Intégrale Steven Spielberg – Partie 2

déc 20, 2011 1 commentaire de

IV-LES ANNEES 80 (1980-1989)

 

 

RAIDERS OF THE LOST ARK de Steven Spielberg - 1981

THE RETURN OF THE GREAT ADVENTURE

1977. Spielberg et son pote Lucas sont à Hawaï. Ils sont les deux rois du monde et sirotent leurs victoire sur le monde, l’establishment et le public, tous conquis. Problème : une fois qu’on est au sommet, qu’est ce qu’on fait ?

Lucas propose à Spielberg la réal de L’Empire contre-attaque et le Retour du Jedï. Spielberg refuse. Il a dit non à Superman et les dents de la mer 2, et fâché du cut de Close Encounters, il veut avoir un contrôle absolu sur ses histoires. Il bosse sur Night Skies, une simili-suite de Close Encounters qui se scindra en deux projets, l’un mélangé à un scénar rejeté du premier Alien deviendra plus tard Gremlins et le second le futurE.T.. En attendant, il veut faire un film iconique, un film de héros. Il aimerait adapter Tintin mais Hergé décédera quelques jours avant que les deux hommes se rencontrent et les droits se perdront en méandres nébuleuses. Il est en négociations un temps sur l’Espion qui m’aimait et travaille même à un traitement, mais on lui refusera les portes du 007. Il ne fait parti de la famille Brocoly et en plus, c’est un réalisateur, connu et reconnu, américain qui plus est. Sur un Bond, c’est impossible. Tel un gamin a qui on retire un jouet, Spielberg enrage. Voilà qui tombe bien, son pote Lucas est aussi gamin que lui mais en plus il a assez de fric pour racheter le Burkina Faso, largement de quoi produire Spielberg sur n’importe quoi. Sur une plage paradisiaque hawaïenne, les deux hommes fantasment sur le film d’aventures ultime, le héros ultime et comment ramener le genre au goût du jour alors qu’il a quasiment disparu des grands écrans depuis plus de 30 ans.

Indiana Jones était né.

Le Spielberg des années 80 tranche avec celui des années 70. La faute à Lucas, qui ne connaît que trop bien la réputation sulfureuse sur les tournages de son pote Geek. Il le prévient une seule fois : « ici t’es pas chez universal, t’es pas chez columbia, et t’es pas avec tes potes Gale et Zemeckis. Tu bosse pour moi. Alors ailleurs on t’a laissé faire, mais chez moi, tu n’aura pas un jour de retard. tu ne dépassera pas le budget d’un centime. Tu ne me fera pas perdre d’argent. ». A partir de ce film, Spielberg ne dépassa plus jamais une deadline et se prit au jeu en essayant de finir ses tournage à l’avance. terminé les tournages anarchiques un peu trop « spontanées » des seventies, les aventuriers de l’arche perdue est un film storyboardé plan par plan (un vrai comic-book en soi), connaît son film par coeur, règle au millimètre près les placements des acteurs et les mouvements de caméra, tout est soigné à l’extrême. Ce principe de perfectionnisme prend tout son sens dès la première séquence. Tout y est. En une séquence, Spielebrg impose un univers, ses codes, son ton, sa musique et son rythme. On a Harrison ford (charpentier de la famille Lucas il y a encore peu), on a le look, la gestuelle, le phrasé, le fouet, le chapeau, les pièges, l’ami-traître (Alfred Molina, 23 ans avant de reprendre son héritage geek dans Spider-man 2), l’idole (fortune et gloire !), le sacrifice, la boule géante, le suspense, la tribu indigène, le méchant, la poursuite, les serpents et le thème inoubliable de Williams.

Le film ressuscite le Serial des années 20-30 et le transcende en y apportant un oeil neuf. Mais là où d’autres seraient tombé dans un cynisme de second degré vis a vis du genre, Spielberg le traite de front sans jamais traiter de haut son sujet. Il croit à ce qu’il fait, y compris quand il apporte une dichotomie dans sa perception de l’icône, à la fois évocation d’un surhomme et en même temps homme faible, totalement impuissant face à une femme et épris d’une soif inconditionnelle et inextinguible pour l’histoire et l’archéologie qui l’empêche de détruire l’arche au bazooka quand bien même il pourrait sauver la situation à un tournant de l’intrigue. C’est un gamin, un éternel ado sans mère ni père, éduqué certes, mais violemment bourrin et grognon, tout en même temps. Son ombre géante le précède, son thème l’annonce, sa façon de se battre, anarchiste et dégueulasse (il passe sous un camion pour remonter à l’intérieur, se prend une balle dans le bras par manque de prudence, donne un coup de pied traître dans les couilles à une brute nazie) amène toujours un décalage, et c’était bien avant que ça devienne un code puis un cliché en soi, depuis si copié que redonner dans une iconique pure est devenue le nouveau contre-courant dans l’industrie. C’est dire a quel point ce film a influencé sur le 7ème art et le cinoche de genre en particulier.

Les Aventuriers de l’Arche perdue ne fait pas parti du genre de films qui pompe ses références mais celui qui les digèrent pour proposer un univers et un regard original et pertinent. Chaque séquence produit un moment culte (la base nazie, l’île, le final de l’arche, le hangar,…) chaque réplique fait mouche, chaque référence amène sa justification et son sens, la musique est parfaite, le montage est fluide, la photo est superbe, la mise-en-scène réglée comme du papier à musique et le scénar un régal de pistes et d’analyses aux discussions possibles infinies. Car qu’est ce que l’arche ? Voilà une fin qui punit les méchants (aah ces têtes qui fondent et explosent) mais dans sa logique nous dit : voir c’est savoir et savoir, c’est mourir ! Feu prométhéen ? vengeance divine hébraïque contre l’Allemagne nazie ? Punition des faux prophètes ? Un pouvoir hors de contrôle et hors de l’entendement humain qu’il faut garder là où personne ne le trouvera, symbole du feu nucléaire qui mit fin à la même guerre ?

Il y aurait bien plus a dire, et encore plus à débattre aujourd’hui encore. C’est dire si le film malgré ses bientôt 30 ans d’âge est loin d’avoir révélé tous ses trésors. Ceux-ci appartiendront donc aux archéologues du Cinéma.

Justice est rendue.

6/6

Les Aventuriers de l’Arche perdue est le mètre-étalon du film d’aventures-action moderne ET le mètre-étalon du film geek.

Un idéal de cinéma pur, celui des Ford, Hawks, Welles, Kazan et Lean d’antan, où l’image produit du sens, où la forme définit son fond où l’obsession maladive du passé et des âges d’Or réunit les concepts de Mythes et Chaos dans un grand tout. Pas de doutes : l’aventure était de retour.

 

 

E.T. : THE EXTRA-TERRESTRIAL de Steven Spielberg - 1982

THE STORY THAT TOUCHED THE WORLD

E.T. est le 4ème film le plus vu de l’histoire du cinéma aux usa, et a fortiori dans le monde. Il est a ce jour le dernier en date a avoir dépassé le milliard de dollars en termes d’entrées ajustées. Autrement dit, si mes calculs sont corrects, seuls 3 films ont été plus vus sur un grand écran en plus d’un siècle de projections.

Dire qu’E.T. est un film qui touche pas mal de monde est donc un doux euphémisme. Plus universel tu meurs.

A mes yeux, et il faut comprendre qu’il sera difficile pour moi d’avoir un minimum de recul quand il s’agit du premier film que j’ai vu sur un grand écran quand j’étais pas plus haut que Yoda, Les raisons qui font de E.T. un film immortel, si universel et si respecté encore aujourd’hui sont nombreuses.

On a d’abord le premier degré : Ce que le pékin lambda est capable de piger. Alors pour se mettre à la place de ce pékin lambda, il faut voir le film, couper le son, si possible mettre le film en noir et blanc et écouter la radio en même temps. Bon, déjà, ça donne une idée. Et bien même dans des conditions épouvantables, on comprend le film. On comprend très bien ce qui se passe, qui est qui, qui a quelle fonction, quels sont les buts et les motivations de chaque personnage. C’est dire a quel point Spielberg a atteint une pureté virginale avec ce film au point que chaque plan en dit 3 fois plus que chaque ligne de dialogue. L’éclairage nous parlent, le mouvement de caméra nous dit des choses, les regards des acteurs sont des signes. C’est ce qu’on appelle le langage cinématographique. Une grammaire visuelle complète aussi complexe qu’intuitive conditionnant la réaction du spectateur au moment désiré. Comme le disait un François Truffaut ébahit et admiratif, « Spielberg ne fait pas de la direction d’acteurs, il fait de la direction de spectateurs« .

Ce qui nous amène au second degré : L’inconscient. Tout ce qu’on voit sans le voir, sans forcément pouvoir mettre un mot dessus mais plutôt des sensations, des émotions, des sentiments. Quelque chose de pur. Et c’est là que simple film fantastique si mignon dévoile son monstrueux niveau de lecture sous-jacent : La vie de Jesus Christ.

 

Que fait E.T. dans le film ?

Il vient du ciel, peut guérir les blessures, peut accomplir « des miracles » (le mot est prononcé à un moment-clef dans le film), sonde les coeurs et se met à l’unisson avec les souffrances d’autrui. Il apparaît uniquement aux vrais croyants : les enfants. La mère ne le voit même pas alors qu’elle le croise dans la même pièce et les adultes n’arrivent jamais a le voir sans passer par une cachette ou au mieux a la fin un masque ou un casque ou un caisson, il y a toujours une coupure physique visuelle. La mère quand elle le voit enfin en a une peur bleue, le grand frère Michael le recouvre d’un saint-suaire pour le protéger. Il meurt (un signe prémonitoire rappelle la fin de Ben-Hur), ressuscite, apparaît aux vrais croyants avec le suaire dans un nuage de fumée biblique, les bras en croix, il vole et il remonte au ciel comme il est venu. Je crois que c’est assez clair pour tout le monde. Là-dessus, on peut y greffer un certain nombre de symboles venus d’autres croyances (judaisme, hindouisme, islam, et même religions pré-greco-romaines, l’affiche allant jusqu’à citer la chapelle Sixtine). C’est l’histoire des histoires, celle qu’on raconte depuis l’aube des temps en modifiant quelques éléments a chaque fois. Un élu, un prophète, un dieu, un demi-dieu, homme mais plus qu’homme, faisant des miracles, se sacrifiant pour sauver les innocents et les justes, veillant du royaume des cieux sur les vivants qui attendent son éternel retour. Et c’est juste, juste assez en filigrane pour n’être ni trop lourd, ni trop pompeux. Ceux qui le voient le voient, ceux qui le voient pas le voient peut-être sans le voir mais de toute façon le symbolisme divin nous parle a tous qu’on soit croyants, athées ou scientologues, peu importe. Le film nous parle à un degré spirituel, psychologique, mystique. Il nous ramène tous en enfance et, emporté par la musique bouleversante de pur Opéra de John Williams, nous achèvent avant que la première note du générique de fin ne résonne.

C’est ça le Cinéma.

6/6

Spielberg a son plus haut niveau.

Si l’art et « la recherche du beau » sont nôtre manière de traduire nôtre rapport au divin, alors E.T. résume a lui seul ce qu’est le Cinéma, sans le moindre gramme de prosélytisme ou de ce genre de conneries.

Comme disait Belloq à propos de l’Arche d’alliance : THIS IS HISTORY.

 

A noter l’existence de 2 montages : 

pour le 20ème anniversaire, Spielberg cède à une Lucaserie et se permet de toucher à l’intouchable. Parfois ça se justifie (le vaisseau qui s’en va au début) et ça améliore vraiment le film, d’autres fois on se demande pourquoi Spielberg n’a pas gardé la scène au placard(la canette de Coca avec un E.T. en CGI soudainement vif comme l’éclair). Le plus gros changement connu reste deux plans où on voit des policiers avec des flingues remplacés digitalement par des talkies-walkies. Scénaristiquement, ça a du sens. Les flics ne veulent absolument pas tirer sur les gosses ou E.T. a ce moment-là de l’histoire et on avait jamais vu les scientifiques du gouvernement avec des armes avant, au contraire. Mais qui dit oeuvre intouchable… 

Bref il aurait du s’abstenir même si les quelques changements mineurs ne transforment ni l’or en purin, ni l’eau en vin, si j’ose dire…

 

 

 

-Carol Anne : « They’re here. »

POLTERGEIST de Tobe Hooper & Steven Spielberg - 1982

IT KNOWS WHAT SCARES YOU.

Je suis cinéphile. Je suis un cinéphile éclairé, ou du moins je me plais à le croire. Disons que, sans connaître tout sur tout, je me soigne, et on peut dire que j’en connais un bon bout (et pas un bambou) sur les carrières de Spielberg et Hooper.

Pendant des décennies, on a attribué la réussite de Poltergeist à Hooper. Vous pouvez regarder n’importe où, jamais vous ne verrez dans une fiche technique le nom de Spielberg au poste de réalisateur. Ayant considérablement contribué à une image faussée d’un Spielberg voulant trop contrôler ses prods dans les 80′s, et comme d’un showman fait de paillettes et d’artifices vains pour le grand public sans fond ni propos. Au mieux, dans les débats sur la paternité du film, on cède tout juste à Spielberg les débordements les plus « guimauves » du film (les « gentils » fantômes, j’insiste sur les guillemets), comme on peut le lire au hasard dans Mad Movies 100, où Didier Allouch (aka « le cumulard » comme disait George Marchais) fait ainsi la part des choses :

des spectres sortent de la télé : c’est du spielberg

un homme se pèle le visage et le détruit en lambeaux : Hooper

les jolies lumières blanches : spielberg

le tas de boue avec les squelettes : Hooper

Une séquence longtemps attribuée à Hooper avant d’apprendre que ces mains appartenaient à Spielberg.

C’est dire si l’image de Spielberg est vue de traviole et comment les jugements arbitraires et les préjugés l’ont emporté face à la vérité. Car c’était en fait tout le contraire.

Je suis un cinéphile éclairé. Je sais comment Spielberg compose ses plans. Je sais comment il met-en-scène. Je connais ses films par coeur, je le sais. Je sais aussi comment bosse Hooper. Alors soit on croit à la version officielle de l’Histoire (la théorie de la balle magique de JFK a côté c’est crédible) et Hooper a connu un cas extraordinaire de schizophrénie en tant que réalisateur et s’est révélé juste le temps d’un film comme un Orson Welles de la caméra pour ne retourner après qu’a des réals exactement dans la lignée de ce qu’il faisait avant sans plus jamais toucher à cette recherche du beau plan et de la profondeur de champ (ce qui n’a JAMAIS fait parti de son répértoire, quoi qu’on pense de sa filmo), soit on ne croit pas à cette version officielle et on cherche ce qui s’est passé.

Pourquoi on ne trouve pas le nom de Spielberg au poste de réal au générique alors qu’il est évident qu’il s’est pas contenté de le produire ? Et là on tombe sur un contrat passé avec Universal qui stipule formellement que pendant qu’il prépare E.T. (c’est a dire pendant le tournage de Poltergeist) il n’aura pas le droit de réaliser quoi que ce soit d’autre, c’est une condition sine qua non pour pouvoir garder le contrôle sur E.T., alors que fait Spielberg ? Il prend un homme de paille. Un Lee Harvey Oswald. Oswald, c’est Hooper. Le tireur embusqué, c’est Spielberg.

Que sait-on du tournage du film ? que Spielberg était là chaque jour de tournage. qu’il a conçu le design des séquences d’horreur. Qu’il a réalisé seul toutes les scènes avec Zelda Rubinstein. Qu’il a dirigé chaque scène avec les gosses. Que c’est lui qui a mis en scène le visage qui part en miettes (les mains qui tirent les morceaux qu’on voit, c’est SES mains). Que c’est lui qui a mis A guy named Joe dans la télé, qu’il remakera plus tard (Always). Que c’est lui qui a tourné la scène dans le tas de boue avec les squelettes, il a même du plonger dans la piscine du studio pour rassurer l’actrice qui avait peur de mourir électrocutée. Que le clown, c’est lui. Que la télé c’est lui. Que l’arbre, c’est lui. Que les acteurs ont témoigné sur le tournage que Hooper préparait les plans (ça c’est le boulot de l’assistant-réal, pas du réal) et que Spielberg faisait la direction d’acteurs et la mise-en-scène. Qu’on a un supplément sur le premier dvd zone 1 (introuvable aujourd’hui, évidemment) montrant sur le tournage Spielberg diriger une séquence de A à Z, tandis que Hooper, médusé et abattu, attend en silence sur une chaise au fond de la pièce. Les faits sont là, accablants. Mais voilà. Pour préserver Poltergeist et E.T., il fallait mentir. Il fallait qu’il renie sa paternité et qu’il l’attribue à Hooper.

Alors oui, Poltergeist est un film de Steven Spielberg. L’évidence saute d’autant plus aux yeux quand on voit E.T. a côté, sorti à une semaine d’écart. Les deux films sont si proches l’un de l’autre, que c’en est troublant. C’est la même photo, la même critique de la famille américaine(les parents fument des joints et rejettent leur appartenance sociale a la middle-class), le même genre de lotissement, le même genre de ville provinciale,   la même progression dans l’intrusion du fantastique. On a dans les deux films une gamine blonde ! Drew Barrymore avait même fait le casting pour ce film-là a la base. Ceci étant posé et démontré, passons au film.

Poltergeist est un film de maison hantée. D’abord, des phénomènes inexpliqués arrivent dans la maison. Puis, petit a petit, les « présences » se manifestent avec plus d’intensité, jusqu’à devenir ultra-violentes et kidnapper dans un entre-mondes la gamine de la famille, qui engagera une équipe de scientifiques et une médium pour tenter de la récupérer, alors que les fantômes transforment la maison en véritable théâtre des enfers. L’explication a ces phénomènes : « ils » ont construit la maison sur un ancien cimetière indien ! Les salauds !

Plongée crescendo dans le fantastique, puis l’horreur et virant même jusqu’au gore, Poltergeist est un cauchemar, de quoi enfoncer d’un coup sec la franchise entière des Freddy (qui y a pompé un nombre incalculable de ses idées, dont « la chambre rotative » du premier opus). Traitant au premier degré le genre, on est accroché, pris a la gorge dans ce train fantôme sans jamais franchir les limites de la suspension d’incrédulité, un exploit vu a quel point le film va loin.

La photo est magnifique, la réal soignée, les effets spéciaux bien utilisés, l’atmosphère travaillée, le score est un modèle (Jerry Goldsmith), on marche sur du velours ici.

Très loin de la saga pourrie des Amityville, et rappelant plutôt le Haunting de Robert Wise, mais sans toucher à la perfection filmique du Shining de Kubrick (ne comparons pas l’incomparable) le film redonne des lettres de noblesse au genre, qui en avait bien besoin.

On s’amuse, on se fait peur et on entre dans le film pour ne plus en sortir.

L’actrice avait peur de finir électrocutée a cause des éclairages sur le plateau. 

Par contre les vrais cadavres utilisés qu’on voit ici n’ont dérangé personne.

6/6

Le meilleur film de maison hantée de l’histoire du Cinéma.

 

Quelque mots a propos de la malédiction Poltergeist : 

L’équipe des effets spéciaux, soucieuse de faire des économies, a utilisé de véritables cadavres pour la scène de la boue à la fin du film. Autrement dit, ils ont fait exactement la même « erreur » que dans l’histoire du film. Une ironie très troublante quand on sait ce qui s’est passé ensuite. 

Dominic Dunne, la grande soeur, a été tuée, étranglée par son ex-petit ami, l’année de sortie du film. 

Julian Beck, le méchant du 2, est mort pendant le tournage du film. Cancer de l’estomac. 

Will Sampson, le médecin dans le 2, est mort en 87, sur une table d’opération. 

Heather O’Rourke, la petite blonde de la trilogie, était atteinte de la maladie de Crohn. Elle est morte à l’âge de 12 ans, 6 mois avant la sortie de Poltergeist III.

 

 

 

 

-John Valentine : « There’s a man on the wing of this plane ! »

TWILIGHT ZONE : THE MOVIE de John Landis, Steven Spielberg, Joe Dante et George Miller - 1983

FOUR ACCLAIMED DIRECTORS TAKE YOU INTO ANOTHER DIMENSION

A l’initiative de Landis et Spielberg, cette adaptation de la série culte de Rod Serling (que Spielberg a connu via Night Gallery), est donc un film a sketches réunissant 4 réals ayant fait leurs preuves dans le fantastique.

Le premier segment est celui de John Landis. Un raciste de la pire envergure se retrouve tour a tour dans la peau d’un juif en pleine seconde guerre mondiale, un noir poursuivi par le Ku Klux Klan et un Vietnamien pris en cible par l’armée us. Cet épisode restera dans les mémoires et l’histoire tristement célèbre pour l’accident terrible et stupide, ayant entraîné la mort de Vic Morrow et de deux enfants, décapités par un hélicoptère hors de contrôle.

Sans oublier cette tragédie, on peut souligner qu’il manque quelque chose à ce segment, même si la magie du montage rattrape le coup par une pirouette à la fin. J’admets que la mise-en-scène est solide et que la séquence des années 40 est bluffante dans sa reconstruction malgré le manque de temps et de moyens. C’est le seul segment des 4 a ne pas être un remake d’un épisode de la série d’origine.

R.I.P.

Le second segment est celui de Spielberg. remake de « Kick the can », des petits vieux redeviennent des enfants le temps d’une nuit. Métaphore évidente sur la vieillesse, la jeunesse intérieure et la magie de l’enfance, il faut bien reconnaître que Spielberg passe totalement a côté de son sujet et signe le pire segment du film. Sans aller jusqu’à la purge et plutôt inoffensif grâce à sa courte durée, le sketch trouve une résonance dans la filmo de Spielberg à cette période précise, mais il est bien dommage qu’il ait choisit un épisode d’origine déjà mièvre, mou et chiant, qu’il transcende cela dit sans aucune difficulté.

le troisième segment est celui de Joe Dante. Brillant exercice de voltige hautement casse-gueule, Dante s’attaque à l’histoire la plus difficile, celle d’un gamin omnipotent pouvant ré-écrire la réalité selon ses désirs, créant des absurdités et des visions cauchemardesques de son esprit machiavélique. Critique ouverte de l’enfant-roi (Spielberg a du adorer), ce segment offre des créations fantastiques de cartoons géniales et un univers grinçant-anar’ préfigurant les Gremlins de son auteur.

A noter le rôle de Nancy Cartwright, future interprète de Bart Simpson, qui termine ici coincée dans une télé, condamnée à vivre pour toujours dans un dessin animé. Prophétique.

Cartoon, drôle et violent : le cinéma dantesque venait de trouver sa voix

Le quatrième segment est celui de Miller. Probablement le meilleur des 4 et bien placé dans la montée progressive du fantastique du film, c’est un remake de l’épisode peut-être le plus connu (avec William Shatner) racontant l’expérience d’un homme pendant un vol, harcelé au hublot par une créature se baladant sur l’appareil que lui seul voit. Phobie de l’avion, paranoïa, pression du groupe, folie intérieure, tout y est. Miller, alors encore débutant, est le seul a parvenir a recréer véritablement l’esprit de la série d’origine.

Le tout est ficelé par un prologue et un épilogue avec Dan Aykroyd, certes un peu gadget, mais ô combien fun.

 

3/6

Qui dit film à sketches dit film inégal, d’autant que pour le coup les réals confirmés se font complètement bouffer par la génération montante de l’époque, Spielberg signant son pire travail jusqu’ici alors que Miller démontre un savoir-faire exemplaire.

On retiendra cela dit l’épouvantable accident qui a marqué la fabrication et la sortie du film, influençant forcément nôtre jugement dans une mesure que nous ne pouvons pas estimer pour des raisons évidentes.

 

 

 

在古白天瞥襪
睊上如同某物不像話
但是在眼前神知道
Anything Goes

INDIANA JONES AND THE TEMPLE OF DOOM de Steven Spielberg - 1984

IF ADVENTURE HAS A NAME… IT MUST BE INDIANA JONES

Dire qu’Indiana Jones et le Temple Maudit est un de mes films de chevet est un doux euphémisme. Aussi loin que la première diffusion télé et que puisse ma mémoire remonter, je ne crois pas qu’il se soit passé une année sans que je n’ai revu le film, éplucher chaque plan, anticiper chaque coupure du montage, connaître la partition de Williams a la note près. Il fait partie avec Gremlins et Ghostbusters (tous trois sortis en 1984, l’année de ma naissance) des films fondateurs qui ont forgé mon identité de cinéphile. Alors qu’a sa sortie le film s’était fait taper sur les doigts outre-atlantique a cause de sa violence trop dure pour les moins de 13 ans, menant à la création du PG-13, moi, a à peine 4 ans environ, je rembobinais la vhs encore et encore, revoyant le film toujours avec le même émerveillement. Ce n’est que bien plus tard, au début et au milieu des années 90, lorsque le politiquement correct avait totalement dominé l’industrie, qu’en revoyant le film, j’y re-découvrais de nouveaux trésors. Un film pour gosses où on arrache le coeur d’un homme plein cadre ? Un film du gentil Spielberg où le héros tabasse le gamin qui lui sert de side-kick ?? Un film, un blockbuster pour toute la famille montrant des types se faire déchiqueter par des crocos, d’autres broyés, d’autres brûlés vifs, des enfants battus au fouet, un colonialisme triomphant et un anti-héros cherchant « fortune et gloire » ??? Ce deuxième volet était alors un symbole de liberté créative où tout était permis. A la sortie de Schindler, le film pris un nouveau sens. Comment ne pas dresser dans la description minutieuse du camp de travail des gamins dans les mines, un parallèle avec la barbarie nazie et l’horreur des camps de travail et d’extermination… Plus tard encore, avec l’émergence d’internet, et l’ouverture de la connaissance, le film pris une épaisseur de plus. Cette fois, on pouvait y voir grâce au recul des années, la réalisation de nombreux fantasmes pour Spielberg dont l’ouverture, un numéro musical d’envergure de ceux de l’âge d’or d’Hollywood, renvoyait à celui de 1941. Aujourd’hui on voit le film comme un prototype de Tintin. Les références sont si nombreuses à l’oeuvre d’Hergé qu’on ne peut ne pas y voir de lien avec le fait que Spielberg avait tenté en vain de récupérer les droits en 83. Le Temple Maudit est donc un choix alternatif, un Tintin sans Tintin. d’autant que Lucas avait a la base en tête une histoire de dinosaures dans une vallée perdue (ça vous rappelle quelque chose ?), puis d’un château hanté en Ecosse (Spielberg lui rétorqua qu’il venait de faire Poltergeist).

Fortune et Gloire !

Un peu comme l’Empire contre-Attaque par rapport au nouvel espoir, Le Temple Maudit est une réponse sombre à l’Arche Perdue. les mythes de l’Orient (pas une scène du film en occident, dépaysement total) placent le film dans l’univers des Jules verne, Kipling, Conan Doyle, l’héritage des Serial, des deux aventures exotiques de Fritz Lang (le tigre du bengale et le tombeau hindou), de la hammer et autres Ray Harryhausen en plus. L’histoire porte sur la vaine conquête d’un pouvoir absolu (comme les autres indy), ici une secte cherchant a rassembler les 5 pierres de Sankara afin de mettre le monde sous le règne de Kali, dieu de la mort. C’est une quête spirituelle pour Indy, devant affronter un lavage de cerveau (nettoyé par un feu purificateur) et comme dans la Dernière Croisade, devra traverser un pont qui n’en est pas un comme acte de foi pour récupérer les pierres, allant jusqu’à appeler les dieux pour lui venir en aide (« vous avez trahit Shiva !« ).

Kali ma, shakthi deh !

C’est dans ce contexte dark, mystique et violent au ton serial (bien plus que les 3 autres épisodes), que l’action et l’aventure s’épanouissent. Quasiment raconté en temps réel, la narration n’offre qu’une poignée de pauses. Entre celles-çi, ça ne s’arrête jamais. L’ouverture musicale à Shangaï est directement suivie du grand bordel au club Obi-Wan (on nage en plein 1941), puis à la poursuite en voiture, puis le crash en avion, le saut de la montagne, l’arrivée dans le village. Là y’a une petite pause. On arrive au palais de Pankot à dos d’éléphant. petit dialogue Là on a le dîner dantesque. Et après ça ne s’arrêtera plus , comme une gigantesque séquence d’action ininterrompue : l’attaque dans la chambre, le passage sous-terrain, le piège de la pièce qui s’écrase, l’arrivée dans le temple, la capture, le sacrifice, la libération, les mines, la poursuite sur les rails, l’inondation et enfin le pont. C’est une aventure totale de chaque minute, une quête sans relâche, poussant a bout les héros jusqu’à leurs limites, pour ensuite les franchir et continuer avec un marathon derrière. Et il faut ajouter à ça la violence, l’humour, le délicieux phrasé des dialogues à l’ancienne, la recherche esthétique perpétuelle du plan iconique, du symbole universel dans le cadre, du jeu de lumières, du travail de la photo, du montage homérique.

Un divertissement de chaque minute, un spectacle total de chaque instant, une magie à chaque frame, le tout filmé avec la plus grande intelligence sans jamais prendre de haut son sujet, ses références ou son public. C’est le Cinéma dans toute sa splendeur.

L’Empire Contre-attaque et le Retour du Jedï mis a part, Indiana Jones et le Temple Maudit est donc le meilleur film des années 80.

Souvent imité, jamais égalé, jamais surpassé.

Fortune et Gloire !

Oh, shit.

6/6

Le plus grand film d’aventures de toute l’histoire du Cinéma.

 

 

Ciné Américain, Cinéma

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A propos de l'auteur

Descendant direct des plus grands héros de l'espèce humaine, le Marv est un aventurier au coeur d'or, dont le courage et la bravoure sont si puissants qu'ils pourraient lui faire soulever des montagnes ou des jupes par la seule force de sa pensée et dont les exploits sont si impressionants qu'ils sont vénérés jusqu'au pays du soleil couchant. Sans peur, humble et d'une modestie folle, le Marv, ce grand romantique, est un passionné. Amoureux du cinéma depuis 1895, le Marv n'a de cesse que de bouffer de la pelliculle jour et nuit quitte à en exploser. Le Marv est particulièrement féru de cinéma de genre, de tout ce qui se prête à la subversion, la culture geek, la contre culture et qui montre les tripes de son auteur. Le Marv dèteste le politiquement correct et le cynisme. Mais ce que le Marv préfere, ce sont les films qui arrivent a aligner à l'image un sens aigu de l'awesomeness, un propos philosophique, une pertinence métaphysique, des femmes nues et des grosses explosions. Vous pouvez me retrouvez sur mon forum

Une réponse to “Intégrale Steven Spielberg – Partie 2”

  1. grishka says:

    C’est marrant j’ai très longtemps préférés La Dernière Croisade au Temple Maudit, et petit à petit les rôles s’inversent :-)

    E.T. reste et restera un classique. N’est ce pas Nono ? ^^

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