Half-Life

mai 29, 2010 3 commentaires de

Half-Life — Valve software — 1998

Le monde des jeux vidéo évolue vite, très vite. Cette évolution, de plus en plus diversifiée, prend généralement deux orientations : les évolutions techniques (plus nombreuses) et les évolutions de gameplay (plus rares, mais indispensables). Certains jeux, parfois, arrivent à faire les deux à la fois. Souvent récompensés par un succès critique (mais pas nécessairement commercial), ils marquent les joueurs et leur époque, et instaurent un nouveau « niveau » dans la qualité et le loisir, auxquels les autres jeux devront se mesurer. La saga Half-Life fait partie de ces jeux.

Run, Think, Shoot, Survive...

Un peu de contexte

Nous sommes en 1998. Les FPS (First Person Shooter/jeux d’actions à la première personne) sont des jeux relativement cantonnés à l’univers PC. Le genre a vu le jour avec deux jeux mythiques : Wolfenstein et Doom. Novateurs, ce sont eux qui sont à l’origine d’une des plus grandes lignées de jeux existantes.
Tous deux créés par ID Software, on y croisait au choix des nazis ou des monstres qu’il fallait bien sûr éradiquer, en parcourant des niveaux en 3D magnifiques, avec une difficulté croissante. Oui, vous avez bien lu : magnifique. Je me souviens moi quand j’ai découvert Doom, j’étais fasciné par la technique mise en oeuvre, les textures et autres bidules clignotants. Bon aujourd’hui on aurait bien du mal à déterminer des textures de quoi, tant cela ressemble a de grand truc flou, mais à l’époque il y avait du talent dans ce flou.

Par la suite, de nombreux développeurs se sont essayés au genre, avec plus ou moins de succès. La formule était simple, efficace. Tout doucement, on a commencé à enjoliver le tout, avec une technique plus pointue, des idées sympathiques… Mais si certains sortaient du lot, passé les premiers « wooaaaa c’est beau » il n’y avait rien de bien folichon a ce mettre sous la dent.

« Eat this, you outer-space octopus ! »

Et voilà qu’arrive dont ne sait trop où les petits gars de Valve Software. Créer en 1996, ils se sont mis en tête de faire mieux que tout le monde, comme ça, pour le fun. Leur premier jeu se nomme Half-Life et la simple évocation de son nom suffit à remémorer une foule de souvenirs chez la plupart des gamers. Quant à ceux qui n’y ont pas joué, qui on découvert les jeux plus tard et le regarde comme un vestige d’une époque ou avait même pas 1 go de ram dans nos machines, et bien ceux-là ne se rendent pas compte de qu’ils doivent à Half-Life. Si, si.

« I’d like to get my hands on the guy responsible for this mess »

In the Pied de Biche we trust !

Dans Half-Life, le joueur incarne Gordon Freeman, scientifique diplômé du MIT, qui a récemment obtenu un poste dans le centre de recherche Black Mesa. Affecté au département de recherche sur les matériaux anormaux, il passe donc ses journées à faire des tests divers, dans sa combinaison de protection. Le jeu commence un matin comme un autre, par l’arrivée de notre héros sur son lieu de travail.

Première claque : c’est beau. Non attendez. C’est SUPER beau (en 1998 oui et alors ?). Les développeurs se sont amusés à reprendre le moteur de Quake 2 (déjà pas mauvais pour l’époque), pour le démonter puis le remonter à leur sauce, en l’améliorant autant que faire ce peu. Et le résultat est juste génial. Les textures sont bien foutues, les lumières travaillées autant que possible avec les moyens disponibles. Mais la prouesse technique est servie par un game design de folie ! Les niveaux sont des petites merveilles d’architectures et de beautés, qui tendent vers un seul objectif : l’immersion. Les différentes ambiances sont génialement retranscrites, on s’y croirait. De fait, l’arrivée de Gordon dans Black-Mesa est un petit moment de bonheur à lui tout seul. Le joueur est dans une rame de tramway (le centre est gigantesque, on s’y déplace plus facilement avec ces engins) qui se dirige doucement vers son département. Circulant en intérieur autant qu’en extérieur, le joueur pourra voir depuis sa rame tout le petit monde du centre s’activer, chacun à son affaire. Ici des scientifiques qui prennent une pause devant une machine à café, ou un garde qui mène un petit convoi de chargement vers une autre zone ; là des laboratoires étranges, ou encore des robots utilitaires réparant une conduite de produit toxique. Certains vous disent bonjour, d’autres sont trop occupés. On sent ici une surutilisation des scripts (petits évènements ou animations qui se déclenchent au passage du joueur) L’ambiance sonore est une vraie réussite elle aussi. Chaque bruitage, aussi bien pour les personnages que pour les décors, semble naturel. La localisation marche aussi à merveille, que ce soit sur un système stéréo ou 5.1.

Laaaaa-pin ? ah non...

Arrivé à bon port, on attendra quelques secondes qu’un agent de sécurité paresseux vienne vous ouvrir, puis on pourra partir à la découverte du département de recherches de matériaux anormaux. Ambiance toujours aussi soignée : vos collègues mènent leur vie, réagissent aux petits évènements autour d’eux et vous saluent au passage (ne manquant pas de vous faire remarquer votre retard). Un petit détour par les vestiaires pour récupérer la célèbre combinaison de protection orange, et zou, direction le labo ou un trio de scientifique nous attendent pour parler rapidement de la première expérience du jour.

L’environnement au service du jeu, et non pas comme simple cadre de l’action.

Expérience qui bien entendu tournera mal, puisqu’à peine aura le joueur aura-t-il poussé l’échantillon dans le rayon d’analyse, que l’apocalypse se déchainera littéralement sur Black-Mesa.

« I killed twelve dumbass scientists and not one of ‘hem fought back. This sucks »

"Oh, great, I have to work. I'm always working when the world ends"

Sans trop en dévoiler, l’expérience ouvrira malencontreusement des portails vers le monde de Xen, où sévit une entité mystérieuse qui asservit les peuples qu’elle rencontre. Ses aliens (tous plus laids les uns les que les autres, dur la vie) sont donc envoyés par ses portails pour vous tuer. Youpi.

Gordon se réveille donc une salle de test en ruine. Arrivant à en sortir, il croise un scientifique occupé à essayer de réanimer un garde. Quelques dizaines de mètres plus loin, première rencontre avec un petit alien sans arme.

Comme si cela ne suffisait pas, le gouvernement, toujours sur la brèche, envoie sur place ses meilleurs commandos de l’armée, non pas pour sauver vos fesses, mais pour nettoyer les lieux et étouffer l’affaire. On se retrouve donc avec un gigantesque complexe scientifique où trois camps se livrent à un jeu de survie bien compliqué. D’un côté Gordon (armé de son fidèle pied de biche et d’une dizaine d’autres armes) avec l’aide des scientifiques et gardes restants de Black Mesa tentera de s’en sortir, et de trouver un moyen de mettre un terme à tout ça. Viennent ensuite les aliens : objectif simple, s’établir, tuer tout le monde et profiter d’une nouvelle planète comme terrain de jeu. Puis les militaires (avec tanks, hélicos et Black Ops en prime) pour nettoyer le tout et ne laisser aucun témoin.

Prenons la définition première du FPS : tirer. Et accessoirement tirer sur tout ce qui bouge, et semble hostile de près ou de loin. Et bien les développeurs de Valve se sont intelligemment dit : on va faire mieux (comme quoi il ne faut pas grand-chose, hein ?).

Dans Half-Life, le joueur va devoir parcourir Black-Mesa en long et en large, et il va durant son petit voyage se retrouver face à des situations toutes plus fun les unes que les autres. Alternant les phases d’actions avec des passages plus orientés plateforme, le rythme du jeu de faiblit pas. Et attention il n’est pas question ici de gonfler artificiellement la durée de vie du titre : pas d’aller-retour incessant dans décors qu’on connait par coeur, pas de situation reproduite sur toute la longueur du jeu : chaque niveau, chaque scène d’action, chaque puzzle est unique. Qu’il s’agisse de trouver le moyen d’électrocuter un monstre qui semble invincible, ou de piloter un transport sur rail dans les souterrains, il y en a pour tous les gouts.

Et pour ajouter au fun, on nous sert l’intelligence artificielle la plus poussée de l’époque. Alors déjà il n’est pas simple de se retrouver dans une salle pleine de militaires qui essayent de nous canarder, mais en plus ils essayent de le faire intelligemment ! C’est dans Half-Life qu’on a vu les premiers ennemis se mettre à couvert pour recharger leurs armes pendant que les camarades les couvrent, se cacher derrière les objets, fuir les grenades tout en essayant de déloger le joueur avec les leurs… les aliens ont des comportements plus primitifs, mais savent aussi fuir et se cacher quand la situation devient critique. C’est simplement du jamais vu, tout habituer qu’on était à l’époque de faire face à des tas de pixels qui tirent a vue sans ce soucier du reste. Les situations auxquelles le joueur se retrouve confronté prennent une tout autre dimension.

I've a bad feeling about this...

« Do you think there’s a cold beer for us at the end of all this? »

Half-Life est un chef-d’oeuvre. Rien de moins. Reprenant avec brio les bases d’un genre établit par d’autres, il à su apporter quantité d’innovation, qui, associées au talent des développeurs, l’a propulsé au rang succès mondial, aussi bien critique que commercial (plus de 8 millions d’exemplaires vendus, accessible aujourd’hui a bas prix sur la plateforme STEAM). Aujourd’hui encore, 12 ans après, j’y rejoue avec le même plaisir. Et c’est en y rejouant que je constate toujours avec la même fascination à quel point tous les jeux qui ont suivis ont repris quelque chose d’Half-Life, ont suivi ses traces.

Il faudra attendre six année avant de voir débarqué la suite, je vous en parle bientôt.

Un peu de rab’ ?

Depuis 2004, une talentueuse équipe de développeur amateurs se sont mis en tête de créer un gros mod pour Half-Life 2, nommé Black Mesa Source. Le but est tout simple : prendre le premier Half-Life dans son intégralité, et le refaire, en mieux, avec le moteur de sa suite. Les visuels parlent d’eux-même, se sera une véritable redécouverte, même pour les fan les plus chevronnés. Voilà quelques images et le trailer. Date de sortie inconnue, surement quand il sera fini ^^.

En haut à droite le niveau original

En haut à droite le niveau original

Jeux, PC

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A propos de l'auteur

Grishka level 4, multi-classé cinéma / informatique / jeux, compétence en Blog-Bazar +1, mac addict. Fan de tout un tas de truc, et quelques autres, je me fais une joie de partager tout ça avec vous dés que mon emploi du temps furtif le permet, autant dire pas tous les jours. Mais un jour le Blog-Bazar dominera le monde ! Vous pouvez me retrouver sur mon blog perso

3 réponses to “Half-Life”

  1. fylyp82 says:

    AAAAH HALf-LIFE et Counter… Mon pseudo, c’était SNP (comme relaté dans le post sur Diablo), mais j’avais une équipe composé de Carpediem, Guestapo et Mortiis, dans le network d’Adonis (Kerserouan, Liban). Pardonnez les surnoms, mais on était jeunes…

    J’adorais faire des multi sur half-life dans le cyber du coin. Avec Guestapo, on se mettait d’accord sur les couleurs de nos persos pour se reconnaître sur les maps. Notre préférée : celle où y avait la bombe nucléaire. Nos armes préférées : la mitrailleuse qui avait un petit (tout est relatif) lance-grenade et la « barre de faire » ! Deux Must !

    J’aimais bcp ce jeu car contrairement à Counter, il n’était pas trop possible de jouer au sniper du dimanche tellement c’était l’anarchie (les joies du tout le monde contre tout le monde)…

    Bref, merci Grishka, de m’avoir réveillé de vieux souvenirs (j’en ai les larmes aux yeux…)

  2. Grishka says:

    Je l’ai re-fini il y a une semaine… Toujours grand ! Certes la techniques pique les yeux par moments, mais quel fun !
    Contrairement à toi j’ai toujours jouer a Half-Life en solo, j’ai quasiment jamais testé la partie multijoueur. Déjà y’avait counter-strike et team fortress pour ça, puis je trouvais que le jeu se suffisait à lui même.
    Par contre j’ai essayé le multi du 2, et là, rien que la possibilité de pas utiliser d’arme mais de se balancer des objet à la gueule, c’est fun !

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