Nanobook : Olivier Ledroit
Né à Meaux (Ile-de-France), le 3 juin 1969, Olivier Ledroit est un dessinateur et coloriste de bande dessinée déjà célèbre pour nombre de séries cultes auxquelles il a mis ses pinceaux à contribution. Son registre appartient au médiéval fantastique, genre qu’il a su marquer de sa griffe à travers trois oeuvres majeures : Les Chroniques de La Lune Noire, Sha et Requiem.
Le Dragon qui apparaît sur la vignette en tête d’article est une illustration qui a été utilisée pour le tome 4 des Chroniques de La Lune Noire : Quand sifflent les serpents. Cette série est le point de départ d’une carrière loin d’être inachevée à ce jour.
Après deux ans d’études sur les bancs de l’Ecole des Arts Appliqués Duperré, à Paris, et quelques illustrations pour le compte de magazines de jeu de cartes, Olivier le droit rencontre François-Marcela Froideval, lequel est considéré aujourd’hui comme l’un des précurseurs du jeu de rôle en France.
Leur collaboration sur les Chroniques de la Lune Noire, publié par Zenda (maison d’édition française, rachetée en 1994 par Glénat), avant que le flambeau ne soit repris par Dargaud, ne durera pas plus de 5 tomes (les cinq premiers) et un hors-série (Les Arcanes de la Lune Noire : Ghorgoy Bey en 2001). La série fut quant à elle reprise par le jeune Cyril Pontet, qui en esquissa les dernières cases en 2008, au grand dame d’une majorité de lecteurs.

Ledroit rencontre alors les prolifiques scénaristes Thomas Mosdi et Patt Mills., S’ensuivent alors 4 ans de collaboration infructueuses, marquées par l’échec commecial de la série Xoco avec le premier, et l’imparfaite complétion de Sha l’Ombre avec le second. Les éditions Vent d’Ouest et Soleil, n’ont apparemment pas été étrangères à cette période de vaches maigres.
C’est la série Requiem qui va s’imposer finalement comme l’oeuvre référante de notre homme et entériner une collaboration haute en couleurs entre lui et Patt Mills. Les deux hommes devaient être faits l’un pour l’autre tant les idées tordues de l’un ont magistralement été retranscrites par l’autre, le tout étant issu d’un registre on ne peut plus baroque et décalé.
Le destin de Requiem est lui-même des plus singuliers : c’est en effet avec Jaques Collin, fondateur du regretté Zenda, que Ledroit et Mills crèent la maison d’édition Nickel, par laquelle sera publiée cette nouvelle saga, non sans connaître un grand succès commercial, surtout pour une oeuvre aussi dérangée.
Si la teinte gothique et gore de Requiem caractérise bien le style d’Olivier Ledroit, elle n’en est ni plus ni moins qu’un simple aspect. Le dessinateur gère, entre autres, merveilleusement bien les couleurs et le sens du détail, pour les objets, les bestiaux et les paysages. Autre trait particulier : celui des visages, particulièrement saillants et marqués sur l’ensemble de son oeuvre.
Olivier Ledroit est actuellement l’un de ces rares professionnels de la bande dessinée européenne confortablement calés dans l’industrie du 9ème art, qui plus est, grâce à des titres qui sont aux antipodes du « Tout Public ». Son oeuvre, qui martyrise le mauvais goût tout en restant fidèle à une certaine vision de l’esthétisme, s’adresse majoritairement à un public averti.
Un dessinateur à craindre ou à adorer.










J’aime bien le style, je pense que je l’apprécierai mieux dans un Art Book que en BD.
Je vais voir si je trouve des fond d’écrans sympas ^^
Le bonhomme sait découper ses cases, mais c’est vrai que c’est toujours un peu chargé (surtout que Frideval comme Mills sont de sacrés bavards).
Le kiffer en Artbook est donc loin d’être un crime ^^