Dionysos : Eats Music Only !!!

août 11, 2009 5 commentaires de Kryska

Découvrez la playlist Dionysos avec Dionysos

Dionysos : dieu grec de la vigne et de l’ivresse… Hmmm oui peut-être, mais pas que ! Je dirais plutôt quelque chose comme dieu français du rock, ou pas loin en tout cas ! Un univers fantastico musical en éternelle expansion, qui nous emmène dans un monde dans lequel tout (ou presque) est possible.

Un monde qui fête ses 15 ans à la rentrée, avec la sortie d’un nouveau double album “Eats Music”. Z’inquiétez pas on va en reparler… mais pas tout de suite !

Et hop un petit flashback comme on les aime ! Comme au cinéma quoi. D’ailleurs, à bien y regarder, l’intérêt de Mathias Malzieu (le chanteur) pour cet art n’est pas étranger à l’univers dans lequel Dionysos va évoluer, très inspiré par Tim Burton aussi bien que par l’écrivain Roald Dalh. Je ne vais donc pas me priver de ce petit artifice !^^

Alors oui bon c’est sûr, Dionysos c’est avant tout de la musique. Mais pas seulement ! Il n’y a qu’à voir cette explosion de créativité qui entoure le groupe depuis ses débuts. Ca aussi on va en reparler.

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Au commencement, il y a un premier album sorti en 1996, « Happening Songs », album totalement en anglais, un peu passé inaperçu, et actuellement assez rare et difficile à trouver (si vous l’avez, je suis preneur !). Quand on regarde la pochette en détail, il est compréhensible qu’à l’époque on ne sache pas trop à quoi s’en tenir… Un titre façon orientale, une statuette énigmatique (création de Mathias) posée au milieu d’une herbe qui, à y regarder de plus près, ressemble bizarrement à des branches de sapin. Le tout retouché avec des effets de miroirs par-ci par-là histoire de dérouter davantage…

Pour les petits chanceux qui pourront l’écouter, vous constaterez vite que c’est de l’auto prod, avec ses petites impuretés de sons… Bon, disons-le clairement le son a l’air un peu crade par moments, mais on s’en fou, la magie de Dionysos est déjà là et bien là ! On a ici une galette (qui ne se mange pas…) très typée rock, avec des titres qui seront longtemps présents dans les concerts du groupe. On y retrouve notamment « WET », « Can I? », « New Eye Blues », ou encore quelques petites balades folk comme « Polar Girl », « Everything », « Still Bleeding », « Screamin’ like an Egg » (des œufs, déjà ;-) ), « Sad smiling f ». Avec des paroles déjà bien étranges…

« I can make love to the trees, make love to the birds,
Make love to them ONE BY ONE. »

« An empty chair, an empty chair gives me a smiling fuck
Now the show began and I shot all my friends »

Pas de doute c’est du Dionysos ^^. Bon ok ça se peut que le master fût un peu crade… Mais franchement, si on prend en compte les sons utilisés pour l’enregistrement, un score épuré et tout propre aurait forcément gâché un peu la sauce… Une petite berceuse à la perceuse, des ronflements, des magnétos endiablés, des rires, des sifflements étranges… Si on rajoute à cela la qualité de l’enregistrement artisanal, parfois bourdonnant, saturé, avec grésillements… ça donne une petite ambiance bien rustique qui a forcément un certain charme, même si l’utilisation fréquente de saturation sur la voix de Mathias peut avoir un côté dérangeant aux oreilles de certains, pour la compréhension des paroles… Qu’à cela ne tienne, c’est un premier pas artisanal, fait maison avec les produits du jardin (les 500 premiers disques ont été financés en ramassant des pêches, des abricots et des tomates…). Bref, si je le croise au détour d’un sentier celui là, je sais déjà ce qui va se passer pour ses chansons :-D

screen-capture-18On retrouve le groupe dès 1998 avec une compilation elle aussi peu connu, « Soon, on your radio ». En fait on y trouvera que quatre titres des Dionysos (« Dead Chips Party », « Calim Héros », « Omlett of Knees », et Arthur 2″), l’album regroupant également des titres de Despondents et Mary’s child. Pas hyper grave donc si vous ne l’avez pas sur votre étagère…

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Le véritable 2e album, c’est véritablement “The Sun is Blue Like The Eggs in Winter”, sorti lui aussi en 1998, et lui aussi quasi introuvable. Comme on dit : on fait pas de bonne omelette, savoureuse et tout (… aux patates et aux p’tits oignons hmmm^^) sans casser des œufs ; d’autant plus quand ils sont bleus ! (allez savoir pourquoi…)

C’est dingue de ne pas pouvoir faire un article sans avoir à un moment ou à un autre besoin de parler de bouffe… ^^

En attendant de trouver une version de cette galette,  je vous en passe une recette chipée dans un coin (oui j’avoue :-p) qui m’a beaucoup plu :

“Ingrédients :
- Une douzaine d’œufs tous plus bleus les uns que les autres
- Du jus de grenouille électrique
- Des litres de bière et de larmes
- Une bonne dose de nuages et de pop-corn bleus
- Du plastique, beaucoup de plastique
- Du coca, du sable, un cheval, et puis tout ce qui vous tombe sous la main
- Un vieux magnéto, quelques guitares, un harmonica, une batterie, un violon, une basse, des micros malades - un pot de yahourt géant

Préparation :
Casser un œuf sur la tête d’un gamin pas très obéissant (empruntez-en un si vous n’en avez pas sous la main), brancher deux guitares sur un bon ampli, sortir le violon, et exploser les oreilles du petit en chantant “Fais pas ci
” de Dutronc. Ne pas hésiter à s’énerver.
Casser un autre œuf sur la tête d’une grenouille-torche électrique en jazzant sur un piano et une basse mal accordée. Ajouter un zeste d’harmonica endiablé et un filet d’huile de micro cancéreux.
Sortir le premier album de Dionysos, un œuf, les casseroles (les cymbales de la batterie feront l’affaire), passer le tout au mixeur en y ajoutant des litres de larmes et de bière pour obtenir un excitant remix de “WET”. Une fois bien mouillé, se sécher à la guitare (sèche, là guitare…), en prenant garde de ne pas se violenter.
Ajouter deux œufs pour un bon “Ciel en Sauce”. Saupoudrer de pop-corn et de nuages, tourner pas trop violemment dans le sens des aiguilles d’une montre. Vous obtiendrez un “Ciel en sauce” ahurissant et très goûtu !  (tout est dans le tour de bras^^)
voilà, vous avez terminé l’omelette pleine d’énergie, de soleil et de grands yeux ébahis.

Passons à la préparation du yahourt final. Alors, pour faire simple, prendre tout ce qu’il reste d’ingrédients, rajouter un peu de nerf, et mélanger le tout dans un pot de yahourt géant. Vous obtiendrez une subtile sauce à toujours avoir sur soi en cas d’ennui.
Attention cependant aux effets secondaires : Envie de massacrer son mobilier, notamment son lit, rêves de seins brisés, phobie du plastique, soudaine envie d’arrêter la balançoire et de passer à autre chose…
La recette est explosive, pleine de larmes, votre platine crache de l’amertume, des regrets, et beaucoup de frustration.”

En tout cas, ça m’a l’air bien bon tout ça. Je ne sais pas vous, mais moi je suis impatient d’y goûter.

Nous arrivons péniblement en 1999, et le groupe est toujours relativement méconnu :O

Même les Boys Bands (si si ça a existé :-S) sont mieux classés dans le top 50 ! Rien de bien folichon, pas de quoi affoler les disquaires quoi… Oui, mais voilà. Toute chose qui a une fin a forcément un début (sauf le saucisson…), et même si l’histoire des Dionysos n’en est pas encore à son dernier mot, le vrai commencement vient avec ce nouvel album, le 3e, au nom sympathique de “Haïku”.

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Mais comment que ça se fait-ce ? Déjà grâce à l’arrivée dans le groupe de Babeth avec son violon et sa charmante voix (que l’on découvre avec “Poe-m”), mais aussi grâce à quelques modifications linguistiques. En effet, la moitié des titres sont désormais écrits en français, ce qui n’était pas le cas pour les précédents albums. On y retrouve un rock aux voix moins saturées (et c’est pas dommage) mais toujours aussi rythmé, avec une alternance de pop, plus intime. Se mélangent des ambiances légères et joyeuses comme « Sick Philarmonic Body », ou encore « Pyjama », des ambiances mélancoliques (“Wedding idea”, “Poissons Egal Stickers”), plein de petites histoires franchement attachantes, même si parfois déroutantes et déstabilisantes : un 45 tours usé, une princesse aux seins écrasés (retour de la voix saturée de Mathias !), des pyjamas comestibles…

« Je n’ai jamais mangé de pyjama aussi doux que le tien » :-)

Mais le titre qui a littéralement porté bonheur à Dionysos c’est « Coccinelle » et sa ritournelle (je ne sais pas conduire… pas même un cerf-volant). Un texte amusant, un bon son pop-rock, « Coccinelle » est à l’époque la petite bête qui monte, qui monte en puissance et colonise nos ondes radios ! Album à découvrir absolument!!!!

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2001, l’odyssée de l’espace, ou du moins un retour sur celle du groupe, avec un « Old School Recording » à ne pas confondre avec un live, ni un album en temps que tel, ni même un best of. Bah c’est quoi alors ?! Disons un petit assemblage de titres rares, de vieilles choses rénovées (versions acoustiques), ou encore de quelques témoignages de leurs grandes prestations scéniques (lives)… La surprise du chef ? Les 4 titres de « Soon, on your radio » sont réédités ! Mesdames et messieurs les hyperfan, c’est par ici que ça se passe !

On y (re)découvre « Calim’ Héros », hommage touchant à la boule de plumes noire, douce comptine chantée par Babeth. C’est sympa, c’est marrant, mais… c’est avant le drame, bien entendu. Enfin un drame… non pas vraiment. C’est juste que l’enchaînement avec « Dead Chips Party » ne se fait pas en douceur… elle crie, elle hurle, d’une voix bien aiguë des paroles totalement incompréhensibles. Mais rien de grave, rassurez-vous, elle va bien !

On y retrouve des lives à la Dionysos délires (« Here comes the Sun »), impros terribles (« Everybody loves Babeth ») et moults craquages comme on les aime quoi. Une version”Broken Tit’s” à la guitare, avec un Mathias qui commence en chuchotant et s’enflamme sur la fin : très bon.

Petit bémol tout de même, vous n’aurez du son que sur une grosse demi-heure, un peu dommage il faut le dire. Cette galette s’adresse donc à ceux qui y ont déjà grandement goûté : les intimes, ceux qui connaissent déjà bien le groupe.

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Bon alors on le sait maintenant, nos spécialistes de l’ivresse et de ses effets secondaires n’ont pas fini de nous surprendre. Après les œufs bleus, les dégustations de pyjama et les seins écrasés, on se demandait ce qu’ils allaient nous inventer. Bah rien de mieux qu’un joli petit « Western sous la neige » !

Plus rien à voir avec « Haïku ». Là on est dans le brut de décoffrage. Chaque voix est enregistrée façon cowboy, en une seule prise quoi. On a un son plus vrai, plus proche des oreilles, la sensation que le groupe est prêt à bondir de la boîte à son pour atterrir direct dans notre saloon. Juste histoire de nous mettre le feu dans une ambiance musclée, avec des morceaux monstrueusement punks comme « Mc Enroe’s poetry », « Surfin Frog », « She is the liquid princess » ou « Rodéo ». On ne pourra pas résister à l’envie d’entonner « Song for Jedi », de regarder la vie avec émerveillement en écoutant un « Tokyo Montana » ou un « Longboard Train », ou de penser à la mort avec un « Déguisé en pas moi », un « Coffin song », ou encore « Anorak ». Il y a des femmes qui se déshabillent, des oiseaux victimes d’une serial-coiffeuse, de l’alcool, tout plein d’harmonicas, des fantômes à cheval, du sang, du feu, une flûte désaccordée, des larmes de neige, des longboards… de belles chansons à écouter avec un regard d’enfant (enfin, j’me comprends :-p).

Plus sombre que jamais, la petite troupe nous livre un vrai western tout plein de méchants (qu’on croyait pas que c’étaient des méchants), de gentils (qu’on croyait que c’étaient eux les méchants), des histoires d’amour, des personnages étranges (si si j’vous jure), et des périples en train, en cheval, ou en longboard (euh… ouai), le tout accompagnée d’une bande-son épique, avec ses odeurs de goudron, de plumes et de poussière. Bref, c’est chaud, même sous la neige (atchoum !! scusez… snif)

« J’ai froid, je pleure de la neige… »

Un album bourré de références au cinéma (« Song for Jedi »), à la Beat Generation (« Tokyo Montana » en référence à Richard Brautigan, et « Petit Colorado » à John Fante), à des personnes réelles comme John Mc Enroe (tenisman caractériel^^), Robert Mitchum (acteur et chanteur américain), Phileas Smog (qui serait l’inventeur du longboard :-) ), et aux albums précédents. On découvre la véritable identité de la princesse liquide, on retrouve aussi « Déguisé en pas moi » et « I love you » enregistrés sur un petit magnéto, ainsi que notre « Frog » du second album, revisité. Un album qui se fait apprécier par le grand public, puisque récompensé par un disque d’or. Un des meilleurs albums du groupe à mon goût. À écouter en lisant le recueil de nouvelles “38 mini westerns (avec des fantômes)”, écrits par Mathias, dont le lien avec l’album est très étroit ! (psst… parlant de petit lien, c’est par ici)

« Les fantômes doivent changer de draps tous les jours, sinon la crasse les rend visibles par les humains.

Tout propres, ils ne sont visibles que par les fées et les écureuils… »

2003 et sa grosse tournée autour de « Western sous la neige ». Et qui dit grosse tournée dit album live. Mais attention c’est du lourd. Deux versions sont proposées : un « Whatever the Weather » acoustique et un électrique ! Et pour ceux qui veulent des belles images qui bougent, ceux qui veulent (re)vivre l’expérience concert comme s’ils y étaient, y a même un DVD ! À vous de

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Whatever the Weather version acoustique pour les moins méchants

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Whatever the Weather version électrique pour les moins gentils

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DVD intégral concert à Strasbourg

2005, Mathias publie son premier roman « Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi ». Un récit autobiographique ou l’on retrouve notre auteur/compositeur venant de perdre sa mère, expérience douloureuse, épreuve difficile qu’il surmontera grâce à sa rencontre avec un colosse de 4m 50 de haut… Giant Jack.

Le géant lui offre un bout de son ombre, et l’invite à le suivre dans un voyage fantastique au pays des morts. Giant Jack le guide, l’amenant de l’insouciance de l’enfance et de son monde fantastique vers la dure réalité de l’univers impitoyable des adultes. Giant Jack sera le lien entre le monde de Mathias et la réalité, le pont entre son imagination étonnante et la vie au-dehors.

Je n’ai découvert ce roman que très récemment, et la qualité d’écriture m’a franchement bluffé ! Les mots de Mathias sont des cascades de chagrins, des explosions de tendresse et d’amour sous forme de bouquets d’étoiles qu’il offre à sa mère. Il écrit comme un cinéaste, tout en images, des descriptions tout en couleurs qu’il nous envoie en pleine figure, sans retenue, sans rien cacher. Sa façon de décrire son univers réel oppressant et pesant, tellement irrespirable avec toutes ces ombres qui l’envahissent, m’a donné envie de m’enrouler avec lui dans son ombre trop grande, pour nous échapper ensemble dans ce monde des morts si attirant… Un voyage émouvant, excitant et effrayant. Car même si on prend confiance et qu’on s’attache à ce géant plein de malice, on continue d’en avoir un peu peur, parfois…

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« Comment on va faire maintenant qu’il fait toujours nuit sur toi ? Qu’est-ce que ça veut dire la vie sans toi ? Qu’est-ce qui se passe pour toi là ? Du rien ? Du vide ? De la nuit, des choses de ciel, du réconfort ? »

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Monsters in Love

Au même moment Mathias commence la compo du 5e album du groupe : « Monsters in love », dont le premier morceau se nommera tout naturellement « Giant Jack ». On y retrouvera de manière récurrente le thème de la mort de sa mère, et celui de ses amours difficiles. Nous sommes là dans un monde paradoxal. Faut-il avoir peur de Giant Jack ? Est-il gentil ou méchant ? À voir la pochette, on a du mal à trancher. On retrouve le même paradoxe dans la fée de « Tes Lacets sont des Fées » en passant par la sorcière de « La métamorphose de Mister Chat » et Miss Acacia. Notre chanteur tombe amoureux de toutes ses héroïnes, qui tourmentent ses sentiments. L’une le transforme en chat, une autre ne se souvient pas de lui, une 3e ne semble pas très fertile… Mise à part peut-être Betty-Boop, dans « Le retour de Bloody Betty », toutes semblent décidées à lui faire des misères.

L’album ne suit pas tout à fait le fil du roman. Mais on y retrouve Giant Jack, « Mon ombre est personne » nous rappelle l’ombre surdimensionnée que le géant prête à Mathias, on entend le Sanglophone de Jack, et le bouleversant et magnifique « Neige », belle complainte adressée à sa little mamma, son little bird… On pourrait apparenter les autres chansons aux livres que le géant donne à Mathias pour le soigner de son accident de cœur. J’ai découvert le roman bien après l’album. Si les deux se recoupent, ils sont indépendants. L’un permet de mieux apprécier l’autre, comme un petit plus qui se suffit à lui-même. En bref, j’adore les deux, ensemble ou séparément.

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Monsters in Live

On découvre ici un nouveau Dionysos, plus instrumentalisé que jamais (bonjour le ukulélé^^), avec des chanteurs de plus en plus excellents vocalement, mais aussi un sentiment de mélancolie, voire de déprime qui tranche avec l’ambiance plus frénétique de « Western sous la neige ». Seuls les morceaux punks tels que « Le retour de Bloody Betty » ou « Old Child » nous redonnent un peu d’espoir et de pep’s. La pochette, comme les précédentes, est très travaillée, faisant de « Monster in Love » un album exceptionnel à l’oeil et à l’oreille, voire une bande-son originale du roman. L’album est sorti en version studio et en version live, sous le nom de « Monsters in Live » en 2005, puis en format DVD en 2007.

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Dvd Monsters in Live Zénith symphonique et Olympia

« Jack is on my back now… »

screen-capture-30En 2006 sort une compilation assez surprenante, bien que quelque peu lassante « Les Métamorphoses de Mister Chat », en 2 volumes. On y retrouve 7 versions  d’un « Mister Chat » mixé et remixé par les différents artistes invités par Dionysos, tels que Olivia Ruiz, Bertrand Belin, Cali… et bien d’autres. Les interprétations sont de qualité, et sympas à écouter pour le fun. Mais on ne retiendra pas grans chose de plus…

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2007 : Alain Bashung, Jean Rochefort, Éric Cantona, Olivia Ruiz (la chère et tendre de Mathias me souffle t-on dans l’oreillette ;-) ), Grand Corps Malade… Oulàlà, mais y a foison de gens ! Et cette moultitude de populace artistique est là pour faire tourner “La Mécanique du Coeur”, qui, il faut bien le dire, est plutôt bien huilée !

Mais qu’est-ce que c’est que cet album ? Disons que c’est, à l’instar de « Monsters in Love » la bande originale du second roman de Mathias. Mais le concept, à ses balbutiements sur l’album précédent, prend vraiment toute sa forme pour « La Mécanique du Coeur ». On pourrait considérer que le livre est une comédie musicale, et qu’il nécessite donc une bande-son sur laquelle tous ses personnages pourraient s’exprimer.

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Édimbourg, 1874: le jour le plus froid du monde. Lorsque Little Jack nait, son coeur gelé manque de se briser. La sagefemme le remplace par une horloge et le sauve. Depuis lors, il doit prendre soin d’en remonter chaque matin le mécanisme.  Mais gare aux passions ! Le regard de braise d’une petite chanteuse andalouse va mettre le coeur de Jack à rude épreuve…

Voici le thème de notre histoire : une horloge à la place du cœur… On dirait un scénario tout droit sorti du cerveau de Burton, du style nouveau Edward Scissorhands, un genre de Pinnochio en un peu plus trash ! Mais non, tout est pensé par Mathias.

J’ai lu ce bouquin en écoutant le CD, et franchement ça le fait ! L’écriture de Mathias est très fluide, rapide et rythmée. Il ne m’a fallut que quelques pages pour me plonger complètement dans ce monde onirique, sombre et envoutant. Un livre qui commence par une naissance commentée par le nourrisson lui-même ! On y découvre tous les personnages de l’album de manière plus intime, comme ce cher Arthur et sa colonne vertébrale musicale (qu’il appelle l’ossophone). On s’attache très vite à ce Little Jack tout fragile, devenant ce Giant Jack énigmatique que nous connaissions si peu… Pas de temps mort, l’intrigue défile sous nos yeux très vite, allant directement à l’essentiel. Juste ce qu’il faut pour nous tenir en haleine, mais rien de trop. J’aurais aimé m’engouffrer davantage dans ce monde, y passer plus de temps… farfouiller un peu plus dans les coins. Le roman fût vite avalé, mais la maitrise des mots m’a tout de même envouté jusqu’au bout. On y retrouve le thème de la perte de l’être cher, de l’être aimé, déjà bien présent dans le premier roman, tourné de manière différente, mais tout aussi touchante. J’ai littéralement dévoré ce deuxième roman, et vous souhaite d’en faire autant !

Quant au CD, il défile de manière linéaire, suivant le cours de l’histoire, retraçant les moments forts du roman, de la naissance de Jack à son voyage en Andalousie, en passant par sa rencontre avec Miss Acacia. On se demande alors pourquoi l’album et le roman, si imbriqué l’un dans l’autre, ne sont pas vendus comme un concept unique, comme les romans-cassettes de notre enfance (Le Petit Prince en ce qui me concerne :-D ), ou, plus proche de nous, sous la forme du fameux « Sibérie m’était contée » de Manu Chao. Ben tout simplement parce que Mathias ne l’a pas voulu ainsi ! Pour lui l’album n’est pas un album concept, il s’écoute comme un album rock, en aléatoire, en sautant des pistes… Mouais, admettons. Mais pour le non-initié, j’imagine que démarrer le disque sur « Symphonie pour horloge cassée », ça ne doit pas être si évident que ça à comprendre si on n’a jamais entendu ce qui vient avant… Enfin bref. Ce petit manquement n’est pas dramatique, loin de là, tant la qualité des 2 œuvres est évidente.

« Tout à coup, le coucou dans mon cœur se met à sonner, très fort, bien plus fort que lorsque je fais mes crises »

Au niveau musical pur, on a quelque chose de bien plus fouillé que ce à quoi on avait été habitué. Et ce n’est pas uniquement lié à la présence de nombreux artistes. On commence avec « Le jour le plus froid du monde » qui carillonne dans tous les sens, des chœurs, des cordes, des cuivres… Des chansons fleuves, en vers ou en prose, remplacent les chansons courtes et dénudées des débuts du groupe. On découvre Dionysos se lâchant dans le phrasé toujours très rock, mais tendant vers le hip hop, comme en témoigne le second titre “La Berceuse Hip-Hop du docteur Madeleine”, énormissime duo entre Mathias et Emilie Loizeau ! Un “When the Saints Go Marchin’in” mieux que l’original, duo bien pêchu avec Arthur H, avec un « ossophone » et une guitare qui nous rappellent un peu le temps du Western… très grand moment que ce slam de méchant interprété par Grand Corps Malade sur le « Thème de Joe », et un Bashung très bon en Jack l’éventreur dans cette étrange « Panique Mécanique ». Petit clin d’œil à Pinnochio dans “Les effets de mademoiselle clé” avec Olivia Ruiz… Et puis cet « Epilogue », démarrant sur un poignant récit par Eric Cantona, qui nous raconte la transformation de Little Jack en Giant Jack…

À surveiller de près : Mathias travaillerait en temps que scénariste et co-réalisateur avec Luc Besson (qui aurait racheté les droits) pour une adaptation en film d’animation de son roman… À suivre.

Allez pour la route, je vous offre ce joli « Tais-toi mon coeur » rien que pour vous… et pi ça aussi

Et voilà m’sieur dames, on arrive à la fin de notre voyage temporel. On est de retour dans le présent… Euh non, plutôt dans un futur proche,  puisque le prochain album de Dionysos est annoncé pour la rentré. Un double album de raretés intitulé “Eats Music !!!” : de l’inédit, de l’acoustique, des démos, des remix, tout plein de belles choses pour fêter comme il se doit 15 années fantastiques (dans tous les sens du terme, bien sûr !)

Ci-après la tracking list tout droit tirée du site officiel du groupe :

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Mordu de musique...

DISC N°1
1. Wet (Tirée de l’édition allemande de ” Haïku ” / 1999)
2. Ciel en Sauce (Acoustique / new version 2009)
3. Tokyo Montana (Acoustique / new version 2009)
4. The Return of the Frog (Feat. Uncommonmenfrommars / new version 2008)
5. Red rain (Inédit / 2008)
6. Vélopédie (Inédits de « Haïku » / 1999)
7. Art Love Stamps (Inédits de « Haïku » / 1999)
8. Don Diego 2000 ( acoustique chez Oui Fm / 2005 )
9. Open Cloud (Inédits de « Haïku » / 1999)
10. Window Day (Inédits de « Haïku » / 1999)
11. Coccinelle (Zénith Paris / 2008)
12. Song for Jedi (Zénith Paris / 2008)
13. L’homme sans trucage (Zénith Paris / 2008)
14. Mister Chat (Zénith Paris / 2008)
15. Miss Acacia (Version single radio)
16. Old Child (Inédit démo / 2004)
17. Le retour de Bloody Betty (Miky Biky remix / 2009)
18. La Cane de Jeanne (Hommage à Georges Brassens)
19. Thank You Satan (Hommage à Léo Ferré)
20. Tais Toi Mon Cœur (Version single radio)
21. Neige ( en studio avec l’orchestre symphonique de la Synfonnieta de Belfort)
22. Des Scolioses de partout dans le corps… et dans le cœur ( lecture / 2009 )

DISC N°2
1. Rid of Me (PJ Harvey cover, live / 2003)
2. La Sorcière du désert (Inédit démo / 2009)
3. I belch your kiss in the wind (Inédit 4 pistes / 1996)
4. No friends no more (Inédit 4 pistes / 1996)
5. Ferry boat shoes (Inédit 4 pistes / 1996)
6. Tatoo love (Inédit 4 pistes / 1996)
7. No tongue doll (Inédit 4 pistes / 1996)
8. The moon is my favorite fireworks (Inédit 4 pistes / 1996)
9. La plus heureuse des mamans du monde (Inédit démo / 2009)
10. Monsters in love (Démo / 2004)
11. No sense words Harmony (Première K7 / 1996)
12. Maintenant qu’il fait tout le temps nuit sur toi (Inédit / 2004)
13. Pepper beard (Inédit / 1996 )
14. Longboard train (Démo / 2001)
15. Manga Girlfriend (Inédit / 2002)
16. Lips story in a chocolate river (Démo / 2004)
17. Neige (Mellotron version / 2004)
18. Rock Addict (Inédit 4 pistes / 1996)
19. Aïe (Inédit / 1996)
20. Song for Jedi (Démo / 2001)
21. Anorak (Démo / 2001)
22. Extatic Troll (Première K7 / 1996)
23. Wet (Première K7 / 1996)

Je vous vois venir. Vous avez la question sur le bout de la langue. Vous avez du mal à avaler le nom de la galette ? “Eats Music !!!” ? C’est quoi ce nom ?!

Bah juste un nouveau délire de Dionysos ? What else ? Prenez un Nespresso pour faire passer à la limite…

Ah… nan mais si. Ca y’est, bah oui j’avais oublié de vous dire aussi ! En fait, c’est vous qui décorez l’album, si vous voulez. Un poster sera intégré au double album avec les plus belles photos envoyées par les fans. Suffit de vous photographier en train de manger un instrument de musique, et une fois votre méfait accompli (petits maraudeurs !), envoyez-le ici

Bon moi je peux pas là. Pas très faim… :O mais le concept est plutôt sympa, et le jeu de mots était à faire (si si). On attend donc avec impatience la sortie de la double galette anniversaire !

Et bon appétit bien sûr !! :-D

Bibliothèque, BioZik, Musique

A propos de

Passionné de new-techs, de zique à ouïr, de movies à mirer et de bouquins à dévorer ;-)

5 réponses à “Dionysos : Eats Music Only !!!”

  1. Kryska says:

    Yes ! Le pauvre Nagui sait pas trop où se foutre !!! mdr

  2. fylyp82 says:

    Eh ben, ca c de l’analyse. Le concept de l’album est génial !!!

  3. Kryska says:

    Ravi que ça vous plaise ;-)

    En attendant de les voir en real live !!!

  4. grishka says:

    personne d’autre ne vient au concert lyonnais du 06/10 ?

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