcours personnel de Bond), il se trouve au milieu du film.<br />
C&#8217;est la séquence de l&#8217;Opéra de Bregenz.</p>
<p>Tout est là-dedans. D&#8217;abord le décor gigantesque rappelle la grande époque des constructions folles de Ken Adams. On a l&#8217;oeil central qui fait immédiatement penser à un dessin très connu d&#8217;une couverture de <strong>Rien que pour vos yeux</strong>(au-delà des symboles évidents à la big brother ou religieux que suppose un oeil géant qui observe un homme). Ensuite on a le fait qu&#8217;on se trouve dans un théâtre ouvert géant, en pleine représentation, que Bond se place côté coulisses, quasiment sur scène, les méchants faisant parti du public. Rien que là, y&#8217;aurai de quoi parler des heures de la mise-en-abîme et de sa pertinence précise à ce moment-là du film et de la franchise entière. En plus de ça on a la grande réunion entre les &laquo;&nbsp;vrais&nbsp;&raquo; grands méchants du film. Des visages inconnus, des plans de salopard à échelle mondiale, c&#8217;est a peu près tout ce qu&#8217;on aura d&#8217;eux, ça et l&#8217;assurance que Mr. White fait partis des têtes de listes à zigouiller dans l&#8217;avenir proche. On rajoute à ça le fait que la représentation donnée c&#8217;est pas n&#8217;importe laquelle, c&#8217;est un opéra et pas n&#8217;importe quel opéra, La Tosca de Puccini. Même la scène est pas innocente, c&#8217;est le moment précis où Scarpia (le méchant) révèle au public son diabolique plan de piéger Tosca (l&#8217;héroïne) en se servant de ses sentiments contre elle. Je veux dire, à ce stade, les niveaux de réalité se croisent même plus, ils se font carrément l&#8217;amour. Et donc c&#8217;est d&#8217;une logique pure et imparable que la musique d&#8217;opéra prenne la place de celle de David Arnold dans l&#8217;action, et ça l&#8217;est autant de mêler dans un montage volontairement rapide images de l&#8217;opéra (celles de violence et de mort évidemment) et plans de la scène d&#8217;action pendant la fuite de Bond. Et y&#8217;a encore du rab derrière : Bond emmène un des types qui le pourchassent sur le bord du toit pour l&#8217;interroger(énorme référence à <strong>l&#8217;Espion qui m&#8217;aimait</strong>), le fait tomber, et il finit par se faire descendre par les hommes de Greene quelques étages plus bas. Le type en question faisant parti des services secrets, Bond est immédiatement accusé de son meurtre, et deviens du même coup un agent renégat. En une séquence, la vie du personnage principal a pris les proportions d&#8217;un opéra géant, ses ennemis ont été révélés, il est incapable de les arrêter et il est devenu un paria au yeux des siens.</p>
<p>La symbolique est tellement écrasante qu&#8217;elle conditionne toute la suite du film (voire même les prochains épisodes). ça va du plus évident (les méchants portent des noms de couleurs, greene, white, slate) au plus subtil (Camille porte des traces de brûlures, Fields termine &laquo;&nbsp;noyée&nbsp;&raquo; dans du pétrole) en passant par le carrément nébuleux (le bateau que conduit bond se nomme &laquo;&nbsp;gardien des étoiles&nbsp;&raquo;&#8230;). On est plus tant dans le film de vengeance annoncé mais plutôt dans la fouille profonde de la psychologie de Bond, dans son analyse la plus brutale possible. Pas étonnant donc que Amalric ou les hommes de main (dont l&#8217;incroyablement médiocre Anatole Taubman) soient des pantins, des méchants de petite envergure et sans réel relief. Pareil pour les filles, Camille n&#8217;est même pas un coup de passage et Fields n&#8217;a que 3 scènes. Et toujours pas de Moneypenny ni de Q. Leiter ne sert qu&#8217;a combler les trous de l&#8217;histoire. Les seuls personnages secondaires vraiment notables c&#8217;est Mathis et M, et ils passent leur temps à analyser Bond, à essayer de trouver la faille. Tout ça démontre que les rôles seconds on s&#8217;en fout ici, tout le film est orienté sur Bond lui-même, sur l&#8217;épreuve qu&#8217;il traverse. Bon, bien sûr, on nous donne des enjeux (relativement) importants sur l&#8217;Amérique du sud, il faut bien qu&#8217;il y ait un but, une mécanique, un moteur aux scènes d&#8217;action. D&#8217;autant que c&#8217;est plutôt bien vu dans la logique du propos du film : Bond est une pierre, un gros caillou bien sec et il trouve une réserve d&#8217;eau naturelle énorme dans les entrailles des roches boliviennes. Evidemment. Aah c&#8217;est pas forcément très recherché ça c&#8217;est sûr, mais au moins y&#8217;a de la cohérence et de la pertinence. C&#8217;est peut-être même un message lancé au public : il faut creuser, exploser les strates à la dynamite s&#8217;il le faut, mais derrière le mur de ce visage froid et impassible (plus flemingien tu meurs), y&#8217;a une réserve de quelque chose de pur et en quantité astronomique qui sommeille. Est-ce que c&#8217;est les larmes ? son âme ? sa culpabilité ? ou de manière plus générale son côté humain ? Ou un peu de tout ça&#8230;. Pas besoin de trancher, l&#8217;important est que le lien soit mis à l&#8217;écran, qu&#8217;il sois transmis au public  de façon consciente ou inconsciente (probablement la deuxième hypothèse pour 99,99% des spectateurs) du moment qu&#8217;il est transmis. Faut aussi noter que pour la première fois depuis plus de 20 ans Bond n&#8217;a aucune scène passée sous l&#8217;eau&#8230;  et qu&#8217;a l&#8217;inverse, il a une scène au milieu des flammes et deux autres séquences d&#8217;action en plein air représentant sa verticalité car sur le plan analytique, bond est un héros qui monte ou descend mais reste immobile, figé dans le temps et ne peut pas aller &laquo;&nbsp;de l&#8217;avant&nbsp;&raquo; ou en arrière. D&#8217;où la poursuite sur les toits comprenant sauts, chutes et références à Vertigo, et d&#8217;où la scène de dogfight avec un vieux DC-3 à la mort aux trousses, ou l&#8217;avion va le plus haut possible avec de se crasher, pendant que Bond effectue sa chute sans parachute comme dans <strong>Moonraker</strong>. Si ça c&#8217;est pas de la verticalité&#8230;et d&#8217;ailleurs c&#8217;est un truc que vous pouvez voir transparaître dans chacun des films. Parce que dans la tête des producteurs, chaque nouveau Bond doit être meilleur que le précédent, aller encore plus haut&#8230;.Pas pour rien que le mec s&#8217;est retrouvé éjecté dans l&#8217;espace au bout de 11 films&#8230;</p>
<p>Le plus drôle c&#8217;est que tout cette histoire de profondeur psychologique sert finalement de belle excuse pour que Bond reprenne ses racines de Fleming et se montre plus violent, plus brutasse et plus badass que jamais. L&#8217;exemple le plus frappant se trouve au final d&#8217;Amalric : on pense que 007 a enfin compris la leçon, qu&#8217;il faut pas se venger parce que ça sert à rien, il semble sauver Greene d&#8217;une mort certaine et en fait non non non, c&#8217;est juste pour lui réserver une mort encore plus pénible et sadique ! Tiens Mathieu, amuse toi a boire de l&#8217;huile de moteur dans un désert sans fin, ça t&#8217;apprendra a faire des films avec Depleschin, enflure ! Badass, je vous dis&#8230;<br />
Par contre, le mec qu&#8217;il a toutes les raisons de buter, celui qui a entraîné Vesper dans sa chute, quand enfin il le retrouve, il l&#8217;épargne ! Tu m&#8217;étonnes que le public comprenne plus rien au personnage quand tu lui sers une aussi énorme contradiction en 3 minutes !<br />
Mais bon, le boulot est fait. La parenthèse est bouclée et la révolution semble enfin achevée avec ce plan du collier s&#8217;engouffrant dans la neige façon OHMSS. L&#8217;homme a trouvé sa &laquo;&nbsp;source de réconfort&nbsp;&raquo;, son <strong>Quantum of Solace</strong>.<br />
Il est pour toujours condamné, emprisonné dans son propre esprit et n&#8217;aura plus qu&#8217;un but dans sa vie : faire pénitence en servant la Reine jusqu&#8217;à la mort.<br />
Il fallait montrer comment James était devenu Bond, c&#8217;est fait. Il fallait montrer pourquoi Bond a du devenir 007, c&#8217;est accompli. L&#8217;icône est née, dans la douleur et le sacrifice. C&#8217;est maintenant que les choses sérieuses commencent.<br />
Et c&#8217;est très bien comme ça.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-2164" title="quantum - 3" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/02/quantum-of-solace.jpg" alt="" width="450" height="300" /></p>
<p><strong>Les +</strong><br />
-Daniel Craig, d&#8217;une justesse absolue. Le plus dur et froid des Bond, c&#8217;est lui. LE vrai Bond.<br />
-Ian Fleming est honoré, et pour une fois pas juste référencé ou adapté mais analysé avec sérieux et pertinence.<br />
-Gemma Arterton. Strawberry Fields Forever.<br />
-Olga Kurylenko. Presque une silhouette des génériques à l&#8217;état brut et qui remplit bien son job.<br />
-Quantum. Le nouveau SPECTRE est enfin là, et il est pas là pour jouer les figurants.<br />
-David Arnold, qui livre son étude la plus poussée sur les thèmes profonds. Un vrai travail d&#8217;analyse musicale.<br />
-le générique, avec enfin, le retour des silhouettes.<br />
-la chanson de jack Black/alicia keys, dans la lignée de celle de chris cornell, même si moins puissante.<br />
-la séquence d&#8217;ouverture en Aston-martin, donnant le tempo du film.<br />
-le plan continu de la chute à Sienne.<br />
-La séquence de dogfight, suivie de la chute suicidaire. Du pur Bond larger than life comme il en faut.<br />
-La séquence de l&#8217;opéra, une des scènes les plus oniriques de toute la saga.<br />
-le final dans l&#8217;hôtel. Les flammes et les explosions achèvent le visuel violent du film.<br />
-la direction de la photo, magnifique.<br />
-Marc Forster. Autant tout ce qu&#8217;il tente ne fonctionne pas forcément(les erreurs de montage, c&#8217;est lui), mais il impose une vraie marque de réalisateur et ça change tout.<br />
-toute la symbolique, la profondeur, la substantifique moelle du film, vertigineuse et donnant une multitude de niveaux de lecture.<br />
-la production design, très orientées sur des décors en extérieur, donnant une empreinte éclairée et lumineuse.<br />
-les paysages très bien trouvés. Le désert (du chili) en particulier.<br />
-le rythme. le film allant très vite et étant très court, on a pas le temps de s&#8217;ennuyer (ni d&#8217;aller pisser).<br />
-le scénar, qui arrive a condenser en phrases quasi mono-sylinbiques et en très peu de scènes le monde moderne, le parcours de Bond, les obligations financières et des enjeux importants avec une sacrée cohérence.<br />
-le peu d&#8217;humour, bien dosé.</p>
<p><strong>Les –</strong><br />
-la sensation de vide, venue du peu de personnages (notamment dans la scène finale) là où il devrait au contraire y avoir plus de monde pour élargir les enjeux humains.<br />
-l&#8217;épaisseur mono-dimensionelle de la plupart des seconds rôles pour cause de bondo-centrisme.<br />
-Amalric. C&#8217;est pas qu&#8217;il joue mal ou qu&#8217;il a peu d&#8217;expressions faciales possibles, mais il a la malchance de tomber sur un rôle construit sur trop peu, sans tares bondiennes, sans réel but personnel&#8230;difficile de s&#8217;exprimer vraiment quand on est réduit à un costume vide, et qui plus est incompétent sur le plan physique. Un des plus mauvais méchants de la saga.<br />
-Anatole Taubman en Elvis. Forster a pris un de ses potes pour un rôle-gag inutile et contre-productif : si c&#8217;est pas le plus mauvais des hommes de mains de la saga, en tout cas il en est pas loin.<br />
-des incrustations de couches d&#8217;effets spéciaux un peu voyantes sur quelques plans.<br />
-la séquence en bateau, mal filmée.<br />
-l&#8217;absence de Q et de Moneypenny.<br />
-de vulgaires erreurs de transitions dans le montage, notamment ce freeze-frame incompréhensible avant le générique de début du plus mauvais goût.</p>
<p>Note générale : 5/6<br />
Sur l’échelle des Bonds : 6/7<br />
La véritable Révolution.<br />
Un épisode hors-normes, exceptionnel, Flemingien dans l&#8217;âme, a la fois comble de badass attitude et de richesse thématique dû à un équilibre sournois entre une équipe maîtrisant son sujet de bout en bout et un élément imprévisible, son propre réalisateur !<br />
Sans le manque de rigueur technique et avec plus de travail fait sur l&#8217;aspect mythologique de la franchise, on tenait là l&#8217;un des plus grands épisodes de la saga. En l&#8217;état, il reste largement le meilleur film de la lignée de ces 20 dernières années, faisant souffler un vent de fraîcheur, de liberté et d&#8217;originalité salutaire.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2165" title="quantum - 4" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/02/6a00e5510dc3dd8833010535c52796970b-800wi-e1265117432941.jpg" alt="" width="550" height="817" /></p>
<p><em>CE QUE VOUS NE SAVIEZ PAS</em></p>
<p>-Premier Bond a avoir un duo mixte à la chanson. La chanson devait être à l&#8217;origine composée et interprétée par Amy Winehouse, sur des conseils de Paul McCartney (qui une fois de plus aurait mieux fait de la fermer). D&#8217;après la prod, la Winehouse était dans un état tellement déplorable qu&#8217;elle était incapable d&#8217;interpréter quoi que ce soit. C&#8217;est la 5ème fois que la chanson ne prend pas en compte le titre du film, la 4ème que le mot &laquo;&nbsp;die&nbsp;&raquo; fait partie du titre, la 1ère a ré-utiliser un motif musical du précédent film (you know my name de chris cornell).</p>
<p>-Le film marque le retour du gunbarrel classique (encore que modernisé), bien qu&#8217;il soit placé a la fin du film au lieu du début. Le seul sens possible à ce placement devarit être du au fait Bond est définitivement devenu LE Bond à la fin du film, ce qui devrait être confirmé par un gunbarrel en introduction du 23ème film.</p>
<p>-Premier Bond a utiliser le a nouveau re-construit cubby stage aka le 007 stage de Pinewood qui avait subi un incendie en juillet 2006 pendant le tournage de <strong>Casino Royale</strong>.</p>
<p>-Première fois qu&#8217;un acteur joue le rôle de Felix Leiter deux fois d&#8217;affilée, le seul autre acteur ayant joué deux fois ce rôle était David Hedison qui l&#8217;avait joué dans le premier Moore en 73 et le dernier Dalton en 89.</p>
<p>-Premier Bond a utiliser l&#8217;un des titres des nouvelles de Fleming depuis <strong>Tuer n&#8217;est pas Jouer</strong>. autre point commun avec ce dernier : la représentation d&#8217;un Opéra au cours du film.</p>
<p>-Marc Forster est le premier réalisateur sur un 007 a n&#8217;être né ni en Angleterre ni en Nouvelle-Zélande. Il est de nationalité Suisse et est né en Allemagne.</p>
<p>-Avec 106 minutes au compteur, Quantum est le Bond le plus court de toute la saga, une ironie quand on sait que son prédécésseur Casino Royale était le bond le plus long de tous.</p>
<p>-4ème Bond a utiliser un titre de Fleming sans aucun autre élément du roman ou de la nouvelle, un autre point commun parmis tant d&#8217;autres avec le film <strong>L&#8217;Espion qui m&#8217;aimait</strong>.</p>
<p>-Le film s&#8217;approche d&#8217;un record de la saga, celui du nombre de lieux utilisés pour le tournage avec 3 continents, un studio et 6 pays. Le record est détenu par <strong>Moonraker</strong> avec 3 continents, 4 studios et 7 pays. <strong>Quantum of Solace</strong> est cependant celui qui utilise le plus d&#8217;extérieurs variés.</p>
<p>-Premier Bond a avoir a la fois une poursuite en voiture et une poursuite en bateau depuis <strong>Vivre et Laisser Mourir</strong>. <strong>Quantum of Solace</strong> est le seul film de la saga a avoir une poursuite a pied, une poursuite en voiture, une poursuite en avion, une poursuite a moto et une poursuite en bateau.</p>
<p>-Premier Bond a sortir sur une année qui termine en 8. Il n&#8217;y a pas eu de Bond en 1968, 1978, 1988 ou en 1998.</p>
<p>-Premier Bond a ne pas avoir de montage des scènes d&#8217;action dans les posters utilisés pour la campagne promo. Et a mon avis, on y perd.</p>
<p>-Premier Bond depuis <strong>On ne vit que deux fois</strong> a ne pas utiliser le trademark &laquo;&nbsp;Bond, James Bond&nbsp;&raquo;. Bien que tourné plusieurs fois, toutes ses utilisations ont été virées au montage. C&#8217;est la 4ème fois que ça arrive et la 4ème fois également qu&#8217;on entend pas le trademark &laquo;&nbsp;vodka martini, shaken not stirred&nbsp;&raquo;. Sacrilège.</p>
<p>-Quatrième bond a utiliser un désert comme terrain de jeu. Le désert Atacama du Chili est connu et reconnu pour être l&#8217;endroit le plus invivable de la planète, aucune vie n&#8217;y émerge et il n&#8217;y a jamais plu depuis qu&#8217;on l&#8217;observe. D&#8217;après la NASA c&#8217;est l&#8217;endroit sur terre le plus proche du sol martien, d&#8217;où son utilisation pour expériences en vue de futures voyages sur Mars.</p>
<p>-Troisième Bond a montrer les appartements personnels de M. Cette fois on a droit à sa salle de bains. Charmant.</p>
<p>-Mr. White est le deuxième ennemi récurrent de toute la saga a avoir été joué par le même acteur (le premier étant Jaws en 77 et 79). Si il revenait dans le prochain, il serait l&#8217;ennemi le plus récurrent de la saga depuis Blofeld.</p>
<p>-Le film est sorti en 2008 soit pour le 100ème anniversaire de la naissance de Ian Fleming (28 mai 1908).</p>
<p>-22ème film officiel de la saga, second avec Craig, sixième avec Judi Dench, cinquième avec David Arnold, quatrième a être écrit par le tandem Purvis/Wade, deuxièmea être ré-écrit par Paul Haggis. Ce dernier a terminé le script de tournage deux heures avant le lancement officiel de la terrible grève des scénaristes de la WGA en 2008. le scénario a été par la suite officieusement retouché par des script-doctors mercenaires. True heroes.</p>
<p>-Le film a coûté 225 Millions de $ a produire, marketing compris, le plus cher de toute la saga, de loin et le plus lourd budget de son année de sortie. Il a rapporté 168 M $ aux us, 586 M dans le monde soit 1 Million de plus que <strong>Casino Royale</strong> aux us et 8 de moins à l&#8217;international. Les millions de dvd et de blu-ray vendus dans le monde font bien sûr grimper le chiffre total au-delà des 600 Millions.</p>
<p>-14 aston-Martin ont été détruites lors du tournage de la première séquence en Italie, dont une a terminé sa course dans lac Garda. L&#8217;épave de l&#8217;Aston repêchée, valant plus de 100 000 euros a été rachetée par un fan pour une somme de plus de 300 000 euros. Quand on aime on compte pas.</p>
<p>-La pré-production du film a commencé en 2006, en plein tournage de <strong>Casino Royale</strong>. tout est venu de l&#8217;idée piquée à un documentaire sur l&#8217;eau en amérique du sud, présentée comme le nouveau pétrole. Michael Wilson a alors écrit un premier traitement dans la foulée. Au poste de réalisateur, on offra le poste à Paul Haggis (qui refusa de peur de ne pouvoir tenir des délais il est vrai très serrés) puis à Roger Mitchell qui travailla sur le film quelques jours le temps de se rendre compte qu&#8217;aucun script n&#8217;était prêt à quelques semaines du tournage. La sortie, initialement prévue pour mai 2008 fut alors repoussée à novembre, a la faveur d&#8217;un décalage de sortie d&#8217;<strong>harry potter et le prince de sang-mêlé</strong>.</p>
<p>-Forster voulait prendre les Alpes Suisses comme décor final du film, ce qui fut refusé pour deux raisons : les coûts de production et le fait que les lieux étaient exactement les mêmes que ceux de <strong>Au service secret de sa Majesté</strong>. En cas de futur remake mieux vaut éviter les environs&#8230;</p>
<p>-Bruno Ganz a faillit avoir le rôle de Greene, mais Amalric avait déjà signé. D&#8217;après les fans et contrairement à ce que croit Amalric, le personnage possède bien une tare physique propre aux méchants bondiens : des yeux de cafard. Amalric était visiblement destiné a jouer le rôle d&#8217;un méchant dans un Bond un jour ou l&#8217;autre : il jouait un ennemi de Danil Craig dans <strong>Munich</strong>, fils de Michael Lonsdale (Drax dans <strong>Monnraker</strong>) dans le même film et fils de Max Von Sydow (Blofeld dans <strong>Jamais plus Jamais</strong>)dans le scaphandre et le papillon. Greene est le 4ème méchant francais de la saga, après Drax, Kamal Khan (<strong>Octopussy</strong>) et Elektra King (<strong>Le monde ne suffit pas</strong>).</p>
<p>-Quelques mots sur Fields. Le personnage a été écrit comme une variation de Mary Goodnight, personnage récurrent des livres et bond-girl officielle de<strong>l&#8217;homme au pistolet d&#8217;or</strong>. son look s&#8217;inspire grandement de Tracy di Vicenzo (<strong>Au service secret de sa majesté</strong>), son destin de Jill Masterson (<strong>Goldfinger</strong>). Son nom complet est dans la grande tradition des dames flemingiennes, Strawberry Fields, clin d&#8217;oeil à la chanson des Beatles (dénommant une femme et l&#8217;ophelinat d&#8217;enfance de Lennon)et à la couleur de ses cheveux. C&#8217;est la 5ème rouquine de la saga, la première depuis Tracy.</p>
<p>-Tom Ford en personne a été engagé pour créer les 11 costumes de Craig pour ce film.</p>
<p>-Les caméos du film comprennent la petite fille de Charlie Chaplin (Oona Chaplin) en réceptionniste, Alfonso Cuaron et Guillermo Del Toro en voix de pilotes, Forster en un des chefs de Quantum à l&#8217;opéra (il est le seul a prononcer le mot &laquo;&nbsp;Quantum&nbsp;&raquo; dans le film), le président d&#8217;Aston-Martin en adjoint de Greene et Michael G. Wilson en client d&#8217;hôtel de Haïti.</p>
<p>-Rappelons que le Kina Lillet utilisé dans le film pour le Vesper Martini n&#8217;existe plus depuis 25 ans. Si quelqu&#8217;un vous dit qu&#8217;il boit des vrais vodka-martini à la Bond, c&#8217;est un menteur.</p>
<p>-L&#8217;expression &laquo;&nbsp;Quantum of Solace&nbsp;&raquo; n&#8217;est jamais prononcée dans le film.  Elle vient de la nouvelle d&#8217;origine, une histoire de 10 pages où un gouverneur raconte à bond pendant un dîner une histoire d&#8217;amour qui finit mal. Le Quantum of Solace désigne à l&#8217;origine le quota minimal d&#8217;émotion qui doit exister entre deux amants pour qu&#8217;une relation continue d&#8217;exister, synonyme de minimum de réconfort auquel aspire Bond dans ce film.</p>
<p>-Outre la fameuse scène de &laquo;&nbsp;oilfinger&nbsp;&raquo; où Starwberry Fields se transforme en Oil Fields faisant référence à <strong>Goldfinger</strong>, le film fait énormément de réfèrences à <strong>L&#8217;Espion qui m&#8217;aimait</strong> : le pseudonyme Robert Sterling, la chute d&#8217;un homme du haut d&#8217;un toit lors d&#8217;un interrogatoire, la référence dialoguée au Caïre, la poursuite en voiture en Italie fait référence à celle en Sardaigne de 77, la représentation d&#8217;un spectacle où le parcours de Bond est illustré symboliquement sur scène  et ça va jusqu&#8217;à reprendre l&#8217;image classique de Bond et la Bond-girl marchant en costumes de soirée à travers le désert.</p>
<p>-Deuxième fois que Bond ne &laquo;&nbsp;consomme&nbsp;&raquo; pas la Bond-girl principale, la première étant dans <strong>Demain ne meurt Jamais</strong>.</p>
<p>-C&#8217;est la 4ème fois et la 3ème fois consécutive que Bond perd d&#8217;une manière ou d&#8217;une autre son permis de tuer.</p>
<p>-Dominic Greene est le deuxième ennemi (consécutif en plus) a ne pas être tué directement par Bond mais par d&#8217;autres ennemis. Deuxième fois également que sa mort est uniquement suggérée (la première étant celle de Koskov dans <strong>Tuer n&#8217;est pas Jouer</strong>).</p>
<p>-Deuxième Bond consécutif a avoir Bond qui termine sans une fille dans les bras.</p>
<p>-Deux fins fantômes auraient été tournées, absentes du montage final : l&#8217;une montrant un dialogue Mr. White retrouvé par un Bond vengeur, qui aurait mené à l&#8217;un des chefs de Quantum, vu dans l&#8217;opéra et à la mort définitive de White. La deuxième serait ce même dialogue, sans tierce personne, se résolvant par White tirant une balle a bout portant sur Bond, s&#8217;effondrant a terre, comme a la fin du livre bons Baisers de Russie. ça aurait été le premier cliffhanger de la saga au cinéma mais la piste fut abandonnée parce que selon wilson/brocoli ça les aurait forcé a faire une trilogie Quantum, or ils prévoiraient un 3ème épisode pour Craig plus détaché et proche d&#8217;un vrai nouveau Bond classique.<br />
Cela dit il y a de bonnes chances que lorsque &laquo;&nbsp;James Bond Will Return&nbsp;&raquo;, Quantum will Return aussi.</p>
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		<title>Casino Royale</title>
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		<pubDate>Tue, 02 Feb 2010 13:19:23 +0000</pubDate>
		<dc:creator>Marv</dc:creator>
				<category><![CDATA[Ciné reste du monde]]></category>
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		<description><![CDATA[A peine gradé agent 00, James Bond doit faire face à sa première mission, arrêter Le Chiffre, banquier d'un mystérieux groupe terroriste, en le battant à un tournoi de poker à 150 millions de dollars au Monténégro, au Casino Royale. Mais que se passe-t-il quand un bulldozer se rend compte qu'il a une âme ? Comment James est devenu Bond ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_2155" class="wp-caption aligncenter" style="width: 471px"><img class="size-full wp-image-2155 " title="Casino royal - vignette" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/02/007_aston-martin-db5_casino-royale-8b63f-e1265116525624.jpg" alt="" width="461" height="267" /><p class="wp-caption-text">Aston forever</p></div>
<p><strong>CASINO ROYALE</strong> de Martin Campbell<br />
2006</p>
<p>L’histoire :<br />
A peine gradé agent 00, James Bond doit faire face à sa première mission, arrêter Le Chiffre, banquier d&#8217;un mystérieux groupe terroriste, en le battant à un tournoi de poker à 150 millions de dollars au Monténégro, au Casino Royale. Mais que se passe-t-il quand un bulldozer se rend compte qu&#8217;il a une âme ? Comment James est devenu Bond ?</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-2156" title="casino royal - 1" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/02/Poster_29824.jpg" alt="" width="266" height="400" /></p>
<p><em>DANIEL CRAIG IS THE NEW JAMES BOND. DEAL WITH IT.</em><br />
Vous savez ce qui est bien avec les virages dangereux qu&#8217;on prend à pleine vitesse ? C&#8217;est les tonneaux qu&#8217;on se prend avec joie et brutalité.<br />
En 2006, nous vivions une drôle d&#8217;époque où la mode était aux remakes, aux reboots, aux relaunchs. Les deux exemples les plus célèbres et qui ont tendance a mettre le plus de gens d&#8217;accord c&#8217;est <strong>Batman Begins</strong> et ce <strong>Casino Royale</strong> qui fut initié par une suite invraisemblable d&#8217;événements qui ont fait que Barbara Broccoli et Michael Wilson, les pharaons de Pinewood, ont décidé de mettre fin au service de Pierce Brosnan.</p>
<p>Née d&#8217;une vieille idée saugrenue mélangée à un impératif commercial ainsi que d&#8217;un intense brainstorming de 3 ans, <strong>Casino Royale</strong> est le produit (oh oui &laquo;&nbsp;produit&nbsp;&raquo; c&#8217;est le mot) d&#8217;une gestation très étrange conçue pour non seulement moderniser la franchise, mais aussi réussir un grand écart vertigineux entre les aspirations des fans les plus hardcore (un bond flemingien dans la lignée de <strong>OHMSS</strong>), le grand public (un film d&#8217;action post-moderne post-11 septembre), le studio (une vitrine publicitaire), le distributeur (la machine a lancer les ventes de la Playstation 3 et du format blu-ray) et les producteurs (garants de la sacro-sainte formule bondienne). Sans parler en plus de répondre à une attente de 4 ans et à la concurrence qui a sévit depuis (<strong>La mort dans la peau</strong> et <strong>Mission impossible 3</strong> en tête).<br />
Il s&#8217;agit d&#8217;une révolution très élaborée, qui garde ses leçons des Brosnan (grosso modo la même structure) et prend des risques par a-coups.</p>
<p>Donc exit Moneypenny et Q sous prétexte que c&#8217;est un film origine (je vois pas le rapport : ils étaient au MI-6 avant bond, non ?) qui n&#8217;a pas grand intérêt puisque M a bien un secrétaire (zéro charisme) et que le film a bien des gadgets finalement (la puce dans le bras, le téléphone GPS 3D, le kit de survie ultra-élaboré de la boite a gant de l&#8217;aston martin).<br />
De manière assez foireuse, on garde le même M, Judi Dench (la continuité bondienne est un trou de ver&#8230;) et comme on peut plus toucher au SPECTRE pour raisons de droit et que le SMERSH n&#8217;a plus de raisons d&#8217;exister depuis la fin de la guerre froide, on invente une nouvelle organisation terroriste, qui sera a peine élaboré dans ce premier épisode, un peu de la même manière que dans <strong>Dr. No</strong> où il s&#8217;agissait de supprimer un simple agent d&#8217;une entreprise incroyablement plus vaste et qui culminait 5 films plus tard à son chef, Blofeld. D&#8217;ailleurs si on y regarde bien, Le Chiffre n&#8217;est qu&#8217;un bouffon de l&#8217;histoire, les vrais méchants du film sont les agents de l&#8217;organisation a peine esquissés : Mr White qui traverse le film comme le lapin dans Alice au pays des merveilles et Gettler, obscur borgne a une réplique à la fin du film. Moins on en sait et mieux ça vaut : l&#8217;art de créer un buzz sur le prochain film alors qu&#8217;il est même pas encore écrit.</p>
<p>L&#8217;entourage de Bond est renouvelé pour la plus grande joie des fans : on fête le grand retour de Felix Leiter (Jeffrey Wright) pas vu depuis Permis de tuer et René Mathis apparu dans plusieurs romans mais jamais au cinéma (Giancarlo Gianni).</p>
<p>Les bond-girls reviennent dans leur forme classique : deux, une mineure juste là pour le sexe et une majeure avec qui finir le film. Ce qui est moins classique c&#8217;est quand la nana ne termine pas le film, on y reviendra. Et si Caterina Murino se place parmi les pires nanas de la saga, Eva Green se place divinement aux côtés de Diana Rigg dans le coeur des fans.</p>
<p>Maintenant attaquons le gros morceau, le bulldozer, le dada, le cracra, le Daniel Craig.<br />
Alors lui, on peut pas dire qu&#8217;il fasse les choses à moitié.  En quelques mois il s&#8217;est taillé une musculature et un volume de body-builder franchement nouveau pour un Bond (avant c&#8217;était plutôt le style grand fin, là le mec est taillé en V). Il s&#8217;est préparé physiquement et psychologiquement, et il a fait quelque chose qu&#8217;on pensait impossible avant lui. Il a fait de son Bond celui de Ian Fleming. Il est brutal, dur, salaud au coeur de pierre, très bourrin, pratique le sexe comme un passe-temps et il a la maturité d&#8217;un adolescent en rut. Donc il est parfait.<br />
Il a saisit a la perfection la complexité de la psychologie de Bond et mieux que ça, on lui a laissé la marge nécessaire pour le montrer (Brosnan n&#8217;y a jamais eu droit). Pour la deuxième fois en 21 films (voir <strong>OHMSS</strong>), on sent une vraie profondeur émotionnelle derrière ses yeux bleus de tueur. Le mec tue avec facilité, sans plaisir mais sans se faire prier (malgré un petit bodycount de 11 morts seulement dans ce film, ce qui est très peu). Et de manière fluide, distincte et évidente il n&#8217;est plus la même personne entre le début et la fin du film. Comme dans le livre, il est comme un gamin qui vit une expérience traumatique, son premier grand amour et sa perte, qui lui fait permet de se rendre compte pendant un temps très court que, malgré l&#8217;image qu&#8217;il donnait de lui comme agent et être humain et de sa fameuse &laquo;&nbsp;armure&nbsp;&raquo; psychologique, il avait une conscience, il avait une âme. Et pour une fois qu&#8217;il avait une chose a perdre, il a tout perdu. Le lien métaphysique qui unit le film à <strong>OHMSS</strong> est troublant quand on voit Bond vraiment sous le choc, et bien plus qu&#8217;après ses 7 tonneaux en voiture ou sa scène de torture, quand il la ramène sur le toit, qu&#8217;il essaye de la ranimer, qu&#8217;il comprend que c&#8217;est foutu, qu&#8217;il s&#8217;éloigne puis la reprend. Le mec qui a gagné la partie de poker 20 minutes avant, c&#8217;est plus du tout le même mec qui balance à M &laquo;&nbsp;the bitch is dead&nbsp;&raquo; (la dernière réplique du livre). Le choc est comme l&#8217;attaque cardiaque vue au milieu du film. Et en bon personnage de film qu&#8217;il est, ce qui lui arrive au coeur lui arrive aussi aux tripes, d&#8217;où la scène de torture castratrice très significative. Il a fallu détruire son appareil génital, ses couilles (donc ce qu&#8217;il est) pour venir a bout de son armure et en faire un être humain ou du moins de quelque chose d&#8217;approchant.</p>
<div id="attachment_2157" class="wp-caption aligncenter" style="width: 460px"><img class="size-full wp-image-2157 " title="casino royale - 2" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/02/20061125-20061117HO_Casino_Royal_1_450.jpg" alt="" width="450" height="299" /><p class="wp-caption-text">Tu bluff Martoni !</p></div>
<p>Le film vaut de l&#8217;or au moins pour ça : il montre très bien ce qu&#8217;était Bond avant d&#8217;incarner 007, il montre bien la transformation en machine de guerre insensible et implacable. Et on le doit à Daniel Craig, et à sa rudesse. Et à Eva Green qui remplit son rôle : Bond ne peut tomber amoureux que d&#8217;une fille &laquo;&nbsp;faible&nbsp;&raquo;. Elle ne peut pas être une femme fatale ou une femme d&#8217;action comme on en voit un film sur deux dans la saga. Il fallait qu&#8217;elle ne soit pas une femme indépendante, elle ne pouvait en aucun cas être une femme libre ou libérée. Il faut qu&#8217;elle soit fragile physiquement, qu&#8217;elle craigne la violence (la scène de la douche), parce que Bond a besoin qu&#8217;elle ai besoin de lui. Il n&#8217;y a que comme ça qu&#8217;il pouvait être prêt a tout quitter.<br />
Et sa relation avec Vesper on la doit à Paul Haggis qui s&#8217;est bien adapté au boulot de commande imposé. Il a réussi l&#8217;inédit : injecter du naturel sans perdre du bondien en dialogues.<br />
Quand au travail d&#8217;adaptation, Purvis et Wade s&#8217;en sortent très bien même si on les sent timorées par le manque de folie du projet.</p>
<p>Et là on attaque ce qui me fait grincer des dents : le manque de rêve.<br />
Parce que c&#8217;est bien beau le réalisme, le naturel, le crédible mais faudrait pas oublier qu&#8217;il s&#8217;agit de james bond. le &laquo;&nbsp;larger than life&nbsp;&raquo; est une philosophie qui n&#8217;accepte pas les compromis et c&#8217;est là que les problèmes commencent. Autant je peux comprendre l&#8217;omniprésence des scènes de poker (7 au compteur) , même si elles manquent vraiment d&#8217;intensité face à une vraie grosse explosion, et je peux comprendre l&#8217;importance de l&#8217;évolution du personnage principal, je peux comprendre qu&#8217;il n&#8217;y ait que 3 grandes séquences d&#8217;action pour tout le film. Le problème c&#8217;est que sur ces trois-là, y&#8217;en a qu&#8217;une qui soit vraiment géniale et elle est au début du film.<br />
En effet la poursuite en parkour avec le yamakasi foucan est une introduction superbe, une promesse d&#8217;un Bond bourrin et dur de dur&#8230; mais la promesse n&#8217;est pas forcément tenue sur le reste du film. Certes la séquence de l&#8217;aéroport a de beaux moments et je vois parfaitement ce qu&#8217;a voulu faire Vic Armstrong : un lien subconscient avec le permis de tuer de Dalton dans lequel Bond se débattait aussi avec un camion-citerne. Sauf que dans le Dalton y&#8217;en avait 8, c&#8217;était infernal et jouissivement interminable et là au contraire on fait moins bien que la référence et en plus petit. Donc même si c&#8217;est plus réaliste, on perd en fun et en bondien.<br />
La troisième scène d&#8217;action du film, dans l&#8217;immeuble qui s&#8217;effondre a Venise, elle est typiquement bondienne, ça pas de problèmes. Mais elle est affreusement courte, mal montée et elle s&#8217;appuie sur un ennemi trop intangible pour le public puisque le bad guy du film est déjà mort a ce moment-là depuis un moment.  Si ils avaient remplacé Gettler par Le Chiffre, ça aurait été une vraie montée en puissance et moins frustrant et plus spectaculaire dans la mesure où Bond aurait tué le mec et perdu la fille en une seule scène. Saluons tout de même l&#8217;effort technique, la prouesse d&#8217;avoir fait passer une petite maquette et des effets en CGI pour un véritable immeuble venitien en train de couler.</p>
<p>Autre élément de taille en faveur du film, la direction de la photo de Phil Meheux qui tranche avec les précédents films. On sent que la colorimétrie lumineuse et la profondeur de champ ont été calculés aussi pour le portage du film en HD. C&#8217;est un film qui pète de couleurs et de lumières malgré une prod design dépourvu d&#8217;extravagance.<br />
En effet Peter Lamont s&#8217;est fait une fois de plus piégé par un scénar rédhibitoire, et encore, heureusement que le gars avait un immeuble a couler&#8230;</p>
<p>Un revenant est à la réalisation, Martin Campbell, dont le seul exploit de carrière aura été de relancer la franchise par deux fois. S&#8217;il semble avoir changé de fusil d&#8217;épaule depuis Goldeneye, il n&#8217;en demeure pas moins un yes-man de luxe qui connaît les problèmes du métier. Disons qu&#8217;il a les qualités de ses défauts : puisque le film ne porte pas sa signature, vu qu&#8217;il en a pas, il ne fait que mieux ressortir le fait que le film est porté par Green/Craig à l&#8217;écran et par Broccoli/Wilson derrière la caméra. Et alors là eux, ils peuvent être fiers, c&#8217;est effectivement le meilleur film qu&#8217;ils aient produits a eux deux.</p>
<p>Enfin la musique de David Arnold est comme a chaque fois un moment d&#8217;anthologie renouvelé. Plus Barryesque que jamais, ses nouveaux thèmes donnent une vraie saveur au film et pour la première fois, sans le james bond theme ! enfin jusqu&#8217;au générique de fin. Et la chanson de Chris Cornell est à l&#8217;image du film, cool et brutale et rock et masculine et bourrinne. Une des meilleures, en plus sur un générique novateur de Daniel Kleinman sans les silhouettes.</p>
<p>Bref, <strong>Casino Royale</strong> est un bon film, même si il oublie parfois un peu trop qu&#8217;il est un bond et qu&#8217;il est avant tout un film d&#8217;action, il opte pour une approche flemingienne salvatrice et indispensable à la re-création du personnage, porté par un acteur dont la fraîcheur et la générosité auront marqué son temps. Dans l&#8217;exercice hautement périlleux du remplacement d&#8217;acteur, on s&#8217;en sort très bien, notamment grâce à une bond-girl parfaite, un scénar bien écrit, une photo à tomber par terre et un score d&#8217;enfer. c&#8217;est pas parfait, mais c&#8217;est amplement suffisant à nôtre bonheur. Et si en plus, on aime le poker, alors là&#8230;</p>
<p><strong>Les +</strong><br />
-Ian Fleming lives ! Jamais en 30 ans dans la franchise on aura montré autant de volonté a vouloir adapter sans chichis et avec des couilles le matériau d&#8217;origines de Fleming. Une vraie fidélité de coeur sur 3 points indispensables : la dureté de Bond, la scène de torture et Vesper Lynd. Le reste c&#8217;est de la littérature&#8230;<br />
-David Arnold, au top.<br />
-Daniel Craig, grande révélation du film.<br />
-Eva Green, la bond-girl fragile qu&#8217;on avait besoin de voir depuis longtemps.<br />
-L&#8217;Aston Martin Vantage. sous-utilisée mais bien cabossée.<br />
-La poursuite au Madagascar, grand moment muet de cinéma d&#8217;action pure.<br />
-Les dialogues Vesper/Bond de Paul Haggis<br />
-Le Relaunch qui donne une nouvelle fraîcheur à l&#8217;ensemble<br />
-La photo de Phil Meheux, raffinée.<br />
-&nbsp;&raquo;vodka-martini&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;secoué ou agité ?&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;rien a foutre&nbsp;&raquo;<br />
-la scène de torture. &laquo;&nbsp;le monde entier saura que vous êtes mort en me grattant les couilles&nbsp;&raquo;&#8230;. J&#8217;ai attendu cette réplique toute ma vie.<br />
-la mort spectaculaire et bondienne de Vesper<br />
-l&#8217;introduction de l&#8217;organisation Quantum via des personnages joker dans le film, mr. white et gettler, sans aucune autre dimension qu&#8217;incarner des agents d&#8217;on sait pas trop quoi.<br />
-&nbsp;&raquo;the bitch is dead&nbsp;&raquo;<br />
-la crise cardiaque. on avait besoin d&#8217;un éléctrochoc&#8230;<br />
-Le générique se terminant sur la gueule de Craig s&#8217;imposant radicalement comme le nouveau Bond. C&#8217;est exactement ce qu&#8217;il fallait faire et ils l&#8217;ont fait.<br />
-la chanson de Chris Cornell, you know my name, pleine de bruit et de fureur.<br />
-le gunbarrel.<br />
-René mathis et Felix Leiter. Construits pour durer !<br />
-la scène qui voit Bond se soigner et boire cul sec un bourbon.<br />
-le noeud algérien de Vesper, en forme de gunbarrel.<br />
-La pose finale annonçant un prochain film sur la vengeance plein de promesses.</p>
<p><strong>Les –</strong><br />
-Caterina Murino, &laquo;&nbsp;Catastrophe Marinée&nbsp;&raquo; pour les intimes. Mauvaise actrice, mauvais personnage.<br />
-Simon Abkarian, compagnon de Murino dans le film. Même topo que pour sa copine et ajoutons à cela un fâcheux manque d&#8217;envergure<br />
-La partie du film au Bahamas. Si l&#8217;on excepte deux éléments scénaristiques importants (l&#8217;aston martin et &laquo;&nbsp;Ellipsis&nbsp;&raquo;), pas grand intérêt.<br />
-Le Chiffre. Malgré son côté bondien avec ses larmes de sang, il est trop faible, physiquement et intellectuellement pour offrir un vrai défi à 007. Et il n&#8217;est vraiment utile que pour la scène de torture. Un des méchants les plus faiblards de la saga.<br />
-Les hommes de main. Pas un qui sort du lot.<br />
-la gueule d&#8217;eva green photoshopée dans le générique, qui n&#8217;a rien a faire là, et fait stupidement kitsch. Incompréhensible.<br />
-l&#8217;expo body worlds<br />
-l&#8217;absence de Q et de Moneypenny alors que M a toujours un secrétaire et que Bond a toujours des gadgets. Hypocrite.<br />
-le côté vitrine publicitaire du film. On faisait plus subtil dans le temps.<br />
-y&#8217;a-t-&#8217;il un réal dans l&#8217;avion ?</p>
<p>Note générale : 5/6<br />
Sur l’échelle des Bonds : 6/7<br />
La Renaissance. Encore. Re-démarrage solide s&#8217;appuyant sur un acteur de poids que personne n&#8217;a vu venir. Rapidement devenu culte, le film mérite a être reconnu comme un savant juste milieu des demandes des fans et de ce que le public en attendait vraiment. Si le film n&#8217;est pas parfait, surtout en termes d&#8217;action, il offre un tremplin époustouflant qui ne demande qu&#8217;a être sublimé par le prochain épisode.<br />
Et surtout, Daniel Craig <span style="text-decoration: underline;"><strong>est</strong></span> James Bond. Et si ça vous plaît pas, allez vous faire foutre !</p>
<div id="attachment_2158" class="wp-caption aligncenter" style="width: 410px"><img class="size-full wp-image-2158 " title="casino royal - 3" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/02/Casino-Royale-Japon.jpg" alt="" width="400" height="517" /><p class="wp-caption-text">Le syndrome &quot;Morticia&quot;</p></div>
<p><em>CE QUE VOUS NE SAVIEZ PAS</em></p>
<p>-Le Vesper Martini que commande Bond est impossible dans le monde réel : la demi-mesure de Kina Lillet nécessaire serait difficile a produire vu que le Kina Lillet n&#8217;est plus produit depuis 1985. L&#8217;anachronisme est peut-être voulu.</p>
<p>-Techniquement parlant, c&#8217;est le 4ème Bond à avoir un &laquo;&nbsp;Casino Royale&nbsp;&raquo;. Outre les deux autres films titrés <strong>Casino Royale</strong>,<strong>Jamais Plus Jamais</strong> en avait aussi un, situé à Monte-Carlo. Dans le livre, le Casino est à Royale-les-eaux, ville fictive crée par Fleming. Cela dit, il y a bien un vrai &laquo;&nbsp;Casino Royal&nbsp;&raquo; dans le sud de la France, actif officieusement depuis al seconde guerre mondiale. Je vous dirai pas où il est.</p>
<p>-Deuxième Bond a montrer une partie de carte aux Bahamas, après <strong>Opération Tonnerre</strong>.</p>
<p>-Premier Bond depuis <strong>L&#8217;homme au pistolet d&#8217;or</strong> (1974) a ne pas avoir de grande séquence d&#8217;action pré-générique. Je parie ma chemise que ce sera rectifié dans le prochain.</p>
<p>-Premier Bond a ne pas commencer sur le gunbarrel, bien qu&#8217;il soit inclus plus tard, en introduction au générique.</p>
<p>-Premier Bond a avoir une séquence en noir et blanc.</p>
<p>-Premier Bond a avoir une scène sous la pluie.</p>
<p>-Premier Bond a ne pas avoir Q depuis Vivre et Laisser mourir, le premier Roger Moore.</p>
<p>-Premier Bond à montrer un Felix Leiter joué par un noir. Officieusement c&#8217;était déjà le cas dans <strong>Jamais plus Jamais</strong>, mais bon&#8230; c&#8217;est pas un vrai.</p>
<p>-Premier bond depuis <strong>Tuer n&#8217;est pas Jouer</strong> a utiliser un titre de Fleming.</p>
<p>-Quatrième fois que Bond se sépare de son permis de tuer, en démissionnant ou se faisant virer, les autres étant <strong>OHMSS</strong>,<strong>permis de tuer</strong> et <strong>meurs un autre jour</strong>.</p>
<p>-Deuxième fois qu&#8217;on voit la demeure d&#8217;un M. La première était dans <strong>OHMSS</strong>.</p>
<p>-Troisième passage à Venise dans la saga, après <strong>Bons Baisers de Russie</strong> (1963) et <strong>Moonraker</strong> (1979). Devinez avec lequel<strong>Casino Royale</strong> cherche la filiation.</p>
<p>-Daniel Craig est le premier acteur à faire un 007 plus jeune que la franchise elle-même.</p>
<p>-Dans <strong>Layer Cake</strong>, on voyait Craig parodier Bond, flingue allemand a la main dans une scène. C&#8217;était plus d&#8217;un an avant de savoir qu&#8217;il serait le nouveau Bond. D&#8217;après lui et les producteurs, ce film et <strong>Munich</strong> (dans lequel il joue un espion du Mossad) ont beaucoup joué en sa faveur.</p>
<p>-L&#8217;idée de raconter les origines de Bond a plus de 20 ans. Après le départ de Roger Moore, un script fut écrit, parait-îl très ambitieux, qui voyait un jeune Bond évoluer dans la Royal Navy. Le script fut rejeté par Albert Broccoli en 1986. Il disait que le public n&#8217;était pas prêt.</p>
<p>-premier générique animé dans un Bond depuis la parodie <strong>Casino Royale</strong>. Premier depuis <strong>Dr. No</strong> a ne pas montrer des silhouettes de femmes nues.</p>
<p>-Premier Bond a montrer le logo de Sony/Columbia, qui détient la boîte EoN, qui ne fait quasiment que produire des Bonds depuis près de 50 ans.</p>
<p>-Ian Fleming a basé le personnage de Vesper Lynd sur la résistante Christine Granville (1915-1952), qu&#8217;il a rencontré et avec qui, entre autres, il a mené le débarquement en Province. Son surnom anglais était &laquo;&nbsp;Vesper&nbsp;&raquo; et ils ont probablement couché ensemble pendant la seconde guerre mondiale. ça a pas du très bien se terminer parce qu&#8217;elle était mariée à l&#8217;époque. Sacré Ian, va.</p>
<p>-Sony a placé ses produits un peu partout dans le film. Assez ironiquement, c&#8217;est le premier film de fiction à montrer un lecteur Blu-Ray alors que <strong>Casino Royale</strong> fut lui-même le Blu-Ray le mieux vendu de 2007.</p>
<p>-Eva Green, 5ème Bond Girl française a battu en finale de casting Cécile de France et Audrey Tautou. Ouf.</p>
<p>-Comme par hasard quasiment toutes les voitures du film sont de ford : Land Rover, Ford, Aston Martin (la marque a été rachetée par Ford), Volvo, Jaguar, que des Fords. Et la voiture qui se fait exploser le pare-choc dans le parking était une Mercedes. On appelle ça du marketing sauvage.</p>
<p>-Chris Cornell est le premier homme a chanter une chanson Bondienne depuis Ah-Ha en 1987. le compteur est à 8 films pour les hommes et 13 pour les dames.</p>
<p>-Ironiquement, a cause de l&#8217;expo body worlds, c&#8217;est le 1er Bond a montrer de vrais cadavres à l&#8217;écran.</p>
<p>-Martin Campbell fait un caméo de 8 plans. C&#8217;est le conducteur du camion-citerne qui se fait tuer à l&#8217;aéroport.</p>
<p>-9 nominations aux césars anglais, les BAFTA. 16 prix gagnés dans des festivals techniques ainsi que meilleur film aux saturn awards, récompensant les meilleurs films de genre.</p>
<p>-En 2004, Quentin Tarantino proposa de faire un Casino Royale avec Brosnan qui aurait été la vraie suite de <strong>OHMSS</strong>, probablement l&#8217;idée de fan la plus dingue et bandante qu&#8217;on ait proposé. Broccoli et Wilson n&#8217;auraient jamais pris un &laquo;&nbsp;vrai&nbsp;&raquo; réalisateur et c&#8217;était mort vu que le film avait pas une chance de se faire avec Brosnan. On a donc sans doute échappé à un chef d&#8217;oeuvre instantané&#8230; et à la mort de la franchise.</p>
<p>-Un flyer au Japon pour promouvoir le film mentionnait les 7 règles pour recevoir un status double-zéro, jugez plutôt :<br />
1) Ne pas craindre la mort, ne rien lâcher sous la torture<br />
2) Niveau olympien au tir<br />
3) Vous pouvez trahir vos parents mais jamais vous ne trahirez l&#8217;organisation<br />
4) Vous avez la connaissance suffisante pour surprendre un universitaire et un sens de l&#8217;humour pouvant faire pouffer n&#8217;importe quelle blasée.<br />
5) Vous êtes sociable comme un agneau, mais vous restez un loup solitaire<br />
6) Vous avez le plus haut niveau d&#8217;expérience avec l&#8217;alcool, le jeu, les grosses voitures et la bouffe (ils précisent pas les femmes)<br />
7) Vous pouvez tomber amoureux, mais jamais vous ne pourrez aimer.</p>
<p>-Richard Branson, patron de Virgin fait un caméo dans le film (a sa propre demande), dans l&#8217;aéroport. Les airbus qu&#8217;on voit dans le film sont tous de Virgin Atlantic.</p>
<p>-Le costume 3-pièces porté par Bond a la toute fin du film, est une version marine de la même portée par Connery dans<strong>Goldfinger</strong></p>
<p>-Premier Bond a a voir été approuvé par la censure Chinoise. Tous les autres avant lui étaient des versions pirates vendus dans les rues.</p>
<p>-Une semaine après la fin du tournage, le plateau 007 (le plus grand du monde) a brûlé le 30 juillet 2006. C&#8217;est la deuxième fois que ça arrive, la première étant sur le tournage de <strong>Dangereusement Vôtre</strong>.</p>
<p>-La fameuse cascade des 7 tonneaux de l&#8217;Aston fut répétée à 3 reprises, détruisant 3 voitures valant chacune à l&#8217;époque 300 000 dollars.</p>
<p>- En 1999, Sony voulait sortir une nouvelle version de <strong>Casino Royale</strong>, vu qu&#8217;ils détenaient les droits. MGM paya Sony 5 millions de dollars après un long procès pour avoir les droits. Puis, ironiquement, Sony racheta la MGM en 2005 et ils n&#8217;avaient plus que jusqu&#8217;à 2007 pour avoir les droits sur un film <strong>Casino Royale</strong>, il étaient obligés de sortir un film portant ce titre avant cette date. Ce fut donc avant tout pour des raisons de droits et de gros sous (40 M $ dépensés au procès en 5 ans) que fut décidé que<strong>Casino Royale</strong> serait le prochain Bond. Et la paire Broccoli/Wilson d&#8217;en profiter pour faire un relaunch.</p>
<p>-Craig gagna 11 kilos de masse musculaire durant son entraînement draconien.</p>
<p>-Comme toujours, Michael Wilson s&#8217;offre un caméo burlesque, cette fois en chef de la police de Monténégro corrompu. Après avoir joué entre autres dans la saga un général américain et un général russe, il tombe donc en grade.</p>
<p>-Pour la scène de la douche, Vesper devait être à l&#8217;origine en sous-vêtements. Craig protestait, disant que Vesper si elle commençait a s&#8217;enlever ses vêtements, n&#8217;aurait aucune raison d&#8217;arrêter avant d&#8217;avoir tout enlever&#8230;.. La scène fut donc modifiée. Sacré Daniel, va.</p>
<p>-Le prototype du S570 vu dans le film est évidemment une parodie de l&#8217;airbus A380, l&#8217;avion le plus grand du monde. Celui qu&#8217;on voit dans le film est un vieux 747 modifié par la prod.</p>
<p>-Un nombre impressionnant d&#8217;actrices profitèrent du casting de la nouvelle bond-girl pour lancer de fausses rumeurs via leurs agents et le net pour faire croire qu&#8217;elles avaient été engagées et créer du buzz sur leurs noms. Parmi elles on trouve Aishwarya Rai, Naomi Watts, Thandie Newton, Angelina Jolie, Sienna Miller, Rose Byrne, Jessica Simpson, Scarlet Johansson et beaucoup d&#8217;autres.</p>
<p>-Parmi les acteurs mâles ayant été retenus après un premier tour de casting, on pouvait voir sur la liste les noms de Julian McMahon, Hugh Jackman, Gerad Butler. Les finalistes aux côtés de Craig furent Goran Visjnic (pas assez british), Sam Worthington (pas fait ses preuves), Alex O&#8217;Loughlin (pareil), Rupert Friend (trop jeune). Henry Cavill était le remplaçant désigné si Craig lâchait le rôle pour une raison X ou Y. Cavill avait 23 ans en 2006. Un de ses noms pourrait remplacer Craig d&#8217;ici quelques films.</p>
<p>-Le Chiffre est un méchant de star. Avant d&#8217;être sobrement interprété par Mads Mikkelsen (qui connaissait rien à Bond avant et je pense pas qu&#8217;il en sache beaucoup plus aujourd&#8217;hui), le personnage a été joué par Peter Lorre dans le téléfilm de 1954 et par le Dieu Orson Welles dans la parodie de 1967.</p>
<p>-La vieille chinoise qu&#8217;on voit jouer au poker sur le bateau de Le Chiffre était l&#8217;agent chinois d&#8217;Hong-Kong dans <strong>On ne vit que Deux fois</strong>. Plus fort, la femme au tournoi du Casino Royale avait un ptit rôle (trois répliques) au Kiss Kiss Bang Bang Club dans<strong>Opération Tonnerre</strong>. C&#8217;était il y a 40 ans.</p>
<p>-Quand Bond a son attaque cardiaque, son coeur s&#8217;arrête de battre. Donc techniquement parlant, c&#8217;est la première fois qu&#8217;on voit Bond vraiment mourir dans un Bond officiel. Les 7 james bond de Casino Royale (1967) mouraient tous aussi, étrangement.</p>
<p>-troisième Bond consécutif où Bond est torturé. Ce qui est assez ironique puisque la chaise vue dans Le monde ne suffit pas est une subtile référence à la scène de torture du livre Casino Royale.</p>
<p>-Deuxième Bond faisant mourir les deux bond-girls principales. La première fois étant dans <strong>On ne vit que deux fois</strong> (il terminait le film avec une fille tertiaire). Le deuxième également depuis <strong>OHMSS</strong> a montrer la mort de la nana principale, fidèles au roman également.</p>
<p>-Dans le roman, Vesper se suicide avec une overdose de somnifères. Le film a rendu ça plus&#8230;Cinégénique on va dire.</p>
<p>-Regardez bien le film : alors que le mot de code pour la valise et l&#8217;argent devrait être VESPER (donc 837737) on voit Bond taper 836547. J&#8217;ai essayé toutes les combinaisons de mots possibles, ça donne rien de sensé ou de pertinent.</p>
<p>-Comme les autres avant lui, mais de manière plus voyante a cause d&#8217;Internet, Craig fut sévèrement attaqué pendant le tournage par la presse et sur le net. Beaucoup le critiquèrent pour sa, je cite &laquo;&nbsp;gueule de russe&nbsp;&raquo; ainsi que son teint blond. On disait entre autres qu&#8217;il ne savait pas nager, qu&#8217;il ne savait pas conduire, qu&#8217;il s&#8217;était pété des dents de devant et un tas d&#8217;autres rumeurs aussi stupides que fausses. <strong>Casino Royale</strong> est le seul Bond a être entré dans le top 250 imdb et a une moyenne 8/10. Il est le bond qui a le mieux marché sur le sol us, en Angleterre et dans le monde, récoltant presque 600 millions de dollars sur la planète, faisant de lui le film d&#8217;espionnage ayant le mieux marché au box-office. Ah, ça rafraîchit un bon vieux coup de boule dans la gueule, hein ?</p>
<p>-Dans certains pays, certains fans ont pu avoir la chance de voir le film sortir avec 2 mois de retard, faisant de cet épisode le seul a être sorti en 2007, donc sur une année 007. ça n&#8217;arrive qu&#8217;une fois tous les 1000 ans, ce genre de trucs !</p>
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