OSS 117 : LE CAIRE, NÎD D’ESPIONS
OSS 117 : LE CAIRE, NÎD D’ESPIONS de Michel Hazanavicius
Le problème est connu des cinéphiles, les comédies françaises ont un mal fou a fonctionner ces derniers temps, et il faut remonter à 1994 et à La Cité de la peur pour retrouver une comédie culte.
Heureusement, Oss 117 cru 2006 viens renverser la donne pour le plus grand plaisir du grand public et des cinéphiles.

"A l'occasion je vous mettrai un petit coup de polish..."
Et si le film est bon, on le doit à une franchise au drôle de destin.
Tout d’abord on a Oss 117, héros de romans d’espionnage crée avant James Bond mais dont le succés et la renomée ne se construira que par rapport à l’agent au service secret de sa majesté.
007 version papier devient un phénomène de lecture au milieu des années 50 et Oss 117 ne peut que proposer une modeste alternative franchouillarde se jouant déjà à l’époque de la concurrence en adoptant un ton de plus en plus comique.
En 1962 sort Dr. NO, et son succés mondial va pousser les producteurs français a profiter de la vague, ce qui sera le cas du monde entier au fur et à mesure des sorties des Bonds, le suivant remportant toujours plus de succès que le préçédent et enregistrant des records d’entrée que seuls les Disney pouvaient se permettre.
Ainsi 5 films basés sur les aventures d’Oss 117 furent produits durant les 60′s, remportant un succès modeste.
Nourris d’un budget ridicule, la saga ne peut décemment rivaliser avec 007, d’autant plus que les films sont des navets comme on en trouvait des centaines en ce temps-là.
Bien sûr, comme toute le reste de la concurrence de l’époque, la saga fut balayée par Bond, et Oss 117 sembla rendre son dernier souffle a la fin des années 60.
Près de 40 ans passèrent (et Bond continue au passage d’enchainer les films et les grands succès quasiment sans grande interruption).
Finalement, de nos jours, il aura fallu un petit malin pour ressuciter l’espion francais, un réalisateur du nom de Michel Hazanavicius.
Qui est Michel H. ?
C’est homme est un trésor national. Scénariste de Delphine 1, Ivan 0, il fait partie des auteurs des nuls pendant les années 90 (d’ou cet esprit canal conservé à l’écran, dont il est l’un des derniers représentants encore en exercice) et réalise ce bijou de réalisation en 1994 qui est à mon sens le plus grand film francais de tous les temps qu’est La Classe Américaine.
Incroyable cinéphile, au sens de l’humour et du dialogue parfait, Michel H. s’empare d’Oss 117 avec un vrai projet de réalisation aussi ambitieux que démesuré : réaliser un hommage a tout un pan du cinéma en adoptant la même réalisation de l’époque tout en réussissant une comédie culte et digne de ce nom.
Comme quoi , quand on a des tripes et une énorme paire de cojones, ça paie souvent à l’arrivée, puisque OSS 117 est tout simplement une des meilleures comédies de ces 10 dernières années.
La force du film étant d’avoir su digérer ses classiques (autrement dit les Bonds, les Oss 117, l’histoire française et les ZAZ) pour pouvoir faire plus qu’une simple parodie.
D’ailleurs le film ne peut se lire comme une parodie actuelle des Bonds, puisque le film se base entièrement sur les années 60, plus préçisèment la période Sean Connery des 007, et accessoirement la partie au caire de L’Espion qui m’aimait et le scénario de Goldeneye auquels sont fait référence au moins trois fois par plan.

"Tu te tais ou je te tais !"
Le film gère avec habilité ses milliers de références (bien plus nombreuses qu’il n’y parait, et là c’est le fan de 007 qui parle) et si on met de côté ses écarts comiques, il pourrait presque passer pour un film d’espionnage de 1962. Ainsi le traitement adopté apporte beaucoup au rendu, ce qui passe par des dialogues naifs, des personnages caricaturaux et des situations classiques détournables non par rapport aux 007 mais par rapport à Oss lui-même, ce qui fait toute la diffèrence entre une comédie sincère et une parodie hypocrite qui se sert de ses réferences pour pallier son manque d’inventivité.
Tout est fait comme à l’époque : les décors, toute la production design, les costumes, la direction de la photo, le scénar, l’action, la musique, les bruitages, le générique, les femmes, la politique, le rythme, les sfx, la réal , TOUT est fait comme si ils l’avaient fait a cette époque (a une exception pres, la scène sous-marine).
C’est un réel plaisir cinéphilique que de voir ce film dans un pays ou la caractèristique prinicipale est quand même le renoncement total en termes de mise en scène, qu’un réal ne lésine aucun aspect technique tout en conservant un véritable projet de mise en scène.
C’est simple : le nombre de plans et de cadrages qui ne sont pas directement repris de l’époque se comptent sur les doigts d’une main d’un boucher aveugle.
Si Oss 117 est aussi bon que Brice de Nice est mauvais, c’est aussi parce que Michel H. a su maitriser l’art d’un acteur au potentiel extraordinaire et en pleine mutation, je parle bien sûr de Jean Dujardin qui trouve içi son réel premier grand rôle en s’investissant a fond dans son personnage, et allant même jusqu’a reprendre la gestuelle et le phrasé de Sean Connery tout en gardant le coté comique intact. Autrement dit il a réussi là ou beaucoup s’y sont cassé les dents (dont Peter Sellers, David Niven, Mike Myers et Louis Jourdan).
(Et a noter au passage ce grand moment de cinéma déjà culte qu’est le Bambino chanté en arabe par Dujardin himself)

"j'aime me battre"
4,5/6
Une des meilleures comédies actuelles, et la première aussi culte depuis la cité de la peur, c’est vraiment…la classe francaise.


Ca vaut vraiment la cité de la peur? J’aime bien Dujardin mais il est souvent victime de ses navets, dans lequel il est toujours le seul à surnager.
Ca le vaut carrément ! Je dirais même que je préfère un bon OSS à la cité de la peur, c’est dire…
Effectivement Dujardin n’a pas fait que des bons films, mais il s’en est toujours plutôt bien sorti. OSS révèle tout le talent de l’acteur. Je te le conseil fortement
Oui ça le vaut. Tous les ingrédients sont là : références, humour a tous les degrés, détails d’arrière plan, excellent jeux d’acteurs… Culte !
c’est diffèrent…
disons que le 2 est pas loin mais est supérieur dans d’autres catégories alors que le 1 est plutôt en dessous a cause du rythme cassé…