Clip n’ Play : Welcome to Kitschland 1
Bienvenue dans cette édition spéciale de Clip n’ Play qui va s’intéresser aujourd’hui à ce que l’immunité des goûts et des couleurs a fait de pire dans l’audiovisuel. Dans un souci d’impartialité objective, nous préférerons ici parler de « Kitsch », plutôt que d’accabler de termes plus séditieux les créations (avec un grand « C » mauve à pois marrons) qui vont vous être soumises. Petit rappel de Mr Larousse : Kitsch se dit d’un objet, d’un décor, d’une œuvre d’art dont le mauvais goût, voire la franche vulgarité, voulus ou non, réjouissent les uns, dégoûtent les autres. Si le terme, à l’éthymologie incertaine, est d’origine allemande, cette définition ne manque pas de nous rappeler que les plus grandes atrocités sont souvent inspirées par les meilleures intentions.
A noter aussi que ce Clip n’Play un peu spécial est le premier d’une série que nous espèrons aussi longue que prolifique. Commençons donc sans plus tarder par un détour vers le Mexique.
Voici donc une première petite merveille que je tenais à partager avec vous : La reprise de Voyage Voyage de la kitschissime française Desireless par les Mexicains du Boy Band Magneto, formé en 1983. J’ai été tenté de vous présenter le clip officiel, mais ce dernier est bien moins parlant que ce playback live enregistré dans le cadre d’une émission télévisée de variété. Les fans pourront se procurer le DVD La Historia de Magneto. Faites bien attentention au trio de tête et aux musiciens. Le reste se passe de commentaires.
Je proclame la séquence suivante « Homemade » du mois ! Je sais, ce n’est pas bien de se moquer. Mais bon, parfois, il n’est tout simplement pas possible de faire autrement, surtout quand il s’agit du jeune artiste latino dont le clip m’a donné l’idée de lancer cette rubrique. Yber, qu’il s’appelle. Stay With Me, qu’il chante, sur un fond de clavier Casio à 20 dollars des années 90. Verdict : c‘est infernal. Il ne chante pas, Yber : il expire du nez. Faut-il vraiment que jeunesse se passe ? Bref, toujours est-il que si ça vous intéresse, c’est mon ami sur Myspace !
Alors là c’est du spectaculaire ! Les mots ne suffisent pas pour exprimer ma stupeur face à ce ….truc des années 80 ! D’ailleurs, l’auteur lui-même semble s’être explosé une durite ou deux pour composer les paroles. Et que dire de la chorégraphie, du montage et de l’instru ! Alors, soit c’est du 69ème degré soit … je veux pas savoir. En tout cas, Pierre Billon nous fait grâce d’une version karaoké de son titre, ce qui vous permettera d’en apprécier pleinement les paroles. Notez au passage que la Bamba Triste a été composée avec l’aide d’Eric Bouad, ancien guitariste de Johnny (avec lequel Billon a aussi travaillé) et membre des Musclés du club Dorothé. Là, je commence à comprendre…
Vous pensiez avoir touché le fond ? Et bien non ! L’Amérique du Nord n’est pas en reste avec ce monument du mauvais goût, salement teinté de misogynie primaire, j’ai nommé Show Me Your Genitals (2009), par le quebecois Jon Lajoie. Le pire, c’est qu’il fait salle comble, ce type, avec sa chemise enfoncée dans son short de pêcheur et ses textes de pornographes de chez Red Tube ! Allez comprendre ! Bref, Jon Lajoie, c’est une autre idée du gore, un Orselan (1), mais en moins haineux. Aaaah! Ces hommes qui viennent de Mars…
(1) Orselan, c’est ce french rappeur qui avait composé un titre dédié à son ex-copine, tendrement intitulé Sale Pute.
Et pour finir, voici celui qu’un internaute a surnommé le « Prince sans couronne de la pop kitsch », Dave Pop, avec son pathétique (ya pas d’autre terme) I’m in Love with someone. Sur son site à la mise en page plus qu’indigeste, vous aurez tout le loisir de sonder le personnage alors que cette vidéo sur You Tube a été visionnée la bagatelle de 627 fois (dont 4 pour l’intégrer à cet article). Bon, pour du fait main, le master est correct, mais c’est bien la seule chose qui tienne la route. Après, si vous êtes fans, je ne vous jugerai pas (croix de bois croix de fer, si je mens je vais en enfer).
Voilà, c’est tout pour cette édition de Clip n’ Play spécial Kitsch. Comme promis, nous reviendrons bientôt avec d’autres petites perles de la créativité contemporaine (j’en ai plein en réserve). Je ne sais pas pour vous, mais personnellement, tous ces clips me font penser à ces fameux devoirs, à l’école ou à la fac, que je pensais avoir réussi au-delà de toute espérance avant que la correction ne me fasse réaliser à quel point j’avais pu me planter. Il y a parfois tellement de bonne volonté dégagée par les auteurs de ces clips dont nous aimons nous moquer que je me demande s’il savent vraiment ce qu’ils font.
Mais bon, de un, ça les regarde, et de deux, tant mieux pour nous !
^_^ Allez, à bientôt ! ^_^
PS : Le Chesterfield Sofa en tête d’article est signé Squint Limited (4,400 livres sterling, soit 5152 euros et des poussières).

Pierre Billon !!!
Un incontournable, un monument de la chanson française!
N’est-ce pas? ^^