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	<title>Blog-Bazar &#187; Bibliothèque</title>
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	<description>Blog touche a tout</description>
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		<title>La Saga du Sorceleur</title>
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		<pubDate>Sun, 18 Dec 2011 07:00:38 +0000</pubDate>
		<dc:creator>grishka</dc:creator>
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		<description><![CDATA[J'en suis venu à m'intéresser à ce livre grâce à son adaptation videoludique intitulée The Witcher. L'ironie de la chose, c'est que je me suis basé sur les différents tests que j'ai lu, si bien qu'en commençant le bouquin je n'avais en fait jamais jouer au jeu. Et quoi qu'il en soit je n'avais jamais vu le nom de l'auteur en librairie, ce qui prouve que je ne cherche jamais assez. Mais après de longues heures à jouer à STALKER, je dois être mûr pour la littérature de l'Est :-)]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Le Sang des Elfes</strong> &amp; <strong>Le Temps du Mépris</strong> &#8211; tomes 1 &amp; 2<br />
de <em>Andrzej Sapkowski</em> - <em>Bragelonne</em></p>
<div><img class="aligncenter size-full wp-image-7921" title="sorceleur 1" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/12/sorceleur-1.gif" alt="" width="301" height="475" /></div>
<p>J&#8217;en suis venu à m&#8217;intéresser à ce livre grâce à son adaptation videoludique intitulée The Witcher. L&#8217;ironie de la chose, c&#8217;est que je me suis basé sur les différents tests que j&#8217;ai lu, si bien qu&#8217;en commençant le bouquin je n&#8217;avais en fait jamais jouer au jeu. Et quoi qu&#8217;il en soit je n&#8217;avais jamais vu le nom de l&#8217;auteur en librairie, ce qui prouve que je ne cherche jamais assez. Mais après de longues heures à jouer à STALKER, je dois être mûr pour la littérature de l&#8217;Est <img src='http://www.blog-bazar.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':-)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>La Saga du sorceleur est composée de 5 romans et quelques nouvelles, jusqu&#8217;à maintenant. L&#8217;auteur ayant développé un univers très riche et cohérent, il serait presque surprenant qu&#8217;aucune nouvelle aventure ne parvienne sur nos rayon, surtout avec le succès du jeu-vidéo qui à permis aux livre de se refaire une santé en librairie.<br />
Ce sont les deux premiers tomes qui nous intéressent aujourd&#8217;hui, <strong>Le Sang des Elfes</strong> et <strong>Le Temps du Mépris</strong>.</p>
<p>Si on a bien affaire à un univers de fantasay, Sapkowski évite malgrés tout les pièges trop évidents du déjà vu ou du trop exotiques (des pièges certes, mais pas forcément des faiblesses). Géralt De Riv, notre sorceleur, est un homme très fier, sur de lui et cynique. Un sorceleur est un homme consommant des mutagènes lui permettant d&#8217;améliorer ses capacités. Il s&#8217;est fait une spécialité de tueur de monstres, et ne touche pas à le magie. Lors des chapitres en sa compagnie, on découvre un individu au caractère assez marqué, quoique réservé, qui tente coute que coute de suivre son éthique et sa morale dans un monde ou l&#8217;intérêt personnel, le racisme et l&#8217;appat du gain mènent la danse. Geralt n&#8217;est pas un chevalier servant ne vivant que pour secourir la veuve et l&#8217;orphelin : il monaye ses talents de tueur de monstres quelles que soient les circonstances. Il sait pertinement qu&#8217;il aura gain de cause, car personne à part lui ne pourra régler la situation. Il n&#8217;a que faire de l&#8217;honneur et de la reconnaissance, et ne vit pas pour aider son prochain : il à un talent, et en fait son gagne pain. c&#8217;est un sorte d&#8217;enflure au coeur tendre.</p>
<div><img class="aligncenter size-full wp-image-7922" title="sorceleur 2" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/12/sorceleur-2.jpg" alt="" width="450" height="700" /></div>
<p>Il est aussi adroit qu&#8217;il est borné. Non dénué d&#8217;intelligence, il préfera toujours se fier à ses instincts et son expérience plutôt que de suivre les conseils avisés soumis par ses rares amis, n&#8217;hésitant pas ainsi à foncer dans le tas, parfois au mépris des conséquences. Ce comportement est en partie lié à sa position sociale : Pour le peuple, il est un individu dangereux, et son statut de mutant (inexpliqué pour la quasi totalité de la population) le met à la portée du racisme commun. Mais rares sont ces clients à le respecter tel qu&#8217;il est, sans le craindre ni le mépriser. Pour les hommes d&#8217;armes expérimentés, il est dangereux, quant aux mages, ils le méprisent, le voient comme une curiosité vaguement intéréssante, comme un bon numéro de comique.</p>
<p>L&#8217;intrigue déployée par l&#8217;auteur bénéficie d&#8217;un background complexe et fouillé, avec un contexte politique solide où il sera parfois difficile de saisir qui sert qui ou trahit qui, tant il y a de personnages différents. Mais on croisera tout de même les poncifs du genre : mercenaires, armées, magiciens, bourgeois et populaces, ainsi qu&#8217;un bestiaires fantastique classique mais efficace. Mon premier regret est que (jusque la), l&#8217;auteur n&#8217;est pas plus developpé les différentes ethnies.</p>
<p>L&#8217;univers du sorceleur est assez noir et adulte. Comme je l&#8217;ai dit, un climat de racismes permanent plante un déccord propice aux atrocités et vendettas de toutes sortes. L&#8217;auteur n&#8217;hésite pas à aborder d&#8217;autre thèmes comme le sexe, la pedophilie, le meurtre, le sacrifice. Ce qui déstabilise c&#8217;est sa façon d&#8217;en parler : parfois très directement avec un vocabulaire assez rude mais simple, parfois de façon détournée et subtile. Cette alternance n&#8217;est pas foncierement justifiée par le texte, donant le sentiment que l&#8217;auteur choisi selon l&#8217;humeur du moment.</p>
<p>Autre défaut pour moi : le vocabulaire utilisé. La je ne comprend pas, et comme j&#8217;ai arrêté le polonais en 5ème année de maternelle je n&#8217;arrive pas déterminer si, c&#8217;est un défaut de l&#8217;oeuvre ou de la traductrice. Mais l&#8217;utisation de certains mots ou locutions generalement lié à un contexte moderne fait tache. Quand l&#8217;auteur cite un &laquo;&nbsp;poing americain&nbsp;&raquo;, on sort immédiatement du récit. Cela ne se produit pas à chaque page, mais trop de formulations ou locutions introduisent systématiquement une distance entre l&#8217;histoire et le lecteur, c&#8217;est un gros frein à l&#8217;immersion. Sans oublier que pour le reste, l&#8217;ecriture reste tres simpliste, et les dialogues ne viennent pas vraiment relever le niveau.</p>
<div><img class="aligncenter size-full wp-image-7923" title="sorceleur 3" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/12/sorceleur-3.png" alt="" width="358" height="400" /></div>
<p>Ces quelques regrets exposés, l&#8217;histoire se laisse decouvrir de façon tres plaisante, avec un rythme changeant et quelques alternances de points de vue toutes les 5 à 10 pages.<br />
Reste donc une aventure bien construite, dans un univers qui bien que peu original, brille par sa complexité et le climat social qui y reigne, le tout emballé dans une écriture et un style sympa, avec des chapitres sans saveur particuliére. Cela dit, la fin du tome 2 relève légèrement le niveau général, esperons que ça continue comme ça. C&#8217;est dommage, mais ça vaut quand meme le coup de s&#8217;y plonger, ne serait ce que pour le sorceleur lui-même, qui reste un personnage trés intéressant.</p>
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		<title>Le cycle Tiphaine Patraque</title>
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		<pubDate>Fri, 16 Dec 2011 03:55:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>grishka</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Tiphaine Patraque, apprentie sorcière atypique dont le quatrième volume des aventures est paru le 21 avril cette année dans nos grises contrées. Estampillée Roman du Disque-Monde  en lieu et place des habituelles Anales du Disque-Monde, cette mini-série ne renie par pour autant ces compatriotes et s'évertue au fur à mesure à resserer les liens avec d'autres personnages et lieux connus.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<ul>
<li><strong>Les Ch&#8217;tis Hommes Libres</strong>  (<em>The Wee Free Me</em>n) &#8211; 2006</li>
<li><strong>Un Chapeau de Ciel</strong> (<em>A Hat Full of Sky</em>) &#8211; 2007</li>
<li><strong>L&#8217;Hiverrier</strong> (<em>Wintersmith</em>) &#8211; 2009</li>
<li><strong>Je M&#8217;Habillerai de Nuit</strong> (<em>I Shall Wear Midnight</em>) &#8211; 2011</li>
</ul>
<p>de <strong>Terry Pratchett</strong></p>
<p><strong></strong><br />
<img class="aligncenter size-full wp-image-7892" title="Les Ch'tits Hommes Libres" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/12/Les-Chtits-Hommes-Libres-e1323937835202.jpg" alt="" width="500" height="700" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Terry Pratchett</strong> c&#8217;est une sorte de dieu pour moi. Voilà maintenant presque 10 ans que ces livres m&#8217;accompagne au grés des sorties françaises et depuis peu anglaises. Presque 10 ans. Je suis pas un très gros lecteur, mais je lis quand même pas mal de livres, et c&#8217;est le seul auteur dont je puisse dire : &laquo;&nbsp;j&#8217;ai grandi avec&nbsp;&raquo; et ça, c&#8217;est pas rien.<br />
Forcément, j&#8217;ai aussi vu l&#8217;auteur évoluer, mûrir, entre l&#8217;âge et la maladie (il lutte contre Parkinson depuis quelques années). Son style, si fluide, imagé et satirique n&#8217;a cessé de se bonnifier au fil du temps, si bien que si un roman de Terry est toujours rapidement identifiables, je préfères quelqu&#8217;uns des récents aux premiers.<br />
Et dans les récents, il y a Tiphaine Patraque, apprentie sorcière atypique dont le quatrième (et dernier ?) volume des aventures est paru le 21 avril cette année dans nos grises contrées. Estampillée <em>Roman du Disque-Monde </em> en lieu et place des habituelles <em>Anales du Disque-Monde</em>, cette mini-série ne renie par pour autant ces compatriotes et s&#8217;évertue au fur à mesure à resserer les liens avec d&#8217;autres personnages et lieux  connus.<br />
Tout commence avec <em>Les Ch&#8217;tis Hommes Libres</em> (<em>The Wee Free Men</em>). <em>Tiphaine Patraque</em> est la fille d&#8217;un fermier dans le Causse, un pays de coline que ne renierai pas un <em>hobbit</em>. La vie n&#8217;y est ni trop facile, ni trop dure, c&#8217;est juste la vie quoi. <em>Tiphaine</em> à 9 ans, aide ses parents du mieux et a les pieds bien sur terre : elle sait autant gerer la fabrication du fromage, le nettoyage de l&#8217;étable, que le monstre de la rivière. Quand son petit frère se fait enlever par la reine des fées, elle sait logiquement que personne d&#8217;autre dans le coin ne peut se charger de l&#8217;affaire, et va donc le chercher, armée d&#8217;une poele à frire et des <em>Feegles</em>. Qui ne sont autres que des tout petits bonhommes bleus en kilt, très costauds, passablement bagarreurs et souvent alcoolisés. Et je vous parle pas de leur défauts… De toute façon faudra s&#8217;y faire, ils suivent <em>Tiphaine</em> tout au long des quatre bouquins.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div><img class="aligncenter size-full wp-image-7894" title="Un Chapeau de Ciel" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/12/Un-Chapeau-de-Ciel-e1323937903865.jpg" alt="" width="500" height="695" /></div>
<p><em>Tiphaine</em> est un personnage très attanchant. Déjà parce qu&#8217;elle est débrouillarde et mature, mais surtout elle réfléchit à tout, et voit et comprend beaucoup plus de choses que le commun des habitants du <em>Causse</em>. Car <em>Tiphaine</em> est une sorcière, et elle va devoir apprendre non seulement la sorcellerie, mais la vie.<br />
<strong>Pratchett</strong>, qui n&#8217;a jamais eu le bégin pour les clichés, ne parle pas ici de sorcellerie classique avec son déluges de baguettes magiques, effets spéciaux et formules magiques rigolottes. Non, la sorcellerie ici est difficile, mal payée, utile et pourtant souvent mal vue. Les sorcières ne sont pas exemptes de pouvoirs, mais le plus grand consiste à écouter, observer et comprendre. Une sorcière, c&#8217;est celle qu&#8217;on appel quand une femme va accoucher, quand le grand-père à encore mal au dos, ou quand deux voisines ne s&#8217;entendent pas, que la jument est malade… C&#8217;est celle qui sait les choses, et parce qu&#8217;elle sait ces choses là, elle est redoutée. Et une sorcière intelligente fait toujours en sorte d&#8217;être quelque peu redoutée. Elle prend les décisions faciles et difficiles, et on l&#8217;écoute, parce que personne d&#8217;autre ne les prends. Très peu de magie là dedans (en même temps la magie c&#8217;est bon pour les mages !). Les sorcières ne réclament jamais d&#8217;argent, mais ont trouve toujours un moyen de les payer (encore qu&#8217;aucune n&#8217;utiliserai jamais ce mot là) : elles ne manquent jamais de nourriture, vieux tissus, chaussure ou bois de chauffage.<br />
Certaines ont malgrés tout quelques talents spéciaux, mais s&#8217;en servent peu. Oh, et elles volent en balais bien sur. Non pas qu&#8217;elles sachent les faire voler, ce sont les nains qui fabriquent les balais volants, tout le monde sait ça non ?<br />
J&#8217;ai trouvé cette vision de la sorcellerie absolument géniale. Parce que franchement, les sorcières avec boules de feu et tout le tralala, on patauge littéralement dedans, et si les visions originales de la magie existent, elles restent en minaurité (Gagner la Guerre, Le Sorcelleur, Jonatan Strange &amp; Mr Norrell pour ne citer qu&#8217;eux). Tiphaine apprend à la dure, dans la vraie vie ou les vieux ont besoin d&#8217;aide pour aller aux toilettes ou prendre un bain, ou les gens ne sont pas bien malin et les taches difficiles sont toujours aussi dificiles. Mais il faut bien que quelqu&#8217;un les fasses pas vrai ? Cela étant dit, Tiphaine à quand même quelques talents plus magiques, mais motus, vous découvrirez ça vous-mêmes.</p>
<p>&nbsp;</p>
<div><img class="aligncenter size-full wp-image-7893" title="L'Hiverrier" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/12/LHiverrier-e1323937934263.jpg" alt="" width="500" height="686" /></div>
<p>Pour des romans qualifiés jeunesse, les aventures de <em>Tiphaine</em> se permettent d&#8217;aborder pas mal de sujet sérieux, parfois bien noir comme cette jeune fille enceinte battue par son père qui en vient à perdre son bébé. Ce parti pris a d&#8217;ailleurs alimenté quelques discussions de fan opposant joyeusement les univers et thèmes de<em> Harry Potter</em> à <em>Tiphaine Patraque</em> (discussions sur-alimentée par une lettre de <strong>Pratchett</strong> au <strong>Times</strong>, <a title="reaction pratchett" href="www.beyondhogwarts.com/story.20050802.html">suivi de cette réaction</a>). Personnellement j&#8217;ai lu les deux, j&#8217;aime les deux et même s&#8217;il est tentant de faire quelques comparaisons, je ne pense pas que ce soit très pertinent : chaque série à des choses différentes à dire, à montrer. Les seuls points communs se résument à l&#8217;univers de la magie (et c&#8217;est clairement pas le même) et à un personnage principal jeune devant grandir. De plus, là où saga de <strong>Rowling</strong> nous offres des personnages évoluants et grandissants dans une histoire de fond vaste et très bien menée, Pratchett lui s&#8217;intéresse à l&#8217;évolution de <em>Tiphaine</em>. Chaque livre à son histoire propre, avec quelques liens et renvois aus précédents, mais on a pas de grande trame de fond prenant le pas sur le personnage ou le guidant vers un dénouement.<br />
Les personnages secondaires sont, comme souvent sous la plume de <strong>Pratchett</strong>, tout aussi bons les uns que les autres. On découvre beaucoup de nouvelles têtes et quelques connues (<em>Mémé Ciredutemps</em> en tête de liste). Je trouve qu&#8217;avec le temps l&#8217;auteur maitrise de mieux en mieux la notion d&#8217;univers partagé : sans parler de lien entre les histoires, on trouve de plus en plus de références, de personnages connus, de contextes introduis par d&#8217;autres tomes. <em>Je m&#8217;habillerai de nuit</em> est à ce titre exemplaire puisque on y croise <em>Ankh-Morpork</em>, avec notemment <em>le Guet</em> et même un personnage qu&#8217;on avait pas revu depuis… le troisème tome des annales ! <strong>Terry</strong> s&#8217;amuse à relier les points, de façon toujours justifiées par l&#8217;histoire. Et disons le tout net, on adore ça ! C&#8217;est un vrai plaisir de fan.<br />
Une autre chose qui me fait plaisir : il y a quelques histoires secondaires qui émmergent, et j&#8217;ai été assez surpris à chaque fois par leur déroulement, tout simplement parce que j&#8217;étais persuadé d&#8217;avoir deviné la suite. Des surprises de temps en temps, on va pas cracher dessus quand même.</p>
<div><img class="aligncenter size-full wp-image-7891" title="Je m'Habillerai de Nuit" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/12/Je-mHabillerai-de-Nuit-e1323937960860.jpg" alt="" width="500" height="685" /></div>
<p>Voilà encore une bonne série de <strong>Sir Terry</strong>. J&#8217;ai dévoré les quatres bouquins avec plaisir (aux éditions <em>Atalantes</em> as always) et j&#8217;espère revoir miss <em>Tiphaine</em> un de ces quatre au détour d&#8217;un nouveau livre. Que vous aimiez ou non la fantasy et quelque soit votre âge, je ne peux que vous recommander cette perle.</p>
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		<title>Nanobook : Juan Giménez</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Nov 2011 09:32:26 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Juan Antonio Giménez López est un dessinateur argentin de bandes dessinées. Né le 26 novembre 1943, à Mendoza, dans l&#8217;ouest de l&#8217;Argentine, non loin de la Cordillères des Andes, il s&#8217;installe définitivement en Europe dans les années 1970, sur la Costa Brava espagnole. Plébiscité à plusieurs reprises par les lecteurs du magazine ibérique Comix dans les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong></strong><strong>Juan Antonio Giménez López </strong>est un dessinateur argentin de bandes dessinées. Né le 26 novembre 1943, à Mendoza, dans l&#8217;ouest de l&#8217;Argentine, non loin de la Cordillères des Andes, il s&#8217;installe définitivement en Europe dans les années 1970, sur la Costa Brava espagnole. Plébiscité à plusieurs reprises par les lecteurs du magazine ibérique <em>Comix</em> dans les années 80, il atteint le faîte de sa célébrité en France avec <em>La Caste des Meta-Barons</em>, une série créée aux côtés d&#8217;<strong>Alexandro Jodorowsky</strong>, qu&#8217;il admire beaucoup pour son travail de scénariste au service des pinceaux de <strong>Jean Giraud</strong>, alias <strong>Mœ</strong><strong>bius</strong> (notamment sur <em>Dune</em>, en 1975).</p>
<p>Juan Giménez lui-même n&#8217;a d&#8217;ailleurs pas à rougir de son talent : en plus de quarante ans de carrière, il a en effet réussi à s&#8217;imposer comme un poids lourd de la bande dessinée de science-fiction européenne, avec une patte graphique qui se rapproche de celle de <strong>Mœ</strong><strong>bius</strong> ou d&#8217;<strong>Enki Bilal.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/paysages_1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7710" title="Juan Gimenez 2" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/paysages_1.jpg" alt="" width="450" height="127" /></a><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/pag16_17.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7711" title="Juan Gimenez 3 Space Ship" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/pag16_17.jpg" alt="" width="524" height="350" /></a><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/vaisseaux_2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7712" title="Juan Gimenez 4 Spaceship" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/vaisseaux_2.jpg" alt="" width="450" height="229" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&#8217;Argentine dans laquelle grandit cet artiste est celle du mouvement national-populaire du Président <strong>Juan Péron</strong>, qui s&#8217;installe au pouvoir en 1945 et celle de l&#8217;afflux des nazis en fuite en provenance d&#8217;Europe à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. C&#8217;est aussi le pays dépositaire d&#8217;une économie qui s&#8217;installe à la neuvième place en 1950, profitant logiquement de l&#8217;affaiblissement de la vieille Europe, encore convalescente. C&#8217;est enfin l&#8217;Argentine des dictatures déguisées et des récessions chroniques, qui oblige finalement l&#8217;auteur à s&#8217;installer en Europe dès 1970 pour excercer son métier de dessinateur de BD, une vocation précoce, aiguisée à l&#8217;aide de cours de mécanique de précision, de dessin industriel et de dessin tout court, à l&#8217;Académie des Beaux-Arts de Barcelone.<strong> </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/metabarons_01.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7714" title="Juan Gimenez 5, Metabarons" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/metabarons_01.jpg" alt="" width="530" height="690" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Talent précoce, Juan Giménez commence dès l&#8217;âge de 10 ans à recopier les couvertures des livres de poches ou des magazines importés d&#8217;Espagne. C&#8217;est ensuite dès l&#8217;âge de seize ans qu&#8217;il commence à publier ses premières histoires dans la presse de son pays natal. Le neuvième art dispose déjà à cette époque d&#8217;une assise solide dans ce pays d&#8217;Amerique du sud depuis la moitié du XIXème siècle. C&#8217;est en effet à partir de l&#8217;Adoption de la Constitution de 1853, qui marqua la fin de la dictature de <strong>Juan Manuel De Rosa</strong> (1793-1877), que commencèrent à se multiplier les illustrations satyriques dans la presse, fortement influencées par les lithographies caricaturales publiées par les émigrants venus d&#8217;Europe. Il fallut ensuite attendre le début du XXème siècle pour que &laquo;&nbsp;l&#8217;historieta&nbsp;&raquo;, surfant sur la vague du succès des <em>comics</em> nord américains, ne s&#8217;installe définitivement dans les pages des quotidiens et magazines, avant de connaître son âge d&#8217;or dans les années 40.</p>
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<p><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/comb.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7720" title="combate, premières illustrations" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/comb.jpg" alt="" width="500" height="349" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Juan Giménez confiait en 2006, dans une interview publiée sur le site <a href="http://www.actuabd.com/Juan-Gimenez-Je-recherche-avant-tout-l-esthetisme">ActuaBD.com</a>, que la recherche de l&#8217;esthétisme était le principal moteur de sa démarche artistique. L&#8217;artiste a par ailleurs su se donner les moyens de satisfaire cette exigence en prenant, dès ses débuts, l&#8217;habitude d&#8217;aller au cinéma pour ensuite reconstituer avec de la pâte à modeler les scènes les plus spectaculaires des films projetés. Il justifiait également sa préférence pour la scicence-fiction dans le même entretien :</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;La science-fiction a un avantage important : on est libre de laisser vaquer son imaginaire et d’inclure au récit toutes les digressions et les inventions que l’on souhaite ! Ceci dit, je m’inspire des objets actuels, et sur base de cette documentation, j’extrapole&#8230; tout en veillant à être respectueux des contraintes techniques et scientifiques !&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/Juan-Gimenez-Le-Quatrieme-Pouvoire2-sample.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-7722" title="Juan Gimenez 5, Le 4eme pouvoir" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/Juan-Gimenez-Le-Quatrieme-Pouvoire2-sample-1024x724.jpg" alt="" width="689" height="487" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Après l&#8217;Espagne et l&#8217;Italie, la France découvre à son tour le talent argentin avec l&#8217;<em>Etoile noire</em>, une histoire scénarisée par <strong>Ricardo Barreiro</strong> et publiée par<em> Glénat</em> en 1981. Le premier-né d&#8217;une honorable série d&#8217;albums qui paraîtrons tantôt sous le label <em>Glénat/Comics</em> (<em>Mutante</em>; <em>Gangrène</em>), tantôt chez<em> Les Humanoïdes Associés</em> (<em>La Véritable Histoire de Leo Roa; La Caste des Métas-Barons</em>),<em> Albin Michel </em>(<em>Titania</em>), <em>Bagheera</em> (<em>Le regard de l&#8217;Apocalypse</em>) et <em>La Sirène</em> (<em>Arkhanes</em>) mettront également l&#8217;auteur en avant du début des années 80 à aujourd&#8217;hui, à travers divers récits illustrés ou recueils d&#8217;illutrations. Les noms des scénaristes travaillant à ses côtés se sont également succédés au fil des albums, alors que le dessinateur s&#8217;est lui même attelé à cette noble tâche sur certaines histoires (<em>La Véritable Histoire de Leo Roa, Titania,</em> L<em>e Quatrième pouvoir&#8230;)</em>.</p>
<p>A noter que l&#8217;<em>Etoile Noire</em> est la deuxième et dernière histoire qui marque sa collaboration avec Ricardo Barreiro après <em>As de Pique</em>, un album en noir et blanc paru chez <em>Les Humanoïdes Associés</em> en 1977.</p>
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<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/AS-DE-PIQUE_CAF.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7736" title="Juan Gimenez 9 As de pique" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/AS-DE-PIQUE_CAF.jpg" alt="" width="621" height="837" /></a></p>
<p>Il faut également mettre au crédit de l&#8217;argentin son talent d&#8217;illustrateur au sens strict, qui lui a permis de devenir une figure très demandée dans les divers métiers de la conception graphique, et un grand producteur de story-boards pour le cinéma. Il a d&#8217;ailleurs participé en 1981 à la création d&#8217;un épisode de <em>Metal Hurlant</em>, Le film. Il fut également récompensé en 1990 par le <em>Gaudi</em> du meilleur dessinateur à la<em> Feria Internacional del Comics</em> de Barcelone, après avoir été élu à plusieurs reprises meilleur dessinateur par les lecteurs de deux revues espagnoles spécialisées <em>(Comix</em> et <em>1984</em>).</p>
<p>C&#8217;est donc déjà fort d&#8217;une certaine assise qu&#8217;il collabore à partir de 1992 avec Alejandro Jodorowsky pour créer L<em>a Caste des Méta-Barons</em>, une histoire fantastique et futuriste directement inspirée de l&#8217;univers du <em>Lincal</em> de Mœbius. Pour l&#8217;anecdote, avec cette franchise, Juan Giménez attaqua sa première série, à presque cinquante ans! Celle-ci l&#8217;occupera jusqu&#8217;en 2003.</p>
<p>Depuis, Il travaille désormais en solo sur <em>Le</em> <em>Quatrième Pouvoir</em>, une série déjà culte au bout du troisième tome.</p>
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<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/1120i.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-7725" title="Juan Gimenez 6 - l'étoile noire" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/1120i-715x1024.jpg" alt="" width="572" height="819" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>A soixante-dix ans bientôt, Juan Giménez continue d&#8217;excercer son métier avec une impressionnante régularité. S&#8217;il n&#8217;est pas l&#8217;auteur de bandes dessinées le plus prolifique de tous les temps, ni le plus original, il restera néanmoins une référence incontournable, voire le reflet d&#8217;une époque durant laquelle l&#8217;imagination des auteurs du vieux continent était encore fertile et tenait sans mal la dragée haute aux créations des envahisseurs nippons.</p>
<p>A découvrir dès les premiers souffles de l&#8217;adolescence, la très élégante bibliographie de l&#8217;argentin saura embellir la plus miteuse des bibliothèques<br />
de la plus belle des manières. Un seul mot d&#8217;ordre donc : n&#8217;attendez-plus!</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/etoile_noire1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7741" title="Juan Gimenez 10 Etoile Noire" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/etoile_noire1.jpg" alt="" width="335" height="480" /></a>PHB</p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>A lire : Satsuma Gishiden</title>
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		<pubDate>Fri, 28 Oct 2011 22:14:02 +0000</pubDate>
		<dc:creator>fylyp82</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Que savons-nous vraiment sur les Samourais ? La réponse la plus sincère qui soit venant à l&#8217;esprit de tout lecteur disposant d&#8217;un niveau de connaissance moyen sur la question (tout comme votre serviteur), ne saurait être autre que &#171;&#160;peu de choses, malheureusement&#160;&#187;, en dehors des films d&#8217;Akira Kurosawa, des trop rares reportages sur Arté (1), [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Que savons-nous vraiment sur les Samourais ? La réponse la plus sincère qui soit venant à l&#8217;esprit de tout lecteur disposant d&#8217;un niveau de connaissance moyen sur la question (tout comme votre serviteur), ne saurait être autre que &laquo;&nbsp;peu de choses, malheureusement&nbsp;&raquo;, en dehors des films d&#8217;Akira Kurosawa, des trop rares reportages sur Arté <strong>(1)</strong>, de la propension de Tom Cruise à pourrir un film sur le sujet et des innombrables séries animées en version originale sous-titrée qui piochent sans retenue dans la culture traditionnelle de leur pays.</p>
<p><em>Satsuma</em> est le titre d&#8217;un gekiga <strong>(2)</strong> signé par le talentueux et passionné <strong>Hiroshi Hirata</strong>, lequel s&#8217;emploie à combler en partie cette lacune, en livrant une fresque historique centrée sur le célèbre clan Shimazu. Son objectif principal est d&#8217;ailleurs d&#8217;attirer l&#8217;attention de ses compatriotes sur un pan très controversé de l&#8217;Histoire du Japon : la réfection des barrages destinés à contenir les crues des fleuves Kiso, Nagara et Ibi, dans les fiefs de Mio, Ise et Owari au XVIIIème siècle. Car en effet, l&#8217;organisation de ces grands travaux furent aussi l&#8217;occasion pour les <strong>Togukawa</strong>, alors au pouvoir, d&#8217;affaiblir et de ruiner le clan<strong> Shimazu</strong> de Satsuma. Une manoeuvre inspirée par une rivalité historique entre les deux familles avec pour point d&#8217;orgue, le dénouement de la bataille de Sekigahara (1600 apr. J.-C.).</p>
<p>&nbsp;</p>
<h6><em>(1) Preuve que la seule chaîne culturelle du PAF d&#8217;origine livre souvent du contenu de qualité, je vous recommande, pour parfaire votre culture sur le sujet, ce documentaire sur les katanas disponible sur le </em><a href="http://reportagejapon.canalblog.com/archives/2007/04/10/4579394.html"><em>lien suivant</em></a><em>. </em></h6>
<h6><em>(2) Branche de bande dessinée pour adultes, au Japon. A distinguer de ce qui est communément appelé Seinen, et qui concerne les mangas s&#8217;adressant à un public de jeunes adultes (15 à 30 ans). A également distinguer du Hentai, qui est une autre déclinaison du manga pour adulte, à caractère érotique ou pornographique.</em><span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal; font-size: 13px;"> </span></h6>
<p><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/10/p001.gif"><img class="aligncenter size-full wp-image-7654" title="La région dans laquelle se croisent les trois fleuves, Kiso, Nagara et Ibi" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/10/p001.gif" alt="" width="349" height="429" /></a></p>
<h4 style="text-align: center;">La jonction des trois fleuves.</h4>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nos lecteurs assidus se rappelleront que la question de cette rivalité avait été esquissée lors de la présentation d&#8217;un autre manga, <em>Drifters</em> de <strong>Hirano Kōta</strong>. Cet article sur <em>Satsuma Gishiden </em>(l&#8217;Honneur des Samourais) permet aujourd&#8217;hui d&#8217;aborder la question un peu plus en profondeur :</p>
<p><strong>La bataille de Sekigahara</strong>, à l&#8217;aube du XVIIème siècle, marque donc le début du règne des <strong>Togukawa</strong>. Le chef de ce clan à l&#8217;époque, <strong>Tokugawa Ieyasu </strong>(1543-1616), fut reconnu, au terme de son accession au statut de shogun en 1603, comme le dernier des trois grands unificateurs du Japon, avec <strong>Toyotomi Hideyoshi</strong>, surnommé &laquo;&nbsp;<strong>Hashiba&nbsp;&raquo;</strong> (1536-1598), ainsi que le célèbre <strong>Oda Nobunaga</strong> (1534-1582). Ieyasu est également devenu de facto le fossoyeur de l&#8217;ère Sengoku (littéralement, l&#8217;âge des provinces en guerre) et le père de l&#8217;ère Edo (1600-1868), qui porte aussi le nom de période Tokugawa dans les lirves d&#8217;Histoire.</p>
<p>Reconnue pour la valeur et le courage de ses guerriers pendant cette période, le clan <strong>Shimazu</strong>, qui occupait alors les provinces de Satsuma, Osumi et Hyuga, sur l&#8217;île de  Kyūshū située à l&#8217;extrême sud de l&#8217;archipel nippon <strong>(3)</strong>, ne voyait pas ces vélléités de centralisation du pouvoir d&#8217;un très bon oeil. La souverainté du clan avait en effet déjà été menacée par la domination de Hashiba (bataille de Okita Nawate en 1584 et siège de la forteresse de Takajo en 1587) et ses valeureux guerriers avaient déjà beacoup à faire pour contrer les invasions sino-coréennes à la fin du XVIème siècle<strong> (4)</strong>.</p>
<p>La fameuse bataille de Sekigahara (située géographiquement au centre de l&#8217;île de Honshū <strong>(5)</strong>, au niveau de l&#8217;actuelle préfécture de Gifu) trouve quant à elle sa source dans la guerre de succession entre les cinq régents mis en place pour assurer l&#8217;intérim du fils-héritier de Hashiba, à la mort de ce dernier en 1598. Togukawa Ieyasu était alors devenu l&#8217;un de ces administrateurs après avoir officié par le passé en tant que lieutenant d&#8217;Oda Nobunaga. Le conflit opposa finalement le Daimyo <strong>(6)</strong> aux forces d&#8217;<strong>Ishida Mitsunari</strong>, général gouverneur descendant des <strong>Fujiwara</strong> <strong>(7)</strong>, fidèles à l&#8217;héritier du trône et auxquelles se joignèrent les Shimazu, avec à leur tête <strong>Shimazu Yoshihiro</strong> (1535-1619), surnommé le &laquo;&nbsp;Démon Simazu&nbsp;&raquo;, en rapport avec ses talents de guerrier.</p>
<p>Les Shimazu embrassèrent donc le camp des perdants et durent donc officiellement se soumettre au Shogunat Tokugawa au terme de cette &laquo;&nbsp;bataille qui décida de l&#8217;avenir du pays&nbsp;&raquo; (<em>Tenka wakeme no kassen). </em>C&#8217;est aussi à partir de cet évènement que Monsieur Hirata, l&#8217;auteur de <em>Satsuma Gishiden</em>, reprend la main pour nous apprendre que le dénouement de ce conflit fut plus subtil que l&#8217;Histoire officielle ne le laissa entendre.</p>
<p>&nbsp;</p>
<h6>(3) Cette île, la troisième plus grande et la plus méridionale des quatre îles principales du Japon, est par ailleurs considérée comme le lieu de naissance de la civilisation japonaise.</h6>
<h6>(4) Les dynasties Ming (Chine) et Choson (Corée), s&#8217;impliqueront dans ce que l&#8217;Histoire appellera la guerre Ijmin, de 1592 à 1598. La bataille navale de No Ryang, sera en outre le théâtre de la toute première utilisation du Kobuk-Son ou Keobukseon (bateau tortue), premier navire blindé à livrer bataille en haute mer.</h6>
<h6>(5) L&#8217;île principale de l&#8217;archipel japonais sur laquelle est notamment établie la ville de Tokyo.</h6>
<h6>(6) Titre de noblesse japonaise.</h6>
<h6>(7) Famille de la noblesse japonaise qui a donné de nombreux régents aux empereurs Japonais. Son allégeance au fils de Hashiba est certainement liée aux bonnes relations de ce dernier entretenait avec son vassal, qui, entre autres, impressionna le Daimyo par sa maîtrise de la cérémonie du thé (le <em>Chanoyu</em>).<span class="Apple-style-span" style="font-weight: normal; font-size: 13px;"> </span></h6>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/10/2013-6_COXFT-satsuma-gishiden-v01-c01-06-manga-sketchbook-satsuma-gishiden-v01-c06-manga-sketchbook-satsuma-gishiden-v01-c06-235-jpg.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-7666" title="Satsuma 2" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/10/2013-6_COXFT-satsuma-gishiden-v01-c01-06-manga-sketchbook-satsuma-gishiden-v01-c06-manga-sketchbook-satsuma-gishiden-v01-c06-235-jpg-696x1024.jpg" alt="" width="487" height="717" /></a></p>
<h6></h6>
<p>La trahison de <strong>Kobayakawa Hideaki</strong> (1577-1602), neveu de Hashiba et allié d&#8217;Ishida, précipita en effet l&#8217;issue de la bataille en faveur des Tokugawa. Mais au cours de cet affrontement, le chef des Shimazu, à la tête d&#8217;une cinquantaine de guerriers de Satsuma marqua les esprits par son courage et son abnégation et réussit à survivre à la défaite des armées de l&#8217;Ouest. Il était alors âgé de soixante-six ans. Ce coup d&#8217;éclat attisa le ressentiment des Tokugawa, qui restaient sur un échec cuisant lors de leur dernière tentative d&#8217;invasion de la province orientale en 1587. Les aspirations légitimes de paix de Yoshihro et Ieyasu après des années de conflits incessants amenèrent donc le premier à faire alliance avec le second, le futur Shogun engageant son clan à ne jamais intervenir sur les territoires de la province de Satsuma, un privilège parmi d&#8217;autres qui envinima lentement la relation de confiance déjà si fragile des deux clans.</p>
<p>Monsieur Hirata revient donc sur l&#8217;épisode du chantier du barrage des trois fleuves qui, à partir de la fin de l&#8217;année 1753, et pour plus d&#8217;une année, servit autant à humilier et ruiner les Shimazu qu&#8217;à construire des digues capables de contenir les violentes crues de la région. L&#8217;auteur fait de plus remarquer, dans les dernières pages du sixième tome de cette histoire, que les samourais de Satsuma, qui étaient pourtant réputés pour être parmi les plus vaillants de l&#8217;archipel, ont été singulièrement marginalisés par la littérature japonaise pendant longtemps. C&#8217;est donc aussi dans une perspective d&#8217;une réhabilitation de cette Histoire-là, que<em> Satsuma Gishiden</em> a été imaginé.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/10/satsuma-gishiden-v01-c01-06-manga-sketchbook-satsuma-gishiden-v01-c04-manga-sketchbook-satsuma-gishiden-v01-c04-163-jpg.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-7672" title="Satsuma 3" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/10/satsuma-gishiden-v01-c01-06-manga-sketchbook-satsuma-gishiden-v01-c04-manga-sketchbook-satsuma-gishiden-v01-c04-163-jpg-704x1024.jpg" alt="" width="493" height="717" /></a></p>
<p style="text-align: left;">Quel meilleur choix pour s&#8217;attaquer à un tel chantier que celui d&#8217;un homme qui s&#8217;est fait tout seul dans la douleur et qui a embrassé la carrière de dessinateur par pure nécessité alimentaire? La biographie de Monsieur Hirata figurant en annexe du premier volume de <em>Satsuma Gishiden</em> énumère sommairement quelques dates importantes de la vie de l&#8217;auteur, parmi lesquelles se trouvent celle de la mort de son père (1954) qui le fait passer du statut d&#8217;aîné à celui de responsable d&#8217;une famille nombreuse ou encore celle qui marque sa rencontre providentielle avec un ami du collège (1958), qui lui permet de publier sa première histoire, <em>Aizô-hissatsuken</em> (Le Sabre tueur d&#8217;amour et de haine). Son talent pour le dessin trouve lui sa source dans son amour pour les illustrations des revues des romans historiques alors que sa passion pour les revues techniques lui permets de développer une certaine habilité pour le bricolage. La calligraphie est également l&#8217;une des spécialités. Fait amusant : les mangas et les gegikas ne l&#8217;intéressaient absolument pas au départ. L&#8217;Histoire de son pays, par contre, devint très vite sa marotte et c&#8217;est finalement à travers la bande dessinée qu&#8217;il trouva le moyen de la rendre plus accessible sans la dénaturer pour autant.</p>
<p style="text-align: left;">Il s&#8217;attelle à la création de <em>Satsuma Gishiden</em> en 1977, que l&#8217;éditeur <em>Nihon Bungeisha</em> publiera dans les pages du <em>Weekly Manga Goraku</em> <strong>(8)</strong>, magazine au contenu orienté seinen, avec quelques détours par le shōnen (manga pour adultes et pour jeunes garçons). Il est alors âgé de 40 ans. La publication continue jusqu&#8217;en 1982 et l&#8217;épuise au point de lâcher ses pinceaux pendant un an pour excercer le métier d&#8217;électricien. La <em>Comic Convention</em> de San Diego en 1978 marque le début de la reconnaissance en dehors des frontières du Japon, en exposant son travail sur ce titre. La France doit attendre 2001 et le flair des éditions <em>Delcourt</em> pour le découvrir. Six tomes intenses et bien remplis forment la première époque de la participation des Samourais de Satsuma à la rénovation du barrage des trois fleuves et le projet que nourrissait Monsieur Hirata de continuer la série est resté en suspens jusqu&#8217;à ce jour.</p>
<h6 style="text-align: left;">(8) J&#8217;ai eu un mal fou à trouver cette information qui ne figure ni sur Wikipedia, ni sur la plupart des sites spécialisés. C&#8217;est finalement l&#8217;ouvrage exhaustif de l&#8217;australien Toni Johnson-Woods (<em>Manga : An Anthlogy of Global and Cultural Perspective</em>) qui est venu à mon secours sur ce coup-là.</h6>
<h6 style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/10/c305532b40ba17da881209fa9378a842.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-7686" title="Satsuma 5" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/10/c305532b40ba17da881209fa9378a842-712x1024.jpg" alt="" width="498" height="717" /></a></h6>
<p style="text-align: left;">Avec un style graphique qui se rapproche de celui de <strong>Kojima Goseki (9)</strong>, Monsieur Hirata parvient avec une rigueur assez exceptionnelle à transporter le lecteur dans la dure réalité des samourais en temps de paix. En dehors du contexte historique et de son importance, telle qu&#8217;elle a été soulignée plus haut, c&#8217;est bien dans la richesse des détails sur le mode de vie et le fonctionnement de la société de l&#8217;époque que<em> Satsuma Gishiden</em> se distingue. Rien n&#8217;est trop dur pour être montré, à commencer par le fanatisme de l&#8217;honneur du guerrier, source de puissance ou de faiblesse qui détermine unilatéralement la position de la femme, du paysan et de l&#8217;handicapé sur l&#8217;échelle sociale.</p>
<p style="text-align: left;">Le lecteur apprendra, en parcourant les six passionnants chapitres découpés en tranches de vie, les rapports complexes entre castes, l&#8217;importance des rites funéraires, le déshonneur de manger des pommes de terre ou encore la cruelle tradition du <em>Hienmontori</em>. Il découvrira aussi, s&#8217;il est un peu curieux, toute la particularité de la problématique des crues fluviales au Japon, territoire étroit et fortement montagneux <strong>(10)</strong>. Il s&#8217;enfoncera enfin dans une aventure résolument humaine, difficile à aborder, mais extrêment plaisante à se remémorer. Un certain degré de maturité sera toutefois nécessaire pour en apprécier toutes les qualités.</p>
<p style="text-align: left;">Pour terminer cet article, je souhaite énoncer deux ultimes remarques : premièrement, le gegika, qui se rapproche donc plus du roman illustré que du manga proprement dit, a connu un certain succès à partir des années soixante, au Japon. Son équivalent occidental est le roman graphique, qui n&#8217;a pas réussi, à ce jour, à s&#8217;institutionnaliser comme son cousin nippon. Enfin, au delà de la maîtrise artistique de Monsieur Hirata, la démarche qu&#8217;il a adpotée et qui consiste à exhumer des faits historiques occultés par les doctrines officielles, est une leçon de courage que nombre d&#8217;enseignants, d&#8217;historiens, de journalistes, et, pour rester dans l&#8217;ère du temps, de bloggueurs, feraient bien de ruminer.</p>
<p style="text-align: left;">L&#8217;or des Samourais était le courage, et Monsieur Hirata l&#8217;a transformé en plomb, à destination de nos cervelles d&#8217;oiseaux.</p>
<h6>(9) Auteur de mangas contemporain à Tezuka Ozamu (il est né le même jour que l&#8217;auteur d&#8217;Astro Boy, en 1928). Il décède en l&#8217;an 2000 à l&#8217;âge de 71  ans. On lui doit notamment le gegika<em> Lone Wolf and Cub.</em></h6>
<h6>(10) A ce sujet, je vous recommande <a href="http://www.riob.org/IMG/pdf/Tokyo_Hirai_French.pdf">ce document publié par le Ministère de l’Aménagement du territoire, de l’Infrastructure et des Transports Japonais.</a></h6>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/10/satsuma1-163.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-7689" title="Satsuma 6" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/10/satsuma1-163-693x1024.jpg" alt="" width="485" height="717" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong>Si vous ne devez en lire qu&#8217;un</strong> : Pas de coup de pouce, cette fois-ci : lisez-tout ou passez votre chemin.</p>
<p><strong>Prix  :</strong> autours de 7.50 euros.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/10/869479-L.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7690" title="Satsuma 7" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/10/869479-L.jpg" alt="" width="243" height="350" /></a><br />
PHB</p>
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		<title>A lire : Young GTO (Shōnan Junai Gumi)</title>
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		<pubDate>Mon, 10 Oct 2011 13:36:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>fylyp82</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Lors d&#8217;une précédente chronique (qui remonte à près d&#8217;un an et demi), j&#8217;exhortais les lecteurs du blog à se jeter sans retenue sur les aventures du &#171;&#160;GTO&#160;&#187;, le bien nommé Onizuka Eikichi, ancien loubard ayant choisi d&#8217;embrasser la carrière d&#8217;enseignant dans le Japon des années 90. C&#8217;est avec le même enthousiasme que je vous présente [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Lors d&#8217;une précédente chronique (qui remonte à près d&#8217;un an et demi), j&#8217;exhortais les lecteurs du blog à se jeter sans retenue sur les aventures du &laquo;&nbsp;GTO&nbsp;&raquo;, le bien nommé Onizuka Eikichi, ancien loubard ayant choisi d&#8217;embrasser la carrière d&#8217;enseignant dans le Japon des années 90. C&#8217;est avec le même enthousiasme que je vous présente aujourd&#8217;hui la préquelle du manga de <strong>Tōru Fusijawa</strong><em>,</em> plus connu en France sous le nom <em>de Young GTO</em>. Son titre original, <em>Shōnan Junai Gumi</em>, se traduit lui par &laquo;&nbsp;le gang de l&#8217;amour pur de Shōnan <strong>(1)</strong>.&nbsp;&raquo;</p>
<p><em>Young GTO</em> invite donc le lecteur à voyager à travers les plus belles années de l&#8217;adolescence délinquante d&#8217;Onizuka et de son ami d&#8217;enfance Ryuji Danma, seuls et uniques membres de l&#8217;Onibaku Combi, le duo de choc qui -on ne le dira jamais assez- fit trembler plus d&#8217;une fois les murs des quartiers de Shōnan et les <em>Bōsōzokus </em>qui les rasent habituellement <strong>(2).</strong></p>
<p>Pour ceux qui se posent déjà la question, <em>Young GTO</em> est loin d&#8217;être une nouveauté. Le lancement de la prépublication de ce manga au Japon dans les pages du Sh<em>ōnen Magazine de l&#8217;éditeur K</em><em>odansh</em>a remonte en effet à 1990 et fit le bonheur des lecteurs jusqu&#8217;en 1996, soit un an avant le début de <em>GTO</em> dans le même périodique. L&#8217;appellation &laquo;&nbsp;Young GTO&nbsp;&raquo; est, quant à elle, une trouvaille de <em>Pika Edition</em>, soucieux de souligner la parenté de ce manga avec son illustre successeur (pour des raisons eminemment commerciales), lequel a donc été importé en 2005, soit un an après la publication du dernier tome de GTO sur le sol français.</p>
<h6><span class="Apple-style-span" style="font-size: 10px; font-weight: bold;">(1) <strong>Shōnan</strong> (湘南) est le nom donné à la partie côtière de la préfecture de Kanagawa, autours de la baie de Sagami, à 50 km au sud-ouest de Tokyo..</span></h6>
<h6>(2) Un <em><strong>bōsōzoku</strong></em> (暴走族) est un membre d&#8217;une contre-culture nippone associée à des clubs des motos et des gangs.</h6>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/09/Y.GTO_.png"><img class="aligncenter size-large wp-image-7334" title="Y.GTO" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/09/Y.GTO_-1024x597.png" alt="" width="717" height="418" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Ce manga nous téléporte dans un Shônan des années 90 reconstitué par l&#8217;auteur et dans lequel les gangs d&#8217;adolescents font la loi et découvrent la vie, dans une impunité quasi-totale. Parmi ces jeunes désœuvrés qui rejettent clairement les valeurs d&#8217;un Japon dévoué corps et âme à la culture du travail et de la réussite scolaire, émerge un duo dont la seule évocation suffit à inonder la plupart des fonds de culotte des malfrats pubères qui hantent la baie de Sagami : l&#8217;Onibaku Combi, composé de Damna Ryuji Damna et d&#8217;Onizuka Eikichi <strong>(3)</strong>.</p>
<p>Il faut savoir que les deux compères ont déjà acquis leur statut de &laquo;&nbsp;membres du duo de la mort&nbsp;&raquo; lorsque le lecteur les rencontre le long des premières pages du manga <strong>(4).</strong> Sans perdre de vue la défense de leur rang, ils se préparent désormais à remporter la victoire dans un autre combat, tout aussi important dans la vie d&#8217;un homme : celui qui fera tomber leur pucelage dans l&#8217;oubli. Leur première confrontation avec le miracle de l&#8217;amour se fera donc pendant les vacances d&#8217;été, aux côtés de deux jeunes étudiantes venues chercher le soleil et l&#8217;aventure sur les plages de Yoroshima <strong>(5)</strong>&#8230;</p>
<h6>(3) Combi&nbsp;&raquo; pour duo et &laquo;&nbsp;oni&nbsp;&raquo; de Onizuka, qui signifie démon et &laquo;&nbsp;baku&nbsp;&raquo; pour Danma, parce que &laquo;&nbsp;bakudan&nbsp;&raquo; signifie bombe, autrement dit : le &laquo;&nbsp;duo démon-bombe&nbsp;&raquo;.</h6>
<h6>(4) Les circonstances de la naissance de leur amitié a fait l&#8217;objet d&#8217;un double volume intitulé <em>Bad Company</em>, paru au Japon en 1998.</h6>
<h6>(5)  Ile situé au nord d&#8217;Okinawa et dépendant de la préfecture de Kagoshima.</h6>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/09/319-1a_YKTQQ-Shounan-Junai-Gumi-v01-c001-009.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-7395" title="Young GTO 2" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/09/319-1a_YKTQQ-Shounan-Junai-Gumi-v01-c001-009-642x1024.jpg" alt="" width="449" height="717" /></a></p>
<p style="text-align: left;">A l&#8217;image de son personnage principal, <em>Young GTO</em> est un manga atypique et inspiré faisant la part belle au sentimentalisme tordu et à la castagne de rue. Détail qui coule de source : la différence se fait au niveau de la maturité du même personnage dans les deux oeuvres. Si l&#8217;Onizuka de <em>GTO</em> cherche sa place dans la mécanique défaillante de la société dans laquelle il évolue, celui de <em>Young GTO</em> se contente de vivre sa vie et de profiter le plus longtemps possible de ce que la jeunesse a à offrir en matière de liberté, de rêve et d&#8217;insouciance. Loin de s&#8217;opposer, les deux personnages sont finalement complémentaires, leurs légendes respectives se justifiant l&#8217;une l&#8217;autre le plus naturellement du monde. Son camarade Ruyji <strong>(6)</strong> se distingue quant à lui par son indéfectible amitié avec Onizuka et par son incorrigible cœur d&#8217;artichaut, qui lui permettra d&#8217;ailleurs de prendre de l&#8217;avance dans sa lutte personnelle contre la virginité.</p>
<p style="text-align: left;">Techniquement,<em> Shōnan Junai Gumi</em> est loin d&#8217;être le prototype du manga parfait. Au niveau du visuel, même s&#8217;il est maîtrisé, le trait de Fujisawa reste résolument grossier et martyrise le concept de l&#8217;esthétique à coups de pioche<strong> (7)</strong>. Ce qui le sauve à ce niveau, c&#8217;est d&#8217;abord sa capacité à caricaturer ses propres personnages avec brio. Un talent naissant dans cette série et qu&#8217;il exploitera à merveille dans la suite des aventures du protagoniste de son histoire. Il y a ensuite sa clairvoyance dans le découpage des scènes de tensions et de combat, qui sont d&#8217;une rigueur clinique, transformant ainsi un manga qui aurait pu être illisible en une véritable autoroute quatre voies avec éclairage permanent qui peut donc se goinfrer en moins de temps qu&#8217;il ne faut pour aller acheter les tomes suivants chez le libraire du coin. Enfin, les choix esthétiques dans la construction des personnages (visages typés shōnen, corps et vêtements d&#8217;adultes portés par des adolescents de 16/17 ans) donnent beaucoup de caractère à l&#8217;ensemble du travail de l&#8217;auteur.</p>
<p style="text-align: left;">
<h6 style="text-align: left;">(6) Qui ira s&#8217;installer à Tokyo en même temps qu&#8217;Eikichi après le lycée et que le lecteur retrouvera donc comme personnage secondaire dans GTO.</h6>
<p style="text-align: left;"><span class="Apple-style-span" style="font-size: 10px; font-weight: bold;">(7) Ami lecteur, retrouveras-t-tu où il est question de pioche dans ce manga ? Indice : chercher du côté de Makoto. Je réfléchirai à une récompense pour toute bonne réponse postée dans les commentaires.</span></p>
<h6 style="text-align: left;"></h6>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/10/319-61_VUJRA-SJG_v07_c061_p151..jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-7420" title="Young GTO 3" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/10/319-61_VUJRA-SJG_v07_c061_p151.-682x1024.jpg" alt="" width="477" height="717" /></a></p>
<p style="text-align: left;">Scénaristiquement, le principal reproche que l&#8217;on peut faire à Fujisawa sur <em>Shōnan Junai Gumi</em> est qu&#8217;il donne l&#8217;impression de ne pas vraiment savoir où il va. Cette observation trouve sa source dans le rythme des aventures de l&#8217;Onibaku : le manga alterne en effet d&#8217;une part, des histoires courtes racontées en un ou deux chapitres et d&#8217;autre part, de véritables feuilletons à rallonge centrés sur une intrigue en particulier. Du coup, le lecteur a du mal à se situer entre l&#8217;histoire complète et la série proprement dit. Pour transposer à la BD européenne, c&#8217;est comme s&#8217;il y avait plusieurs histoires dans un même album de Tintin, et que les dernières pages de ce dernier introduisaient une nouvelle aventure qui s&#8217;étenderait sur deux ou trois volumes suivants, avant de se concentrer à nouveau sur une histoire courte, et ainsi de suite. L&#8217;auteur arrive malgré tout à rester cohérent car c&#8217;est finalement l&#8217;évolution d&#8217;une bande de voyous abandonnant progressivement l&#8217;âge de l&#8217;adolescence qui s&#8217;impose comme l&#8217;un des véritables fil conducteur de ce manga. L&#8217;humour, déjanté sans jamais être indigeste, en est un autre.</p>
<p style="text-align: left;">Autre détail qui pourra, au choix, ravir ou écœurer les lecteurs potentiels : la dose phénomènale de violence verbale et physique dont sont remplis à rabord les 31 volumes qui composent l&#8217;intégralité de cette époque de la vie du GTO. Insultes, appels au meurtre, machisme, violence, torture, glorification des gangs, anarchie, règlements de compte&#8230; la liste est longue et même si le grand cœur du héros de cette histoire s&#8217;abreuve de nobles sentiments, sa reconnaissance commence d&#8217;abord là où ses talents de <em>Bōsōzoku </em>taillent sa réputation de terreur.</p>
<p style="text-align: left;">Ceci dit, toute cette surenchère sert surtout à reproduire le plus romantiquement possible le comportement d&#8217;adolescents bagarreurs s&#8217;employant de manière inconsidérée à se lancer des défis frappés du sceau du bellicisme et de la naïveté. Comme on le devine en parcourant <a href="http://passion-gto.net/gto/interview.php">cette interview de l&#8217;auteur livrée à la fin de la prépublication de GTO</a>, le centre d&#8217;intérêt de Fujisawa n&#8217;est pas le combat, le monde de la rue ou la violence en soi, mais bien la jeunesse qui est obligée d&#8217;évoluer dans ce contexte. Le duo qui forme Onibaku combi est donc avant tout le champion d&#8217;une génération de jeunes qui veulent vivre leur vie sans se faire marcher sur les pieds, dans un pays où ils sont presque tous destinés à passer au hachoir de la vie active nippone <strong>(8)</strong>. Dans une certain sens, on se rapproche d&#8217;Antoine de Saint Exupéry et de son Petit Prince, dans sa défiance pour le monde des adultes, le folklore des voyous japonais en prime.</p>
<p style="text-align: left;">Pour finir cet article, je citerai Monsieur Fujisawa, qui s&#8217;exprimait dans une interview  livrée lors du Comicon de 2002 à San diego (USA) :</p>
<p style="text-align: left;"><em>&laquo;&nbsp;TF : Quand j&#8217;étais au lycée, les étudiants détestaient les professeurs et les professeurs pensaient que les étudiants n&#8217;étaient que des trouble-fête. En devenant adulte, j&#8217;ai compris ce que les professeurs enduraient. Naturellement, je comprends les sentiments des étudiants aussi. C&#8217;est la raison pour laquelle j&#8217;ai écrit GTO du point de vue d&#8217;un professeur, même si je n&#8217;ai pas vraiment aimé de professeurs. Puisque maintenant je comprends un peu mieux ce que les professeurs pensent, j&#8217;ai créé le rôle d&#8217;Onizuka pour transmettre aux étudiants comment les professeurs se sentent, même si j&#8217;ai pu être en désaccord avec leurs idéaux.&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left;"><em>Shonan Junai Gumi</em> fait donc écho à sa suite en se situant cette fois-ci du point de vue des élèves, pour un résultat inspiré qui fait assez vite oublier ses nombreux défauts. Je le recommande donc, pour ceux qui ont été convaincus par GTO, ou les amoureux du manga en général. Par contre, ceux qui sont encore étrangers à ce média devront peut-être faire un détour par des classiques un peu plus accessibles pour pouvoir pleinement apprécier toute l&#8217;intensité et la richesse culturelle <strong>(9)</strong> des aventures de l&#8217;Onibaku.</p>
<p style="text-align: left;"><span class="Apple-style-span" style="font-size: 10px; font-weight: bold;">(8) Rappelons au passage que celle-ci est reconnue pour être l&#8217;une des plus difficiles à vivre en métropole, le pays étant de plus, à l&#8217;époque où est publié <em>Shonan Junaï Gumi</em>, frappé par la crise financière et immobilière subséquente à la politique de surinvestissement du guvernement japonais dans les années 80.</span></p>
<p style="text-align: left;"><span class="Apple-style-span" style="font-size: 10px; font-weight: bold;">(9) Monsieur Fujisawa fait partie des auteurs qui sont émerveillés devant la popularité mondiale du manga alors que ces derniers sont souvent destinés au public japonais. De ce fait, il existe de nombreuses références implicites au fonctionnement de la vie en société disséminées dans Shōnan Junai Gumi qui en renforce intelligemment l&#8217;intérêt.</span></p>
<h6 style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/10/319-54_CPOBL-SJG_v07_c054_p004-005.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7428" title="Young GTO 6" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/10/319-54_CPOBL-SJG_v07_c054_p004-005.jpg" alt="" width="540" height="405" /></a><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/10/2696812338325182208o.png"><br />
</a></h6>
<p style="text-align: left;"><strong>Si vous ne devez en lire qu&#8217;un :</strong> Le tome 1 est assez complet pour servir de test.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Et pour finir, mon préféré :</strong> Le tome 9 ou le terrible secret du professeur Minamino.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Prix par tome</strong> (Pika éditions) : Autours de 6 euros neuf (2 euros en occasion). Chaque tome est assorti d&#8217;un petit lexique pour certains termes techniques ou références culturelles propres au Japon.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Personnage préféré :</strong> comme l&#8217;auteur et son éditeur, je suis un énorme fan de l&#8217;ignoble <strong>Toshiyuki Saéjima </strong>(à l&#8217;extrême droite, sur l&#8217;image ci-dessus) qui est pourtant l&#8217;un des personnages les moins appréciés du public (un détail que vous pouvez découvrir au fil des commentaires laissées par l&#8217;auteur entre les chapitres).</p>
<p style="text-align: left;"><strong>Divers :</strong> Il existe une série animée forte de 5 épisodes de 52 minutes chacun, qui n&#8217;apportent pas grand chose de nouveau au débat (1994 à 1997) + une adaptation télévisée (un<em> Drama</em>) qui ne casse pas des briques non plus.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/10/onibakumanga.png"><img class="aligncenter size-full wp-image-7429" title="Young GTO 7" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/10/onibakumanga.png" alt="" width="315" height="364" /></a>PHB</p>
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		<title>Nation</title>
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		<pubDate>Mon, 08 Aug 2011 13:11:48 +0000</pubDate>
		<dc:creator>grishka</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Je vais me fixer un objectif : réussir à vous parler de Nation et de Pratchett sans m'éparpiller, sans vous parler de ses célèbres Annales du Disque-Monde, ni vous faire la biographie de l'auteur... Argh. Et pourtant je vais m'efforcer de le faire, tant Nation est un livre qui mérite d'avoir un article pour lui tout seul. ]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><img class="aligncenter size-large wp-image-7305" title="nation 1" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/08/nation-1-667x1024.jpg" alt="" width="667" height="1024" /></p>
<p><strong>Nation</strong> de <em>Terry Pratchett</em> &#8211; <em>Edition Atalante</em> &#8211; 2010</p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p><em>How can I answer you? There is no language</em></p></blockquote>
<p>Je vais me fixer un objectif : réussir à vous parler de Nation et de Pratchett sans m&#8217;éparpiller, sans vous parler de ses célèbres Annales du Disque-Monde, ni vous faire la biographie de l&#8217;auteur&#8230; Argh. Et pourtant je vais m&#8217;efforcer de le faire, tant Nation est un livre qui mérite d&#8217;avoir un article pour lui tout seul.</p>
<p>En bref, Terry Pratchett est un auteur anglais dont le domaine de prédilection est la fantasy satirique/décalée. Depuis de nombreuses années, il nous abreuve de ses Annales du Disque-Monde, une série de plus de trente livres se déroulant sur le Disque-Monde. Un monde plat comme une pizza qui voyage sur le dos de quatre éléphants, eux-mêmes juchés sur le dos de A&#8217;Tuin, la grande tortue qui parcours l&#8217;espace. Hum&#8230; je m&#8217;égare non ? À quelques rares exceptions, toutes ces histoires se déroulent là bas.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-7307" title="ation 5" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/08/ation-5.jpeg" alt="" width="294" height="219" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>J&#8217;adore cet auteur. Peut-être le premier auteur de littérature dont je sois réellement devenu fan depuis le premier bouquin jusqu&#8217;au dernier. Son écriture est particulièrement fluide et très agréable à lire. Les dialogues sont assez savoureux, les descriptions à la fois détaillées et très simples. C&#8217;est juste génial de voir comment il arrive à décrire une ambiance, un lieu en quelques mots, en faisant appel à des tournures imagées. Mais surtout Pratchett fait rire et réfléchir à la fois : c&#8217;est un maitre de l&#8217;ironie, de l&#8217;humour décalé et occasionnellement noir. Chacun de ses livres aborde une panoplie de thèmes et il se fait un devoir de les mettre en relief dans l&#8217;absurde.</p>
<p>Tour à tour, il parle de la guerre, du meurtre, de la famille, de la vérité&#8230; et beaucoup d&#8217;autres. J&#8217;ai souvent vu collée l&#8217;étiquette « littérature jeunesse » sur ses livres. Ce que je ne comprends pas bien : certes, l&#8217;écriture n&#8217;est pas très complexe et est donc abordable aux plus jeunes, mais pour les lires depuis plus de 10 ans maintenant, je peux vous dire qu&#8217;à chaque relecture, je découvre plus de détail, de sous-entendu et de thèmes qui me font encore réfléchir. Bon je m&#8217;arrête là sinon je suis parti pour plusieurs jours.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-7306" title="nation 2" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/08/nation-2.jpeg" alt="" width="300" height="418" /></p>
<p>&nbsp;</p>
<blockquote><p><em>Life get really complicated if you think too much</em></p></blockquote>
<p>Et une fois n&#8217;est pas coutume, l&#8217;auteur nous offre aujourd&#8217;hui un livre qui se déroule&#8230; sur terre. Point de fantasy, juste une histoire humaine qu&#8217;on pourrait situer au XIXe siècle. À l&#8217;époque, une jeune fille de la bourgeoisie victorienne, Daphne,  s&#8217;embarque sur un bateau à destination de l&#8217;Angleterre, car une peste décime les populations. Plus loin, dans l&#8217;océan Pacifique, un garçon nommé Mau est sur le point de quitter l&#8217;ile des garçons pour retrouver son peuple sur l&#8217;ile du Soleil et devenir un homme. C&#8217;est alors qu&#8217;est arrivée la Vague, un énorme tsunami.</p>
<p>Mau se réveille dans sa barque, en pleine mer. Avec beaucoup d&#8217;efforts, il arrive à retrouver son ile : elle est en partie dévastée et son peuple a disparu. Sur cette même ile se trouve le Sweet Judy, le bateau de Daphne, qui s&#8217;est échoué en plein milieu d&#8217;une forêt. Bien sûr ils finiront par se rencontrer, et alors que des survivants des iles voisines affluent, il faudra survivre et tout reconstruire.</p>
<p><img class="aligncenter size-large wp-image-7308" title="nation 4" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/08/nation-4-668x1024.jpg" alt="" width="668" height="1024" /></p>
<p>Le livre porte bien son nom : comment rebâtir une nation, un pays à partir de rien ? Mau et Daphne viennent de deux mondes différents : l&#8217;un appartient à une tribu autonome de pêcheur et de chasseur vivant sur une petite ile, et l&#8217;autre appartient à la bourgeoisie de l&#8217;empire anglais, avec toute sa modernité et ses lois. Et sur cette ile, avec ces personnages humains et tellement proches de nous au final, le lecteur assiste à la naissance d&#8217;une civilisation.</p>
<p>Pratchett est un vieux routier, il sait comment manier ses personnages, et sait précisément où il va. Mau est jeune, et il est curieux. Il questionne tout : les dieux, le monde, les règles, les motifs des uns et des autres. L&#8217;histoire se permet d&#8217;aborder la religion, la culture et la transmission des connaissances, bref à tout ce qui fait une société. Et comme toujours l&#8217;auteur met en relief l&#8217;absurde de certaines situations, de certaines réactions, dans ce choc des cultures modèle géant.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-7309" title="nation 6" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/08/nation-6.jpeg" alt="" width="400" height="263" /></p>
<p>Tant de croyances différentes se télescopent sur ce petit bout de terre perdu dans l&#8217;océan, qu&#8217;il devient difficile pour les personnages de se reposer sur leurs certitudes. Qui croire ? Après avoir tout perdu, comment tenir si nos dernières croyances volent en éclat ? Où trouver la justice, dans les règles ou les hommes ?</p>
<blockquote><p><em>If a lie make us strong, a lie will be my weapon</em></p></blockquote>
<p>Tout au long de l&#8217;histoire, on assiste à la définition de la religion par ceux qui la voient et ceux qui la font. Rapidement un rescapé nommé Ataba débarque, c&#8217;est un prêtre d&#8217;une des iles voisines. L&#8217;homme à un profond respect pour ses dieux (tous créé par Imo, le créateur du monde). Mais Mau veut savoir pourquoi les dieux ont envoyé la grande vague, pourquoi tout est détruit, et qu&#8217;on fait les habitants pour êtres punis. Au travers de leurs différents désaccords, ces deux personnages vont changer, chacun va découvrir une facette de l&#8217;autre qui le surprendra, et chacun devra admettre qu&#8217;ils ont tous les deux torts. Après tout, qui créer les dieux ? Les Dieux eux-mêmes ou les hommes ? Qu&#8217;est-ce que la croyance ? D&#8217;où viennent les hommes et le monde qui les porte ? Et c&#8217;est là que Pratchett fait preuve d&#8217;intelligence : en aucun cas il ne donne de réponse définitive du style « Dieu existe, maintenant fermez là ! » ou « Croyez moi, tout ça, c&#8217;est des conneries ». Il arrive à concilier toutes les opinions, toutes les croyances de façon logique et respectueuse, et c&#8217;est un vrai tour de force.</p>
<p>De la même façon, Mau et Daphne doivent tous deux apprendre à vivre dans un monde changé qu&#8217;ils ne connaissent plus vraiment. Concernant la mode vestimentaire par exemple : les femmes natives des iles voisines sont vêtues de pagne et autres accessoires, alors que Daphne porte sur elle la panoplie complète de la jeune fille anglaise irréprochable, avec ces 6 couches de vêtements. Elle est choquée par ce qu&#8217;elle voit, mais finit par s&#8217;y faire et même par adopter certaines de ces modes locales. La question posée est très simple : d&#8217;où viennent les règles ? D&#8217;où viennent les lois ? Sont-elles par définition universelles ou doivent-elles s&#8217;adapter ? Sont-elles inflexibles ? Sur quoi sont elles basées, peut-on remettre en cause le raisonnement qui mène à « tu ne tueras point » ? Au final il apparait que la plupart des règles n&#8217;existent pas par elle même comme un état de fait, mais n&#8217;existent que dans leurs têtes. Ils les trimballent partout, elles font partie d&#8217;eux depuis l&#8217;enfance, et comme ils ne connaissent rien d&#8217;autre, elles ne sont jamais remises en doute. Mais on critique ceux qui ne la suivent pas. Mais est-il pour autant plus sain de tout remettre en question ? Au final, la notion de vérité est assez incertaine et surtout réside dans la conviction de chacun.</p>
<p>Au travers de ses personnages, Pratchett interroge le lecteur sur des thèmes importants tels que les fondements de la civilisation et ce qui la différencie du barbarisme, sur le fait de grandir prématurément, sur les notions de traditions et de progrès, et sur la place de l&#8217;individu dans la société.</p>
<p>Je n&#8217;en dis pas plus, l&#8217;histoire réserve de très beaux moments et apporte son lot de réflexion. Ici Pratchett n&#8217;invente rien, et met en image des idées, une philosophie que j&#8217;aime beaucoup, et surtout engage à réfléchir, sur tout et tout le temps, à ne rien prendre pour acquis : à se faire sa propre opinion des choses.</p>
<blockquote><p><em>Silence fell like a hammer made of feathers. It left holes in the shape of the sound of the sea</em></p></blockquote>
<p>J&#8217;ai lu ce livre en anglais, et c&#8217;était pour moi l&#8217;occasion de vérifier si les excellentes traductions françaises de Patrick Couton étaient respectueuses de l&#8217;auteur : et c&#8217;est bien le cas, toute la saveur des textes de Pratchett est correctement retranscrite dans notre langue. Néanmoins, c&#8217;est un vrai bonheur que de lire les mots de l&#8217;auteur dans sa langue originale, avec toutes les tournures de phrases et autres pépites qui parsèment le récit (quitte à perdre ici et là des références culturelles).</p>
<p>Attention toutefois, si vous êtes du genre à n&#8217;apprécier un livre qu&#8217;à condition d&#8217;être tenu en haleine par un scénario complexe avec plein de surprises : l&#8217;histoire est relativement simple et recèle peu de rebondissements. Le récit étant très beau comme ça, on lui pardonne aisément.</p>
<p><img class="aligncenter size-large wp-image-7310" title="nation 3" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/08/nation-3-1022x1024.jpg" alt="" width="1022" height="1024" /></p>
<p>Un livre à penser, un livre à conserver, et de la part d&#8217;un des meilleurs auteurs anglais que je connaisse, que demander de plus ?</p>
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		<title>Superman &#8211; Red Son</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Jun 2011 16:13:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>grishka</dc:creator>
				<category><![CDATA[Bibliothèque]]></category>
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		<description><![CDATA[Tout le monde connait Superman, de son crash en plein Kansas jusqu'à sa vie de super-héros. Mais que se serait-il passé si notre homme d'acier s’était écrasé en pleine U.R.S.S ?]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Superman : Red Son</strong> de <em>Mark Millar, Dave Jonhson &amp; Kilian Plunkett</em> &#8211; Panini Comics</p>
<p><em><span style="color: #888888;">Attention, malgré des efforts de tous les instants, quelques petits spoilers ont pu s&#8217;égarer dans cet article. Si vous les trouvez, merci d&#8217;appeler leurs parents.</span></em></p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-7110" title="superman_red_son 4" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/06/superman_red_son-4.jpeg" alt="" width="1024" height="768" /></p>
<p>Superman est un des super-héros les plus connus au monde. On pourrait penser que tout a été dit sur cet alien ayant élu domicile sur Terre, parmi les humains, mais un groupe d&#8217;irréductibles auteurs en a décidé autrement.Pour rappel, le petit Kal-El est recueilli bébé par Jonathan et Martha Kent dans le Kansas, suite au crash de son vaisseau spatial. Il sera alors élevé dans un cadre familial rempli d’amour, baigné dans les grandes valeurs américaines, et apprendra à utiliser ses pouvoirs jusqu’à devenir le héros que tout le monde connait.</p>
<p>Le personnage est créé en 1938 par Jerry Siegel et Joe Shuster pour le compte de DC Comics. Son histoire a connu plusieurs versions au fil du temps, avec des développements divers sur Terre et ailleurs. Le cinéma lui a fait l’honneur de cinq adaptations sur grand écran (voir critiques), et la télévision lui a dédié une multitude de séries et dessins animés. Aujourd&#8217;hui, Superman c’est tout un bloc de la culture populaire, et c’est pour beaucoup une porte d’entrée dans le monde des comics.</p>
<p><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/06/superman_red_son-2.jpeg"><img class="aligncenter size-large wp-image-7108" title="superman_red_son 2" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/06/superman_red_son-2-1024x768.jpg" alt="" width="1024" height="768" /></a></p>
<p>L’histoire de Superman est vaste. Mais l’intérêt du comics ne réside pas uniquement dans ces différents affrontements ou sauvetages. Le point de départ c’est un être disposant de pouvoirs extraordinaires, qui arrive bébé sur un monde inconnu. Superman, c’est une histoire d&#8217;intégration et de pouvoir : durant toute son enfance, il est nourri par des valeurs et des règles faites par les hommes pour les hommes. Comment dès lors vivre parmi eux quand ses capacités le place au niveau des dieux ? Est-il au dessus des lois ? Le surpuissant Superman aurait pu conquérir et diriger le monde d&#8217;une main d&#8217;acier, au lieu de quoi il décide d&#8217;incarner un symbole d&#8217;espoir. On assiste donc à la vie d&#8217;un super-héros qui se refuse à profiter de ses pouvoirs pour dominer, tout en se mettant au service d&#8217;une humanité qui ne l&#8217;accepte pas toujours.<br />
Et voilà Red Son. Plus un mythe est intéressant, plus il peut être passionnant de le détourner, à condition de le faire intelligemment.En changeant un petit élément du postulat de départ, un seul petit élément, nos deux auteurs nous offre une vision originale du mythe, bourrée de références, et tentant de répondre à de nouvelles questions.</p>
<p>Dans cette réalité, Kal-El s’est écrasé dans l’U.R.S.S de Jospeh Staline. Changement de décors, mais pas seulement. Ici on travail la terre pour survivre et pour la mère Russie, on voue son existence au Parti : bienvenue dans en terre communiste. C’est là l’idée de génie de Mark Millar : faire éclore notre super-héros dans un monde aux valeurs et aux règles différentes des USA.</p>
<p>Ici, Superman n’a pas créé son déguisement de Clark Kent : le parti l’a découvert et l’a élevé pour en faire un représentant, un porte-étendard du communisme. Kal-El vit donc dans et pour cet idéal, en tant que Superman, sans se cacher : son foyer d’origine l’a intégré tel qu’il est (on notera une allusion au fait qu’avec sa tignasse brune, Superman s’éloigne quelque peut de l’idéal caucasien).</p>
<p><img class="aligncenter size-large wp-image-7109" title="superman_red_son 3" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/06/superman_red_son-3-682x1024.jpg" alt="" width="682" height="1024" /></p>
<p>Exit l’apprentissage avec Jor-El et la découverte de ces origines, ce Superman n’arbore désormais sur son torse que le marteau et la faucille, symbole de son appartenance à sa nouvelle maison. On touche ici à une différence cruciale : l’original ne se bat pas pour la grandeur des USA, ni en tant que symbole du capitalisme. En affichant le symbole de la maison kryptionniene des El, il assume pleinement son statut d’extraterrestre et ne se bat que pour les hommes. Ses idéaux de liberté, de justice, de vérité ne sont que les corolaires de son éducation américaine.C’est une des forces majeures du récit : chaque phrase, action, ou réaction dans le comics apporte un éclairage nouveau sur les personnages DC. Rien de nouveau en soi, mais on remarque des détails, on découvre des notions qui sont à la base de l’univers original, mais auxquelles ont ne faisait pas attention, tant on les tenait pour acquise. Un peu comme si, vivant sur la banquise on nous avait dit toute votre vie « c’est ça le froid », jusqu’au jour ou on découvrirait la chaleur africaine. Notre perception et notre réflexion sont parfois stimulées par les contrastes : et ce Superman Red Son redéfini l’univers original de fort plaisante manière.</p>
<p>Et c’est à partir de là que se pose une thématique absolument passionnante pour peu qu&#8217;on apprécie le personnage : Superman est-il ce qu’il est par nature, ou n’est-il que le produit d’un environnement ?<br />
Pour commencer, il est intéressant de voir que dans cette réalité, Superman refuse tout d’abord d’avoir un rôle politique. Il est proche du Parti, il est un symbole vivant pour l’idéologie communiste **mais** reste concentré sur sa mission : sauver des vies. Mais quelles vies me direz-vous ? Toutes ! Il ne fait pas la distinction entre un individu russe et un autre. Tout ceci avec la bénédiction du Parti bien sûr : en affichant ainsi ces capacités dans le monde, Superman fait la pub du communisme et démontre la puissance de l’U.R.S.S.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-7113" title="superman_red_son 1" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/06/superman_red_son-11.jpeg" alt="" width="544" height="1024" /></p>
<p>Mais je ne veux pas vous couper l’envie de le lire, je n’en dirais donc pas plus. Sachez que beaucoup des repères habituels de l’univers Superman sont ici inversés, et qu’on croisera au fil des pages beaucoup de tête connues parmi les mortels et les super-héros : Luthor, Green Lantern, Batman, Brainiac, Wonder Woman, Lois&#8230; Chacun d&#8217;entre eux a droit à un lifting aussi réussi que celui de l&#8217;homme d&#8217;acier. Un vrai plaisir de gosse ^^</p>
<p>Un autre point fort du récit, au-delà de sa réflexion sur le mythe, réside dans le foisonnement de références à l’univers original. Que ce soit au travers des personnages ou des situations, pratiquement chaque page renvoie à un évènement connu (à condition de connaitre la mythologie Superman). Il s’agit donc bien ici d’une double redécouverte du mythe et de ses fondations.</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-7112" title="superman_red_son 6" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/06/superman_red_son-6.jpeg" alt="" width="682" height="1024" /></p>
<p>Visuellement, le comics est très léché. On sent qu’un énorme travail a été fait sur le design de cette réalité et son évolution : le costume de Superman évolue pendant le récit, selon sa place politique et les standards militaires de l’époque. Il y a aussi un gros travail de recherche sur l&#8217;iconographie liée à la doctrine communiste, c&#8217;est dans ces détails que j&#8217;ai le plus apprécié le souci de qualité des auteurs.Toujours lisible, le découpage est comme souvent dans les comics très clairs, privilégiant une vue d&#8217;ensemble, à l’inverse des mangas avec leur découpage plus rythmé et proche de l’action. Le tout est semblable à une fresque, et le statut quasi divin de Superman s’y prête à merveille, avec des perspectives mettant en avant la démesure de ses pouvoirs.</p>
<p>Contrairement à un Watchmen plutôt long et difficile à digérer, j&#8217;ai trouvé Superman Red Son court et facile à lire. Trois épisodes seulement lors de sa parution, un seul tome broché (environ 250 pages) dans son édition française chez ÉDITEUR. J&#8217;ai énormément apprécié d&#8217;avoir dans les mains une histoire complète ne se terminant sur un cliffanger : malgré la présence de quelques retournements bien pensés, l’histoire est finie.<br />
C’est frais, original et passionnant, le côté mythologie parallèle permet de renouveler l’intérêt, tout en faisant réfléchir sur le mythe que l’on connait tous. Et quel plaisir de découvrir les différentes références plus ou moins planquées ! Honnêtement, qui d’autre que les geeks adorent chercher, trouver et tirer une immense autosatisfaction des références culturelles cachées par d’autres geeks passionnés ? Moi j&#8217;adore, autant en profiter <img src='http://www.blog-bazar.com/wp-includes/images/smilies/icon_smile.gif' alt=':-)' class='wp-smiley' /> </p>
<p>Curieux ou connaisseurs (encore que je prêche des convertis qui ne m’auront sans doute pas attendu) foncent ! Superman Red Son est disponible en album broché pour une vingtaine d’euros chez tous les bons fournisseurs. Vous m’en direz des nouvelles !</p>
<p>En attendant, direction <strong>Kingdom Come</strong>&#8230;</p>
<p><img class="aligncenter size-full wp-image-7111" title="superman_red_son 5" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/06/superman_red_son-5.jpeg" alt="" width="1024" height="768" /></p>
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		<title>Clip n&#8217; Play : Special AMV II</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Jun 2011 09:32:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>fylyp82</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Qu&#8217;est ce qui fait un bon AMV ? C&#8217;est la question que posait en conclusion le précédent article publié sur ce blog à ce sujet. La problématique a bien entendu déjà été abordée et institutionnalisée, comme en témoigne le calendrier mis à disposition sur le site animemusicvideos.org, révélant l&#8217;existence de nombreuses compétitions centrées sur cette discipline, [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Qu&#8217;est ce qui fait un bon AMV ? C&#8217;est la question que posait en conclusion le précédent article publié sur ce blog à ce sujet. La problématique a bien entendu déjà été abordée et institutionnalisée, comme en témoigne le <a href="http://www.animemusicvideos.org/help/calendar/">calendrier</a> mis à disposition sur le site <a href="http://www.animemusicvideos.org">animemusicvideos.org</a>, révélant l&#8217;existence de nombreuses compétitions centrées sur cette discipline, pour la plupart essentiellement organisées aux Etats-Unis et au Japon. Ailleurs, ce mode d&#8217;expression artistique est également devenu partie intégrante des diverses conventions <strong>(1) </strong>regroupant les fans d&#8217;anime et de manga, une tendance qui a aujourd&#8217;hui largement et définitivement dépassé le stade du phénomène de mode. En France, c&#8217;est au cours de la célèbre <a href="http://www.amv-france.com/concours/japan-expo-11-2010-112">Japan Expo</a> qu&#8217;est offerte la possibilité aux monteurs gaulois d&#8217;exhiber l&#8217;étendue de leurs talents alors que le phénomène trouve même écho jusqu&#8217;en Tunisie.</p>
<p>Cette interrogation amène un constat que les fans du <em>Club Dorothé</em> <strong>(2)</strong> de la première heure corroboreront : l&#8217;aseptisation a fini par frapper les différentes productions nippones destinées au grand public. L&#8217;expression réaliste d&#8217;une violence exagérée, que l&#8217;on pouvait observer dans le long métrage<em> Akira</em>, inspiré du manga éponyme d&#8217;<strong>Otomo Katsuhiro</strong>, jusque dans les tribulations de <em>Ken le survivant</em> (<em>Hokuto no Ken</em>, de <strong>Buronson</strong> et <strong>Hara Tetsuo</strong><em>)</em>, s&#8217;est perdue au profit d&#8217;une charte graphique beaucoup plus tendre, bien secondée en cela par l&#8217;introduction progressive des technologies numériques de traitement de l&#8217;image. Il suffit, pour s&#8217;en rendre compte, de regarder l&#8217;évolution de la série <em>Sainst Seiya </em><strong>(3)</strong> dans son ensemble sur une quinzaine d&#8217;années.</p>
<p>Fini donc les <em>Guyver</em> (adaptation du manga de <strong>Yoshiki Takaya</strong>), <em>Doomed Megalopolis</em> (adpatation du Teito Monogatari du romancier <strong>Hiroshi Aramata</strong>) ou encore <em>Armitage III</em> (série d&#8217;animation originale des studios <strong>AIC</strong> et <strong>Pioneer L.D.C</strong>.). Des titres d&#8217;une violence sans nom et d&#8217;un réalisme spectaculaire, importés pêle-mêle au grand public sans réelle évaluation responsable, à l&#8217;époque où l&#8217;occident découvrait les talents nippons dans le domaine de l&#8217;animation. Aujourd&#8217;hui, dès que l&#8217;on sort du registre de l&#8217;extrême, tout devient automatiquement plus lisse : les gerbes de sang dans <em>Bleach</em> ont plus vocation à faire dans l&#8217;impressionisme qu&#8217;à soulever les coeurs; les blessures dans <em>One Piece</em> se limitent à quelques traces de rouge ou de noir, et seul le récent <em>Hellsing Ultimate</em> parvient à rappeler qu&#8217;on peut faire couler des hectolitres de fluides corporels en arrachant une mâchoire dans une baston entre vampires. Bref, en vingt ans, la fluidité de l&#8217;animation s&#8217;est faite au détriment du réalisme, et cela a bien entendu eu un impact sur les AMV qui puisent leurs ingrédients dans les productions de leur temps, pour d&#8217;évidentes questions de définition et de support.</p>
<p>Est-ce bien grave, docteur ? Je pense personnellement que oui, mais c&#8217;est un débat sur lequel nous reviendrons sans doute un jour. Pour l&#8217;heure, retour aux AMV d&#8217;aujourd&#8217;hui et à leurs critères objectifs de qualité et d&#8217;esthétique, à l&#8217;aide de quelques morceaux choisis. Musique <strong>(4)</strong>&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<h6><strong>(1) <a href="http://www.bellaonline.com/articles/art30433.asp">http://www.bellaonline.com/articles/art30433.asp</a>; liste des conventions en Europe, Asie et Australie.</strong></h6>
<h6><strong>(2) L&#8217;émission par laquelle l&#8217;anime fit sont entrée en France. </strong></h6>
<h6><strong> </strong><strong>(3) Les fameux Chevaliers du Zodiaque chers à </strong><strong>Masami Kuramada. Les moins de 18 ans connaissent sans doute mieux la franchise à travers l&#8217;Episode G ou Lost Canvas.</strong></h6>
<h6><strong>(4) C&#8217;est bien le <em>Dies Irae</em> du Requiem de Verdi qui sert de fond sonore à la vidéo suivante, fabriquée à partir d&#8217;extraits de long-métrage d&#8217;animation et d&#8217;OAV datant du début des années 90 : <em>Cobra</em>, <em>Battle Angel Alita</em>, <em>Akira</em>, <em>Street Fighter II : The Animated Movie</em>, <em>Ninja Scroll</em>, <em>Patlabor</em>, <em>Cyber City Oedo 808</em>, pour ne citer que ces derniers.</strong></h6>
<p>&nbsp;</p>
<p><object width="500" height="375"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/81GO1WAyC2c?version=3&#038;feature=oembed"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/81GO1WAyC2c?version=3&#038;feature=oembed" type="application/x-shockwave-flash" width="500" height="375" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p><strong><br />
</strong></p>
<p>L&#8217;appréciation de l&#8217;aboutissement d&#8217;un AMV n&#8217;étant pas une science exacte, il est malgré tout possible de définir trois gages déterminants de qualité, sans chercher bien loin : primo, la puissance des extraits utilisés; secondo, le choix du titre musical récupéré pour construire le clip, et tertio, la technique du monteur. Une liste qui semble évidente de prime abord mais qui mérite tout de même d&#8217;être détaillée</p>
<p>En ce qui concerne le choix des images, tout d&#8217;abord, il semble évident que plus l&#8217;oeuvre détournée côtoie les sommets, plus l&#8217;AMV qui sera fabriqué à partir de ses extraits aura du cachet. Cette règle n&#8217;est néanmoins pas absolue et se retrouve contrariée par la popularité d&#8217;un titre ou d&#8217;un personnage récurrent d&#8217;une franchise, qui peut faire passer l&#8217;émotion avant l&#8217;esthétique de la mise en scène. Le cas de <em>Vegeta</em>, protagoniste charismatique et populaire de <em>Dragon Ball</em> en est le parfait exemple : tirant parti de la piètre qualité d&#8217;animation des différentes adaptations du manga par la <strong>Toei Animation</strong>, l&#8217;AMV suivant arrive à transcender ce qui fait la force et la complexité du personnage à travers une série de scènes le montrant aux prises avec ses ennemis ou ses démons. Plus que l&#8217;image au sens propre, c&#8217;est le reflet de la personnalité du héros choisi qui fait mouche, bien épaulé par le titre<em> In The End</em> de <strong>Linkin Park</strong>.</p>
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<p><object width="500" height="375"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/PG3gPTsQ8Pw?version=3&#038;feature=oembed"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/PG3gPTsQ8Pw?version=3&#038;feature=oembed" type="application/x-shockwave-flash" width="500" height="375" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Pour en revenir au principe, on peut donc malgré tout affirmer que dans la plupart des cas, à talents de monteurs et calibre musical du morceau utilisé égaux, la différence se fait donc souvent au niveau de la qualité des images réutilisées. En guise d&#8217;exemple, voici un superbe montage réalisé à partir d&#8217;extraits du long-métrage d&#8217;animation<em> Vampire Hunter D : Bloodlust</em> sorti en 2000, et réalisé par <strong>Yoshiaki Kawajiri</strong>, à qui l&#8217;on doit, entre autres, l&#8217;excellent Ninja Scroll (1993) et une participation au projet Animatrix (sections <em>Program</em> et <em>World Record; 2003</em>). Bien soutenu par un entraînant <em>Heavyweight</em> d&#8217;<strong>Infected Mushroom</strong>s, ce clip se démarque avant tout par la beauté et la clarté des images qu&#8217;il dispense. Difficile d&#8217;atteindre ce niveau en reprenant de l&#8217;OAV ou de la série animée à la petite semaine.</p>
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<p><object width="500" height="281"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/54h80CfvqX0?version=3&#038;feature=oembed"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/54h80CfvqX0?version=3&#038;feature=oembed" type="application/x-shockwave-flash" width="500" height="281" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
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<p>Le choix du son est bien entendu d&#8217;une importance capitale, et peut presque faire la différence tout seul. Exemple ici avec un extrait du Requiem de <strong>Mozart</strong> (<em>K.626 Dies Irae</em>) mis à contribution pour rendre hommage à l&#8217;univers de <em>Wolf&#8217;s Rain</em>, une série d&#8217;animation signée par le <strong>Studio Bones</strong>, dans laquelle humains et loups croisent leurs tragiques destinées dans un monde frappé par une nouvelle ère glaciaire. Le montage est sobre et statique, l&#8217;anime recyclé d&#8217;assez bonne facture, et c&#8217;est le morceau composé par le petit génie de l&#8217;histoire de la musique classique qui fait finalement la différence et donne envie de se plonger dans l&#8217;univers proposé par l&#8217;anime détourné.</p>
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<p><object width="500" height="375"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/PshW1Gsixy0?version=3&#038;feature=oembed"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/PshW1Gsixy0?version=3&#038;feature=oembed" type="application/x-shockwave-flash" width="500" height="375" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Deuxième démonstration de l&#8217;influence du son utilisé avec ce clip centré sur l&#8217;univers de <em>Soul Eater</em>, un anime à succès adapté du manga éponyme d&#8217;<strong>Atsushi Okubo</strong>, dont le design semble directement inspiré de l&#8217;univers de<strong> Gorillaz</strong>. Le gros son pêchu respirant la joie de vivre du producteur marocain <strong>RedOne</strong> en collaboration avec <strong>Mika</strong> donne un souffle nouveau à une franchise, qui souffre pourtant de son manque de personnalité et de rythme dans sa réalisation d&#8217;origine. Bon, il est vrai que sur cet AMV, le monteur tire bien parti des points forts de l&#8217;anime, s&#8217;il l&#8217;on met la définition moyenne de la vidéo dans son ensemble de côté.</p>
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<p><object width="500" height="375"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/JOkerXAyuV4?version=3&#038;feature=oembed"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/JOkerXAyuV4?version=3&#038;feature=oembed" type="application/x-shockwave-flash" width="500" height="375" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Nous en arrivons donc à ce qui fait l&#8217;essentiel du succès d&#8217;un AMV : le talent du monteur. En plus du choix des ingrédients de son montage (traitement de l&#8217;image compris), ce dernier a la responsabilité, pour peu qu&#8217;il se prête au jeu, de trouver le bon fil conducteur de son clip. La vidéo suivante exprime bien cet aspect, en livrant un condensé de l&#8217;intrigue de la série <em>Fullmetal Alchemist </em>(adaptée du manga d&#8217;<strong>Arakawa Hiromu</strong>), qui donne quelques pistes sur la trame de l&#8217;histoire sans pour autant en révéler le moindre détail significatif qui gâcherait le plaisir de la découverte à quiquonque n&#8217;a pas eu l&#8217;occasion de se plonger dans l&#8217;univers du manga ou de l&#8217;anime. Rythme, coordination, textures, et habilité à trouver les bons extraits : tel est le cahier des charges de l&#8217;artiste qui se lance dans cette délicate opération. Si l&#8217;AMV est centré sur une franchise en particulier, une connaissance approfondie de l&#8217;oeuvre est bien entendu de rigueur. Le titre du morceau détourné s&#8217;intitule <em>Hollow</em>, interprété par un groupe d&#8217;alternative originaire de Stephenville, <strong>Submersed</strong>.</p>
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<p><object width="500" height="375"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/hbhaADAZHJI?version=3&#038;feature=oembed"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/hbhaADAZHJI?version=3&#038;feature=oembed" type="application/x-shockwave-flash" width="500" height="375" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Au final, on est en droit de se demander si le talent du monteur ne fait pas tout&#8230; Je n&#8217;en suis, pour ma part, pas réellement convaincu, car si les morceaux choisis (musique ou image) sont de bien trop mauvaise facture pour être exploitables, il sera alors difficile pour l&#8217;artiste de dispenser à travers son AMV ce qui constitue la raison d&#8217;être des mangas, des animes et de tout ce qui découle de leurs industries respectives : le rêve. Sur ce, amis lecteurs, je vous laisse avec un dernier petit clip construit sur l&#8217;univers du jeu <em>Final Fantasy 8</em> et la délicieuse voix d&#8217;<strong>Enya</strong> au service du titre <em>Gravity of Love</em> signé par <strong>Enigma</strong>.</p>
<p>Un moment de pur kitsch romantique pour conclure un petit dossier qui, je l&#8217;espère, vous aura autant plu qu&#8217;éclairé.</p>
<p>Musiqueeeuh&#8230;</p>
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<p><object width="500" height="375"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/qq-45wXw7E8?version=3&#038;feature=oembed"></param><param name="allowFullScreen" value="true"></param><param name="allowscriptaccess" value="always"></param><embed src="http://www.youtube.com/v/qq-45wXw7E8?version=3&#038;feature=oembed" type="application/x-shockwave-flash" width="500" height="375" allowscriptaccess="always" allowfullscreen="true"></embed></object></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>PHB</p>
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		<title>A lire (un de ces jours en France) : Drifters</title>
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		<pubDate>Fri, 15 Apr 2011 19:53:17 +0000</pubDate>
		<dc:creator>fylyp82</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Alors que le public initié attend toujours le huitième épisode de la deuxième adaptation en anime de Hellsing (1), le manga culte imaginé par Kohta Hirano, les amateurs de son style sombre et sanguinolant ont le plaisir (malsain) depuis le 30 avril 2009 de découvrir sa nouvelle série intitulée Drifters (2). Après avoir donc mis en [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align: left;">Alors que le public initié attend toujours le huitième épisode de la deuxième adaptation en anime de <em>Hellsing</em> <strong>(1)</strong>, le manga culte imaginé par <strong>Kohta Hirano</strong>, les amateurs de son style sombre et sanguinolant ont le plaisir (malsain) depuis le 30 avril 2009 de découvrir sa nouvelle série intitulée <em>Drifters</em> <strong>(2)</strong>. Après avoir donc mis en scène une guerre totale entre vampires nazis et exorcistes au service de sa Majesté la Reine d&#8217;Angleterre <strong>(3)</strong>, Kohta Hirano pousse cette fois-ci le délire encore plus loin, pour le plus grand plaisir des amateurs d&#8217;Histoire et d&#8217;heroic fantasy. En voici un aperçu, en quelques lignes et extraits.</p>
<p style="text-align: left;">Le récit débute au Japon, à l&#8217;ère Sengoku, une époque trouble et riche en conflits de toutes sortes qui s&#8217;étend entre la moitié du XVème siècle et la fin du XVIème. Lors de la bataille de Sekigahara, (1600 apr. J.-C.), opposant les <strong>Shimazu</strong> de la province rebelle de Satsuma et les forces des<strong>Togukawa</strong>, alors à l&#8217;aube de leur règne sur la période Edo (1603 à 1867 apr. J.-C.), <strong>Shimazu Toyohisa</strong>, guerrier de génie reconnu pour son courage inconsidéré, se fait mortellement blesser en couvrant la retraite de son oncle, le général <strong>Shimazu Yoshihiro (4).</strong></p>
<h6 style="text-align: left;">(1) Une sortie à l&#8217;origine décalée au printemps 2011, avant que le Japon ne soit victime de la plus grande catastrophe sismique et nucléaire de son Histoire.</h6>
<h6>(2) Un terme anglo-saxon qui pourrait se traduire par vagabond.</h6>
<h6>(3) Comptant notamment la célèbre créature de <strong>Bram Stoker </strong>parmi ses troupes.</h6>
<h6>(4) Second fils du gouverneur Shimazu Takahisa, connu pour être un brillant général qui stabilisera la position des Shimazu sous le rège des Togukawa, dont la bataille de Sekigahara marquera officieusement le début du shogunat.</h6>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/04/drifters-499394.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6880" title="drifters 2" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/04/drifters-499394.jpg" alt="" width="504" height="725" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Après la bataille, alors qu&#8217;il cherche, hagard, le chemin du retour dans sa province natale, Toyohisa se retrouve subitement transporté dans un long corridor s&#8217;étendant à l&#8217;infini. Le plafond y est assez bas et les murs de part et d&#8217;autre sont entrecoupés d&#8217;une interminable série de portes de diverses conceptions. Mais ce qui attire d&#8217;abord l&#8217;attention du guerrier est un homme attablé face à lui, en plein milieu de l&#8217;allée. L&#8217;individu, au cheveux clairs et ordonnés, est vêtu d&#8217;un ensemble assez sobre dont on peut distinguer un gilet recouvrant une chemise à carreaux au col duquel se rattache une cravate sombre et discrète. D&#8217;épaisses lunettes masquent ses yeux démesurés et il ne semble pas le moins du monde supris de cette visite impromptue. Avec un flegme glacial et un stylo à la main, il se saisit de l&#8217;un des documents qui jonchent son bureau, consulte brièvement sa montre et prononce ses premières et dernières paroles à l&#8217;adresse du samouraï hébété : &laquo;&nbsp;Suivant.&nbsp;&raquo;</p>
<p>Un mot qui a pour effet immédiat d&#8217;aspirer ce dernier en un éclair vers l&#8217;ouverture alors créée par une porte située à son niveau&#8230;</p>
<h6></h6>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/04/drifters-499419.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6882" title="drifters 3" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/04/drifters-499419.jpg" alt="" width="541" height="294" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>C&#8217;est ainsi que le lecteur est transporté dans une dimension spatio-temporelle parallèle à la nôtre, contruite sur les bases de l&#8217;univers heroic fantasy (humains, elfes, nains, dragons et tutti quanti), et dans laquelle s&#8217;affrontent d&#8217;un côté les &laquo;&nbsp;Drifters&nbsp;&raquo;, de l&#8217;autre les &laquo;&nbsp;Offscourings&nbsp;&raquo;. Tous les membres de ces deux clans sont des personnages célèbres issus de différentes époques de notre Histoire, qu&#8217;ils soient samouraïs, militaires, archers, assassins, chevaliers, cowboys, pilotes de chasse, stratèges ou encore gouverneurs. Mais si les &laquo;&nbsp;Drifters&nbsp;&raquo; ne gardent aucune rancoeur de leur éviction du monde réel et se battent en n&#8217;utilisant que leurs talents respectifs, les &laquo;&nbsp;Offscourings&nbsp;&raquo; entretiennent quant à eux un fort ressentiment vis-à-vis de l&#8217;espèce humaine et ont renoncé à leur propre humanité pour obtenir une puissance maléfique qui dépasse l&#8217;entendement. Dirigés par le &laquo;&nbsp;Black King&nbsp;&raquo;, ces derniers n&#8217;aspirent qu&#8217;au meutre et à la destruction. Les &laquo;&nbsp;Drifters&nbsp;&raquo;, quant à eux, sont essentiellement motivés par la soif de conquête et d&#8217;aventure.</p>
<p>Shimazu Toyohisa grossira donc les rangs des conquérants, aux côtés du gouverneur <strong>Nobunaga Oda</strong> (1534-1582 apr. J.-C.), l&#8217;un des trois premiers unificateurs du Japon sous l&#8217;ère Sengoku, de <strong>Hannibal</strong> (247-183 av. J.-C.), le stratège Carthaginois qui fit trembler Rome ou encore de <strong>Scipion l&#8217;Africain</strong> (235-183 av. J.-C.), genéral et homme d&#8217;Etat romain et rival du précédent, pour ne citer que ceux-là.</p>
<p>En face, il sera possible de s&#8217;extasier sur une version pyromane de <strong>Jeanne d&#8217;Arc</strong> (1412-1431 apr. J.-C.), la pucelle d&#8217;Orléans, un <strong>Grigori Efimovitch Raspoutine </strong>(1969-1916 apr. J.-C.), le mystificateur de Saint-Pétersbourg, passé chez l&#8217;esthéticienne pour l&#8217;occasion, voire un ténébreux <strong>Toshiz</strong><strong>ō Hijikata</strong> (1835-1869 apr. J.-C.) guerrier japonais au service du <em>Shinsen Gumi</em> <strong>(5)</strong> dont l&#8217;intransigeance n&#8217;avait d&#8217;égal que sa maîtrise du Bushido. Une liste qui est là aussi loin d&#8217;être exhaustive.</p>
<p>Quand à l&#8217;identité du &laquo;&nbsp;Black King&nbsp;&raquo;, le peu qui est dévoilé à son sujet autorise les spéculations les plus démentes sur son identité.</p>
<h6>(5) Force de police spéciale japonaise à la fin du shogunat Togukawa (1853-1867 apr. J.-C.).</h6>
<p>&nbsp;</p>
<h6 style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/04/drifters-1185417.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6886" title="drifters-Jeanne d'Arc" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/04/drifters-1185417.jpg" alt="" width="520" height="578" /></a>Jeanne d&#8217;Arc, dans toute sa splendeur.</h6>
<p>&nbsp;</p>
<p>Tout ce beau monde se cotoie donc et s&#8217;affronte le coeur léger dans la plus pure tradition graphique et scénaristique de Kohta Hirano. Son trait gras et maîtrisé multiplie les scènes de mutilation, de crémation et autres raffinements. Les protagonistes s&#8217;en donnent à coeur joie, le regard dément et un sourire sadique aux lèvres. Par ailleurs, à ce niveau, la ressemblance avec <em>Hellsing</em> est flagrante, ce qui ne pose toutefois pas de problème, tant l&#8217;intrigue de <em>Drifters</em> se démarque de celle de son illustre prédecesseur par ses fondations comme par son traitement. Car si le carnage est l&#8217;apect le plus visible de ce manga, l&#8217;accent est en réalité surtout mis sur la stratégie guerrière dans ce qu&#8217;elle comporte de plus technique : on apprendra par exemple, grâce au savoir faire de Nobunaga Oda<strong>,</strong> surnommé en son temps le &laquo;&nbsp;Roi-Démon du 6ème Ciel&nbsp;&raquo;<strong>(6)</strong>, comment fabriquer du salpêtre (ou nitrate de potassium) à partir de cadavres humains et d&#8217;excréments, ou encore, qu&#8217;il est impératif, pour stimuler l&#8217;entrain d&#8217;une population à partir en guerre, de priver cette dernière de nourriture après en avoir brisé la fierté. Une paire de leçons parmi tant d&#8217;autre que l&#8217;auteur puise dans l&#8217;innénarable parcours de la race humaine depuis la nuit des temps.</p>
<p>Le cynisme et l&#8217;humour potache sont aussi au rendez-vous, savamment distillés au fil des pages.</p>
<p>Si l&#8217;on ajoute à cela la richesse naturelle des personnages dont les réincarnations sont vraiment plaisantes à découvrir, et le découpage redoutablement efficace de l&#8217;action, qui suinte le talent d&#8217;un magaka confirmé, <em>Drifters</em> s&#8217;impose de facto comme une future référence du manga de baston. Il est d&#8217;ailleurs amusant et instructif d&#8217;observer l&#8217;évolution du style de Kohta Hirano en comparant ce titre à son illustre prédécesseur <em>Hellsing</em>, pour observer tout ce qui fait la différence entre un auteur de mangas qui débute une série à succès et celui qui remet le couvert : on remarquera ainsi que le travail du second comporte moins de déchets, d&#8217;approximations et de perte de temps dans le déroulement de l&#8217;intrigue, signe que la trame est d&#8217;ores et déjà bouclée avant même que la première planche ne soit entamée.</p>
<p><span style="font-size: 10px; font-weight: bold;">(6) Au sujet de ce surnom, voir à Mararaja sur le lien suivant <a href="http://www.nichiren-etudes.net/dico/m.htm">http://www.nichiren-etudes.net/dico/m.htm</a></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/04/drifters-499442.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6889" title="drifters 6" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/04/drifters-499442.jpg" alt="" width="471" height="672" /></a></p>
<p style="text-align: left;">Que dire de plus sinon qu&#8217;il serait imprudent pour quiquonque n&#8217;a pas atteint l&#8217;âge de la puberté de s&#8217;aventurer aux côtés de Shimazu Toyohisa, ce manga étant franchement cru au niveau du visuel comme du scénario. Pour l&#8217;heure, seuls vingt chapitres d&#8217;une vingtaine de pages chacun ont été prépubliés dans les pages du mensuel nippon <em>Young Kings Ours</em> de l&#8217;éditeur historique Shōnen Gahōsha (en activité depuis 1945). En France, c&#8217;est <strong>Tonkam</strong> qui va se charger de la traduction du seul tome actuellement paru au Japon, en attendant les suivants.</p>
<p style="text-align: left;">Affaire à suivre donc, en espérant que le soufflet ne retombe pas !</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/04/drifters-499402.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6894" title="drifters 7" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/04/drifters-499402.jpg" alt="" width="480" height="692" /></a>PHB</p>
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		<title>A lire : Le Scrameustache</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Mar 2011 15:22:09 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Si l&#8217;ont fait le compte de tout ce que l&#8217;imagination humaine a pu créer en terme de formes de vie extra-terrestre, tous supports confondus, il est pertinent de se demander si le registre n&#8217;a pas tout simplement été épuisé. Entre les Martiens d&#8217;EC Comics (1) qui servirent de modèles à Tim Burton dans Mars Attacks [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Si l&#8217;ont fait le compte de tout ce que l&#8217;imagination humaine a pu créer en terme de formes de vie extra-terrestre, tous supports confondus, il est pertinent de se demander si le registre n&#8217;a pas tout simplement été épuisé. Entre les Martiens d&#8217;EC Comics <strong>(1)</strong> qui servirent de modèles à<strong> Tim Burton</strong> dans <em>Mars Attacks</em> (1996), la faune de <em>Star Wars</em>, intarrissabe source de marketing sauvage sans frontière chère à <strong>Georges Lucas</strong>, celle de <em>Star Trek</em> <strong>(2)</strong>, la créature de <strong>Hans Rudolf Gieger</strong> à triple mâchoire qui tente de rouler un pelle à <strong>Sigourney Weaver</strong> dans <em>Alien</em>, le rasta de l&#8217;espace nommé <em>Predator</em>, les grotesques Mondo-shawans du <em>Cinquième Elément</em>, le non moins ridicule <em>E.T</em>. et son irritant discours d&#8217;autiste, en passant par la <em>Mutante</em> (1995) de <strong>Roger Donaldson</strong>, ou encore, la horde des créatures qui ressemblent à tout (donc à rien) et que l&#8217;on peut rencontrer dans <em>The Arrival</em> de <strong>David Twohy</strong> (1997),<em> Independance Day</em> de l&#8217;impayable <strong>Roland Emmerich</strong> (1996), ou<em> The Faculty</em> (1998) de <strong>Robert Rodriguez</strong>, le 7ème art a déjà fait pas mal de tours de la question <strong>(3)</strong>. Même en faisant l&#8217;impasse sur l&#8217;imagerie et la littérature indépendante du cinéma, la liste est démesurée.</p>
<p>Le 9ème art européen n&#8217;est pas en reste, notamment grâce à des artistes comme <em>Enki Bilal</em>, <em>Mœbius</em>, <em>Pierre Christin</em>, <em>Roger Leloup</em>, <em>Jodorowsky</em> ou<em> Christian Godard </em><strong>(4) </strong>qui ont également exploré le sujet de fond en comble, avec une touche intellectuelle fidèle à l&#8217;esprit du vieux continent. Alors que les auteurs cités appartiennent tous à un registre plutôt destiné aux adultes, le héros de papier qui nous réunit aujourd&#8217;hui se veut lui l&#8217;ami des plus jeunes, et réussit à trouver une place de choix dans une catégorie déjà surexploitée dans les années 70. On l&#8217;appelle :<em> Le Scrameustache</em>.</p>
<h6>(1) Ancien éditeur de comics qui a fait faillite en 1956. Le magazine américain MAD en est le dernier vestige, depuis propriété de DC Comics.</h6>
<h6>(2) Je laisse le soin à Grishka et Marv de développer le sujet.</h6>
<h6>(3) J&#8217;en ai oublié le cas de possession extra-terrestre présentés dans <em>Event Horizon</em> (1997), avec Sam Neil et Lawrence Fishburne.</h6>
<h6>(4) Ce dernier est l&#8217;auteur du <em>Vagabond des Limbes</em>, une des séries de science-fcition les plus perchées de l&#8217;histoire de la bande dessinée.</h6>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/03/294.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6806" title="Le scrameustache et Khena" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/03/294.jpg" alt="" width="384" height="406" /></a></p>
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
<p>Le Scrameustache est un petit être qui ressemble à un mélange de plusieurs animaux, parmi lesquels ont peut reconnaître la démarche du singe, les moustaches du félin et un museau de rongeur (c&#8217;est lui, sur l&#8217;image ci-dessus). Ce patchwork miniature revêtu d&#8217;une combinaison bleue ornée d&#8217;une simple ceinture vient d&#8217;une autre galaxie. Son casque est doté de deux petites antennes qui lui offrent le moyen de déculper ses capacités cérébrales, lui permettant par exemple de communiquer par télépathie. L&#8217;ampoule qui joue les figures de proue sur ce même couvre-chef a quant a elle deux fonctions : à celle consistant à éclairer devant soi, comme le ferait la lampe d&#8217;un casque de mineur, s&#8217;ajoute une fonction étonnante, celle de pouvoir transformer toute créature en statue de sel au moyen d&#8217;une sorte de rayon laser. La durée de la métamorphose varie en fonction des paramètres fixés par le Scrameustache, qui possède, en plus de sa propre soucoupe volante, d&#8217;un vigile robotisé répondant au doux nom de Tobor <strong>(5)</strong>.</p>
<p>S&#8217;il n&#8217;est pas nécessaire de développer d&#8217;avantage sur ses origines, les auteurs fournissant progressivement tous les éléments de réponse nécessaires au fil des albums, il n&#8217;est pas inutile par contre de savoir que le Scrameustache débarqua sur terre dans la petite commune fictive de Chambon-Les-Roses, en terre de France et à notre époque, pour y rencontrer accidentellement l&#8217;archéologue Georges Cailleau et son neveu Khéna<strong> (6)</strong>, scellant ainsi le début de ses aventures.</p>
<p>Une dernière petite précision concernant le nom de cette créature : elle résulte d&#8217;une combinaison pour le moins savante révélée dans le 18ème tome de la série :</p>
<li><strong>S</strong>ujet</li>
<li><strong>C</strong>réé par</li>
<li><strong>R</strong>adiations</li>
<li><strong>A</strong>rtificielles et</li>
<li><strong>M</strong>anipulations</li>
<li><strong>E</strong>xtra-</li>
<li><strong>U</strong>térines</li>
<li><strong>S</strong>ans</li>
<li><strong>T</strong>oucher</li>
<li><strong>A</strong>ux</li>
<li><strong>C</strong>hromosomes</li>
<li><strong>H</strong>éréditaires</li>
<li><strong>E</strong>ndogènes.</li>
<p>Tout un programme&#8230;</p>
<h6>(5) En plus d&#8217;être un nom de ville au Sénégal, Tobor est également le surnom du robot faisant office de personnage principal d&#8217;un vieux film de science-fiction de 1954, intitulé <em>Tobor The Great</em>.</h6>
<h6>(6) Khéna est l&#8217;une des multiples orthographes de Quena, terme hispanique désignant une flûte droite des pays andins.</h6>
<p><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/03/Scrameustache-Spirou.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6816" title="Scrameustache Spirou" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/03/Scrameustache-Spirou.jpg" alt="" width="241" height="317" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a style="text-decoration: none;" href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/03/tobor1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6810" title="tobor1" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/03/tobor1.jpg" alt="" width="196" height="164" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>C&#8217;est en 1972 que le Scrameustache vit le jour sous la plume et les pinceaux du scénariste et dessinateur wallon <strong>Roland Goossens</strong>. Les premières planches furent publiées dans les pages du magazine<em> Spirou</em> des éditions<strong> Dupuis </strong>(voir la couverture plus haut) et ouvrirent le premier chapitre des aventures du petit extra-terrestre, intitulées <em>Le Secret de L&#8217;Inca</em>.</p>
<p>Sous le pseudonyme de <strong>Gos</strong>, Roland Goossens enchaîna seul la conception des douze premiers albums de la série, avant de colloborer avec son fils, <strong>Walter Goossens</strong>, alias <strong>Walt</strong>, qui le seconda dans la création d&#8217;une collection comptant quarante tomes jusque-là, pour une série toujours en cours. La maison Dupuis céda quant à elle la main aux éditions <strong>Glénat (7) </strong>à partir du trente-cinquième album<strong>,</strong> lequels entreprirent logiquement  la rédition de toute la saga sous leurs couleurs.</p>
<h6>(7) Bien que soignée, cette édition ne vaut pas, à mon humble avis, celle de Dupuis en terme de qualité, surtout en ce qui concerne la mise en page des couvertures.</h6>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/03/Planche_bd_4449_SCRAMEUSTACHE-LE.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6818" title="Planche_bd_4449_SCRAMEUSTACHE (LE)" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/03/Planche_bd_4449_SCRAMEUSTACHE-LE.jpg" alt="" width="570" height="735" /></a></p>
<p><em>Le Scrameustache </em>est donc une série de bandes dessinées de science-fiction destinée à la jeunesse, qui se démarque par bien des aspects. Le premier concerne directement le syle graphique et narratif, très inspiré par le travail de<strong> Peyo</strong>, le créateur des Schtoumphs, avec lequel Gos fut amené à collaborer sur certaines des aventures des petits être bleus. Les Galaxiens en sont un bel exemple  : ces petits extra-terrestres à la peau verte possédent une petite antenne sur le haut du crâne, ne sont pas plus grands qu&#8217;un enfant humain de 10 ans chacun et se ressemblent tous comme deux gouttes d&#8217;eau. Ils vivent en communauté pacifique et organisée et cohabitent avec plusieurs autres civilisations à travers la galaxie. Tout leur univers, jusque dans l&#8217;architecture de leurs bâtiments se rapproche du monde des amateurs de salsepareille (la nourriture de prédilection des Schtroumphs). Une ressemblance qui fait implicitement perdurer l&#8217;esprit de Peyo, pour le plus grand plaisir de ses admirateurs. Une différence de taille est toutefois à noter : contrairement aux Schtroumphs, les Galaxiens ont plus qu&#8217;une représentante de la gente féminine à se mettre sous la dent.</p>
<p>Le deuxième point fort de l&#8217;œuvre de la famille Goossens concerne la variété des aventures proposées, qui transportent le lecteur tantôt dans des univers futuristes, tantôt dans des voyages spatio-temporels, ou encore qui s&#8217;organisent autours de la confrontation et la cohabitation de civilisations différentes à des degrés divers. Les univers sont riches et rigoureusement construits et la naïveté dans leur traitement se rapproche plus du charmant que du mièvre, notamment grâce à un savant dosage de narration et d&#8217;action qui les rend très agréables à découvrir. Les passages historiques sont quant à eux consciencieusement documentés. Enfin, un certain rapprochement avec les sciences occultes, présent dès les premières aventures, donne une dimension supplémentaire à l&#8217;ensemble.</p>
<p>Enfin, même si la série a tendance à se disperser à partir du quinzième album (<em>Le Stagiaire</em>, 1986), en alternant les histoires complètes et les strips comiques centrés sur les Galaxiens, la cohérence est au rendez-vous tout le long de la série, multipliant les retours inattendus de personnages secondaires et les développements parallèles de mystères partiellement résolus dans de précédents épisodes. Une qualité appréciable qui érige indéniablement <em>Le Scrameustache</em> au rang des franchises cultes de la bande dessinée à papa, avec un héros qui a le mérite d&#8217;offrir une repésentation alternative de l&#8217;extra-terrestre fictif.</p>
<p>Bref, à dévorer, sous peine de finir en statue de sel&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Si vous ne devez en lire qu&#8217;un : Tome 11, <em>Le Renégat</em> (pour la superbe station spatiale des frères Zoltic et Zoltac).</p>
<p>Et pour finir mon préféré : L&#8217;intrigue qui couvre les tomes 12 et 13 , <em>La Saga de Thorgull</em> et<em> Le Secret des Trolls</em>.</p>
<p>Prix par tome : autours de 9 euros pour l&#8217;édition Glénat, prix en fonction des bouquinistes pour l&#8217;édition Dupuis.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/03/Scrameustache.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6821" title="Scrameustache galaxiens" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/03/Scrameustache.jpg" alt="" width="403" height="512" /></a></p>
<p style="text-align: center;">PHB</p>
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