Star Trek

fév 20, 2010 4 commentaires de Marv

STAR TREK de J.J. Abrams

L’histoire :
L’un a grandi dans les champs de Maïs de l’Iowa, à se battre pour son indépendance, pour sortir d’une vie sans but qui ne promettait que l’indifférence.
L’autre a grandi sur les montagnes âpres du désert Vulcain, à se battre pour la tolérance, pour réconcilier la logique qu’on lui a inculquée et les émotions qu’il ressent.
Dans l’un des recoins les plus éloignés de la galaxie, un gigantesque vaisseau de guerre surgit dans une époque à laquelle il n’appartient pas. Pour se venger de la destruction de sa planète, son capitaine va tout faire pour détruire les peuples qu’il tient pour responsables et leurs mondes avec.
Kirk et Spock, deux esprits aussi différents que complémentaires, vont devoir mener le seul équipage à bord du seul vaisseau qui peut l’arrêter. L’aventure commence !

Kirk rencontre l'amour de sa vie

THE FUTURE BEGINS (AGAIN)
Reboot, Relaunch, Préquelle, Remake, peu importe le terme, ou même la technique. Le Cinéma à franchise a eu besoin d’un grand coup de dépoussiérage dans les années 2000, et presque tout le monde y est passé. Superman, Batman, James Bond, King Kong, Halloween, vendredi 13 (freddy en 2010), star wars, ils ont tous eu droit à leur upgrade. Et quand c’est pas le coup du retour aux origines, c’est la suite directe, arrivant une décennie après ses prédécesseurs, comme ça a été le cas pour die hard, indiana jones, rocky, rambo et d’autres encore. Star Trek s’inspire de ces deux courants, jouant la carte du retour aux sources modernisé sans détruire pour autant tout ce qui a été construit avant.
Revenir sur la jeunesse de Kirk et Spock n’est pas un concept original, c’était même l’idée de départ du 6ème film. Mais par contre, l’idée-maîtresse de la Paramount pour ressusciter la franchise c’est d’avoir engagé la fine équipe de Lost aux commandes. Qui mieux qu’un Geek sait ce qui est bon pour un film de Geek ? Et qui mieux qu’Abrams aurait pu jouer aussi finement la carte du grand écart pour pouvoir rassembler les fans (nombreux et en force sur le net, donc a convaincre en premier) et le grand public (qui n’y connaît rien, cette bande d’abrutis) ?
C’est donc un parti pris osé que de mettre un (relatif) débutant sur un lourd budget à 150M $ (le space opera le plus cher de toute l’histoire du cinéma) chargé de redorer le blason de la saga auprès du studio et d’en refaire la glorieuse machine à biftons qu’elle était autrefois. C’est d’autant plus osé que la méthode n’a pas toujours fait ses preuves (Superman Returns), que le film devra affronter un sacré  paquet de préjugés autant chez les fans (le casting) que chez les profanes (“ils sont où les droïdes ?” réaction véridique) et s’affirmer comme une nouvelle franchise solide et fiable.
Abrams fait donc le bon choix de miser sur l’imagerie de l’inconscient collectif (même sans avoir vu un épisode, on connaît tous le look de la série d’origine) et de respecter la mythologie comme il se doit pour ne pas se mettre les Geeks a dos. La production design hyper-léchée et les incroyables effets spéciaux en mettent donc logiquement plein la gueule et I.L.M. nous rappelle pourquoi ils méritent leur belle réputation. Jamais on avait vu des batailles spatiales de cette ampleur avec autant de moyens et d’idées (Battlestar Galactica peut aller se rhabiller), et l’Enterprise en particulier redevient ce bel objet a mi-chemin entre design fonctionnel et lignes épurées vintage. Si Dieu est dans les détails, c’est bien ceux-ci qui permettent de se mettre dans la poche l’approbation nécessaire des trekkies et l’adhésion des païens. La direction de la photo, la palette colorimétrique, le soin apporté aux costumes, aux accessoires, achèvent nôtre envie de lécher la péloche comme un bonbon chimique qui pousse à l’addiction.

Parlons du nouveau casting : il y’avait de quoi avoir une trouille bleue andorienne du parti pris djeuns d’Abrams, choisissant des inconnus à l’exception d’appâts a geeks (simon pegg, zachary quinto). Là c’est une vraie bonne surprise puisque Chris Pine (acteur a la filmo assez déroutante) sans trop imiter Shatner nous livre une bonne interprétation, très juste du jeune Kirk, très fidèle a sa représentation telle qu’elle a été évoquée en dialogues ou autres romans apocryphes. Chacun joue son rôle à merveille, et Abrams a un vrai talent pour qu’on s’attache très rapidement à un groupe. Kirk, Spock, McCoy, Uhura, Scotty, Chekov et Sulu, ils ont tous droit à leur grande entrée en scène et à leur part d’exposition due dans le film. Les seconds rôles remplissent leur tâche et s’en tirent aussi très bien pour le peu qu’ils ont a faire (Winona Ryder, Bruce Greenwood ou encore Jennifer Morrisson), et le grand méchant de service Nero/Eric Bana, même sans beaucoup de temps de présence à l’écran, contribue comme il faut à étoffer et à construire l’histoire et les autres personnages. Et puis, pour une fois qu’on a enfin un méchant romulien, on va pas s’en plaindre. C’est pas Khan, mais il fait l’affaire.
quand à Leonard Nimoy, il est plus là pour le passage de flambeau qu’autre chose, mais il renforce la continuité et sa présence  n’a jamais l’air d’un gadget-clin d’oeil, elle a une utilité à l’intrigue, comme tous les autres personnages.

Kirk et Spock : seules leurs légendaires engueulades pourront sauver le monde

TO BOLDLY GO WHERE NO MAN HAS GONE BEFORE
Maintenant on passe aux choses qui fâchent : 3 scènes de combat sont rendues quasiment illisibles par la caméra à l’épaule   d’Abrams qui garde certains défauts de ses origines télévisuelles. Défauts qu’il parvient largement à contre-balancer le reste du temps par son scope éblouissant, ses nombreux plans larges et son apprentissage visible à l’écran de la profondeur de champ. L’autre défaut du métrage est son côté sournois : on explique gentiment au public que l’intrusion du Narada au XXIIIème siècle a provoqué une nouvelle ligne temporelle d’émerger, mais pourtant il y a pas mal d’indices qui montrent clairement qu’on est pas dans une nouvelle ligne temporelle mais dans une réalité parallèle, ce qui n’a rien a voir dans Star Trek ! D’où des changements drastiques dans l’histoire et les personnages : le Captain Pike devrait avoir le même âge que Kirk, le voyage en subespace  ne devrait pas autant ressembler à du Star Wars, Une Orionienne n’a rien a faire à Starfleet, la chambre intermix ne devrait pas avoir 4 coeurs (ben oui tout le monde sait ça bordel) et plein d’autres détails qui fourmillent. c’est pas si gênant que ça puisque c’est un re-démarrage, mais pour les fans y’a matière à être choqué. Abrams a manifestement voulu marquer son territoire par 2 changements particulièrement dramatiques du scénario : Spock trouve un love-interest en Uhura et ça autant on peut le supporter, mais surtout la planète Vulcain y passe, emportant 6 milliards de ses habitants en quelques secondes ! Un sacrifice énorme à l’échelle de la saga, un génocide comme on en a rarement vu dans la franchise, et un trou dans la mythologie qu’il sera dur de combler, tant sa planète et ses habitants ont nourri nombre d’histoires indispensables à la continuité. Tout est remis en cause, plus rien ne sera comme avant et donc, tout peut arriver ! Seuls les futurs films nous montreront l’utilité effective d’un tel ressort narratif, surtout si Abrams passe par une étape klingon à l’avenir.

énorme boulot d'ILM, un résultat de dingue à l'écran

Les nombreuses références du film ont le même pouvoir que celles d’un Tarantino, toutes proportions gardées : ceux qui ne les connaissent pas peuvent profiter du divertissement proposé et ceux qui les connaissent auront un plaisir décuplé à voir et comprendre toutes les couches du film. Et alors, oui, c’est un vrai plaisir, notamment de voir le grandiloquent Kobayashi Maru de Kirk, la prise vulcaine de Spock, les punchlines de McCoy, l’accent russe de Chekov, l’escrime de Sulu, la mini-jupe d’Uhura, l’intégration de la dream team aux commandes du pont par une suite d’événements et de coïncidences précipitées comme on en a toujours eu avec les univers d’Abrams, le score parfait de Giacchino,…aaaaah putain quel pied !
Y’a même une bouteille de whisky DHARMA et un tribble qui traînent dans un coin, pour les yeux attentifs.

un grand moment dans l'histoire du geekisme : le Kobayashi Maru de Kirk, renvoyant directement à La Colère de Khan

Au-delà du reboot attendu, on a droit à un Star Trek qui représente très bien l’univers en un minimum de temps dans ce qu’il a de plus fort et de plus riche, chose qui n’avait jamais été réussie dans les 4 derniers films avec l’ère next gen. Mais ce qui remporte le coeur du public, c’est l’attachement humain au sein d’une incroyable histoire qui ne s’arrête jamais, où chaque élément s’imbrique parfaitement dans un autre, au point qu’on voit pour la première fois sur grand écran éclore et très bien marcher le talent de la formule Lost et de son équipe, à commencer par Abrams, qui même s’il s’en est caché pour son discours promo, est un vrai fan de la première heure, preuve faite par les centaines de références qu’offre sa série insulaire à chaque épisode. C’est aussi un fan de Spielberg, et ça se ressent à sa volonté de placer l’être humain au coeur du récit, le personnage dans un univers plus grand et plus dingue qu’il n’y parait. Quelque soit sa méthode, ça marche, et on n’a qu’une hâte, c’est de voir le prochain.

motherfucking badass dream team born again

6/6
C’est un grand film, d’une grande richesse thématique et visuelle, faisant parti d’une grande franchise à la richesse d’une variété sans égal dans le genre, qui a toujours été boudé par une partie du public dont les préjugés n’ont fait que dévoiler leur imbécillité crasse et un manque d’ouverture certain à la qualité. Ne soyez pas beauf, ne soyez pas stupides, et ne passez pas a côté de cette nouvelle pièce d’anthologie de l’histoire de la science-fiction.
Parce qu’avant d’être un putain de bon épisode, Star Trek est surtout un putain de bon film.

Ciné Américain, Cinéma

A propos de

Descendant direct des plus grands héros de l'espèce humaine, le Marv est un aventurier au coeur d'or, dont le courage et la bravoure sont si puissants qu'ils pourraient lui faire soulever des montagnes ou des jupes par la seule force de sa pensée et dont les exploits sont si impressionants qu'ils sont vénérés jusqu'au pays du soleil couchant. Sans peur, humble et d'une modestie folle, le Marv, ce grand romantique, est un passionné. Amoureux du cinéma depuis 1895, le Marv n'a de cesse que de bouffer de la pelliculle jour et nuit quitte à en exploser. Le Marv est particulièrement féru de cinéma de genre, de tout ce qui se prête à la subversion, la culture geek, la contre culture et qui montre les tripes de son auteur. Le Marv dèteste le politiquement correct et le cynisme. Mais ce que le Marv préfere, ce sont les films qui arrivent a aligner à l'image un sens aigu de l'awesomeness, un propos philosophique, une pertinence métaphysique, des femmes nues et des grosses explosions.

4 réponses à “Star Trek”

  1. fylyp82 says:

    Si le film permets aux profanes d’accrocher à la franchise, je suis preneur.

    Ayant d’abord connu Star Wars, j’ai eu beaucoup de mal à accrocher A Star Trek, dont l’univers a l’air finalement plus riche que son homologue.

    Gageons que cette nouvelle adaptation réussisse a me convaincre

  2. Grishka says:

    Sans passer par la case série, j’ai découvert Star Trek par les films (grâce a toi Marv) : j’ai rapidement regretté de ne pas avoir découvert cet univers avant ! Qu’il s’agisse de retrouver Spock, de sauver des baleines pour éviter la fin du monde, de buter Dieu lui-même ou de retourner dans le passé combattre les Borgs, je me suis énormément amusé.
    Et ce nouveau Star Trek n’a pas faillit à sa mission : me faire passer un bon moment, remplit de moment d’anthologie comme Abrams en a le secret , de référence culte et geek. J’espère voir une suite prochainement !
    Ps : c’est vrai qu’il y a une bière Dharma dans une scène ?

  3. Marv says:

    une bouteille de whisky dharma en fait, dans la première scène avec Scotty, pas loin du tribble.

    la suite sortira en juin 2012. tournage en 2011.

  4. Kryska says:

    Pas tout à fait un grand fan, puisque j’ai découvert l’univers Star Trek il y a relativement peu. Mais j’ai pas mal accroché sur les films, celui-ci en particulier.
    Très fun le coup de la bouteille Dharma, faut que je vois ça de plus près :-p
    Attendre 2012 pour la suite ? Ca va être long !

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