La Saga du Sorceleur

déc 18, 2011 2 commentaires de

Le Sang des Elfes & Le Temps du Mépris – tomes 1 & 2
de Andrzej Sapkowski - Bragelonne

J’en suis venu à m’intéresser à ce livre grâce à son adaptation videoludique intitulée The Witcher. L’ironie de la chose, c’est que je me suis basé sur les différents tests que j’ai lu, si bien qu’en commençant le bouquin je n’avais en fait jamais jouer au jeu. Et quoi qu’il en soit je n’avais jamais vu le nom de l’auteur en librairie, ce qui prouve que je ne cherche jamais assez. Mais après de longues heures à jouer à STALKER, je dois être mûr pour la littérature de l’Est :-)

La Saga du sorceleur est composée de 5 romans et quelques nouvelles, jusqu’à maintenant. L’auteur ayant développé un univers très riche et cohérent, il serait presque surprenant qu’aucune nouvelle aventure ne parvienne sur nos rayon, surtout avec le succès du jeu-vidéo qui à permis aux livre de se refaire une santé en librairie.
Ce sont les deux premiers tomes qui nous intéressent aujourd’hui, Le Sang des Elfes et Le Temps du Mépris.

Si on a bien affaire à un univers de fantasay, Sapkowski évite malgrés tout les pièges trop évidents du déjà vu ou du trop exotiques (des pièges certes, mais pas forcément des faiblesses). Géralt De Riv, notre sorceleur, est un homme très fier, sur de lui et cynique. Un sorceleur est un homme consommant des mutagènes lui permettant d’améliorer ses capacités. Il s’est fait une spécialité de tueur de monstres, et ne touche pas à le magie. Lors des chapitres en sa compagnie, on découvre un individu au caractère assez marqué, quoique réservé, qui tente coute que coute de suivre son éthique et sa morale dans un monde ou l’intérêt personnel, le racisme et l’appat du gain mènent la danse. Geralt n’est pas un chevalier servant ne vivant que pour secourir la veuve et l’orphelin : il monaye ses talents de tueur de monstres quelles que soient les circonstances. Il sait pertinement qu’il aura gain de cause, car personne à part lui ne pourra régler la situation. Il n’a que faire de l’honneur et de la reconnaissance, et ne vit pas pour aider son prochain : il à un talent, et en fait son gagne pain. c’est un sorte d’enflure au coeur tendre.

Il est aussi adroit qu’il est borné. Non dénué d’intelligence, il préfera toujours se fier à ses instincts et son expérience plutôt que de suivre les conseils avisés soumis par ses rares amis, n’hésitant pas ainsi à foncer dans le tas, parfois au mépris des conséquences. Ce comportement est en partie lié à sa position sociale : Pour le peuple, il est un individu dangereux, et son statut de mutant (inexpliqué pour la quasi totalité de la population) le met à la portée du racisme commun. Mais rares sont ces clients à le respecter tel qu’il est, sans le craindre ni le mépriser. Pour les hommes d’armes expérimentés, il est dangereux, quant aux mages, ils le méprisent, le voient comme une curiosité vaguement intéréssante, comme un bon numéro de comique.

L’intrigue déployée par l’auteur bénéficie d’un background complexe et fouillé, avec un contexte politique solide où il sera parfois difficile de saisir qui sert qui ou trahit qui, tant il y a de personnages différents. Mais on croisera tout de même les poncifs du genre : mercenaires, armées, magiciens, bourgeois et populaces, ainsi qu’un bestiaires fantastique classique mais efficace. Mon premier regret est que (jusque la), l’auteur n’est pas plus developpé les différentes ethnies.

L’univers du sorceleur est assez noir et adulte. Comme je l’ai dit, un climat de racismes permanent plante un déccord propice aux atrocités et vendettas de toutes sortes. L’auteur n’hésite pas à aborder d’autre thèmes comme le sexe, la pedophilie, le meurtre, le sacrifice. Ce qui déstabilise c’est sa façon d’en parler : parfois très directement avec un vocabulaire assez rude mais simple, parfois de façon détournée et subtile. Cette alternance n’est pas foncierement justifiée par le texte, donant le sentiment que l’auteur choisi selon l’humeur du moment.

Autre défaut pour moi : le vocabulaire utilisé. La je ne comprend pas, et comme j’ai arrêté le polonais en 5ème année de maternelle je n’arrive pas déterminer si, c’est un défaut de l’oeuvre ou de la traductrice. Mais l’utisation de certains mots ou locutions generalement lié à un contexte moderne fait tache. Quand l’auteur cite un « poing americain », on sort immédiatement du récit. Cela ne se produit pas à chaque page, mais trop de formulations ou locutions introduisent systématiquement une distance entre l’histoire et le lecteur, c’est un gros frein à l’immersion. Sans oublier que pour le reste, l’ecriture reste tres simpliste, et les dialogues ne viennent pas vraiment relever le niveau.

Ces quelques regrets exposés, l’histoire se laisse decouvrir de façon tres plaisante, avec un rythme changeant et quelques alternances de points de vue toutes les 5 à 10 pages.
Reste donc une aventure bien construite, dans un univers qui bien que peu original, brille par sa complexité et le climat social qui y reigne, le tout emballé dans une écriture et un style sympa, avec des chapitres sans saveur particuliére. Cela dit, la fin du tome 2 relève légèrement le niveau général, esperons que ça continue comme ça. C’est dommage, mais ça vaut quand meme le coup de s’y plonger, ne serait ce que pour le sorceleur lui-même, qui reste un personnage trés intéressant.

Bibliothèque, Livre

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A propos de l'auteur

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2 réponses to “La Saga du Sorceleur”

  1. Emilie says:

    Bonjour, je suis à la recherche du tome 2 de la
    saga du sorceleur (le temps du mépris) dans l’édition bragelonne. Il est malheureusement épuisé.

    A tout hazard,  accepteriez-vous de vendre le vôtre ?

    Cordialement

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