Muse : The Resistance
Si je vous dis Gothic Prag, Fixed Penalty ou encore Rocket Baby Dolls… ça vous dit rien ? Je m’en doutais. Bon par contre si je vous dis Muse ? Là tout de suite ça vous cause mieux ! So let’s talk about it !
Vous allez sans doute me demander où j’ai pu choper les premiers noms cités. Ce ne sont rien d’autre que les différentes identités déclinées par le groupe depuis ses débuts, en 1992. Mais nos trois zigotos (à savoir Matthew Bellamy, Dominic James Howard et Christopher Tony Wolstenholme), se lassent rapidement de ces noms un peu farfelus. L’origine du choix de Muse comme nom définitif est un peu incertaine, Matthew aimant brouiller les pistes en donnant des explications multiples et contradictoires.
Une des versions que j’ai retenue est celle dans laquelle Matt aurait ouvert un dico et serait tombé par hasard sur le mot « Muse », mot facile à mémoriser, court, et puissant. Une de leurs premières chansons, s’intitulera d’ailleurs « Muscle Museum », titre reprenant le mot précédent et celui suivant « Muse » dans le dictionnaire anglais

Dès 1997, le groupe sort ses premiers EP (mini albums de 5 ou 6 titres), tels que Uno, Cave, ou encore Muscle Museum. C’est notamment grâce à ce dernier qu’ils se feront connaître de leurs premières maisons de disques.
Ce qui me plait particulièrement chez Muse c’est la quantité et la qualité de leurs références et influences musicales telles que Nirvana, Oasis, The Smushing Pumpkins, ou encore Queen et Prince… mais pas seulement. On fait souvent le rapprochement entre Muse et Radiohead, tant les voix de Matt et de Thom sont proches. Perso j’aime les deux groupes. Et si leur volonté de s’écarter de la « Britpop » de l’époque les fait se ressembler dans leurs débuts quant à la pose de voix et les envolées lyriques, Muse et Radiohead ont tous deux su se démarquer par la suite pour devenir deux grandes références de l’univers rock actuel.
Matt n’hésite pas non plus à aller fouiller dans des répertoires plus inattendus tels que le classique en reprenant au piano des phrases mélodiques ou des rythmiques de Sergueï Rachmaninov, Chopin, et même Bach…
Repéré par Dennis Smith des studios Sawmills, le groupe sort un premier album dès 1998 chez Dangerous Records, intitulé sobrement Muse. Cherchez pas, il en a été édité moins de mille exemplaires ! Mais c’est à cette occasion que Muse part à la conquête de l’ouest : les États-Unis m’sieurs dames !
Et ça marche plutôt bien, il faut dire. En quelques dates ils attirent les grandes maisons de disques. En quelques semaines, ils signent chez Maverick (Madonna), puis dans de nombreuses autres maisons de disques européennes comme Naïve, Mushroom…
En 1999, le temps de plaquer un bon accord sur le piano et sort leur premier « vrai » album Showbiz, produit par John Leckie, qui a bossé avec Radiohead sur l’album The Bend (ce qui peut expliquer certaines similitudes artistiques…). Muse se produit alors en premières parties des Red Hot et des Foo Fighters !
À chaque fois que je me passe ce CD, ça me rappelle de très bons souvenirs, et cela, dès les premières notes de piano de « Sunburn », la première piste de l’album. On retrouve « Muscle Museum », « Cave » et « Uno », très péchus, ainsi qu’un « Showbiz » d’abord lointain, qui monte progressivement en puissance pour nous exploser brillamment (et non pas bruyamment^^) dans les oreilles sur la fin. Une petite perle avec « Unintended », où Matt nous montre toute la beauté et la profondeur de sa voix.
2000-2001, l’ouragan Muse est un des plus gros phénomènes mondiaux jamais observés. Du Japon à l’Allemagne, en passant par la France et les States, rien ne résiste à la tornade ! Le vent a finalement tourné en faveur de notre trio qui décoiffe à donf, et qui se prépare l’air de rien à sortir son deuxième opus…
Le nouveau-né s’appelle Origin of Symmetry, et il vient au monde en juin 2001. D’ailleurs, le nom de la première piste n’est autre que New Born, qui commence calmement sur une mélodie sympathique genre boîte à musique… pour finir en totale disto trashi 6 minutes plus tard ! Le message est clair, Muse est de retour, et ce n’est pas pour faire de l’enfantillage ! Un album assez expérimental. Dom augmente son kit batterie, histoire de nous donner du bon gros son qui claque, tandis que Matt se met à l’orgue sur « Megalomania » et utilise une guitare à 7 cordes dans « Citizen Erased ». Chris joue une basse blindée de disto et de multiples effets pour un son plus lourd, plus pesant. Ce qui permet au clavier et à la guitare d’être mis en valeur sur des mélodies et des thèmes plus aigus.
Au fait parlant de thèmes, j’ai une petite surprise pour vous. Vous connaissez Philip Glass ? Voici le second mouvement de son « Tirol Concerto for Piano ». Le thème (vers 4:35) de ce mouvement vous dira sûrement quelque chose…
Vous avez dit New Born ?
Je pourrais vous parler de cet album pendant des heures, mais le mieux est encore de le découvrir par vous-même. Un petit « Feeling Good » pour la route ?
2003 et la sortie du 3ème album Absolution. Même travail sur la basse que dans Origin of Symmetry, même si les compos, dans l’ensemble, sont moins psychédéliques que dans l’album précédent. Déjà ça commence bien : ça tape des pieds et des mains, sur des seaux… et le groupe, à la recherche constante de nouveaux sons, n’hésite pas à aller installer les toms de la batterie de Dom (essayez de dire ça super vite sans vous planter^^) au fond d’une piscine ! Le piano est enragé, les guitares sont lâchées, et la percu déchainée ! Mention spéciale à « Time is Running out ».
Retour à un peu de douceur pour « Sing for Absolution », avec un Matt plein d’émotion dans la voix, et un piano plus en retrait. Frissons garantis ! Mais ça ne dure pas. Dès « Stockholm Syndrom » on retombe dans l’incisif bien métalleux gavé de disto ! Et c’est pas dommage !
Et tout l’album est un subtil entremêlement de passages calmes et d’instant plus violents. L’exemple même de la diversité ? Peut-être « Blackout » avec ses sublimes nappes symphoniques. On découvre avec cette piste toute l’ampleur du talent de compositeur de Matt. Guitare et basse exploseront dans « Hysteria » (qui porte bien son nom^^), et « The Small Print ». Ma préférée de l’album ? Très probablement « Butterfly&Hurricanes ». Et vous ?
La version édition limitée de cet album vous propose un dvd making of, avec les coulisses du studio, les enregistrements de l’intro dans la cave, la piscine, la guitare lazer… enfin plein de choses quoi !

Il faudra attendre 2006 pour la sortie de Black Holes and Revelations, aux couleurs plus electro comme dans « Take a Bow » et « Starlight », les deux premières pistes de ce 4ème album. Un « Supermassive Black Hole », bon gros son rock au résonance un peu funky, avec un Matt qui s’essaye au style de Prince, assez convainquant.
Même si cet opus me plait moins que les 3 précédents par manque d’innovation sonore (Muse nous avait pourtant habitué à ça…), c’est loin d’être le trou noir pour le groupe. Je crois toujours entendre les cœurs de Queen derrière Matt dans « Soldier’s Poem ». « Hoodoo » est assez sympa à écouter, même si j’aurai préféré une explosion finale sur la fin plutôt qu’un retour au calme (c’est mon petit côté bourrin qui s’exprime ^^). On retrouve l’orgue dans « Invincible », accompagné à la caisse claire, qui donne au morceau un petit caractère militaire. Mais comme pour Hoodoo, il me reste un petit arrière goût de molesse dans le master, même si la fin du titre, plus nerveuse, donne à la guitare l’occasion de faire une des plus belles envolées du disque. Mes titres préférés resterons « Starlight », « City of Delusion », avec ses violons endiablés, sa guitare folk, sa trompette latine, ses riffs de basse… « Knights of Cydonia », magnifique Western rock fortement inspiré des musiques d’Ennio Morricone.
Et puis voilà le petit dernier : The Resistance digne des débuts du groupe ! On a un son plus hargneux, plus explosif aussi. Sûrement lié au fait que Dom laisse tomber la batterie acoustique pour l’électronique. Matt se concentre sur sa voix, décidant de ne jouer ni clavier ni guitare (d’ailleurs, depuis Black Holes, un 4ème musicien les suit sur scène aux claviers et synthés). On le sent plus mature, plus belliqueux, avec un chant moins distordu et plus naturel, pour un minimum d’effets. La fin de « United States of Eurasia » commence comme une chanson de Queen et se termine avec un morceau de piano de Chopin. Et au milieu de la chanson « I belong to you », on peut entendre Matt chanter un extrait de l’Opéra « Samson et Dalila »de Camille Saint-Saëns.
Je ne vais pas trop m’attarder sur ce dernier album. Le temps de savourer « Uprising » et on en reparle
Plus effrayants que les lapins crétins, les nounours de l’apocalypse !
Mais avant de se quitter on va causer un peu d’un grand fléau du monde musical. On a tendance à balancer des œufs pourris (ou autres projectiles bien baveux et dégoulinants) à la tête des artistes lorsqu’ils se produisent en playback sur les plateaux de télé. Bah faut savoir que bien souvent la décision de jouer débranché n’est pas du fait des musiciens mais des producteurs de l’émission, qui n’ont pas envie de se casser la tête à câbler leurs plateaux. Et même quand on s’appelle Muse et qu’on est un groupe de rock à la renommée mondiale, on ne peut pas aisément déroger à cette règle stupide.
Voici rien que pour vous une vidéo tirée d’une émission de télé italienne, où la décision des producteurs de faire jouer Muse en playback s’est retournée contre eux de manière assez fun.
Quand Muse fait de la Resistance…
Matt excellent à la batterie, Dom en chanteur bassiste très classe, et Chris au clavier et à la guitare ! Et même la présentatrice n’y voit que du feu ! Décidément ce groupe est vraiment Rock&Roll !

Allez aMusez-vous bien et à tout bientôt !

De très bonnes compo sur cet album. Undisclosed desires en tête.
matttiouuuuuuuuuuuuuuuuuu!!!!
rien d’autres à dire sinon.. arghhhh pk j’ai pas de places!!!
Il parait qu’ils feraient un concert privé au casino de paris le 25 Mai… Je sais pas comment on pourrait avoir des places ?? a mon avis c’est sur invitation. Au passage, je me permet de vous dire qu’il reste environ 150 Absolution box a 59.90€ box sur http://www.musicnetplanet.com
Merci Camiile pour l’info Absolution Box !
Pour le concert privé au Casino de Paris, c’est une certitude. Pour trouver des places, inutile de chercher dans les points de ventes, elles seront à gagner sur les sites partenaires de l’évènement, du style nrj.fr et orange.fr…
source : http://www.musiquemag.com/news-le-concert-secret-de-muse-au-casino-de-paris-se-precise-1865.htm