Domsday

août 24, 2009 2 commentaires de

Doomsday (de Nail Marshall)

Neil Marshall, réalisateur britannique, a depuis toujours été intéressé par le cinéma horrifique. Il l’a prouvé de fort belle manière avec son premier long métrage, Dog Soldiers, en 2002. Le film raconte l’histoire de 6 soldats qui se retrouvent en mission dans une forêt pleine de loups-garous (et bien entendu c’est la pleine lune, quel est l’intérêt sinon ?). Très remarqué, mais pas toujours apprécié, le film avait pourtant pour lui quelques qualités. Très fun, on sent que le réalisateur veut s’amuser, et du coup que vous vous amusiez. Le budget relativement bas comparé au standard du genre ne gêne en rien une réalisation nerveuse et des effets travaillés.

Ouaf ouaf

Ouaf ouaf

Cooper:  Where’s Spoon?

Sergeant Harry Wells: There is no Spoon.

Objectif réussi néanmoins pour Marshall qui s’est fait remarquer par les studios. On lui permettra de sortir 3 ans plus tard The Descent, terrible film d’horreur sous terre. Un groupe d’amies (casting féminin les amis), adepte des sports extrêmes, se retrouvent pour faire de la spéléologie… J’adore ce film ! Très maîtrisé, qui commence posément avant de finir assez furieux… je n’en dirais pas plus pour ceux qui ne l’ont pas vu, mais ce film est à regarder idéalement dans le Noir en 5.1. Le film sera très bien accueilli par la critique et les spectateurs, confirmant s’il était besoin que le monsieur Neil est un bon, un vrai.

The Descent (with a little blood)

The Descent (with a little blood)

The Descent (with a lot of blood)

The Descent (with a lot of blood)

Nous voilà maintenant en 2008. Depuis l’annonce du projet, Doomsday pouvait se vanter d’avoir attisé la curiosité des fans. Quand débarque la première bande-annonce en février 2008, l’excitation générale gagne les cinéphiles : Marshall nous promet un film violent, jouissif, il nous promet l’Apocalypse !

Mais pour comprendre l’impact des images, revenons un petit peu sur le contexte… C’est quand la dernière fois que vous avez vu un film montrant l’Apocalypse avec un grand A ? Il y eut la grande époque, avec… mettons Mad Max ! Là ça sentait la fin, ça sentait l’essence et la sueur, l’univers était crade, poussiéreux… Elle est finie cette époque. Voyons les choses en face, dans le genre apocalypse si on site The Day After (Le Jour d’Après)… très bel exemple du « renouveau  » apocalyptique : des effets spéciaux à tout va, du grandiose, du « lisse ». Knowing (Prédictions) fera les mêmes erreurs… Dans Matrix le monde ravagé est ultra stylée, mais pas aussi « palpable » non ?  Bon, je ne dis pas que ce sont de mauvais films, mais ils ont perdu un truc en chemin. Plus récemment, surtout en Grande-Bretagne (cinématographiquement, bénie soit l’Angleterre), certains films affichent une volonté fraîche de retour en arrière. 28 Days Later & 28 Weeks Later ont su retrouver ce souffle, Children Of Men (Les Fils de L’Homme) aussi et dans une moindre mesure Terminator 4. On y retrouve ce monde sans trop de fioritures (encore que pour Terminator…), âpre et sale. L’idée d’apocalypse étant liée à celle de violence et de survie, autant dire que les fans n’ont pas eu grand-chose à se mettre sous la dent ces temps-ci…

Really Important People ?

Really Important People ?

Revenons à Doomsday, et attention à ceux qui l’ont pas vu, y’aura un peu de spoilers.

Le pitch de base est somme toute basique : dans un futur proche, un virus nommé The Reaper décime une partie de la population, surtout en Écosse. Les autorités ne trouvant aucune solution décident d’isoler le sud de l’Angleterre avec un mur gigantesque et protégé : l’Écosse devient zone interdite. Pendant ce temps-là au sud, il faut faire avec les milliers de non contaminé qui ont fui le nord. Une dizaine d’années plus tard, alors que la surpopulation n’arrange rien, le virus Reaper réapparaît en plein Londres. Le gouvernement décide alors d’envoyer une équipe armée en Écosse, car depuis quelque temps, les satellites semblent indiquer la présence de survivants, et donc d’un possible vaccin.

Vous sentez lodeur ? :-)

Vous sentez l'odeur ? :-)

Pour comprendre un des aspects de Doomsday, il faut comprendre un peu Neil Marshall. Il à un côté très Tarantino dans ça façon d’avaler et de digérer énormément de style cinématographique, énormément de sources d’inspirations différentes. Certes, les deux lascars ne transposent pas tout de la même façon, mais Neil adore ce se faire plaisir avant tout. Après tout, on est au ciné, on peut tout faire. Il en résulte que Doomsday est un gigantesque patchwork de styles différents : on peut citer sans être exhaustif The Lord of The Rings, Excalibur, Mad Max, Aliens, les films de zombies, Snake Plissken… (qui n’est pas un film, cherché un peu). Un sacré mélange de genre qui peut plaire ou pas, en effet certaines personnes ont trouvé à redire à la cohérence de l’ensemble, m’enfin zut quoi, c’est pas un documentaire non plus !

Im afraid I have some bad news

I'm afraid I have some bad news

De plus, Neil est un enthousiaste. Ya pas d’autre mot, en voyant le film on imagine son processus de pensée comme suit :

« Bon alors là on à la scène des blindés… bon… et si y’avait une poursuite ? Ouais allé.. Bon et ils se font attaqué au cocktail Molotov et à l’arc… ouais bien ça ! Hum… j’aimerai bien avoir des blindés à la « Alien » aussi… ouais ? Allé ! Bon ils se font attaqué par quoi… mmm des punks, c’est marrant j’aime bien aller ! »

C’est schématique, mais assez représentatif : si c’est fun, si ça va bien dans la scène, alors go ! Ce qui donne des scènes tout à fait extraordinaires, un gros bordel fourre tout et jouissif à souhait. Alors bon, oui, c’est violent et gore (démembrement, décapitations, le sang coule a flot, écrasements et autres joyeusetés) mais c’est exactement ce que le public visé attend. Dans certains films, on montre quelqu’un qui se fait écraser par une voiture par un soubresaut du conducteur et la voiture… Marshall lui film le gars dessous, avant, pendant et après. Ça coule un peu. Il suffit de voir l’intro pour comprendre qu’on n’est pas là pour écouter les oiseaux chanter (je ne voudrais pas être médisant envers Last Days, ou certains films français… oh et puis si) ou regarder Joséphine claquer des doigts.

Alone In The Dark ? not sure...

Alone In The Dark ? not sure...

Le scénario ne surprend jamais dans le sens ou on l’entend aujourd’hui : pas de twist farfelu dans tous les coins, pas de faux suspens. Disons plutôt un enchaînement à l’ancienne (totalement influencé par les années 80) qui vous fera dire plus d’une fois « il va pas faire ça quand même ? », puis 10 minutes plus tard « oh le con il l’a fait ! »

Les scènes s’enchaînent sans temps mort. On n’est pas au niveau du cinéma de Christopher Nolan dont les films n’ont vraiment pas de temps mort, où chaque scène à une importance cruciale pour le scénario. Mais Marshall fait aussi bien dans un autre style : ne laisser personne se reposer. Les scènes d’exposition (lieux, personnages) sont assez bien traitées, et rapidement expédiées.

faut pas avoir trop faim à ce moment lçà

faut pas avoir trop faim à ce moment lçà

Côté casting pas mal de monde, à commencé par l’héroïne sous les traits de Rhona Mitra (premier gros rôle, avant de passer chez les vampires de Underworld 3). Une héroïne forte, pas dans le sens Tarantino du terme, mais plutôt dans le sens Snake Plissken (interprété par Kurt Russel dans New York 1997 et Los Angeles 2013 de John Carpenter), ce qui fait passer Lara Croft pour une grosse morue. On commençait à prendre l’habitude de ce genre de rôle chez Marshall depuis The Descent.

On citera aussi dans les très bons seconds rôles : Bob Hoskins (Who Framed Roger Rabbit ? Entre autres centaines de films), Alexander Siddig (Dr Bashir de Star Trek : DS9), David O’Hara (The Departed), Adrian Lester (quelques séries télés), Craig Conway (à son actif… Doomsday, et The Descent surement sous les traits d’un des machins bizarre) et pour finir l’inestimable Malcom McDowell, toujours aussi bon. Tous ces plus ou moins seconds rôles tiennent une bonne place dans le film et n’ont pas à rougir devant l’héroïne. D’ailleurs dans ces cas-là, ne devrait-on pas parler de personnages principaux ?

Say hello !

Say hello !

Comme d’habitude Marshall fait preuve dans sa réalisation d’un grand sens du cadre et de l’espace chacun de ses plans, qu’il soit inspiré par d’autres ou non, est vraiment bien foutu. Le bonhomme connaît des mots tels que dynamisme, rythme, géométrie… et mieux, il sait s’en servir ! L’aspect général du film n’est forcément pas sans rappeler l’esthétique du cinéma des années 80, mais tirant parti des techniques actuelles. On retrouve le même directeur de la photo que sur The Descent, pour le plus grand bonheur de nos yeux : il ajoute une touche d’authenticité avec un léger grain… atmosphère !

Au final, Neil Marshall signe là un grand un film, un magnifique hommage aux années 80 et aux films postapocalyptiques. L’action incessante, les partis pris gonflés et une mise en scène léchée laissent un arrière-goût de bonheur à la fin du film. Attention toutefois pour les âmes sensibles, si voir des tripes, voir des cannibales bien bourrin vous semble trop choquant, passez votre chemin, ce ne sont là que de menus exemples de ce qui vous attend. Futuriste, posta-apocalyptique, punk, médiéval… un mélange qui ne laisse pas indifférent et qui aurait pu entre d’autres mains donner un nanar modèle géant, mais qui entre les mains de Neil entre dans la légende.

Il ne peut en rester quune !

Get away from her, you *bitch!*

liberté dexpression capillaire, ça vous défrise ?

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Ciné Américain, Cinéma

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2 réponses to “Domsday”

  1. grishka says:

    Comme l’a très justement dit un ami sur facebook, j’adore le film certes, mais il ne dépasse pas ces aînés !

  2. fylyp82 says:

    Eh ben, le projeté de camion est époustouflant ^_^… encore un qu’il me faut voir (de film, pas de projeté de camion)…

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