Che : part one

CHE : PART ONE de Steven Soderbergh
(Che – première partie – l’Argentin)
L’histoire :
Dans la deuxième moitié des années 50 commence la révolution cubaine sous le contrôle de Fidel Castro pour renverser le gouvernement de Batista. Ascension du jeune Ernesto Guevara qui deviendra commandant et emmènera ses hommes jusqu’à la victoire finale lors de la bataille de Santa Clara.

Go ! Go ! Go !
VIVA LA REVOLUCION
Le Che au cinéma ça donne quoi ?
40 ans après sa mort, finalement très peu ont osé attaqué le sujet, et encore moins de front. Outre Soderbergh, le Che n’a été utilisé qu’a 4 reprises : d’abord dans Che! de Richard Fleischer sorti a peine 2 ans après sa mort avec Omar Sharif dans le rôle titre et Jack Palance en Fidel Castro, puis dans l’abominable Evita où le révolutionnaire était réduit à une figure d’opérette sous les traits d’Antonio Banderas (ou pas) et enfin dans Carnets de Voyage de Walter Salles, sorte de Batman Begins d’un Guevara Easy-rideresque de l’Amérique du sud des années 50. Ce dernier film présente un intérêt particulier : après vision des films, Soderbergh semble avoir pris le parti de vouloir donner une sorte de suite à ce film, et il s’inscrit parfois dans la même veine factuelle.
Attention, aujourd’hui apprenons un nouveau mot ensemble pour frimer en soirée : « factuel ». Est factuel une oeuvre qui se limite aux faits dans sa représentation d’une histoire vraie.
Alors que les carnets de voyage était aussi indispensable à la compréhension de la réflexion idéologique et politique du barbu qu’incroyablement lent, long et ennuyeux (merci donc à Salles de s’être dévoué pour la sale besogne), Soderbergh opte pour la même approche visuelle et ne tente jamais de glorifier, de critiquer ou de juger les actes du fumeur de cigares. En se limitant aux faits et simplement aux faits, le côté incroyable, miraculeux et immense de la vie du Che n’en ressort que dramatiquement plus. Pas d’énormes clichés sur le côté héroïque ou monstrueux, juste un suivi de docu-fiction pseudo-quotidien de la campagne Cubaine.
Venant d’un roublard comme Soderbergh, c’est la narration qui impressionne : on pensait voir un biopic politique tièdement engagé, on se retrouve avec un magnifique film de guerre.
Le montage hyper-structuré des scènes de vie de la colonne et des guérilleros individuellement étant placés a proximité de scènes de batailles plus ou moins grandes, toujours filmé de manière épurée à l’extrême, le tout mis en parallèle du voyage du Che 10 ans plus tard à New-York à l’ONU. Tout se complète a la perfection : la partie new-yorkaise en noir et blanc distille au compte-gouttes l’idéologie de l’Argentin, de son explication du Marxisme et de sa justification de sa politique radicale une fois au pouvoir tandis que la partie cubaine saturée du vert des forêts et des jungles resplendit de la mise en pratique de ses idées, toujours dans l’action.
Il n’est donc pas ici question (et encore heureux) d’essayer de convaincre que Guevara était un messie, un héros, un sauveur ou au contraire un dangereux monstre communiste. La simple présentation des faits, sur la campagne cubaine, ne fait que révéler un homme, juste un homme, avec des idées, des principes et un bazooka. Il apparaît donc comme une sorte de James Bond qui serait devenu marxiste révolutionnaire, une icône romantique et violente (oui il est homophobe et il exécute dans le film et ça lui pose aucun problème), avec un charisme hors-du-commun et un sens de la répartie naturel.

"Descendez-moi ces salopards de snipers !" Counter Strike powaaaaaa !!!
Et tout ça serait déjà pas mal mais Soderbergh réserve le meilleur pour la fin : la bataille de Santa Clara.
Alors que le ton, tout de même assez auteurisant permettait peu d’excentricités de mise-en-scène, on nous pose comme ça, une bataille de plus d’une demi-heure. 300 guérilleros contre 3000 Soldats de Batista. Et on les voit se battre pour chaque parcelle de rue, chaque bâtiment, l’hôpital, l’église, l’hôtel. Il faut descendre le train d’armes et de renforts, il faut attaquer les camions de soldats, prendre a revers des snipers, s’occuper des blessés. Tout est détaillé, ça dure des plombes, c’est même interminable, c’est donc ultra-jouissif. Et le mieux dans tout ça c’est que Soderbergh reste cramponné à son réalisme comme si sa vie en dépendait. Chaque effet est donc insidieusement amené de manière subtile (la musique d’ambiance Iglesias est parfaite).
Soderbergh refuse le biopic académique. Non il ne montrera pas la photo de Korda, non il ne montrera pas le Che victorieux et tout puissant à la Havanne, non il ne montrera pas les états-majors, non il ne mettra pas en scène Batista, Eisenhower ou Kennedy. Il suit le Che, juste le Che et se permet de terminer cet épisode sur une note humoristique bienvenue, le tout dans la plus grande cohérence.
6/6
Le meilleur film de Soderbergh ! Qui l’eut cru ?
Malgré le côté un poil looong, j’avais bien aimé Carnet de Voyage. Puis se sera l’occasion de retrouver Soderbergh, que je n’ai pas vu depuis Ocean Twelve… Je devrais me faire fouetter tient.
Bah comme quoi je me suis planté en me fiant à mes préjugés su ce film…
Je me rattraperai sur le DVD !
Ce film ne m’a pas tenté à sa sortie, là ça me dit un peu plus…
Sur la pile des trucs à rattrapper !