Nanobook : Masamune Shirow
Masamune Shirow est un célèbre auteur et dessinateur japonais de manga né à Kōbé le 23 novembre 1961, ville qu’il ne quittera qu’en 1995, à la suite du séisme dévastateur qui frappa la région à cette époque.
De son vrai nom Masanori Ōta (ou Ōda), il choisit un pseudonyme rendant hommage à un célèbre forgeron nippon du XIXème siècle (Masamune). Complexe et discret (son visage est inconnu du grand public), sa première orientation professionnelle l’amène à devenir professeur de dessin après des études classiques à l’université d’arts d’Osaka, carrière qu’il abandonne en 1989 pour se consacrer à son travail de mangaka, qu’il avait débuté en parallèle.
Il est l’un des premiers auteurs avec Katsuhiro Otomo (Akira), Toriyama Akira (Dragon Ball) ou Yukito Kishiro (Gunnm) à s’être massivement exporté en occident. Son style se rapproche sensiblement de celui des comics américains.
Shirow excelle dans la construction d’univers complexes et cohérents pour servir des récits essentiellement centrés sur les mechas, l’univers cyber-punk et les forces de l’ordre. Les cases de ses mangas sont souvent entrecoupées de notes techniques en tout genre destinées à développer les différents aspects de ses scénarios.
L’érotisme pervers et baroque est également partie intégrante de son registre et bon nombre de ses dessins ont été commercialisées sous forme d’affiches grand format. A noter également, à l’actif de l’auteur, la création d’une série érotique publiée dans le magazine japonais Uppers Magazine dès 2002 et composée d’histoires courtes et d’illustrations.
Il compte deux oeuvres majeures à son actifs dont la notoriété a dépassé les frontières du pays du soleil levant : Ghost In The Shell (1989 à 1997; Young Magazine, et Appleseed (1985 à 1989; Seishinsha), toutes deux adaptées en film d’animation à plusieurs reprises, la plus réussie restant la première adaptation de Ghost In The Shell, signée Mamoru Oshii, sortie dans les salles obscures en 1995 et plébiscitée par le public.
Dans leur version originale, ces deux séries se distinguent notamment par le fractionnement du récit en tranches de vies centrées sur les existences des personnages principaux, les couples Kusanagi/Batou et Dunan Nuts/Briareos, respectivement.
Masamune Shirow affectionne particulièrement le traitement informatique de ses dessins, après s’être longtemps cantonné aux techniques traditionnelles. Le résultat, bien que haut en couleurs, partage les fans de la première heure, tant ses premières planches éblouissaient par la finesse de son trait et la richesse des détails qu’elles contenaient déjà à l’époque.
Petite anecdote, pour finir : fasciné par les armes, l’auteur a poussé le vice jusqu’à créer Seburo, un fabricant d’arme imaginaire qui apparaît dans plusieurs de ses oeuvres.
Visionnaire, virtuose et un brin salingue, la griffe de Masamune Shirow a valu son pensant d’or. Ses admirateurs restent maintenant dans l’attente d’une nouvelle série aussi innovante que ses illustres prédécesseurs.
Mais qui sait de quoi demain sera fait ?
PHB










Un grand Monsieur, dont je connais pas toutes les oeuvres, mais dont j’admire celles que je vois
C’est clair qu’il est à part, et ma comparaison avec Toriyama, Katsuhiro et Kishiro n’est pas anodine : tous les 3 ont su développer un style grapique reconnaissable entre mille et ont accouchés d’univers démentiels et complets.
Des mecs qui savent rendre leurs délires crédibles !