Mission Impossible

déc 26, 2011 2 commentaires de

de Brian de Palma - 1996

 

EXCEPT THE IMPOSSIBLE 

Au départ il y avait une série.
Une série géniale fonctionnant sur le principe d’un groupe d’agents, chacun spécialiste ou avec un talent particulier pour réussir une mission. Des agents du gouvernement déjouant des complots, parvenant à tromper leurs ennemis grâce a des maîtres de l’illusion. C’était de l’action, du suspense et quelque chose qui tient du cinéma, dans le fait de parvenir a tromper son spectateur, à lui faire croire a quelque chose qui n’existe pas, ce qui est le but de tout film, de fiction, ou non.
Des puzzles comme scénar, des rebondissements constants, des enjeux énormes et des jeux de masques très travaillés. La série est devenue culte, puis il y a eu un relaunch dans les années 80, toujours avec  Jim Phelps et comme toute série à succès, l’adaptation au cinéma était inéluctable.
Là où ça se corse, c’est qu’au lieu d’une adaptation de la série, on en a fait une machine de guerre publicitaire. Du moins c’était le but. C’était sans compter sans cet anarchiste de Brian De Palma.

Rappelez-vous : Goldeneye sort en 1995 et est un méga-succès, de quoi surfer sur une nouvelle vague d’action stars de l’ère du post-moderne, c’est-à-dire un poil plus psychologiques et surtout plus lisse. Plus jeunes, plus « sensibles », ils abandonnent le badass et gagnent avec leurs neurones ou plus souvent une chance divine insolente. Pour Tom Cruise, c’est l’occasion rêvée de passer à un autre statut, celui de méga-star du box-office, lui assurant une liberté totale en tant qu’acteur. N’oublions pas non plus qu’avant Mission Impossible, les faits les plus notables de la carrière de Cruise étaient les frères Scott, Oliver Stone, Rain Man et un Scorsese mineur déjà oublié. Après ce film c’est Stanley Kubrick, Michael Mann, Paul Thomas Anderson et Steven Spielberg qui le sollicitent. Il est passé de téléfilms respectables aux grands films hollywoodiens oscarisables et qui marquent l’histoire.

Mais l’élément qui a vraiment tordu le projet dès sa base, c’est pas Tom Cruise, c’est Brian De Palma.  Alors dans une période qu’on pourra qualifier au choix de déstructuralisme ou de branlette monumentale, le De Palma ne veut pas juste faire une commande de studio, il veut s’approprier le sujet, et putain, il va le faire. Ce qui fait que, en partant d’une série de groupe, on en est arrivés à un film centré sur un seul homme qui va passer d’homme a tout faire de Jim Phelps (Jon Voight) à James Bond américain.
Regardez bien le film : il n’y a que deux séquences de missions de groupe. Tout le reste, c’est Cruise qui court et qui se cache. Ces deux séquences sont intéressantes, elles donnent au film ses meilleurs moments. D’abord ces 20 premières minutes superbes et grandioses, tourné avec une précision extrême et où on y retrouve toute la force de la série transcendée par un véritable metteur-en-scène. Et puis tout se casse la gueule et au lieu d’un plan bien exécuté, toute l’équipe se fait zigouiller en cinq minutes (offrant au passage la meilleure scène de la carrière de Kristin Scott Thomas). Après quoi, Cruise est en fuite pour tout le reste du film. Et là c’est plus Mission Impossible, et ça le sera plus vraiment dans les futures suites. C’est Tom Cruise qui court. Et il court bien.

Mais sinon qu’est ce qu’on s’emmerde… Il n’y a que deux scènes qui nous empêchent de s’endormir par la suite. La fameuse scène du câble, devenue culte et parodiée 1 milliard de fois depuis (et c’est vrai qu’elle est très bien cette scène) et la scène d’action dingue de l’hélicoptère accroché à l’Eurostar. On se sent aussi trahis par De Palma en tant que fans de la série en découvrant que le maître du complot n’est autre que Jim Phelps lui-même, et qui en mourant fait de Ethan Hunt (tu parle d’un nom de héros pourri) le nouveau Phelps.
C’est un véritable blockbustrer a contre-courant : on s’attend a un film de groupe, ça se concentre sur Cruise, on s’attend a un one-man-show, il reforme un groupe, on s’attend encore à un truc de groupe et ça reconcentre sur Cruise. C’est rempli de bizarreries qui semblent impossible aujourd’hui pour un film de cette envergure : Cruise ne tire jamais une seule fois avec un flingue, Alan Silvestri s’est fait viré en emportant le score avec lui et se fait remplacer par Danny Elfman et U2, Emilio Estevez se fait buter avant qu’on le reconnaisse, Emmanuelle Béart essaye de nous faire croire qu’elle peut jouer et ainsi de suite…

Il y a malgré tout un côté charmant au fait que ce film soit raté et un hors-sujet total. Il y a quelques pépites (principalement le découpage de De Palma et son montage, comme d’hab), juste assez pour revoir le film avec une certaine nostalgie. Et vu l’époque, c’est déjà pas mal…

3/6
C’est pas génial, c’est pas « Mission Impossible », mai c’est…c’est… c’est une commande de studio pour De Palma.
Oh ça va, y’a pire quand même.

Ciné Américain, Cinéma

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A propos de l'auteur

Descendant direct des plus grands héros de l'espèce humaine, le Marv est un aventurier au coeur d'or, dont le courage et la bravoure sont si puissants qu'ils pourraient lui faire soulever des montagnes ou des jupes par la seule force de sa pensée et dont les exploits sont si impressionants qu'ils sont vénérés jusqu'au pays du soleil couchant. Sans peur, humble et d'une modestie folle, le Marv, ce grand romantique, est un passionné. Amoureux du cinéma depuis 1895, le Marv n'a de cesse que de bouffer de la pelliculle jour et nuit quitte à en exploser. Le Marv est particulièrement féru de cinéma de genre, de tout ce qui se prête à la subversion, la culture geek, la contre culture et qui montre les tripes de son auteur. Le Marv dèteste le politiquement correct et le cynisme. Mais ce que le Marv préfere, ce sont les films qui arrivent a aligner à l'image un sens aigu de l'awesomeness, un propos philosophique, une pertinence métaphysique, des femmes nues et des grosses explosions. Vous pouvez me retrouvez sur mon forum

2 réponses to “Mission Impossible”

  1. Grishka says:

    Bin j’ai revu le 3 et vu le 4 hier : ça me donne pas trop envie de revoir le 1 en fait. Quant on deux, là ça fait longtemps je peux pas dire ^^

  2. fylyp82 says:

    Tom Cruise et Béart ont achevé le travail de sape.

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