The Dark Knight

THE DARK KNIGHT réalisé par Christopher Nolan
l’histoire :
La lutte acharnée de trois hommes pour prendre le contrôle d’une ville. Trois hommes. Trois concepts de justice, de liberté et de vie. Trois masques. Trois icônes.
IN THE HEAT OF THE KNIGHT
Sacré filou de Nolan !
Certes, Batman Begins laissait augurer du meilleur et ses précédents travaux ne manquaient pas de charme, mais alors là ! On peut dire que l’élève Nolan a bien travaillé son sujet et qu’il a mené sa barque comme il le voulait là où il le voulait.
Pas de virage à 180° en ce qui concerne ce nouveau second opus (et pas “Batman 6″ pour les deux du fond qui suivent pas), mais un approfondissement des thèmes et de la psychologie des personnages. Ainsi, The Dark Knight est le premier grand film de super-héros à s’offrir une vraie étude de caractères, comme on pouvait le voir dans le cinéma de Robert Altman, par exemple. Mais ce qui est vraiment réussi, c’est que Nolan parvient a additionner cette couche de son film (quand tellement d’autres les aurait soustrait les uns aux détriment des autres) a celle de la dimension Thriller/Polar, plus la mythologie batmanienne (avec ce qu’elle implique d’iconique et de spectaculaire dès l’introduction du héros) qui s’insert dans cet engrenage ficelé comme du papier a musique de velours. Les pièces s’imbriquent tellement bien les unes aux autres que, après coup, ça parait évident, alors que personne n’avait encore trouvé le ton adéquat pour adapter LE Batman de DC.

He need you ! Half...
« Soit on meurs en héros, soit on attends assez longtemps pour devenir soi-même le méchant », balance Harvey Dent au milieu du film. C’est l’idée maîtresse du film : quelles sont les limites (morales, éthiques, physiques, psychologiques, émotionelles) d’un homme quand il veut incarner l’idée même de justice ? Jusqu’a quel point on peut aller avant d’aller totalement dans la mauvaise direction ?
Le questionnement moral du film, son intelligence, encore plus que sa noirceur, c’est sa force, c’est ce qui porte l’action de tous les personnages, à s’affronter de plus en plus durement.
La construction du scénario est dingue, et on sent que le film a été pensé par un vrai monteur : pendant un quart d’heure on pense assister à une scène anodine, et trois séquences plus loin, chaque élément de la scène devient un élément capital, avec un effet boule de neige impressionant. Le film est dense, très dense, riche en informations. Comprenez par là qu’il va falloir s’accrocher et vraiment rentrer dans le film car c’est long, c’est tendu, c’est pas lourd mais c’est dur (comment ce film a pu obtenir le PG-13 ??????), et que chaque plan des plus de 2h30 du film est utile, indispensable et porteur d’une information importante.
Le titre du film n’est pas mensonger : c’est bien le Dark Knight de Miller qu’on voit naître ici, celui qu’on peut voir dans le film comme un véritable prequel au Dark Knight Returns qui a tant marqué. Un Uber-Batman ambigu, un joker qui fout la trouille, un dent qui fait pitié, un Gordon témoin de son temps comme un Saint-Jean et une ville si désespérée qu’elle ne peut porter qu’au plus profond d’elle-même qu’un espoir véritable, un renouveau, une aube nouvelle après la nuit la plus rude. Ce qui renvoie à New-York après le 11 septembre en 2008. Et les USA a l’aube de leurs prochaine éléctions. et le monde en général en cette fin des années 2000, mes bien chers frères.

"Miroir mon beau miroir, qui est le Batman ?"
Nolan s’est donc vraiment amélioré. Il délaisse, au mépris de ses comtemporains dieu merci, la caméra à l’épaule le plus possible pour se recentrer sur des angles très pointus en plongée ou contre-plongées, ainsi qu’une utilisation intelligente de la steady-cam (voir la scène de l’hôpital, vous comprendrez). Nolan s’est visiblement fait plaisir avec ses caméras numériques IMAX, et sûrement grisé par le champ des possibles que lui offrait cette profondeur de champ, il offre visuellement une vraie valeur ajoutée à la grammaire visuelle de Begins. On a là un vrai langage cinématographique cohérent, justifié, pensé et surtout vraiment ambitieux.
Le film affirme, il hurle même parfois son indépendance vis-à-vis de ses compatriotes en collants. Car ici, même si les effets en CGI sont présents(subtils), l’effet mis en piédéstal est toujours celui effectué sur le tournage en réel, avec des cascadeurs, comme pour mieux ancrer le film dans cet urbanisme brutal et froid, une réalité plus tangible qui rend ses personnages encore plus impressionants. Ce qui est normal pour un film qui se réclame de Heat comme si il en était une suite directe ! Les connaisseurs en seront peut-être même parfois choqués, les autres…. ne savent pas à coté de quoi ils passent !
Bon, la technique, c’est fait.

"And I thought my jokes were bad. "
52 CARTES PLUS UNE AUTRE
Si il y avait que ça. Bah oui, parce que en plus de se poser comme une somme d’intelligence qui explose un par un les codes d’un cahier des charges finalement inexistant, on a une palette d’acteurs extraordinaires a commencer par Bale, qui s’améliore tout le long du film, Aaron Eckhart, époustouflant et crédible tout le long (tout le contraire de Tommy Lee Jones), Maggie Gyllenhal qui fait beaucoup beaucoup beaucoup mieux que Katie Holmes avant elle, Morgan Freeman, Michale Caine, Gary Oldman, fidèles au poste et à l’aise avec très peu de scènes et de lignes de dialogues. On a même des troisièmes rôles de choix et on reconnaîtra ici ou là le père de Shane dans The L word, Richard le highlander de Lost, Le flic pourri de Prison Break et d’autres encore.
Et bien sûr….Vous vous doutez bien que je l’ai mis de côté jusqu’ici pour une bonne raison…
Heath Ledger.
J’en parle pas avant dans la critique parce que je tiens a dire que la réussite du film passe par un nombre astronomique d’hommes et de femmes devant et derrière la caméra avant de passer par lui. Le fait qu’il soit mort a sans doute tout changé. Honnêtement j’y pensais pas en regardant le film mais avant ou après, quoi qu’on en dise, on y repense toujours. Ce type est mort dans une chambre d’hôtel, seul, peut-être déprimé, du moins complètement insomniaque depuis des mois, marqué par son rôle et qui lui a bouffé littéralement sa vie au point qu’il prenne une dose mortelle de somnifères pour qu’enfin il ait droit au repos.
Je ne pense pas que la formation que fait suivre Nolan a ses acteurs soit responsable de la mort de Ledger. Certes la transformation physique qu’il a imposé a Bale pour Begins a été pour le moins….drastique. Mais je pense que le mec s’est surtout lui-même monté la tête pour être a la hauteur de tellement d’espoirs et de pressions…ce qui aboutit à un résultat sans précédent sur un rôle de méchant de comics.
Ce joker est très éloigné physiquement de celui qu’on connait dans les comics qu’on lit. C’est une interprétation bien spécifique qui s’imbrique dans une adaptation bien cadrée, urbaine, réaliste. Ce qui donne un psychopathe qui est à l’anarchie ce que Batman est a la justice de Gotham. Une machine impossible a arrêter. Un agent du Chaos, l’idée même de désordre qui veut se répandre et contaminer la ville. Ce mec est tout simplement devenu à l’écran un concept humain. Sans CGI, sans grande scène des origines explicative, sans culpabilité tragique. Juste une icône. Une putain d’icône. Et très franchement, il me fait froid dans le dos, chacune de ses apparitions étant aussi imprévisibles que brutales. Il s’est approprié le personnage corps et âme comme personne avant lui, et il n’a jamais trahit l’essence du matériau d’origine.
Il mérite l’oscar. Vraiment.
Réalisation cérébrale, acteurs a leur top, technique bluffante et old school a la fois…. Pas le meilleur film de super-héros mais alors très largement le comic-book movie le plus pensé qui ai jamais existé et qui, par sa portée médiatique, son universalité post-moderne, sa résonnance politique, morale, et sa dimension épique à représenter des dieux et des démons trop faillibles car faits de chair et de sang, va marquer son époque et pour longtemps.
6/6
Puisse Nolan survivre à son succès et créer le miracle impossible de faire encore mieux une troisième fois !







Attitude
mon avis a un poil évolué depuis que j’ai écrit ça.
je pensais que le film reposait sur la triangulaire batman/joker/dent, en fait c’est plutôt batman/gordon/dent vs joker et comment le joker influe différemment sur chacune de leurs visions de la justice. batman dérape et doit se sacrifier, gordon doit se faire passer pour mort pour le baiser et dent devient un émule du joker sur le principe du chaos impartial.
donc en fait c’est pas un triangle, c’est un carré dont l’un des 4 points est une variable jamais fixe.
J ai adoré ce film je n ai pu résister à le voir 4 fois au cinéma Christopher Nolan est un génie et il est très malin car il a reussi a sortir un acteur plutoto habibitué au ciné idépendant a savoir Christian”Batman ” Bale
Je ne cesse de le revoir en DVD
euuuuh….non ?
bale il a quasiment toujours tourné pour des films de studios, rien en indé. on parle d’un mec qui a été lancé par spielberg tout gamin et qui faisait des voix pour disney y’a 15 ans de ça.
il avait déjà fait des gros films avant, et pas qu’un ou deux.
Je me demandais si on pouvais même pas assimilé le tout à des figures de cartes : roi/Batman, dame/Dent, valet/Gordon… et le Joker.
Quoi qu’il en soit, excellent film, j’en vient à rêver à un 3 inspiré de Dark Knight de Miller, avec un Bruce vieillissant et Superman… mais je crois que je fantasme un peu là.
Mouai alors pour le côté carte je verrais plutôt ça jeux de tarot alors :
valet/Gordon, cavalier/Batman, dame/Rachel, Roi/Dent
bon ça reste discutable, mais j’aime bien l’idée de la dame tiraillée entre le cavalier et le roi… surtout qu’en ce qui la concerne le roi l’emporte sur le cavalier.
Sinon bah oui : excellentissime film avec un Joker énormissime ! Ben tiens d’ailleurs je m’en vais faire chauffer le Blu Ray
Film de malade, qui permets en plus de se replonger dans Batman Begins avec un réel enthousiame !