No More Wars, Please
« J’ai écrit ce livre pour raconter l’histoire de mon voyage du Liban aux Etats-Unis pour qu’un jour, mes enfants et les vôtres puisse vivre dans un monde sans guerre ». L’intention est sincère, l’homme qui la formule, aguerri.
Alexandre Hage Boutros n’est pas écrivain. C’est un brillant cancérologue et hématologue qui vit actuellement dans les vertes banlieues du New Jesey. En 1987, l’année de son mariage, il décide avec son épouse, Ghada, de quitter le Pays du Cèdre alors encore rongé par des guerres intestines depuis plus d’une décennie déjà. Il quitte ses parents et son frère pour être accueilli par son oncle Georges, en Californie. Fraîchement diplômé de la faculté de médecine de l’Universite Saint-Joseph à Beyrouth, il entame alors sa longue progression vers son statut actuel et fonde sa propore famille aux Etats-Unis.
Abonné à la rédaction d’études et d’articles gravitant autours de spécialité, Alexandre Hage Boutros, sort donc de son registre habituel pour nous raconter le périple de sa vie dans un livre rédigé dans la langue de son pays d’adoption, et qui s’attarde longuement sur son pays natal, victimes d’évènements qui auront logiquement influencer sa décision d’émigrer à l’étranger, comme beaucoup de libanais avant et après lui.
La guerre du Liban dont il est question dans cet ouvrage n’est autre que celle qui déchira le pays de 1975 à 1990 en portant toutes les casquettes (guerre civile, guerre totale, guerre religieuse, guerre froide) et en faisant participer un nombre considérable d’acteurs locaux et internationaux à un jeu dont les conditions de victoire n’étaient jamais claires dans cette région d’espions et de désinformation. Le pays n’en est d’ailleurs pas à son coup d’essai, lui qui a vu se construire et s’effondrer tous les empires de la région depuis l’époque des pharaons, empires dont les vestiges sont éparpillés sur son territoire. Ce que le monde appelle avec complaisance la guerre civile libanaise a donc fait osciller pendant plus de quinze ans une partie du peuple libanais entre les abris et la radio, l’autre s’étant massivement exportée aux quatre coins du monde.
La guerre, Alexandre Hage Boutros la goûta d’abord comme les autres, puis un peu plus que les autres lors de son passage à la Croix-Rouge, en plein cursus universitaire. Mais, si ce qu’il y vécut le poussa à quitter le pays (« Enough Stories Of War »), c’est pour finalement se concentrer sur une carrière médicale dans une branche qui connaît un important taux de mortalité parmi les patients. Un moyen comme un autre de constater qu’il ne suffit pas d’être en paix pour vivre heureux et en bonne santé. Une façon de réaliser aussi que malgré les avancées technologiques spectaculaires dont l’humanité s’est enorgueillie ces dernières décennies, le recours à la violence est toujours aussi incontournable dans nos modes de communication.
Dans No More Wars, Please, l’auteur témoigne donc des expériences qui ont marqué son parcours, le long d’un monologue laconique et posé, tantôt scolaire lorsqu’il aborde en détails certains pans de l’Histoire du Liban, tantôt attendri lorsqu’il évoque sa famille. Seul un sentiment fort domine dans l’ensemble de l’ouvrage : la volonté de tous nous convaincre qu’un lendemain sans guerre ne serait pas du luxe.
Naïf? Certainement. Mais on pourrait retourner le problème dans tous les sens, tenter de disséquer l’humanité à l’aide de mille scalpels pour démontrer que vivre en paix nous est impossible, voire interdit, cette proposition mérite d’être avancée, juste pour y croire un peu plus. Et c’est là que le livre prend du poids : lorsqu’il s’adresse ce message à l’oncle Sam, actionnaire dans une bonne majorité des conflits actuels sur terre, Alexandre Hage Boutros n’est plus libanais : il est américain d’origine libanaise, un statut qu’il a intégré sans heurts, ni violences, preuve qu’il n’y a pas que le conflit qui est source de changement.
No More Wars Please, publié en 2009 chez iUniverse est un livre soigné, sans prétention, et qui ouvre un nombre considérable d’axes d’étude et de réflexion, pour peu qu’on se donne la peine de vouloir en savoir plus. Ce qu’on peut lui reprocher, c’est de vouloir être trop accessible au point d’en devenir transparent. Ce qui par contre est plus qu’appréciable, c’est que la démarche autobiographique est largement tempérée par l’auteur, qui exclut souvent sa propre personne du cadre pour se concentrer sur son environnement. A une époque où tout le monde se passionne pour son nombril, l’intention à elle seule vaut le détour.
Bref, un premier essai encourageant pour le docteur Hage Boutros qui donnera en plus aux francophones une excellente occasion de travailler leur anglais.
(Photo : le quartier Sodeco à Beyrouth, avec ses stigmates et ses ambitions)


Pas le type le livre que j’aime lire a priori, mais il est jamais trop tard pour s’y mettre, ça peut être intéressant.
Pareil pour moi. Ce n’est pas le genre de livres vers lesquels je vais aller en premier. En général la lecture est pour moi un moyen de m’évader, d’oublier le temps d’un bouquin le monde de merde dans lequel on vit…
Mais on ne peut pas éternellement détourner les yeux, et si ce bouquin peut permettre de faire bouger un temps soit peu les choses, alors il mérite d’être lu !
pour moi ll représente bien plus q’un livre! vu que je ne peux que me sentir concerné par ce qu’il évoque, étant donné que je suis moi même libanais, je ne peux donc être objectif dans mon approche de ce boucain et ç’est pourquoi je vais m’abstenir de toutes critiques ormi celle du titre que je trouve un peu léger et commun par rapport au poid du sujet. Je ne penses pas que ce livre peux changer quoiquecesoit au cours des chances mais peu d’avantage transporter le lecteur dans une histoire basée sur de réel écenements qui pourrait éventuellement lui montrer différents aspects et points de vues sur la guerre du Liban.
Update du site de l’auteur
http://nomorewarsplease.com/NoMoreWarsPlease/No_More_Wars.html