Dragon Age : Origins
Dragon Age: Origins – Bioware - 2009
Ah nostalgie… J’ai découvert les jeux de rôles en deux temps. D’abord avec les jeux de rôles occidentaux, avec la démo de Baldur’s gate ; puis avec leur pendant nippon, et la démo de Final Fantasy 8 sur PC. Différents dans l’ambiance, l’approche, le fonctionnement, ces deux jeux ont été deux grosses claques, deux révélations dans ma vie de gamer. Je vais laisser de côté nos amis japonais pour aujourd’hui, et parler un peu de la descendance de Baldur’s Gate.
Bioware est un développeur canadien fondé en 1995. Après des débuts anonymes, c’est en 1999 que le succès arrive par l’entremise de Baldur’s Gate, un jeu de rôle en 3D isométrique basé sur l’univers de Donjons et Dragons. Gorgé de qualités, doté d’une durée de vie conséquente, et de surcroit magnifique, le jeu impose rapidement sa marque dans l’univers des JdR. Après un petit add-on, c’est au tour de Baldur’s Gate 2 : Shadows of Amn de rejoindre nos étagères. Encore un énorme succès critique et commercial, au point qu’il est encore considéré aujourd’hui comme un des plus grands JdR existant.
Depuis, Bioware n’a cessé de surfer de succès en succès avec notamment les licences MDK, NeverWinter Nights, Jade Empire, Star Wars, Mass Effect et Dragon Age. Ils ont aussi absorbé la société Mythic Entertainement, récupérant donc les MMORPG Dark Age of Camelot et Warhammer Online.
Suite à des problèmes de droit, Bioware ne peut plus utiliser l’univers Donjons et Dragons ; ils ont donc créé de toutes pièces une nouvelle licence Dragon Age, avec le monde de Ferelden. Ce jeu marque aussi le retour du développeur à un monde médiéval fantastique (alors que les dernières créations étaient majoritairement orientées SF, voir médiéval oriental fantastique).
Mais là où Bioware joue gros, c’est en annonçant Dragon Age comme l’héritier de Baldur’s Gate, une sorte de troisième épisode indirect, sans aucun lien.
Premier contact avec le jeu, avec un menu de toute beauté, accompagné d’une musique envoutante. Je découvre aussi le nouveau système Bioware : on peut créer un compte sur internet pour pouvoir jouer connecté. Attention j’ai bien dit connecté, pas en multijoueur : cela servira à partager ses succès et captures d’écrans, et à lier les add-ons téléchargeable achetés avec l’exemplaire du jeu. Le plus important étant que le système n’est pas contraignant, une fois le compte créé, le jeu l’utilisera automatiquement, et le téléchargement d’extension est géré directement dans l’interface.
Le jeu intègre toute une tripotée de succès, des « badges » symboliques que l’ont débloqué en accomplissant certains exploits, ou à certains embranchements de l’histoire. Personnellement, après ma première partie, il en reste une majorité de non débloquée.
Dragon Age… Origins ? Ce n’est pas anodin, mais bien une particularité du jeu qui se cache dans le titre. On commence une partie en créant son personnage. On a moins de choix que dans Baldur’s Gate, le système semble donc plus simple, mais complet. En dehors de la classique répartition des points, du choix d’une ou deux compétences de bases, il va falloir choisir une des trois races disponibles, avec une des trois classes possibles, ainsi qu’une origine sociale. Concrètement : un joueur humain/guerrier n’aura accès qu’à une origine de noble, fils d’un seigneur local, alors qu’une autre combinaison proposera au joueur d’être un homme du peuple, ou un mage reclus. Et ce n’est pas un détail ! Dans Baldur’s Gate 2 par exemple, quel que soit la race et la classe choisie, le jeu commence de la même façon, offrant plus tard une quête optionnelle liée à la classe. Dans Dragon Age, les premières heures de jeux seront complètement différentes d’un cas à l’autre. Les nains commenceront l’aventure de leur côté, dans la cité souterraine, et selon qu’on soit un paria ou un noble, on aura une aventure différente, avec des quêtes uniques. Il en va de même pour les elfes et les humains, avec les classes mage, guerrier, voleur.
Trois races, passe encore, ça passe bien dans l’univers du jeu, et il y a suffisamment à faire sans en vouloir plus. Mais trois classes ? On peut tiquer là non ? Eh bien non, car chaque classe donne accès à 3 ou 4 spécialisations dans le jeu. Et le temps d’arriver au niveau maximum (20), chaque personnage pourra acquérir deux spécialisations. De quoi varié les stratégies, surtout que les spécialisations ne sont pas faciles à obtenir : il faudra parfois alléger sa bourse pour acquérir un manuel, ou alors se faire des amis avec un membre du groupe pour qu’il nous l’enseigne. Fourberie supplémentaire, certaine spécialisation ne s’apprennent qu’auprès de personnages que l’ont peut tuer ou laisser en vie… mais on ne le sait pas à l’avance.
Une fois les scénarios d’origines complétés, la trame principale nous mènera à Ostagar, ruines d’une ancienne cité. Car le héros, quel qu’il soit, a été recruté pour faire partie des Gardes des Ombres, un clan très ancien ayant pour but de lutter contre les engeances (des démons venus de l’immatériel), et empêcher l’Enclin (L’Archidémon des engeances rassemble une armée et attaque le monde de Ferelden). Et c’est une aventure de longue haleine qui nous attend.

il va falloir choisir son camp
Dès le début, je retrouve des éléments inspirés des Baldurs et des Star Wars KOTOR : on se retrouve à la tête de son héros, ou d’un groupe portant jusqu’à 4 personnages jouables. Les personnages se débrouillent tout seuls, grâce à un système de « tactiques » (des conditions du style SI « Personnage du groupe a – de 30 % de sa vie » ALORS « lancer sort de soin de tel type »). Les possibilités sont grandes, et de plus en plus complexes au fur et à mesure que les héros acquièrent des compétences. Mais le joueur peut à tout moment de prendre le contrôle de n’importe quel personnage pour donner ses ordres, et il est toujours possible de mettre le jeu en pause en appuyant sur « espace ».
Il existe deux styles de vue différent : derrière le personnage joué pour une vue axée découverte et aventure ; et en dézoomant, une vue tactique « du dessus » qui rappellera des souvenirs au fan de Baldur’s Gate..
L’histoire est longue, la trame principale est constituée de point de passage obligatoire, mais on peut gérer tout cela dans l’ordre qu’on veut. Le point fort réside dans les choix : chaque quête principale propose plusieurs embranchements avec des choix cornéliens, sur lesquels le joueur ne pourra pas revenir : dans la guerre de succession au roi des nains, qui allez-vous aider ? Tuerez-vous les mages contaminés ou tenterez-vous de les sauver ? Au final, ces choix sont intéressants pour deux raisons : le joueur à plus de contrôle et modèle vraiment une partie de l’histoire selon ses choix, et du coup la rejouabilité du titre est excellente : pour le finir entièrement il faudra faire plusieurs parties. À titre d’exemple, lors de ma première partie le jeu m’a annoncé que j’avais fait… 38 % du contenu. Youpi !

Rafraichissant non ?
Le joueur devra lors de ses allers et venues en Ferelden, constituer un groupe hétérogène. Certains personnages vous rejoindront facilement, il faudra forcer la main à d’autres (et je ne parle pas du chien, qu’on ne peut avoir qu’à deux moments, sinon c’est raté). Une fois qu’ils se joignent à vous, ils sont accessibles pour constituer votre groupe sur le terrain, et vous pouvez les voir individuellement au campement. Les relations entre les personnages sont très travaillées. Lors de vos déplacements, il n’est pas rare qu’ils parlent entre eux de chose et d’autre, se cherchent des noises… ils ne manquent pas non plus de réagir à vos décisions ! Méfiance donc, il m’est arrivé de voir un compagnon se retourner contre moins à cause d’un choix qu’il n’appréciait pas. Et quand ça arrive dans un donjon, entouré d’ennemis… gloups.
Un autre aspect des relations personnages/joueurs ce sont les cadeaux, et l’appréciation. En fouillant un peut partout, j’ai trouvé des cadeaux, tous de nature différente. Chaque personnage du groupe apprécie un type de cadeau particulier, qui permette d’augmenter sa jauge d’appréciation, pouvant atteindre plusieurs niveaux dont « en admiration » ou « amoureuse ». Car oui il est possible d’entamer une ou plusieurs romances avec certains personnages. Et si ce n’est pas votre tasse de thé, sachez qu’un personnage qui vous apprécie gagner régulièrement un bonus, parfois une compétence spéciale, et peut vous confier une quête personnelle de temps en temps.
Le reste du jeu est plus classique : gestion d’inventaire, connaissance des compétences pour élaborer des stratégies et découvrir des combinaisons de sorts… Un codex viendra se remplir au fur et à mesure, recélant moult informations sur l’univers, l’histoire, les personnages, les institutions… Une mine d’or dans laquelle il est possible de se perdre pendant des heures.
Techniquement le jeu est bon. Je ne connais pas la version console, mais sur PC les environnements sont splendides, vraiment recherchés. Côté son, les musiques et différents bruitages sont efficaces, et toutes les voix sont doublées, pour une VF globalement satisfaisante, même si une ou deux vois font tiquer. Certaines créatures sont difficilement compréhensibles, mais ça passe. Les animations sont réussies, et il en existe quelques unes spéciales, lors de mise à mort critique. Voir le héros bondir sur 5 m pour planter une épée dans ogre 4 fois plus grand lui fait toujours son petit effet.

Que retenir de Dragon Age : Origins ? Ce n’est pas Baldur’s Gate 3 déjà. Oui j’aurais aimé retrouvé l’univers de la Côte des Epées, mais la fraicheur de l’univers de Ferelden compense largement ce sentiment. Et c’est un sacré jeu ! J’ai pris un immense plaisir à découvrir tout ça, à fouiller les donjons, parler aux personnages, chercher des quêtes dans des endroits improbables… Sans faire toutes les quêtes secondaires, il faut compter déjà une cinquantaine d’heures pour le finir. Du grand art, du RPG comme seul Bioware sait les faires, avec talent. Il faut vraiment des passionnés pour amener des jeux à ce niveau là. Vive Bioware !





Bon ben chui convaincu. Je le télécharge en ce moment…