Les Diamants sont Eternels

mai 04, 2010 1 commentaire de

DIAMONDS ARE FOREVER de Guy Hamilton in Ian Fleming’s Diamonds are Forever 1971

L’histoire : Après s’être débarrassé très facilement de son ennemi juré Blofeld, 007 est chargé d’enquêter sur un gang de contrebandiers du diamant partant de l’Afrique du Sud jusqu’à Las Vegas en passant par Amsterdam  sous le contrôle de l’un des hommes les plus riches du monde. James Bond découvre que derrière lui se cache un Blofeld bien vivant et tramant un complot visant à envoyer pour plus de 2 Milliards de £ de diamants dans l’espace, ceux-ci formant la courroie d’un satellite géant armé d’un laser prêt à détruire n’importe quelle cible sur la planète. Blofeld prend encore une fois le monde en Otage et cette fois la rançon sera l’armada nucléaire mondial !

DIAMONDS ARE FOREVER FOREVER FOREVER…AND NEVER Pour cette 7ème aventure, on quitte l’air frais des Alpes Suisses et on va à Las Vegas, capitale mondiale des casino et donc terrain de jeu logique pour 007. Adieu Lazenby et re-bonjour Connery qui reviens une dernière fois (officielle du moins) interpréter le rôle qui lui a donné une carrière. Enfin interpréter c’est un bien grand mot tant Connery se suffit à être Sean Connery devant la caméra. Le but du film est clair et net : faire oublier au public l’échec d’Au Service Secret De sa Majesté et son acteur principal. Les Diamants Sont Eternels (DAF pour les intimes) s’organise donc comme un rejet total et une anti-thèse du pourtant parfait précédent épisode. Impossible donc a la vision du film de se dire qu’il s’agit d’une suite au Lazenby mais plutôt d’une reprise rétroactive de l’histoire depuis l’évasion de Blofeld dans On ne vit que deux fois. Aucune mention ne sera faite à la vengeance personnelle de 007 qui coulait pourtant de source, aucune allusion a son mariage et à l’assassinat de son épouse. A la réalisation, Peter Hunt cède sa place à Guy Hamilton, réembauché pour faire ni plus ni moins qu’un nouveau Goldfinger. Au scénario on engage Tom Mankiewicz, excellent scénariste américain (Superman I et II, script-doctor sur Le Parrain I et II). Malgré leurs beaux faits d’armes, l’équipe Hamilton-Mankiewicz qui va officier sur 3 bonds consécutifs vont aller de désastres en catastrophes et signer ce que j’appelle « La Trilogie de la honte » comprenant les pires épisodes de la saga dont Vivre et Laisser Mourir, L’Homme Au Pistolet D’Or et commencent par ce triste DAF ici présent. En cherchant a répéter ce qui faisait le succès de Goldfinger, ils vont accumuler les mauvais choix, le premier étant de reprendre Connery qui se fout totalement de ce qu’il fait, n’ayant accepté le rôle que pour un salaire record de 1,3 M $ (l’inflation ridicule des salaires des acteurs américains vient de là, Brando n’ayant fait que surenchérir sur les caprices de Connery).

Hamilton se dit que si le Lazenby n’a pas fonctionné, ça veut dire qu’il faut faire tout le contraire, et là monumentale erreur. Là où OHMSS construisait ses personnages, une histoire crédible et grandiose, ici il ne s’agit que de rafistoler les pires idées possibles. Blofeld devient donc un Howard Hugues de pacotille, armée d’une collection de sosies dont il se sert uniquement pour se foutre de la gueule de 007. Et quand ce dernier tombe a sa merci dans un piège honteux d’évidence, alors qu’il l’a a sa portée, vous pensez qu’il va prendre son flingue et se débarrasser de son pire ennemi ? NON NON ! Il va le mettre dans les mains de ses sbires qui vont se contenter de le paumer dans le désert alors qu’il est inconscient et aussi agressif qu’un nouveau-né. Et le film est rempli de ce genre d’incohérences putassières. Même sans passer par les hommes de main, tous plus gay les uns que les autres (Blofeld ira même jusqu’à lui-même se travestir en petite vieille et il va pas se précipiter pour se démaquiller hein), l’histoire générale est tellement faible, qu’elle ressemble plus à un brouillon d’Austin Powers, lequel se servira plus de ce film pour sa trilogie que tous les autres réunis.
Jugez plutôt : vous êtes le génie criminel du siècle. Vous utilisez une contrebande de diamants en tuant tous vos collaborateurs, de manière a ce qu’on ne puisse remonter que jusqu’à vous en cas d’enquête. Vous vous faites passer pour l’homme le plus riche de la planète sans jamais sortir de vôtre bureau et personne ne se doute de rien même si personne n’a vu l’homme en question depuis des années. Vôtre pire ennemi, qui est l’agent secret le plus redoutable de tous, vous l’ignorez et quand il vient jouer dans vôtre propre casino vous vous doutez de rien. Quand enfin il arrive chez vous, vous le tuez pas, vous le laissez vivant et en bonne santé, bien tranquillement. Et enfin vous vous servez de millions de diamants pour construire un satellite parce que c’est connu bien sur les diamants ça renforce les parois du satellite et puis c’est tellement plus discret pour menacer le monde. Ah et j’oubliais, au lieu de se cacher dans un trou perdu, vous vous installez peinard dans l’une des installations les plus visibles et connues de l’homme dont vous avez volé l’identité, en se protégeant avec quoi 12 hommes maxi. Et quand des dizaines d’hélicoptères arrivent pour vous détruire atome par atome genre Apocalypse Now, normalement là ou l’instinct devrait pousser n’importe qui a s’échapper, ben là non !Vous restez planté là et alors que vôtre laser peut détruire n’importe quoi en un instant, vous mettez un compte a rebours d’une heure (une heure !!!!!) pour détruire la seule cible civile de la journée ! Comment voulez-vous dans ces conditions qu’on puisse prendre comme crédible la menace du film ? Et si le méchant n’est pas crédible, le héros ne l’est pas non plus. Mais rien n’est crédible en y réfléchissant bien…

My name is Sean...

Cependant, tout n’est pas à jeter dans DAF, et j’aurai même tendance à le défendre vu les deux prochains épisodes. On retiendra quand même, outre la musique, cette scène symbolique importante mettant 007 dans un cercueil. Venant de la part de Connery, on peut prendre ça comme un geste prétentieux (Sans moi, James Bond est mort) mais j’interprète ça aussi comme une forme d’Adieu de sa part. Et ça, c’est important.

Mais le film n’en reste pas moins une ode au ridicule. Un ridicule ambiant qui peut faire sourire, mais qui énerve plus qu’autre chose. On atteint parfois des sommets de connerie pure par exemple lorsque Bond, se faisant passer pour un trafiquant de diamants, tue un ennemi en lui glissant son portefeuille dans la veste. La Bond-Girl fouille le cadavre et trouve le portefeuille, sort une carte du Playboy club pour lire le nom du type et s’exclame « Vous avez tué James Bond ! ». et comme si c’était pas déjà a se pendre, Connery en rajoutte une couche : « Ah bon, c’était lui ?! Le célèbre agent secret ?! Comme quoi, personne n’est indestructible ! ». Et c’est là que nous prend l’envie irrésistible de remonter dans le temps, d’organiser une série de coups de pieds au cul général et de faire passer un seul message en l’écrivant sur leur fronts a coups de pelles si il le faut : C’est pas comme ça qu’il faut faire !

Les +

-la musique de John Barry, offrant des morceaux inoubliables de pure tension dont le célébre 007 and counting. Impossible d’imaginer un film pareil en écoutant juste le boulot admirable de Barry.

-Cette scène terrifiante qui met Bond dans un cercueil en pleine crémation sans la moindre échappatoire possible. LE moment bondien du film.

-La production design de Ken Adam. Las Vegas est montré sous son plus beau jour et même si c’est loin d’être son meilleur job, c’est quand même l’un des derniers qui croit encore en ce qu’il fait.
Les –

-Sean Connery, et vas-y que je te cabotine et que je te la joue cynique… Si c’était pour nous faire n’importe quoi c’était pas la peine de revenir !

-Charles Gray, si il est un grand acteur, (the rocky horror picture show, un autre monument dédié au kitsch tendance gay-travelo à la diffèrence près qu’il s’agit là de la meilleure comédie musicale de tous les temps),il reste aussi a ce jour le plus faiblard et ridicule des Blofeld. L’un des méchants les plus nazes de la série.

-La Bond-girl tête a claques qu’on a envie d’étriper, tiffany case jouée pour la bruyante et agaçante Jill St John.

-les hommes de main, Mr Wint et Mr Kidd, premier couple ouvertement gay de la série. On est plus près de la cage aux folles 3 que de Philadelphia et c’est pas peu dire.

-Le scénario, partant d’une fausse bonne idée (faire de Blofeld un Howard Hugues bis pour prétexter un film a vegas) très pauvre, très mince et écrit par un Tom Mankiewicz a coté de la plaque. 007 n’a jamais été aussi con que dans la première moitié des années 70, faut le savoir.

-Guy Hamilton qui foire de manière systématique tout ce qu’il avait réussi sur Goldfinger.

-Le rythme lent, très lent, trop lent qui essaye de combler ses vides avec beaucoup de scènes inutiles. Soporifique. -Les scènes d’action ridicules ou juste mal faites. La poursuite avec le Moon buggy est douloureuse mais le final est encore plus pénible. Insultant.

-Le ton général, apologie d’un kitsch débile qui consiste a se foutre de tout y compris de ce qui faisait la force des précédents films tout en remplissant un cahier des charges stupide, inutile et inefficace. La sacro-sainte bond formula est bafouée, dépouillée de son intelligence et de son charme. Pour la première fois de la saga, Fleming se retourne dans sa tombe, et ça, par-dessus tout, ça fait mal.

Note générale : 1/6 Sur l’échelle des Bonds : 1/7 Première tâche noire de la saga, DAF est un pot pourri de tout ce qu’on peut reprocher à James Bond dans ses pires moments, mais il est quand même sauvé du naufrage total par une ou deux scènes étrangement réussies ainsi que par une bande-son somptueuse. A éviter de manière générale.

CE QUE VOUS NE SAVIEZ PAS
-Sammy Davis jr, de passage à Vegas à l’époque en profita pour faire un cameo, coupée au final cut. On y voit Sammy jouer a une machine, apercevoir Bond, s’étonner et dire quelque chose du style « c’est vraiment lui ! »….no comment

-Ont passé le casting pour jouer la james bond-girl : Raquel welch, Faye Dunaway et Jane Fonda. Tout ça pour finir avec Jill St John, la première bond-girl américaine au passage.

-Le scénario d’origine provoque chez les fans beaucoup de remises en questions : Guy Hamilton voulait au départ le retour de Gert Frobe, pas dans le rôle de Goldfinger, mais dans celui de son frère jumeau, et on y aurait vu un traffic de diamants prétexte a attirer Bond dans un piège pour le faire publiquement humiler avant de le tuer, histoire de venger la mort du frèrot…no comment bis.

-Le personnage de Willard whyte est basé sur celui de Howard Hugues, ami personnel de Cubby Brocoly. D’ailleurs tous les casinos vus dans le film sont les siens et ils furent expressément fermés pour l’équipe du film, ce qui reste exceptionnel même de nos jours.

-Etrangement, aucun personnage ne prononce les mots « Las Vegas » ou « Vegas » dans le film, ce qui fera plaisir aux bondologues théoriciens pensant que Bond est toujours symboliquement prisonnier de l’enfer ou du purgatoire depuis 1965…no comment ter

-Avis aux fans de Rob Zombie et des Mad cinéphiles, on peut voir Sid Haig aka Captain Spaulding en homme de main, corrigé par sean Connery au moyen d’une tapette à souris….Surréaliste.

-C’est le dernier jour du tournage qu’on filma la scène du cercueil. C’était le vendredi 13 août 1971.

Ciné reste du monde, Cinéma

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A propos de l'auteur

Descendant direct des plus grands héros de l'espèce humaine, le Marv est un aventurier au coeur d'or, dont le courage et la bravoure sont si puissants qu'ils pourraient lui faire soulever des montagnes ou des jupes par la seule force de sa pensée et dont les exploits sont si impressionants qu'ils sont vénérés jusqu'au pays du soleil couchant. Sans peur, humble et d'une modestie folle, le Marv, ce grand romantique, est un passionné. Amoureux du cinéma depuis 1895, le Marv n'a de cesse que de bouffer de la pelliculle jour et nuit quitte à en exploser. Le Marv est particulièrement féru de cinéma de genre, de tout ce qui se prête à la subversion, la culture geek, la contre culture et qui montre les tripes de son auteur. Le Marv dèteste le politiquement correct et le cynisme. Mais ce que le Marv préfere, ce sont les films qui arrivent a aligner à l'image un sens aigu de l'awesomeness, un propos philosophique, une pertinence métaphysique, des femmes nues et des grosses explosions. Vous pouvez me retrouvez sur mon forum

Une réponse to “Les Diamants sont Eternels”

  1. Grishka says:

    Vu il y a peu… rien que la séquence pré-générique est quasi ridicule ! M’enfin c’est marrant de voir Connery cabotiné comme ça.

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