Diablo

mai 07, 2010 9 commentaires de

« Cela faisait longtemps que je n’étais pas retourné à Tristram et le village semblait être rongé par un mal indiscible. Le fond de l’air était glacé et cachait à peine une odeur de mort, qui semblait depuis longtemps avoir élu domicile en ces lieux. Les ténèbres s’étaient emparées des environs de la ville et tous les habitants téméraires qui avaient choisi de partager le destin de leur demeure vivaient la peur au ventre.

Les autorités religieuses semblaient avoir localisé la source du mal dans une crypte à l’orée du village et c’est en qualité de guerrier que je me rendais sur place pour prêter main forte à l’église. L’affaire devait être d’importance, si même l’archevèque Lazarus s’était déplacé en personne. Les mauvaises langues allaient même jusqu’à soupçonner la responsabilité des saints ordres dans ce drame qui frappait la région… Quant à moi, je me jetais une fois de plus sans réfléchir dans la gueule du loup… »

Mémoires de Sir Nok Phytrass.

Nous sommes en 1997, l’année de sortie de Final Fantasy 7, soit un an avant la déferlante Half-Life. C’est cette année que le prometteur studio Blizzard Entertainment, déjà responsable de l’excellent Warcraft II un an plus tôt, sort un Hack’n Slash (1) qui va marquer l’histoire du jeu vidéo au fer rouge : Diablo, disponible sur PC, puis mac.

Le concept est simple : vous incarnez un héros (parmi trois classes disponibles) qui va devoir faire le ménage dans un donjon dont l’entrée se situe à l’entrée d’un petit village et autours duquel se multiplient les manifestations démoniaques qui font rien que de décimer le bon petit peuple. Diablo, le responsable de ce bordel, est bien entendu tout en bas. Une fois n’est pas coutume, vous contrôlez votre personnage à la souris, une pression sur le bouton gauche de cette dernière vous permettant de le faire avancer jusqu’au point cliqué, ou d’attaquer l’ennemi que vous pointez votre curseur dessus. Si la souris vous sert aussi à naviguer dans à travers les différents menus, vous pouvez configurer des raccourcis clavier en renfort pour utiliser vos potions ainsi que vos sorts.

Les monstres butés vous rapportent soit des sous, soit des armes, soit que dalle. En ville, vous pouvez revendre ces armes pour avoir plus de sous, ce qui vous permettera de vous en payer de nouvelles ou de réparer votre équipement, voire d’identifier les objets magiques que vous ramassez sur la route. Une sorcière tient également un stand de sortilèges et de potions à votre disposition non loin du village. Tous les villageois ont leur mot à dire sur les évènements en cours. Certains vous donneront même des quêtes qui vous permetterons d’évoluer dans les 16 niveaux du souterrain d’où semble probvenir la source du mal qui ronge les environs. Petit aperçu du gameplay.

(1) Porte-Monstre-Trésor en français.

Le nouveau bébé de Blizzard s’impose comme un référence à bien des niveaux. Graphiquement, la 3d isométrique (2) en jette, les décors sont surpeuplés de détails, les textures sont belles et réalistes, rendant l’ambiance du scénario crédible. Le tout est subtilement teinté de gore, ce qui est très rare à l’époque, les jeux vidéos ciblant encore essentiellement un public d’adolescents, même si l’ont pouvait déjà trouver quelques jeux adultes sur PC. Pour ma part, je n’avais pas vu ça depuis la borne d’arcade Mortal Kombat en 1992. Bref, Diablo, c’est d’abord une ambiance teintée d’heroic fantasy, glauque et angoissante et qui est en grande partie responsable du succès de la franchise. Une ambiance que la bande son (exceptionnelle) et les bruitages ne font que renforcer.

Deuxième point fort, la maniabilité : la frustration de ne pas pouvoir sauter ni courir s’efface rapidement au profit d’une frénésie de clics sur des hordes d’ennemis, les doigts de l’autre main étant fébrilement posés sur les raccourcis de vos sorts et potions, l’oeil tendu vers vos jauges de vie et de mana, prêts à fondre sur la touche au moindre critical strike inopiné. Il y bien quelques bugs assez agaçants, notamment les zones d’accès aux escaliers ou certains couloirs étriqués sur lesquels la visibilité est mise à mal par la perspective, mais dans l’ensemble, le joueur peut vite prendre les choses en main.

Troisième as : la durée de vie. Finir les 16 niveaux est difficilement réalisable en une fois, ce qui vous obligera à recommencer le jeu en gardant l’expérience acquise jusque-là, afin d’en accumuler d’avantage. La bonne surprise, c’est que les niveaux se génèrent aléatoiremenent à chaque partie, les quêtes proposées aussi, à l’exception des passages obligés. Du coup, les bonus changent de place aussi et les armes récupérées ne sont pas les mêmes. Vous pouvez donc rejouer à Diablo indéfinimentsans jamais tomber sur le même monde. La palette des ennemis est, quant à elle, très bien garnie.

Enfin, Diablo I introduit entre autres le personnage de Deckard Cain, le sage, qui deviendra le second rôle récurrent de la franchise. Un  personnage très populaire parmi les fans et dont le légendaire « Hello, my friend, stay a while and listen » sera même utilisé comme introduction de certains titres de chansons (dans le metal, surtout). Ci-joint, un canular téléphonique assez remarquable utilisant la voix du vieux.

(2) La perspective isométrique est une méthode de représentation en perspective dans laquelle les trois directions de l’espace sont représentées avec la même importance, d’où le terme.

Le jeu est un succès à l’époque (à tel point qu’il est adapté sur la playstation de Sony) et les fans en redemandent. Blizzard récidive donc en 2000 avec le deuxième opus, sobrement intitulé  Diablo II. Tout ce qui a fait le charme du premier volet est réutilisé à l’excès. Le jeu est plus vaste, plus long, les environnements sont plus variés, les armes, les monstres, les boss et les cinématiques plus nombreuses. Le système de quête se fige pour devenir ouvertement dirigiste et linéaire et le jeu s’impose plus comme le précurseur du MMOG (3), reprenant un système existant déjà sur le premier volet (via Local Area Network), mais en inaugurant le premier gros serveur multijoueur de Blizzard, le fameux Battle.Net.

Les trois classes de personnages du premier épisode (guerrier, archer, mage) sont remaniées et c’est un total de 7 classes que le jeu original et son expansion Lord Of Destruction, proposent au joueur. Si la durée de vie ne perd pas au change, c’est l’ambiance qui prend un coup, la magie du premier opus opérant encore dans les esprits. C’est un peu comme les Aliens respectifs de Ridley Scott et James Cameron : on voit plus la bête dans le second volet et c’est ce qui est bien et dommage en même temps.

Du coup, l’intérêt de recommencer le jeu en mode cauchemardesque ou infernal s’essoufle pour qui n’est pas fanatique de level up.

(3) Jeu en ligne massivement multijoueur, massively multiplayer online game en anglais

Diablo 2 aura tout de même eu le mérite de proposer quelque chose de nouveau en terme de jeu en réseau et servira de base pour la construction de la franchise la plus prolifique de l’histoire du jeu vidéo, le célèbre War Of Warcraft. Mais, signe que le coeur des joueurs de la première heure est resté instaisfait, la convention de Blizzard, plus connue sus le nom de Blizzcon, fit sensation en 2008, annonçant la sortie prochaine du troisième Opus de la série. Une annonce accompagnée des notes du thème de Tristram, composé par Matt Uelmen qui eut son petit effet sur le public. Preuve que Blizzard pense comme une grosse machine depuis longtemps, cette séquelle était prévue depuis 2000 pour la fin de la première décennie du XXI ème siècle, comme on pouvait le lire à l’époque sur un organigramme accessible sur le site officiel du développeur.

Mais que les fans s’arment de patience, 2010 sera l’année de Starcraft II, la troisième franchise prestigieuse de Blizzard. Pour Diablo III, il faudra attendre 2011 voire 2012. Le jeu prend en tout cas un nouveau tournant, technologie oblige, tout en essayant de rester dans les harmoniques de son succès. Démonstration.

Bref, il ne nous reste plus qu’à nous armer de patience et attendre en surveillant les rares mises à jour sur le site du jeu. Quant à ceux qui n’ont absolument aucun intérêt dans ce genre de jeu et qui n’ont jamais connus ni Blizzard, ni Diablo… je vous envie…

PS:  Nok Phytrass, c’était le nom de mon personnage dans Diablo. D’où sors ce nom ? Eh ben, à part des tréfonds de mon imagination syllabique torturée, je ne vois pas. Quand j’ai fini Diablo 2 pour la première fois, mon personnage à été anobli et est donc devenu Sir Nok Phytrass, qui est devenu à son tour S.N.P., mon pseudo à Counterstrike ^^ Passionnant, non?

PHB

Jeux, PC

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A propos de l'auteur

Né au point A. En route pour le point G. Vous pouvez me retrouver sur mon blog perso..

9 réponses to “Diablo”

  1. thios says:

    J’adore tout simplement génial, Diablo est ma bible, Blizzard is my god!!!

  2. fylyp82 says:

    J’aimerai pas habiter à Tristram mais le thème de la ville a failli me convaincre du contraire :

    http://www.youtube.com/watch?v=Q2evIg-aYw8

  3. Nom says:

    J’espère que je ne mourrai pas avant d’avoir jouer à Diablo III

  4. Kryska says:

    J’ai toujours eu un peu de mal à jouer à ce genre de jeux moi^^
    Pourtant on m’en a dit que du bien, mais au risque de me faire taper je dirai juste que j’accroche pas.

  5. Grishka says:

    Blizzard… une légende vivante du jeu video !
    ET ne parlons pas de Diablo, une drogue reconnue du milieu.
    Très fun, avec une montée en puissance et en difficulté bien gérée, une système de jeu fait à la fois pour les joueurs novices / occasionnel, et les plus chevronné / collectionneur. Il sera toujours joué dans 10 ans ! Loué soit Diablo !

  6. Necro GMS says:

    Et niveau pronostiques ? Diablo 3 pour 2011 ou 2012, je vote pour le second choix hélas.

  7. Necro GMS says:

    En même temps c’est pas comme si l’on avait le choix. ;)

  8. fylyp82 says:

    Alors pour Diablo III, nous somme à lheure actuelle à 5 classes de personnages plus où moins complétées (barbare/witch doctor/mage/demon hunter/moine), et les grandes bases de l’univers sont posés. Le moteur du jeu à l’air de bien se porter, comme en témoigne la vidéo du Demon Hunter.
    Après, je crois qu’il vnt peaufiner le Gameplay, qui était paradoxalement et le point fort et le point faible de Diablo II.

    Fort car addictif, faible car trop répétitif.

    Blizzard va certainement aussi tirer les enseignements de Wow Cataclysm pour nous fournir un DIablo qui tiendra 5 ans sans vieillie. Ceci dit, jespère que le jeu sera aussi orienté mono que multi (parce que le multi, ça commence à bien faire).

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