Inception
Inception de Christopher Nolan – 2010
L’histoire :
Cobb est un voleur expérimenté – le meilleur qui soit dans l’art périlleux de l’extraction : sa spécialité consiste à s’approprier les secrets les plus précieux d’un individu, enfouis au plus profond de son subconscient, pendant qu’il rêve et que son esprit est particulièrement vulnérable. Très recherché pour ses talents dans l’univers trouble de l’espionnage industriel, Cobb est aussi devenu un fugitif traqué dans le monde entier qui a perdu tout ce qui lui est cher. Mais une ultime mission pourrait lui permettre de retrouver sa vie d’avant – à condition qu’il puisse accomplir l’impossible : implanter une idée dans le subconscient d’un homme.
Ça s’appelle l’inception.
THE DREAM IS REAL
Bon. L’idée de représenter les rêves au cinéma ne date pas d’hier. En prenant un peu de recul sur cette créature bizarroïde qu’est l’Histoire du Cinéma, on peut même discerner un parallèle entre l’évolution du cinéma de genre et l’utilisation du rêve au cinéma. Qu’on s’en serve comme d’un moyen ou d’une fin en soi comme prétexte esthétique, le genre et le rêve partagent le même destin en fiction. On utilise l’un comme l’autre pour atteindre le spectateur avec plus d’efficacité. Pourquoi diable croyez-vous qu’un film de super-héros sera toujours plus facile à vendre qu’un drame parisien dans un 2-pièces ? Pourquoi l’un peut dépasser le milliard de dollars de recettes et l’autre n’espérer au mieux que la reconnaissance de ses réseaux ? Ce n’est pas une question de fric ou de publicité. Pas uniquement. C’est tout simplement parce que nous vivons dans la réalité. Et que ça nous emmerde. Profondément. Nolan l’expliquait déjà très bien dans Le Prestige via le personnage de Bale. La « magie », qu’on l’appelle cinéma de genre, blockbuster ou rêve, c’est le ticket de sortie. C’est le moyen de pouvoir sortir de ce monde-là. Vous voyez, le truc, le vrai truc, c’est que le public sait. Le public sait qu’on leur ment, qu’on leur montre des CGI, des cascades, du faux. Même quand on rêve des fois on se dit « ok, je sais que je rêve ». Mais si un film ou un rêve parvient a nous faire douter, ne serait-ce que l’espace d’un instant, alors le pari est gagné. L’écran de fumée peut s’envoler mais on a gagné un voyage. Et ce sera toujours un plus beau voyage dans un vaisseau spatial ou sur le dos d’un dragon que dans une cuisine à boire un café devant le journal.
Ce que démontre donc Inception, c’est que le Cinéma partage avec le rêve une fonction stimulatrice, voire de régulation émotionnelle. La différence entre le rêve et le film, c’est que le rêve est une construction de vôtre subconscient et en dépend entièrement. Le film lui…dépend de Christopher Nolan. Les deux peuvent réaliser nos fantasmes, l’impossible, c’est leur attrait superficiel on va dire. Et ensuite, on peut décoder à l’envie ce qu’on veut bien y voir. Peut-être que ce qu’on a vu avait du sens, peut-être pas. Il est donc justifié que Nolan s’empare du sujet de la même manière que la magie dans Le Prestige : comme d’une métaphore du Cinéma. Non pas côté spectateur mais côté faiseur, avec une approche artisanale, conformément à la philosophie de Nolan. En réalisant un film, on « fabrique » du rêve. Et c’est visible dans chaque compartiment du film, de la prod design à la musique, en passant par la structure du scénario.

La gravité ? Joseph Gordon l'évite...
D’abord une partie « préparation » (disons la pré-prod, le tournage et la post-prod), puis la partie « éxécution » (disons la projection en elle-même). Le spectateur est donc Cillian Murphy. On lui mijote une illusion si complexe qu’il n’y verra que du feu et sera prêt à croire à tout ce qu’on lui dira. C’est presque sadique de la part de Nolan que la « cible », le seul méchant du film, nous représente nous, son public, les types à convaincre. Et tout est très précis. Le niveau de réalité c’est dans un avion : un transport en commun qui est
1/un voyage (comme un film)
2/où on s’endort
3/où on peut regarder un film
Ensuite on le projette dans un rêve emboîté dans un autre, sur 4 niveaux différents. Le 1er niveau est le plus réaliste, le plus proche de la réalité. Ici pas de changement de gravité ou de méga-scène d’action. Un train en pleine rue nous rappelle qu’on est dans un rêve, mais pour le reste, on se croirait dans une course-poursuite signée Michael Mann. Disons avec quelques gros raccourcis… Heat sous la pluie. et tout y est. le gunfight urbain, la poursuite en bagnole, les dialogues de purs braqueurs (« on était pas préparés ! »). Ensuite, on atterrit à l’hôtel. Et ces allers-retours dans le couloir suivant les aléas d’une gravité dilettante, avec des mecs costumés qui se tirent dessus : ça vous rappelle pas Matrix ? Le Troisième niveau de rêve va encore plus loin dans le symbolisme : on est en plein milieu de l’attaque de la base d’Au Service Secret de sa Majesté! Qu’on considère le Lazenby comme le plus Nolanien des bonds ou le Nolan comme le plus bondien de ses films, qu’importe. Tout ça va bien au-delà de la simple référence. On est pas dans le subconscient des personnages du film. On navigue dans le subconscient de Nolan, lui-même. Ses souvenirs, ses films préférés, ses codes, ses icônes, ses thèmes, on est dans sa tête ! Et là on est comme Cillian Murphy, on nous fait croire que c’est nous les extracteurs de rêve qui allons dans le rêve d’un tiers. Alors que c’est nôtre inconscient qu’il alimente, jusqu’aux limbes. Ici, c’est un monde post-apo, qui ressemble à beaucoup d’autres mondes post-apo. Une mégapolis décharnée, ville fantôme, à l’architecture absurde et aux proportions infinies. Un désert d’immeubles. Si ça, c’est pas le fin fond de la psyché de Nolan, alors j’y connais rien.
Vous voyez, il fallait un vrai cinéphile pour réaliser un tel film. Des critiques ont parlé d’un maelström de jeux-videos, non. Les rêves de Nolan invoquent les films préférés de Nolan et ce qui leur inspirent. Il manquait juste du Kubrick et Blade Runner, mais même là, on pourrait encore trouver de quoi faire des liens (la toupie répond aux origami de Blade Runner, par exemple).
Parce que le film raconte une histoire, de la métatextualité, parle du Cinéma, parle de Nolan en tant que personne, mais pas seulement. C’est la somme de tous ses films qu’on voit là. J’ai déjà parlé du Prestige, mais revenons à la source : Following parlait d’un voleur. Memento, un type à la poursuite d’une rédemption par la recherche de ses souvenirs. Insomnia (un remake !) parle d’un mec qui ne peut pas dormir et finit par rêver éveillé ! Batman Begins (avec Caine, Watanabe et Murphy, tous trois dans Inception) parle de méchants manipulant le héros par des illusions instillés par psychotropes. The Dark Knight est un film-somme sur l’idée de Chaos. Toujours un héros hanté par son passé. Toujours un fantôme dans le placard. Toujours une mort sur la conscience. Toujours une rédemption par l’action. Toujours un allié déçu ou trahit. Toujours des flashbacks. Toujours une illusion, un rêve qui casse la quête du héros ou change dramatiquement sa trajectoire.
Bon ok. Il a pas fait beaucoup de films. Mais quelle cohérence ! Quelle maturité en si peu de temps ! Voyez le travail accompli pour tisser une telle toile d’intrigues pour pouvoir nous amener à son projet-rêve qu’il traînait depuis 10 ans. C’est pas pour rien. Tout aboutit à Inception. C’est l’accomplissement ultime, le travail d’une vie, d’arriver à une histoire pareille, à un film pareil.

Est-ce qu'on regarde vraiment attentivement la toupie parce que Nolan force nôtre regard sur elle ou parce que nous voulons douter ?
Et c’est bien humble de la part de Nolan de rendre un hommage, direct ou indirect, à Matrix. Parce que ce film nous aura « dépucelés » mentalement (à l’échelle du grand public mondial j’entends, pas les « conoisseurs » comme ils disent là-bas) et préparés au matos de Nolan. Et tout reste clair, évident. Tout coule de source. Les règles sont limpides. Le totem, les limbes, la dilatation du temps. Regardez à ce propos à quel point le boulot sur le montage, la musique et le bruitage vont loin et sont indissociables. Regardez comment ce fourbe de Hans Zimmer se sert du je ne regrette rien de Piaf, et étend le premier « non », à des degrés différents, les mêlent à la b-o, change leur vitesse, et les garde en fond, presque impossible à déceler à l’oreille nue du premier coup. Tout est logique. Tout est cohérent. Tout a du sens. Et pourtant c’est pas une histoire à la con dont on parle là. On parle d’un scénar qui demande, qui exige une implication du spectateur. Il demande une participation comme un rêve le fait. Ou comme un tour de magie. On reste concentrés, on regarde bien. Et il le mérite parce qu’il s’élève au-dessus de cette masse insupportable de films gonzos qu’on a en ce moment. Enfin un film, un vrai film de genre, un vrai blockbuster, un vrai pur de dur d’Hollywood qui déborde de fric… et qui nous demande de réfléchir. Sérieusement. Pour être divertis en faisant de la gym avec nos neurones. 5 niveaux de réalités s’entremêlent. Tout en scènes d’action ininterrompues. Sur 1h30. Plus les flashbacks. Plus les digressions des rêveurs. C’est un miracle que ça tienne debout. Et sans passer par des effets faciles. Contrairement à d’autres, vous ne verrez pas dans Inception d’effets gadgets à la con, ou de transitions en CGI ou même un seul putain de fondu ! Que du cut ! La force par le montage, le surréalisme par la réal et l’impossible et uniquement l’impossible par l’ordinateur pour raconter l’histoire.
Alors je pourrais parler pendant des heures du cast formidable, de la prod design si précise, de la b-o hyper-travaillée, ou même des interprétations superflues qu’on pourrait faire du film (alors que chaque clef est donnée), mais la force du film se tient dans sa réalisation.
Une manière old school de faire des films, comme on faisait les bonds autrefois. Avec de vrais mecs, sur le tournage, avec l’effet réel, la vraie explosion, la vraie cascade. En voulant chercher du sens au plan, à la composition du cadre, aux images mentales que provoque tel mouvement de caméra ou tel raccord, Nolan fait ce que presque plus personne n’ose faire à cette échelle : son job. On pourra reprocher du coup que les rêves de Nolan sont avares en errements surréalistes, mais c’est l’histoire du film qui l’exige, et quand bien même tout cela reste emprunt d’une logique créatrice assez poétique : le Cinéma rêve de Cinéma.
N’est-ce pas merveilleux ?
6/6
L’art n’imite pas la réalité. La réalité imite l’art, l’art imite le rêve et le rêve imite la réalité.
Je pensais que Nolan n’arriverait jamais à égaler son niveau sur Dark Knight. Je me gourais, il l’a surpassé et livré le film de sa vie en même temps que le premier grand classique instantané de sa décennie.
Et si il a pu convaincre une seule personne que cette foutue toupie puisse encore tourner après le dernier plan, c’est qu’il a gagné son pari.

Inception, ou ma grosse baffe ciné de l’année.
Salle pleine a craquer pour une séance VO, réaction unanime du publique aux moments forts du film, applaudissement à la fin… Et si le vrai luxe, c’était Nolan ?
Inutile de plaider pour la qualité de tel ou tel aspet du film, ici c’est un tout indiscociable, une oeuvre entière totalement travaillée, pensée, maitrisée. Et c’est absolument génial.
Avec The Prestige ( http://www.blog-bazar.com/the-prestige/ ), je trouvais que Nolan avait déjà fait un film fantastique sur le cinéma lui-même, et le rapport au spectateur.
Comme tu l’as dit, on ne s’attendait pas forcément à ce qu’il fasse mieux que The Dark Knight, et pourtant il l’a fait : un film sur les films, sur le cinéma, sur lui. Il a mis ses trippes dans ce film, et ça ce sent tout de suite. Nolan faisait parti de mes réalisateurs préférés depuis THe Prestige, et ce n’est pas prêt de changer.
A noter pour le fun, que Inception à fait une entrée fracassante dans le top 250 de IMDB, puisqu’en quelques jours il s’est classé 3ème du classement, ex-ecquo avec les deux premiers. Instantanément culte, classique, il restera parmis les meilleurs films que j’ai vu.
Maintenant je serais quand même intéréssé d’avoir ta théorie sur le film, la toupie, et tout le reste ^^
Pour ma part, je pense que la toupie tombe… mais que c’est un rêve. C’est ce qui me parait le plus logique.
ma théorie : tout est vrai, Nolan ne nous prend pas pour un con, à la fin il est dans la réalité. la toupie tombe (on la voit un poil tanguer et a la fin y’a un bruitage qui le sous-entend).
parce que si la fin est un rêve alors tout ce qui est sensé être la réalité aussi et du coup l’histoire n’est qu’un vague fantasme sans fond.
donc…la toupie tombe..c’est la réalité. il nous pose des règles et il les respectent jusqu’au dernier plan.
après Nolan est pas con, il a laissé de quoi nous faire douter mais comme pour le prestige ou blade runner, pour moi y’a pas à sur-interpréter. c’est des clones de wolverine, han solo est un des robots et leo s’est réveillé dans la réalité.
Bin dans mon idée de la toupie tombe mais il rêve, y’a pas de contournement des règles. je part juste du principe qu’il (ou quelqu’un d’autre, mais je vois plutôt lui) c’est, d’une certaine façon, fait sa propre inception.
La toupie est amenée par Mall, (un objet qu’elle a touché donc, ainsi que Saito à la fin. Cobb s’en sert pour amener doucement l’idée qu’ils sont dans un rêve en partant du postulat que si la toupie tourne éternellement, presque immobile, alors c’est forcément un rêve.
Bon. Ensuite, on voit le personnage de Mall (qui n’est qu’une projection de son esprit) tenter de le convaincre que le rêve est la réalité. Tout comme l’inconscient de Fischer se révélait lui même via la projection de Browning qu’il l’avait trahit.
Alors pourquoi rêve-t-il à la fin selon moi ? Parce qu’il à échoué avec Saito (soit il est remonté seul, soit aucun), et que son rêve le plus cher est de revoir ses enfants. Et que si il le rêve, le seule moyen de croire que c’est la réalité est de le faire douter, d’avoir dans sa tête l’idée que si la toupie tombe… c’est la réalité. Comme la toupie est un objet du rêve, elle est influencée par l’inconscient de Cobb. Alors oui la toupie tourne, oui elle tressaute. Et c’est tressautement c’est Coob, c’est son inconscient qui dit : je ne veux pas qu’elle tourne, je veux qu’elle tombe, je veux y croire à cette parcelle de rêve, parce qu’elle vaut autant que la réalité.
Quand ils se réveillent dans l’avion, personne n’à le bracelet au poignet qui est relié à la machine.
Sans oublier non plus que la pièce est identique à l’objet prêt (sauf erreur) et que la posture et les vêtements des enfants sont les mêmes.
Le bruit de la toupie qui tombe plus tard + la musique de Piaf pour se réveiller… Mais étant dans le générique, on ne sait pas si Cobb sort ou reste.
Dans tous les cas, je le revoit ce soir, et je serais attentif. Je me souvient d’un personnage de Nolan demandant à juste raison : « Are you looking closely ? »
Oh oui.
S’inspirer une idée soit même via son inconscient… c’est beau !
Je pensais aussi, la musique dans le générique + le bruit est un message de Nolan au spectateur, un vrai dialogue entre le réalisateur qui dit, selon les règles qu’il a édicté, que c’est la fin du rêve (film) et qu’il faut se réveiller. Retour à la réalité, c’était un rêve, un beau rêve, son rêve. A nous de choisir d’y croire ou non. Pfff, quand je pense que sur les mêmes thématiques The Prestige m’avait déjà bluffé, là je suis atomisé.
Je pense à un truc : le dernier dialogue entre Cobb et Saïto reprend mot pour mot une phrase de Cobb, qui promet à Saïto de le ramener dans la réalité : où ils seront à nouveau jeunes tous les deux. Lors de la scène de retrouvaille dans les limbes, chacun d’eux rapporte un mot de cette même phrase, comme un souvenir reconstruit à deux d’une idée ancienne mais toujours présente dans le subconscient de chacun.
On a exactement le même procédé entre Cobb et Mall (« tu attends un train… »), même phrase répétée plusieurs fois dans le film, qui s’avère être l’idée implantée par Cobb dans l’esprit de sa femme.
Par contre pour le cas Cobb/Saïto, on peut se demander dans quel personnage l’idée s’implante : Cobb, Saïto ou les deux…
je suis pas sûr que leur dernier dialogue soit une inception…
ça peut juste être comme tu dis, un souvenir reconstruit à deux pour sortir ensemble des limbes, ce qui au passage réfute la théorie du rêve, parce que si Saito se souvient qu’il rêve, et il le fait, y’a aucune raison pour que l’un ou l’autre sortent pas des limbes et du coup du rêve.
non mais faut arrêter avec la musique dans le générique.
la musique dans le générique c’est le morceau »waiting for a train », que vous entendez déjà pendant le film.
le générique est dissocié du film, il ne fait que reprendre les plus gros thèmes de zimmer et la chanson de piaf est incrustée à sa soundtrack, donc il peut pas l’enlever.
alors pourquoi se faire chier à nous raconter l’histoire de fischer ?
si c’est juste cobb qui fait mumuse avec lui-même, y’a aucune raison de nous montrer l’histoire de fischer. et y’a du coup aucun enjeu ni aucune tension. Et c’est évident que c’est pas ce que démontre Nolan.
C’est dit explicitement dans les règles : si tu traîne trop longtemps dans le rêve, tu finis plein de regrets.
à la fin il a aucun regret : il a gagné et il a ses gosses.
quand ils se réveillent dans l’avion y’a plus de machine évidemment pour pas que fischer se rende compte de la supercherie, sinon tout foire. ils l’ont caché avant que fischer se réveille, tout simplement.
et ça tient pas debout.
parce que ça voudrait dire que le début aussi est un rêve. et que cobb rêve de souvenirs qui ne lui appartiennent pas.
si c’est l’inconscient de cobb, on devrait toujours rester avec cobb, dans chaque scène. le combat de llevit dans le couloir de l’hôtel ne peut pas avoir lieu si c’est uniquement le rêve de cobb.
ou alors tu veux dire que seulement la fin, la toute fin est un rêve ?
ce serait en contradiction avec ce qui a été dit pendant tout le film. cobb, sa vie est pleine de regrets, de blocages psychologiques et tout le bordel. si il arrive a dépasser ça, c’est parce qu’il « gagne » et qu’il sort du rêve.
La toupie n’est pas le totem de Cobb alors impossible de déterminer à l’aide de cette toupie si c’est un rêve ou non…Le totem de Cobb c’est son alliance de mariage… Portez attention à ce détail tout au long du film et vous verrez… En rêve il la porte mais pas dans la réalité
The Prestige était génial, The Dark Knight excellent… Inception est tout simplement énormissime !
Pour la petite théorie : le totem ayant été celui de sa femme au départ, ne peut-il pas être corrompu ?
Autre chose qui peut faire douter le spectateur : la réitération tu thème de Piaf en fin de générique, qui induit la sortie du rêve.
Une théorie qui me plait beaucoup, celle de Damon Lindelof (l’un des créateurs de Lost) : « Il y a une TROISIÈME possibilité : la toupie ne s’arrête… ni ne continue de tourner. L’histoire s’est achevée avant que l’une ou l’autre des situations ait pu se produire. »
http://www.allocine.fr/article/fichearticle_gen_carticle=18596408.html
Ca y’est je suis lancé dans les commentaires, tout seul comme un grand !
Je pensais à l’instant : le cheminement de Cobb est pratiquement identique à celui de Fischer. Un trauma familial passé, qui va servir de levier pour que l’inconscient, via une projection, se révèle lui-même un élément instable, qui fait douter. Jusqu’à la catharsis (retrouvailles Fischer / père et Cobb / enfants) dont la puissance est proportionnelle au trauma. Et c’est à cet instant, à cette libération émotionnelle que tout ce joue, que l’idée prend racine, que l’esprit à le plus de facilité à douter, et à accepter l’idée naissante.
Je sens que dans 1 ans on pourra encore approfondir le sujet avec ce film !
la catharsis de cobb c’est pas ses gosses.
si celle de fischer c’est celle qui pardonne son père, alors celle de cobb c’est celle qui accepte la mort de mall et va de l’avant. et il le fait dans les limbes. pour après sauver saito.
ce qui une fois de plus, tend à démontrer que la fin est la réalité.
autre chose : y’a pas un seul rêve du film, pas un seul, qui ne présente pas un élément « impossible », un truc qui ne peut arriver que dans les rêves. quelque soit la perfection de l’architecture du rêve, y’a toujours toujours toujours un truc qui cloche.
et à la fin y’a rien d’impossible.
et si on prend insomnia, de nolan, même si c’est un remake, on voit que c’est un film qui prend la trajectoire inverse. et pour que le miroir soit complet, cobb doit se réveiller à la fin du film, sinon Nolan perd la cohérence de sa filmo…
Pour l’avoir revu hier, effectivement le dernier dialogue n’est pas une inception, mais le souvenir partagé d’une promesse que les deux se sont faite : revenir ensemble des limbes.
Pour Cobb, la catharsis est de se pardonner la mort de Mall ET réaliser son rêve : rentrer chez lui. L’un n’est pas dissociable de l’autre.
Le fait qu’il parvienne à accepter la mort de Mall ne démontre pas que la fin est la réalité. Juste qu’il a les moyens de l’atteindre. Il part ensuite pour sauver Saito c’est un fait. On ne sait pas ce qui se passe au moment ou Saito prend son arme…
Quand on revient dans l’avion et jusqu’à la fin du film, l’unique point de vue présenté est celui de Cobb, c’est un peu comme si on se retrouvait dans son subconscient. Le fait de ne rien voir qui « cloche » n’est pas à mon sens une preuve qu’il soit dans la réalité.
Le positif supplentant toujours le négatif, on voit ici un Cobb ravi de se voir dans la situation dans laquelle il se trouve : il rentre chez lui.
Le doute subsiste quand à un rêve ou la réalité. Il lance la toupie, mais son subconscient refuse de noter toute anomalie susceptible de briser… le rêve ?
si Nolan l’a tourné comme ça c’est uniquement a cause du plan final de blade runner qui l’a traumatisé…
et dit comme ça on peut douter.
mais n’empêche qu’il y’a aussi la bague. quand cobb porte la bague, on est dans le rêve, quand il ne l’a pas, c’est la réalité. il ne la porte pas à la fin. et c’est pas explicite justement pour laisser douter ceux qui veulent douter et donner la réponse de Nolan à ceux qui veulent la voir.
Sauf si on considère que ça répond précisément au fait qu’il l’ai enfin laissé partir. M’enfin quoi qu’il arrive, je l’aime bien cette fin moi, à la fois simple, et terriblement ouverte.
Et je me prend légèrement à rêver voir Nolan réaliser un Bond ^^
Pas vu le coup de la bague
Faut que je le revois
CE FILM EST GENIAL, RIEN A DIRE, IL FAUT JUSTE LE VOIR;;
ouais si il fait pas un bond officiel ce serait un putain de gâchis…
Bon, je l’ai vu et j’ai passé un très bon moment. Mais, j’ai tout de même quelques sérieuses réserves. ATTENTION SPOILER :
1) J’ai trouvé le film assez linéaire pour un délire sur les rêves. Si le casting (fantastique) n’était pas là pour épicer la sauce, je pense que j’aurais eu du mal à accrocher. Dans le délire je t’embrouille avec la réalité et l’imaginaire, Mulholland Drive de D. Lynch est beaucoup plus convaincant (un peu comme Dark city remettait Matrix au rang de Gay Movie sans ses effets spéciaux). Tapez pas, c’est mon avis. Je vois pas comment on aurait pu faire mieux, amis bon…
2) Quelques concepts ont été sous exploités comme Paris plié en 4 ou les paradoxes. Le premier pouvait prétendre servir de cadre unique à un long métrage, le second failli à retarnscrire ce qu’Escher arrive à faire sur une bête lithographie en noir et blanc…
3) En bon fan de mangas, j’ai été outré de voir que le monde crulant de Cobb était on ne peut plus plagié graphiquement du chef d’oeuvre d’Otomo Katsuhiro, Akira. Pour ceux qui connaissent, comparez la ville détruite à Neo-Tokyo dans le manga…vous verrez…
Bref, voilà pour les bémols. Sinon, j’ai passé un excellent moment, j’ai adore la scène du couloir de l’hotel (ce qui me rend encore plus acerbe par rapprot au traitement des paradoxes), Di caprio et ses amis donnent remarquablement le change et le scénario, malgré tout, m’a laissé songeur en sortant de la salle… Pour moi il rêve tout le long ^^ et la petite, cest lui…
C’est pas parcequ’on parle de rêve qu’il faut automatiquement partir dans les mêmes délires. Contrairement à Mulholland Drive, Inception est un film d’action. Je trouve que l’approche de Nolan n’à rien à envier à Lynch. Certes c’est différent. Moins « délirant », mais les images et les scènes n’en sont pas moins puissantes. Sans compter que le délire est ici plus accessible au grand public que les idées et Lynch.
Le Paris plié n’est là que pour illustrer des possibilité (Et c’est beau faut reconnaitre). Et Nolan à l’intelligence de ne pas se reposer sur des artifices aussi peu subtil pour nous enmener dans son monde.
Nolan aime les effets réels, les vraies explosion… Très peu d’utilisation d’effets spéciaux numérique. Une réalisation précise, des images puissantes… mais peu d’artifices inutiles. Les paradoxes sont un bonus au film, une autre illustration des possibilités. En placer d’autres aussi visibles reviendrait à tomber dans la facilité.
Pour la reprise d’Akira je saurais pas dire, mais bon une ville détruite est une ville détruite… D’autre part la frontière entre référence plagiat est mince ; et on ne sait pas si Nolan s’en est réellement inspiré, ou s’il s’agit juste d’une coincidence.
Souvenons nous de ces paroles sorties d’un précédent film de Nolan : The Prestige
« You never understood, why we did this. The audience knows the truth: the world is simple. It’s miserable, solid all the way through. But if you could fool them, even for a second, then you can make them wonder, and then you… then you got to see something really special… you really don’t know?… it was… it was the look on their faces… «
Je suis d’accord sur le fond, Grish, mais Nolan ou pas, le film m’a laissé sur ma faim sur deux trois petites choses (c’est une impression que la raison ne rejoint pas ^^), même si encore une fois, j’ai passé un très bon moment. Et l’impression persistante à froid, c’est que c’est le très bon casting qui m’a principalement fait avaler la pillule. Le reste m’a bien plu, sans pour autant me mettre une claque (si ce n’est cette magnifique scene du couloir qui est tout bonnment extraordinaire).
Pour Akira (qui n’est qu’un détail), la ressemblance est vraiment frappante, tant sur l’architecture de la ville, que sur les plans utilisés. Mais bon, ya pas de mal à se faire du bien…
ouais, t’accroches pas au style de Nolan, quoi.
Si t’a préféré Dark City à Matrix, c’est tout a fait logique.
haha, j’aime tes petits commentaires. « La gravité ? Joseph Gordon l’évite… »
Pas le temps de lire ta critique en entier, ( philo à réviser/apprendre), mais je repasserais à coup sûr.
sympa ton analyse ^^
Petite erreur peut être « Sur 1h30″ -> le film dure 2h28
Ma critique demain
pas d’erreur de ma part, je parle de l’heure et demie de braquage : 1 h de préparation, 1h30 en action.
cela dit, mon analyse était un peu débile et limitée, nolan a rejeté en partie cette lecture et a précisé qu’il fallait plus rapprocher inception d’une évocation inconsciente du cinéma en général et qu’a part le film de braquage, matrix et au service secret de sa majesté, aucun film n’avait vraiment influencé la conception du film, même si il admet que kubrick et blade runner restent ses valeurs sûres et que çase ressent dans ses méthodes et ses effets de style.
donc une fois deplus, un film bien plus cinéphile et complexe qu’on aurait pu le croire. et je suis sûr qu’on en fera des centaines d’analyses diffèrentes avec le temps passant et ce sera marrant de voir ce qu’en dira la prochaine génération de spectateurs, celle qui a 10-15 ans en ce moment.
Sympa ta critique, pour ceux qui veulent là lire : http://chezlaventurierdesreves.over-blog.com/article-inception-68544967.html
Je me suis permis de mettre un lien vers ton site en bas du notre ! A bientôt ^^