On y était : Les Nuits Sonores 2010
Je venais à peine de fouler le sol de Lyon qu’on me vantait déjà ce « must see » majeur de cette ville, avec les Nuits de Fourvière et la Fête des Lumières : je veux, bien entendu, parler des Nuis Sonores, festival de musique Indie et Electro qui soufflait du 12 au 16 mai 2010 sa huitième bougie sous un ciel grisâtre qui su rester relativement clément.
Petit point pour les profanes : Les Nuits Sonores sont organisées depuis 2002 par l’association Arty Farty, avec la bénédiction de la ville qui laisse ses lieux emblématiques se faire envahir par des hordes de musiciens, DJs, plasticiens et vidéastes venus d’ici ou d’ailleurs pour quatre jour de folie à la Berlinoise, sous le soleil des platines. Le marché gare, ancienne gare de triage est lui aussi investi pour l’occasion pour accueillir cette année quatre scènes, 3 dédiée à la musique electro, une au rock indie. Le Blog-Bazar vous y emmène donc faire un petit tour dans les méandres de la 4ème nuit sonore de l’édition 2010, en s’excusant platement de ne pas avoir pu prendre d’assez bonnes photos (mais bon, prendre des photos dans un contexte pareil, c’est un peu comme boire et conduire une clio : faut de l’entrainement !). Heureusement, vu le nombre de gens qui tentaient d’en prendre ce soir là, je n’étais pas trop inquiet ! Allez, une petite binouze et c’est parti.
Direction Marché Gare !
Après un petit apéro en externe, consécutif à une harrassante journée de travail (Une paire de Nike et des violons, svp…), nous nous somme donc rendus sur place en empruntant la ligne de tram T1 jusqu’à la station Montrochet, son terminus. Les wagons était remplis de gens de toutes sortes, qu’il suffisait de suivre comme un mouton de panurge une fois arrivé à bon port, afin de localiser l’entrée du marché gare aménagée pour l’occasion. Sur la route, on pouvait croiser un bon nombre nombre de quidams, certains déjà complètement ronds, voire malades, d’autres tentant de traverser la grille pour s’introduire dans le festival, ainsi que les éternels acheteurs et revendeurs de places, le festival affichant complet depuis presque une semaine. Seuls manquaient à l’appel les éternels vautours de l’alimentation nocturne (il devait y en avoir un sur tout le trajet). Vous savez, ces types qui vendent des hot-dogs, des kebabs et autres fritures calorifiques vendues au prix fort au moindre live du coin rassemblant plus de mille personne. Regroupés en grappes, les pélerins munis de leur ticket d’entrée, eux, avançaient d’un pas décidé et joyeux vers leur terre promise, vidant consciencieusement leurs grandes bouteilles de soda dont le contenu ne devait que rarement descendre au-dessous de la barre des 20 degrés.
Le temps était gris, frais mais clément. La sécurité s’affairait à filtrer un flux constant de visiteurs dont l’impatience grandissait au fur et à mesure qu’il stagnaient dans la file d’attente. L’opération fut rondement menée pour autant que je me souvienne : 10 minutes chrono, et nous étions dans la place, vers 1h du matin, donc !
Dixon, pour commencer.
Tickets boissons en poche (3 euros pièce, 30 euros les 11) et ayant trouvé refuge sur le comptoir du bar de la salle 1, nous pouvions enfin entrer dans le vif du sujet. Tout autours de nous n’était que brouhaha et écho difforme dans la joie et la bonne humeur. Conscients qu’il nous était impossible d’assister à tous les sets (il aurait déjà fallu pour cela arriver 4 heures plus tôt), nous nous laissâmes tenter par Dixon qui agitait son public à quelques mètres de notre oasis. Au menu : techno house minimal !
Le Berlinois, épaulé par une bonne acoustique de la salle et un bon son a su être raffraichissant sans pour autant réussir à devenir décisif, livrant un set propret mais parfois un peu crispé dans lequel il s’empressait souvent de passer au track suivant à peine la mise en place du morceau précédent arrivée à maturité. Deux grands moments de bonheur ont cependant éclairci le tableau : le premier est un morceau dans lequel les percussion claires étaient jouées par un bruit qui n’était pas sans rappeler celui d’une ventouse endiablée en pleine action, ce qui nous a permis de sortir définitivement de notre torpeur; le deuxième est une jeu de lumière, dont l’essentiel apparaît en tête de cet article et se passe de commentaire. Dixon avait fait le boulot et nous étions maintenant lancés… Petit aperçu de ce que c’était, et désolé encore pour la qualité du son :
Tintin au pays des basses.
Nous quittions donc la salle 1 pour faire un tour du reste. Nous avons dû passer devant la scène 4, disposée à l’extérieur, dans l’une des allées séparant les salles. Slush & Praktisch de Paral-Lel avait alors investi les lieux pour un set bruyant qui aurait mérité un meilleur son pour être pleinement apprécié. La scène 2 accueillait elle les ricains de Liars avec leur rock aux faux airs de New Wave au rendu assez moyen, vu de là-bas. Le Myspace du groupe est plus convaincant.
D’ailleurs, avant d’aller plus loin, il y en a que j’ai raté et qui méritait le détour : Noone, avec son abstract-hip hop à la DJ Krush un poil plus coloré et festif. Pas à la portée de tout le monde, mais fraîchement perché !
De fil en aiguille, nous nous somme retrouvés dans la salle 2, dont l’acoustique délicate (une salle profonde et basse de plafond) me faisait craindre le pire pour 2 Many DJ’s, ayant limite été contraint de fuir le hip hop de Hudson Mohawke tellement le son était mal réglé à l’arrière. C’est le problème de cette salle. J’avais pu le constater lors de l’édition 2009 des Nuits Sonores (où le live de Laurent Garnier passait limite pour un mix Garage Band 20 mètres à l’arrière). Mais bon, il en fallait plus que ça pour me décourager et encore plus pour empêcher la formation belge de faire son carton.
D’ailleurs, avant d’aller plus loin, je vous présente notre nouvel ami. Le monsieur, là, au-dessus de tout le monde. Cet énergique anonyme a passé tout le temps où nous avons squatté la scène des frères Dewaele à danser comme un possédé, arrimé à cette colonne et en équilibre sur deux barrières de sécurité. Un phénomène qui nous a servi de métronome pendant plus d’une heure ! Notez qu’il était déjà là à fond la caisse quand on s’est pointé et qu’il est au moins resté 1 minute de plus que nous. « Mister Duracel » fut même capable entre deux head bangs de répondre au téléphone, se faire servir une bière, ajuster son polo attaché autours de sa taille et changer 20 fois de position, sans jamais se vautrer ni tomber dans les pommes. L’abondante quantité de sueur qui perlait sur son crâne, conjugée à la lourdeur de sa respiration à chaque fois qu’il marquait une courte pause, témoignaient de son épuisement, sans pour autant l’empêcher de repartir de plus belle. Un vrai petit Hercule avec le diable au corps !
En y repensant, on aurait dit un duel entre lui et 2 Many Dj’s, car ces derniers ne faisait absolument rien pour apaiser cet homme, enchaînant les cadences de basses endiablées, détruisant, rayant, déséquilibrant chaque petit air connu qui passait à la moulinette de leurs platines (mention spéciale au dépeçage du Kids de MGMT). Le son était surréaliste, et le fait que nous nous situions juste à côté de l’une de des enceintes n’arrangait pas les choses. Je sentais l’air devenir solide autours de moi, alors que ma poitrine s’était transformée en membrane de haut-parleur.
Pour courroner le tout, nous étions à quelques encablures du bar, et c’est à partir de là que les choses deviennent moins claires pour moi.Mais bon, à priori, on est arrivé en bout de set.
Petite video pour illustrer un peu tout ça :
Toilettes Mix(tes) et puis s’en vont!
La petite surprise charmante de la manifestation résidait dans ce concept génial de « Dame Pipi » : un conteneur qui séparait les entrées des wc et des urinois et dans lequel Moldav & Did Jesus Cry s’employait frénétiquement à mettre le feu pendant plus de 8h d’affilée, en mixant des vieux trucs, des trucs bizarres, des trucs géniaux et des trucs connus décalés (comme une reprise de Joe le Taxi en guise de finish avec une voix de cancéreux du poumon en guise de Vanessa Paradis, reprise signée Stereo Total).
J’ai bien dû passer 4, 5 fois là-bas à divers moments de la soirée, et l’ambiance ne m’a jamais semblé descendre d’un cran, le maximum de 30 personnes pouvant être contenue dans la nano-boîte entretenant un ambiance déjantée. J’ai lu sur le blog qu’une nintendo traînait pas loin, mais j’avoue qu’elle est passée à la trappe, ce soir là.
Que vous dire de plus ? Ah oui ! Le rock/electro psychédélque du binôme de Zombie Zombie était au poil, comme quoi un bon vieux son de batterie bien réglé vaut toutes les boîtes à rythmes du monde. Le très appliqué Claude Vonstroke, quant à lui (salle 3) pour le peu que j’ai pu voir, a livré un petit mix pas dégeulasse mais loin d’être révolutionnaire (dans la veine House minimal, là encore) La soirée s’est ensuite terminée par une petit rappel du célèbre Agoria, qui cloturait la salle 1 entouré de tous le staff et d’une bouteille de champagne, prolongeant la fête d’une petite demi-heure (je crois) sur du pur son bien lourd (electro house minimal chose). Bref, the message was Yeah, comme dirait l’autre (les participants à l’édition 2009 du TDK Timewarp me comprendront) et tout ce bazar touchait à sa fin, hélas !
Le soleil se levait, mon compteur de binouze s’était enrayé depuis longtemps et l’essentiel était là : je sortais du marché gare lessivé, assourdi mais heureux d’avoir pu assister à un festival electro de grande qualité, se bonifiant avec l’âge, d’édition en édition (2008 et 2009, en ce qui me concerne). Je n’ai pas passé en revue la déco urbaine underground du site, éparpilée chaotiquement sur tous les murs apparents, mais là aussi, Arty Farty a fait le boulot. Bref, sans parler de Perfect, cette nuits sonore-là a été un succès !
Restait la dernière ligne droite, à savoir la guerre pour une place dans le tram, qui a pour le coup dû sentir ses suspensions vaciller tant ses wagons étaient blindés sur le retour… alors que la nuit qui se retirait nous ouvrait les yeux sur la quantité de déchets qui marquait le sillage des spectateurs, sur son tapis de bitume… Bien, je vous laisse la programmation en queue d’article et vous laisse examiner tout ça, en vous conseillant de passer en revue les liens sur les noms d’artistes de cet article, ce qui vous permettera d’avoir un réel aperçu de ce qui se jouait ce soir-là.
Encore désolé de ne pas avoir pu tout couvrir, et je vous présentes « toutes mes confuses » pour avoir bouclé cet article avec une semaine de retard. Mais que voulez-vous, j’ai mis du temps à formater mon cerveau après ça!
En espérant de vous avoir donné l’envie de tester ce festival l’année prochaine, je vous remercie de m’avoir lu et vous donne rendez-vous dans une prochaine chronique !
| h30 / 23h00 : ENOLA (Initial Cuts / Besançon – France) Dj set |
22h00 / 22h45 : FOL CHEN (Asthmatic Kitty / Los Angeles – Etats-Unis) Live |
22h00 – 00h00 : DOUSTER (Zzk records – Bebup / Buenos Aires – Lyon – Argentine – France ) Dj set |
22h00 – 23h00 : SLUSH (BEE Records / Lyon – France ) Dj set |
| 23h00 / 00h00 : CHLOE (Kill the Dj – Karat / Paris – France) Live |
23h15 / 00h15 : TRANS AM (Thrill Jockey / Maryland – Etats-Unis) Live |
00h00 – 01h00 : UFFIE (Ed Banger records / Los Angeles – Etats-Unis ) Live |
23h00 – 00h00 : SKNDR (BEE Records / Tunis – Tunisie ) Live |
| 00h15 / 01h15 : LINDSTRøM & CHRISTABELLE (Feedelity Recordings – Smalltown Supersound / Oslo – Grünerlokka – Norvège) Live |
00h45 / 01h45 : GANG OF FOUR (Gang Of Four Recordings / Londres – Angleterre) Live |
01h00 – 02h00 : HUDSON MOHAWKE (Warp records / Glasgow – Ecosse ) Live |
00h00 – 01h00 : NTH SYNTHESIS (BEE Records / Paris et Boston – France & Etats-Unis ) Live |
| 01h15 / 02h45 : DIXON (Innervisions / Berlin – Allemagne) Dj set |
02h15 / 03h15 : LIARS (Mute / New York – Etats-Unis) Live |
02h00 – 04h00 : 2MANYDJS (Pias / Bruxelles – Belgique ) Dj set |
01h00 – 02h00 : NOONE (BEE Records / Lyon – France ) Live |
| 02h45 / 04h15 : SETH TROXLER (Crosstown Rebels – BPitch Control / Berlin – Allemagne) Dj set |
03h30 / 04h30 : ZOMBIE ZOMBIE (Versatile – Boomboomtchak ! / Paris – France) Live |
04h00 – 06h00 : CLAUDE VONSTROKE (Dirtybird / San-Francisco – Etats-Unis ) Dj set |
02h00 – 03h00 : PARAL-LEL (BEE Records / Lyon – France ) Live02h00 – 03h00 : |
| 04h15 / 06h00 : AGORIA (InFiné / Lyon – France) Dj set |
03h00 – 04h00 : FREDDYPOGO (BEE Records / Lyon – France ) Dj set |
http://search.conduit.com/ResultsExt.aspx?ctid=CT1609479&SearchSource=3&q=nuits+sonores






Hello
Merci pour ce report ! Ça fait plaisir de voir que le concept a plu .
moldav (toilettes mix[tes] )
Ah mais quel honneur ! Dire que j’avais même pas prévenu !
Encore une fois, c’est moi qui dis merci pour ce grooooooos délire du container. Si la soirée était réussie, dans l’ensemble, votre show était une véritable perle !
A bientôt !
Et nuits sonores s’installe à Toulouse cet hiver via la petite, hé hé !
La Petite invite # Nuits Sonores : DU 10 AU 14 NOV / EROL ALKAN/CHLOE LIVE/ JOY ORBISON / PANTHA DU PRINCE / CARTE BLANCHE : DJ MEHDI ET RITON / DANGER / FEADZ / SPITZER ET VANNI / IVAN SMAGGHE / OPTIMO / JENIFER CARDINI / FRANCESCO TRISTANO / ACID WASHED / EL GUINCHO / CERCUEIL / MOVIESTAR JUNKIES / PLAPLA PINKY / DEN / DUNST ! / DRAMA / KAZEY…..!
Enorme!