Goldfinger
Goldfinger de Guy Hamilton
Ian Fleming’s Goldfinger
1964
L’histoire :
L’agent secret 007 est chargé d’enquéter sur les revenus d’Auric Goldfinger. La banque d’Angleterre a découvert qu’il entreposait d’énormes quantités d’or, mais s’inquiète de ne pas savoir dans quel but. Quelques verres, parties de golf, poursuites et autres aventures galantes plus loin, James Bond découvre en réalité les préparatifs du “crime du siècle”, l’Opération Grand Schlem, visant à voler le plus grand entrepôt de lingots d’or au monde, rien de moins que Fort Knox !

EVERYTHING HE TOUCHES TURNS TO EXCITEMENT !
Voilà ce que j’appelle un James Bond parfait : de l’action, rythmée et prenante, des femmes splendides, un ennemi charismatique et haïssable à souhait, un homme de main surhumain, des décors d’intérieur beaux et gigantesques, des paysages superbes, une voiture magnifique, un humour bien dosé et une réalisation qui prend le spectateur comme un gentleman prend une dame pour une valse, à son aise.
le ton et le style évolue avec le changement de réalisateur. Ici, si l’humour est plus efficace et présent qu’auparavant, c’est surtout le dosage de scènes d’action et de romance qui est a souligner de par sa perfection. Le danger, comme le sexe, devient une source d’adrénaline inépuisable, toujours associée au plaisir du spectateur. Le film a incontestablement une âme, avec une forme naïve mais moderne portant sur la mise en danger constante du personnage principal dont on n’aura de cesse que de le voir se sortir de situations impossibles.
A vrai dire, il est extrêmement difficile de dire du mal de Goldfinger. Pas parce qu’il a fait naître la bond-mania dans le monde, ni parce qu’il est encore aujourd’hui connu et reconnu pour faire partie intégrante de la culture générale, mais tout simplement parce que c’est un excellent film, si ce n’est un chef d’oeuvre.
Le film à 43 ans et pas une seule ride. Il fonctionne à chaque vision, donnant au spectateur une place de privilégié, lui donnant tout ce qu’il désire sans jamais le frustrer.
Chaque département technique(photo, décors, cadrage, découpage, montage) et chaque département artistique(scénario, mise en scène, acteurs, musique) s’est surpassée pour donner au spectateur tout ce qu’il est en droit d’attendre quand il paye son ticket.
C’est du spectacle total. C’est du divertissement total. C’est du cinéma total.

Les +
-le Pré-générique, résumant et annonçant en 3 minutes ce qui va arriver à l’écran. De quoi allumer n’importe quel spectateur et attirer toute son attention.
-la chanson-titre, de Shirley Bassey, associée à un sacré générique, reprenant des images-clés du film.
-La musique de John Barry, d’une classe folle.
-Sean Connery, à son plus haut-niveau.
-Honor Blackman aka Pussy Galore (vue dans Chapeau Melon et Bottes de Cuir). la sensualité provocatrice incarnée.
-Gert Frobe, trouvant ici le rôle éponyme de sa vie. Son naturel machiavélisme lui donne une grandeur innatendue.
-Oddjob, l’homme de main, au chapeau rond mortel. génial.
-l’Aston-Martin DB5, bourrée de gadgets jusqu’au yeux.
-Le scénario, encore assez fidèle à Fleming, pourvoyeur de scènes cultes et d’enjeux croissants jusqu’à un climax haletant.
-Les décors de Ken Adams, reproduisant l’intérieur de Fort Knox avec une grande précision (les militaires conseillers/experts n’y ont vu que du feu !)
-LA scène culte de toute une génération et de toute une décennie, la scène de la torture de 007 au laser :
“Do you expect me to talk ?”
“No, Mr Bond. I expect you to die !!”
Les –
- ça fait plus de 40 ans qu’on cherche encore…
Note générale : 6/6
Sur l’échelle des Bonds : 7/7
Rarement on aura autant pris en compte le plaisir du spectateur, et sur le plan historique, c’est sans doute le meilleur représentant de la saga, tout en étant le plus populaire.
Aujourd’hui encore, le film mérite d’être vu et revu tant son pouvoir d’attraction pèse autant que la matière qu’il désigne.
Goldfinger, c’est définitivement un film en or.

CE QUE VOUS NE SAVIEZ PAS
-Bien que plus de la moitié du film se déroule en Amérique, Sean Connery n’y est jamais allé pour le tournage, tous ses plans raccords étant tournés à Pinewood. Encore un montage de génie dû à Peter Hunt.
-Mais d’où vient le nom “Goldfinger” ? D’une rencontre dans les années 50 entre Ian Fleming et l’architecte hongrois Erno Goldfinger. Le bonhomme, réputé pour être un sacré emmerdeur, déplu tellement à Fleming qui lui inspira le roman éponyme, dans lequel il le dépeint (et l’accuse quasi-publiquement) comme un fasciste S-M sadique et impuissant, et profiteur de l’après-guerre alors que son rôle durant celle-çi reste un mystère (enfin pas pour Fleming, qui lui était espion pendant la guerre, si vous suivez mon regard). L’architecte attaqua en justice Fleming et ce dernier trouva une feinte : a chaque fois que Goldfinger est cité dans le livre, il est précédé de son prénom “Auric”.
-Goldfinger porte un vêtement ou un objet en or systématiquement dans chaque scène.
-Le film est devenu le plus rapidement rentable au box-office, entrant dès son 1er jour en salles au guiness book des records. Pour un budget de 3 millions (lourd pour l’époque), il en rapporta plus de 50, rien qu’aux Etats-Unis (ce qui équivaut aujourd’hui à plus de 430 M $), le placant à l’époque comme le 5ème plus gros succès de tous les temps au ciné mondial et 1er du Royaume-Uni évidemment.
-Première apparition d’un rayon laser au cinéma.
-Honor Blackman est la plus vieille des bond-girl : 37 ans au moment du tournage. Laissez moi vous dire que ça ne se voit pas.
-Gert Frobe, l’interprète de Goldfinger est porteur de plusieurs anecdotes. D’abord il fut intégralement doublé tellement son anglais était mauvais. Ensuite, il eut le rôle car il fut repéré dans un film allemand en jouant le rôle d’un pédophile. Ensuite, il eut des engueulades avec les producteurs sur le scénario, impliquant qu’il gaze ses ennemis a la fin du film. En tant qu’allemand, il avait peur de la connotation nazie que pouvait avoir la scène et de la mauvaise image que ça donnerait du peuple allemand. Mais c’est passé inaperçu, a juste titre.
Enfin, le film fut interdit en Israel lorsque Gert Frobe révéla qu’il était membre du Parti nazi dans les années 30. L’interdiction fut levée quand on découvrit qu’il protégeait de nombreuses familles juives pendant la guerre.
-le nom “Pussy Galore” (traduction littrérale : chatte en chaleur) vient du surnom que donnait Fleming à son poulpe, qui lui inspira plus tard “Octopussy“. A noter que le personnage dans le livre est ouvertement lesbienne. Dans le film, c’est plus subtil, mais assez visible en filigrane. Pussy Galore est donc officiellement la seule Bond-Girl lesbienne de la saga. Et encore…
-Il est amusant de savoir que le premier bond a recevoir une statuette d’or appelé oscar fut comme par hasard Goldfinger. Le film fut récompensé pour les effets sonores.
-Orson Welles fut envisagé pour le rôle-titre mais le salaire demandé frisait la vulgarité. Welles s’en est beaucoup voulu, mais s’est “vengé” en interprétant le chiffre dans la parodie “Casino Royale” en 67.
-Etrangement, les ventes d’Aston-Martin DB5 montèrent de 50% dans l’année qui suivit la sortie du film.
-Ian Fleming, mourut 2 mois avant la sortie du film, avant que la bond-mania explose dans le monde, son oeuvre devenant plus que des best-sellers et une suite de films, mais un véritable phénomène culturel qui perdure encore aujourd’hui.











Attitude
Le premier que j’aie jamais vu. Je me rappelle, je devais avoir 12 ans quand j’ai vu la scène de la mort par peinture dorée… un traumatisme dont je me suis difficilement remis.
C’est bien dans celui-là ue le gros vilain passe par le hublot de l’avion?
Ce qui me fait penser que ça fait une paye que je l’ai pas vu ! Et d’imaginer ce que ça aurait pu donner avec ce bon gros Orson…