NewzZick : Jacques Schwarz-Bart rises above.

mai 21, 2010 1 commentaire de

Si les avions ont repris possession du ciel, il n’y a tout de même pas plus sûr que la musique pour voyager. Tenez, et si on prenait le sax ténor pour s’envoler dans des airs de jazz aux accent rythmiques guadeloupéens ? Garantie sans cendres aucunes malgré quelques magnifiques explosions temporisées de volutes feutrées, ce style s’appelle le gwoka jazz. Explorateur de génie, Jacques Schwarz-Bart vous emmène à la découverte de nouveaux territoires musicaux…

Mais qui c’est donc que ce Jacques là ? Les fans du genre l’auront sans doute déjà entendu en temps qu’accompagnateur dans les cercles de musiciens très prisés autour de Roy Hargrove (qu’il rejoint en 2003 pour la création du RH Factor), Herbie Hancock, Erykah Badu, D’Angelo ou Me’shell Ndegeocello…

Pour vous faire une petite idée du son, je vous laisse découvrir le clip de « Forget Regret ». Ce titre a été composé par Jacques Schwarz-Bart pour le RH Factor, avec entre autres Roy Hargrove à la trompette, Jacques Schwarz-Bart au saxo et Stephanie McKay au chant…

Un son pêchu, très chaud et hyper timbré, un grain reconnaissable parmi temps d’autre, ce saxo pas comme les autres nous envoie à l’envie du bon funk à la James Brown, en passant par le lyrisme d’un John Coltrane.

Pour le plus grand plaisir de nos oreilles, Jacques Schwarz-Bart s’est lancé dès 2006 dans un voyage autour du monde en solitaire. Mais pas sans escale, puisque le vent l’a poussé vers des horizons jamais explorés jusque là : un mélange de sons et de rythmiques avec son swing jazzy. Son lieu de prédilection ? La Guadeloupe m’sieurs dames !

Alors pour la petite histoire, Jacques, c’est le fils de Simone et d’André Schwarz-Bart, célèbre couple d’écrivains grâce à qui il découvrira très jeune deux mondes bien différents, dont le gwoka, à l’âge de 4 ans…

Mais m’sieur c’est quoi le gwoka ?

Alors j’ai vérifié, et après pas mal de recherches il a fallut que je me résigne à une cruelle évidence : ça ne se mange pas !

En effet, le gwoka c’est un genre musical guadeloupéen fondé sur la percussion, essentiellement joué sur des tambours appelés ka. La taille du ka détermine son rôle dans la base rythmique. Le plus grand s’appelle le boula, et joue le rythme central. Le plus petit s’appelle le makè. Il marque la mélodie qui interagit directement avec le chant, les chœurs (repris par les spectateurs) et les danseurs.

Les chants du gwoka sont généralement gutturaux, nasaux et rugueux, bien qu’ils puissent également être lumineux et lisses. Les lignes mélodiques sont souvent assez complexes.

Le gwoka est né de l’esclavage, et est souvent joué lors de rassemblements populaires : les léwoz. Il est toujours utilisé durant le carnaval et d’autres fêtes, mais aussi lors de mouvements de contestation comme la grève générale en Guadeloupe au début de l’année 2009. Il est considéré aujourd’hui comme LA première musique et danse de Guadeloupe.

Mais comment ça fonctionne ?

Disons que le gwoka se structure autour de 7 bases rythmiques différentes comprenant chacune d’innombrables variations :

  1. Kaladja
  2. Menndé
  3. Léwoz
  4. Padjanbèl
  5. Woulé
  6. Graj
  7. Toumblak

La musique de Jacques Schwarz-Bart se basera essentiellement sur le kaladja, le léwoz, le graj, le toumblak et… le jazz, qu’il découvrira en Suisse à l’âge de 6 ans. On peut dire que le garçon est précoce. Et toute sa vie s’organise à 100 à l’heure. Il passe son bac à 16 ans et intègre l’Institut d’études politiques de Paris. Mais, bien qu’une brillante carrière d’assistant parlementaire s’offre à lui, il plaque tout pour rejoindre Berklee College of Music de Boston, avant de partir pour la Mecque du jazz : New York, où il fera la rencontre des plus grands du jazz actuel.

Mais ce qui nous intéresse ici, c’est sa carrière solo. En 2006 sort Soné Ka La (Que résonnent les tambours), aboutissement d’un projet ancien de rassembler ces deux cultures tellement éloignées, mais pourtant si imbriquées dans sa vie, que sont la musique gwoka de sa Guadeloupe natale avec le funk, la soul et le drum and bass…

Ce premier album est une pure merveille de style, plein de couleurs. Un voyage musicale à lui tout seul. On commence avec une pure rythmique sur « Papalé », avec une mélodie au sax rappelant les chants traditionnels sur effet wha-wha très frais et entrainant. Un album qui ce veut initiatique, puisqu’il vous présentera la culture ka dans des titres portant simplement le nom des bases rythmiques auxquelles ils se réfèrent. Vous retrouverez donc « Toumblak », dans lequel se mélangent à perfection chants trad et chorus de sax, même principe sur « Gwoka » avec une rythmique plus lente et posée, « Padjanbel » vous présentera une alliance colorée de basse électrique et de boula, sur laquelle se posent un ensemble de sax, une guitare et un piano… Tout ça parmi pleins d’autres magnifiques titres, qui vous donneront la banane et une envie irrésistible de bouger. A écouter sur Deezer de ce pas :

Clic to go and play !

En 2008 sort le deuxième album de celui qu’on appelle désormais dans le milieu « Brother Jacques ». Abyss est avant tout un album à considérer comme un hommage d’un fils à son père disparu. L’album est dans la lignée de Soné Ka La, bien que plus sombre que le premier.

Après un « Pan Ga To » assez convainquant, on rentre dans un monde un peu plus mystique. La présence sur le score d’invités tels que Guy KonKèt (célèbre chanteur de gwoka), Stephanie McKay (compagne de Jacques), ou encore Elisabeth Kontomanou, permet à notre compositeur d’élargir sa palette d’émotions grace au chant. Vous aurez donc droit à un « Abyss » plutôt mystique. Belle mélodie sur « Dio Pann », avec un sax soprano hyper aérien. Tenez, si le surnom n’avait pas été donné à Charlie Parker, je pense qu’on aurait pu le surnommé Bird, ce zycos là… Ou alors, qu’est-ce que vous diriez de Brother « Bird » Jacques ?

On retrouve le sax ténor pour un duo mélodie « Nubian » léger comme un nuage… Ici la voix et l’instrument jouent suivent la même ligne mélodique en canon : le décalage entre les deux donne une sensation de fuite en avant, de recherche d’un idéal à peine hors de porté ; tout près mais toujours inaccessible…

« Big Blue »… le mot vous fait déjà réver ? C’est un bon début. Ecoutez donc cette magnifique voix de femme et vous serrez définitivement séduits ! Et puis tenez, pendant que vous y êtes, écoutez l’album sur Deezer :

clic to go and play !

Ca vous plait ? Dans ce cas je vous invite à découvrir le dernier album du Brother. Un album carrément plus encré vocal qui donne toute sa place à la chérie du monsieur : la belle Stephanie McKay.

Ah bah tenez, puisqu’on en cause, je dois avoir un petit clip sympa à vous montrer… je l’ai mis où déjà ? ‘tendez bougez pas… voilà !  Il est juste là :

« Feel So Free » est le premier titre de Rise Above, sorti le 5 avril dernier. Vous découvrirez une réédition de « Forget Regrets », et « Abyss », ainsi qu’une belle déclaration d’amour : « That Girl Steph »…

Pour le trouver c’est comme d’hab’ : go to the iTunes store !

Musique, NewzZik

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A propos de l'auteur

Passionné de new-techs, de zique à ouïr, de movies à mirer et de bouquins à dévorer ;-)

Une réponse to “NewzZick : Jacques Schwarz-Bart rises above.”

  1. fylyp82 says:

    Comme d’hab du LOURD ! J’ai ADORE ! Smooth and clean !

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