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	<title>Blog-Bazar &#187; BD</title>
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		<title>Nanobook : Juan Giménez</title>
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		<pubDate>Tue, 01 Nov 2011 09:32:26 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Juan Antonio Giménez López est un dessinateur argentin de bandes dessinées. Né le 26 novembre 1943, à Mendoza, dans l&#8217;ouest de l&#8217;Argentine, non loin de la Cordillères des Andes, il s&#8217;installe définitivement en Europe dans les années 1970, sur la Costa Brava espagnole. Plébiscité à plusieurs reprises par les lecteurs du magazine ibérique Comix dans les [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong></strong><strong>Juan Antonio Giménez López </strong>est un dessinateur argentin de bandes dessinées. Né le 26 novembre 1943, à Mendoza, dans l&#8217;ouest de l&#8217;Argentine, non loin de la Cordillères des Andes, il s&#8217;installe définitivement en Europe dans les années 1970, sur la Costa Brava espagnole. Plébiscité à plusieurs reprises par les lecteurs du magazine ibérique <em>Comix</em> dans les années 80, il atteint le faîte de sa célébrité en France avec <em>La Caste des Meta-Barons</em>, une série créée aux côtés d&#8217;<strong>Alexandro Jodorowsky</strong>, qu&#8217;il admire beaucoup pour son travail de scénariste au service des pinceaux de <strong>Jean Giraud</strong>, alias <strong>Mœ</strong><strong>bius</strong> (notamment sur <em>Dune</em>, en 1975).</p>
<p>Juan Giménez lui-même n&#8217;a d&#8217;ailleurs pas à rougir de son talent : en plus de quarante ans de carrière, il a en effet réussi à s&#8217;imposer comme un poids lourd de la bande dessinée de science-fiction européenne, avec une patte graphique qui se rapproche de celle de <strong>Mœ</strong><strong>bius</strong> ou d&#8217;<strong>Enki Bilal.</strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/paysages_1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7710" title="Juan Gimenez 2" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/paysages_1.jpg" alt="" width="450" height="127" /></a><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/pag16_17.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7711" title="Juan Gimenez 3 Space Ship" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/pag16_17.jpg" alt="" width="524" height="350" /></a><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/vaisseaux_2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7712" title="Juan Gimenez 4 Spaceship" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/vaisseaux_2.jpg" alt="" width="450" height="229" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>L&#8217;Argentine dans laquelle grandit cet artiste est celle du mouvement national-populaire du Président <strong>Juan Péron</strong>, qui s&#8217;installe au pouvoir en 1945 et celle de l&#8217;afflux des nazis en fuite en provenance d&#8217;Europe à la fin de la Seconde Guerre Mondiale. C&#8217;est aussi le pays dépositaire d&#8217;une économie qui s&#8217;installe à la neuvième place en 1950, profitant logiquement de l&#8217;affaiblissement de la vieille Europe, encore convalescente. C&#8217;est enfin l&#8217;Argentine des dictatures déguisées et des récessions chroniques, qui oblige finalement l&#8217;auteur à s&#8217;installer en Europe dès 1970 pour excercer son métier de dessinateur de BD, une vocation précoce, aiguisée à l&#8217;aide de cours de mécanique de précision, de dessin industriel et de dessin tout court, à l&#8217;Académie des Beaux-Arts de Barcelone.<strong> </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/metabarons_01.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7714" title="Juan Gimenez 5, Metabarons" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/metabarons_01.jpg" alt="" width="530" height="690" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Talent précoce, Juan Giménez commence dès l&#8217;âge de 10 ans à recopier les couvertures des livres de poches ou des magazines importés d&#8217;Espagne. C&#8217;est ensuite dès l&#8217;âge de seize ans qu&#8217;il commence à publier ses premières histoires dans la presse de son pays natal. Le neuvième art dispose déjà à cette époque d&#8217;une assise solide dans ce pays d&#8217;Amerique du sud depuis la moitié du XIXème siècle. C&#8217;est en effet à partir de l&#8217;Adoption de la Constitution de 1853, qui marqua la fin de la dictature de <strong>Juan Manuel De Rosa</strong> (1793-1877), que commencèrent à se multiplier les illustrations satyriques dans la presse, fortement influencées par les lithographies caricaturales publiées par les émigrants venus d&#8217;Europe. Il fallut ensuite attendre le début du XXème siècle pour que &laquo;&nbsp;l&#8217;historieta&nbsp;&raquo;, surfant sur la vague du succès des <em>comics</em> nord américains, ne s&#8217;installe définitivement dans les pages des quotidiens et magazines, avant de connaître son âge d&#8217;or dans les années 40.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/comb.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7720" title="combate, premières illustrations" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/comb.jpg" alt="" width="500" height="349" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Juan Giménez confiait en 2006, dans une interview publiée sur le site <a href="http://www.actuabd.com/Juan-Gimenez-Je-recherche-avant-tout-l-esthetisme">ActuaBD.com</a>, que la recherche de l&#8217;esthétisme était le principal moteur de sa démarche artistique. L&#8217;artiste a par ailleurs su se donner les moyens de satisfaire cette exigence en prenant, dès ses débuts, l&#8217;habitude d&#8217;aller au cinéma pour ensuite reconstituer avec de la pâte à modeler les scènes les plus spectaculaires des films projetés. Il justifiait également sa préférence pour la scicence-fiction dans le même entretien :</p>
<p><em>&laquo;&nbsp;La science-fiction a un avantage important : on est libre de laisser vaquer son imaginaire et d’inclure au récit toutes les digressions et les inventions que l’on souhaite ! Ceci dit, je m’inspire des objets actuels, et sur base de cette documentation, j’extrapole&#8230; tout en veillant à être respectueux des contraintes techniques et scientifiques !&nbsp;&raquo;</em></p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/Juan-Gimenez-Le-Quatrieme-Pouvoire2-sample.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-7722" title="Juan Gimenez 5, Le 4eme pouvoir" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/Juan-Gimenez-Le-Quatrieme-Pouvoire2-sample-1024x724.jpg" alt="" width="689" height="487" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Après l&#8217;Espagne et l&#8217;Italie, la France découvre à son tour le talent argentin avec l&#8217;<em>Etoile noire</em>, une histoire scénarisée par <strong>Ricardo Barreiro</strong> et publiée par<em> Glénat</em> en 1981. Le premier-né d&#8217;une honorable série d&#8217;albums qui paraîtrons tantôt sous le label <em>Glénat/Comics</em> (<em>Mutante</em>; <em>Gangrène</em>), tantôt chez<em> Les Humanoïdes Associés</em> (<em>La Véritable Histoire de Leo Roa; La Caste des Métas-Barons</em>),<em> Albin Michel </em>(<em>Titania</em>), <em>Bagheera</em> (<em>Le regard de l&#8217;Apocalypse</em>) et <em>La Sirène</em> (<em>Arkhanes</em>) mettront également l&#8217;auteur en avant du début des années 80 à aujourd&#8217;hui, à travers divers récits illustrés ou recueils d&#8217;illutrations. Les noms des scénaristes travaillant à ses côtés se sont également succédés au fil des albums, alors que le dessinateur s&#8217;est lui même attelé à cette noble tâche sur certaines histoires (<em>La Véritable Histoire de Leo Roa, Titania,</em> L<em>e Quatrième pouvoir&#8230;)</em>.</p>
<p>A noter que l&#8217;<em>Etoile Noire</em> est la deuxième et dernière histoire qui marque sa collaboration avec Ricardo Barreiro après <em>As de Pique</em>, un album en noir et blanc paru chez <em>Les Humanoïdes Associés</em> en 1977.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/AS-DE-PIQUE_CAF.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7736" title="Juan Gimenez 9 As de pique" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/AS-DE-PIQUE_CAF.jpg" alt="" width="621" height="837" /></a></p>
<p>Il faut également mettre au crédit de l&#8217;argentin son talent d&#8217;illustrateur au sens strict, qui lui a permis de devenir une figure très demandée dans les divers métiers de la conception graphique, et un grand producteur de story-boards pour le cinéma. Il a d&#8217;ailleurs participé en 1981 à la création d&#8217;un épisode de <em>Metal Hurlant</em>, Le film. Il fut également récompensé en 1990 par le <em>Gaudi</em> du meilleur dessinateur à la<em> Feria Internacional del Comics</em> de Barcelone, après avoir été élu à plusieurs reprises meilleur dessinateur par les lecteurs de deux revues espagnoles spécialisées <em>(Comix</em> et <em>1984</em>).</p>
<p>C&#8217;est donc déjà fort d&#8217;une certaine assise qu&#8217;il collabore à partir de 1992 avec Alejandro Jodorowsky pour créer L<em>a Caste des Méta-Barons</em>, une histoire fantastique et futuriste directement inspirée de l&#8217;univers du <em>Lincal</em> de Mœbius. Pour l&#8217;anecdote, avec cette franchise, Juan Giménez attaqua sa première série, à presque cinquante ans! Celle-ci l&#8217;occupera jusqu&#8217;en 2003.</p>
<p>Depuis, Il travaille désormais en solo sur <em>Le</em> <em>Quatrième Pouvoir</em>, une série déjà culte au bout du troisième tome.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/1120i.jpg"><img class="aligncenter size-large wp-image-7725" title="Juan Gimenez 6 - l'étoile noire" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/1120i-715x1024.jpg" alt="" width="572" height="819" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>A soixante-dix ans bientôt, Juan Giménez continue d&#8217;excercer son métier avec une impressionnante régularité. S&#8217;il n&#8217;est pas l&#8217;auteur de bandes dessinées le plus prolifique de tous les temps, ni le plus original, il restera néanmoins une référence incontournable, voire le reflet d&#8217;une époque durant laquelle l&#8217;imagination des auteurs du vieux continent était encore fertile et tenait sans mal la dragée haute aux créations des envahisseurs nippons.</p>
<p>A découvrir dès les premiers souffles de l&#8217;adolescence, la très élégante bibliographie de l&#8217;argentin saura embellir la plus miteuse des bibliothèques<br />
de la plus belle des manières. Un seul mot d&#8217;ordre donc : n&#8217;attendez-plus!</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/etoile_noire1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-7741" title="Juan Gimenez 10 Etoile Noire" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/etoile_noire1.jpg" alt="" width="335" height="480" /></a>PHB</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
]]></content:encoded>
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		<title>A lire : Le Scrameustache</title>
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		<pubDate>Wed, 30 Mar 2011 15:22:09 +0000</pubDate>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Si l&#8217;ont fait le compte de tout ce que l&#8217;imagination humaine a pu créer en terme de formes de vie extra-terrestre, tous supports confondus, il est pertinent de se demander si le registre n&#8217;a pas tout simplement été épuisé. Entre les Martiens d&#8217;EC Comics <strong>(1)</strong> qui servirent de modèles à<strong> Tim Burton</strong> dans <em>Mars Attacks</em> (1996), la faune de <em>Star Wars</em>, intarrissabe source de marketing sauvage sans frontière chère à <strong>Georges Lucas</strong>, celle de <em>Star Trek</em> <strong>(2)</strong>, la créature de <strong>Hans Rudolf Gieger</strong> à triple mâchoire qui tente de rouler un pelle à <strong>Sigourney Weaver</strong> dans <em>Alien</em>, le rasta de l&#8217;espace nommé <em>Predator</em>, les grotesques Mondo-shawans du <em>Cinquième Elément</em>, le non moins ridicule <em>E.T</em>. et son irritant discours d&#8217;autiste, en passant par la <em>Mutante</em> (1995) de <strong>Roger Donaldson</strong>, ou encore, la horde des créatures qui ressemblent à tout (donc à rien) et que l&#8217;on peut rencontrer dans <em>The Arrival</em> de <strong>David Twohy</strong> (1997),<em> Independance Day</em> de l&#8217;impayable <strong>Roland Emmerich</strong> (1996), ou<em> The Faculty</em> (1998) de <strong>Robert Rodriguez</strong>, le 7ème art a déjà fait pas mal de tours de la question <strong>(3)</strong>. Même en faisant l&#8217;impasse sur l&#8217;imagerie et la littérature indépendante du cinéma, la liste est démesurée.</p>
<p>Le 9ème art européen n&#8217;est pas en reste, notamment grâce à des artistes comme <em>Enki Bilal</em>, <em>Mœbius</em>, <em>Pierre Christin</em>, <em>Roger Leloup</em>, <em>Jodorowsky</em> ou<em> Christian Godard </em><strong>(4) </strong>qui ont également exploré le sujet de fond en comble, avec une touche intellectuelle fidèle à l&#8217;esprit du vieux continent. Alors que les auteurs cités appartiennent tous à un registre plutôt destiné aux adultes, le héros de papier qui nous réunit aujourd&#8217;hui se veut lui l&#8217;ami des plus jeunes, et réussit à trouver une place de choix dans une catégorie déjà surexploitée dans les années 70. On l&#8217;appelle :<em> Le Scrameustache</em>.</p>
<h6>(1) Ancien éditeur de comics qui a fait faillite en 1956. Le magazine américain MAD en est le dernier vestige, depuis propriété de DC Comics.</h6>
<h6>(2) Je laisse le soin à Grishka et Marv de développer le sujet.</h6>
<h6>(3) J&#8217;en ai oublié le cas de possession extra-terrestre présentés dans <em>Event Horizon</em> (1997), avec Sam Neil et Lawrence Fishburne.</h6>
<h6>(4) Ce dernier est l&#8217;auteur du <em>Vagabond des Limbes</em>, une des séries de science-fcition les plus perchées de l&#8217;histoire de la bande dessinée.</h6>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/03/294.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6806" title="Le scrameustache et Khena" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/03/294.jpg" alt="" width="384" height="406" /></a></p>
<p style="text-align: center;">&nbsp;</p>
<p>Le Scrameustache est un petit être qui ressemble à un mélange de plusieurs animaux, parmi lesquels ont peut reconnaître la démarche du singe, les moustaches du félin et un museau de rongeur (c&#8217;est lui, sur l&#8217;image ci-dessus). Ce patchwork miniature revêtu d&#8217;une combinaison bleue ornée d&#8217;une simple ceinture vient d&#8217;une autre galaxie. Son casque est doté de deux petites antennes qui lui offrent le moyen de déculper ses capacités cérébrales, lui permettant par exemple de communiquer par télépathie. L&#8217;ampoule qui joue les figures de proue sur ce même couvre-chef a quant a elle deux fonctions : à celle consistant à éclairer devant soi, comme le ferait la lampe d&#8217;un casque de mineur, s&#8217;ajoute une fonction étonnante, celle de pouvoir transformer toute créature en statue de sel au moyen d&#8217;une sorte de rayon laser. La durée de la métamorphose varie en fonction des paramètres fixés par le Scrameustache, qui possède, en plus de sa propre soucoupe volante, d&#8217;un vigile robotisé répondant au doux nom de Tobor <strong>(5)</strong>.</p>
<p>S&#8217;il n&#8217;est pas nécessaire de développer d&#8217;avantage sur ses origines, les auteurs fournissant progressivement tous les éléments de réponse nécessaires au fil des albums, il n&#8217;est pas inutile par contre de savoir que le Scrameustache débarqua sur terre dans la petite commune fictive de Chambon-Les-Roses, en terre de France et à notre époque, pour y rencontrer accidentellement l&#8217;archéologue Georges Cailleau et son neveu Khéna<strong> (6)</strong>, scellant ainsi le début de ses aventures.</p>
<p>Une dernière petite précision concernant le nom de cette créature : elle résulte d&#8217;une combinaison pour le moins savante révélée dans le 18ème tome de la série :</p>
<li><strong>S</strong>ujet</li>
<li><strong>C</strong>réé par</li>
<li><strong>R</strong>adiations</li>
<li><strong>A</strong>rtificielles et</li>
<li><strong>M</strong>anipulations</li>
<li><strong>E</strong>xtra-</li>
<li><strong>U</strong>térines</li>
<li><strong>S</strong>ans</li>
<li><strong>T</strong>oucher</li>
<li><strong>A</strong>ux</li>
<li><strong>C</strong>hromosomes</li>
<li><strong>H</strong>éréditaires</li>
<li><strong>E</strong>ndogènes.</li>
<p>Tout un programme&#8230;</p>
<h6>(5) En plus d&#8217;être un nom de ville au Sénégal, Tobor est également le surnom du robot faisant office de personnage principal d&#8217;un vieux film de science-fiction de 1954, intitulé <em>Tobor The Great</em>.</h6>
<h6>(6) Khéna est l&#8217;une des multiples orthographes de Quena, terme hispanique désignant une flûte droite des pays andins.</h6>
<p><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/03/Scrameustache-Spirou.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6816" title="Scrameustache Spirou" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/03/Scrameustache-Spirou.jpg" alt="" width="241" height="317" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p><a style="text-decoration: none;" href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/03/tobor1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6810" title="tobor1" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/03/tobor1.jpg" alt="" width="196" height="164" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>C&#8217;est en 1972 que le Scrameustache vit le jour sous la plume et les pinceaux du scénariste et dessinateur wallon <strong>Roland Goossens</strong>. Les premières planches furent publiées dans les pages du magazine<em> Spirou</em> des éditions<strong> Dupuis </strong>(voir la couverture plus haut) et ouvrirent le premier chapitre des aventures du petit extra-terrestre, intitulées <em>Le Secret de L&#8217;Inca</em>.</p>
<p>Sous le pseudonyme de <strong>Gos</strong>, Roland Goossens enchaîna seul la conception des douze premiers albums de la série, avant de colloborer avec son fils, <strong>Walter Goossens</strong>, alias <strong>Walt</strong>, qui le seconda dans la création d&#8217;une collection comptant quarante tomes jusque-là, pour une série toujours en cours. La maison Dupuis céda quant à elle la main aux éditions <strong>Glénat (7) </strong>à partir du trente-cinquième album<strong>,</strong> lequels entreprirent logiquement  la rédition de toute la saga sous leurs couleurs.</p>
<h6>(7) Bien que soignée, cette édition ne vaut pas, à mon humble avis, celle de Dupuis en terme de qualité, surtout en ce qui concerne la mise en page des couvertures.</h6>
<p>&nbsp;</p>
<p><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/03/Planche_bd_4449_SCRAMEUSTACHE-LE.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6818" title="Planche_bd_4449_SCRAMEUSTACHE (LE)" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/03/Planche_bd_4449_SCRAMEUSTACHE-LE.jpg" alt="" width="570" height="735" /></a></p>
<p><em>Le Scrameustache </em>est donc une série de bandes dessinées de science-fiction destinée à la jeunesse, qui se démarque par bien des aspects. Le premier concerne directement le syle graphique et narratif, très inspiré par le travail de<strong> Peyo</strong>, le créateur des Schtoumphs, avec lequel Gos fut amené à collaborer sur certaines des aventures des petits être bleus. Les Galaxiens en sont un bel exemple  : ces petits extra-terrestres à la peau verte possédent une petite antenne sur le haut du crâne, ne sont pas plus grands qu&#8217;un enfant humain de 10 ans chacun et se ressemblent tous comme deux gouttes d&#8217;eau. Ils vivent en communauté pacifique et organisée et cohabitent avec plusieurs autres civilisations à travers la galaxie. Tout leur univers, jusque dans l&#8217;architecture de leurs bâtiments se rapproche du monde des amateurs de salsepareille (la nourriture de prédilection des Schtroumphs). Une ressemblance qui fait implicitement perdurer l&#8217;esprit de Peyo, pour le plus grand plaisir de ses admirateurs. Une différence de taille est toutefois à noter : contrairement aux Schtroumphs, les Galaxiens ont plus qu&#8217;une représentante de la gente féminine à se mettre sous la dent.</p>
<p>Le deuxième point fort de l&#8217;œuvre de la famille Goossens concerne la variété des aventures proposées, qui transportent le lecteur tantôt dans des univers futuristes, tantôt dans des voyages spatio-temporels, ou encore qui s&#8217;organisent autours de la confrontation et la cohabitation de civilisations différentes à des degrés divers. Les univers sont riches et rigoureusement construits et la naïveté dans leur traitement se rapproche plus du charmant que du mièvre, notamment grâce à un savant dosage de narration et d&#8217;action qui les rend très agréables à découvrir. Les passages historiques sont quant à eux consciencieusement documentés. Enfin, un certain rapprochement avec les sciences occultes, présent dès les premières aventures, donne une dimension supplémentaire à l&#8217;ensemble.</p>
<p>Enfin, même si la série a tendance à se disperser à partir du quinzième album (<em>Le Stagiaire</em>, 1986), en alternant les histoires complètes et les strips comiques centrés sur les Galaxiens, la cohérence est au rendez-vous tout le long de la série, multipliant les retours inattendus de personnages secondaires et les développements parallèles de mystères partiellement résolus dans de précédents épisodes. Une qualité appréciable qui érige indéniablement <em>Le Scrameustache</em> au rang des franchises cultes de la bande dessinée à papa, avec un héros qui a le mérite d&#8217;offrir une repésentation alternative de l&#8217;extra-terrestre fictif.</p>
<p>Bref, à dévorer, sous peine de finir en statue de sel&#8230;</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Si vous ne devez en lire qu&#8217;un : Tome 11, <em>Le Renégat</em> (pour la superbe station spatiale des frères Zoltic et Zoltac).</p>
<p>Et pour finir mon préféré : L&#8217;intrigue qui couvre les tomes 12 et 13 , <em>La Saga de Thorgull</em> et<em> Le Secret des Trolls</em>.</p>
<p>Prix par tome : autours de 9 euros pour l&#8217;édition Glénat, prix en fonction des bouquinistes pour l&#8217;édition Dupuis.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/03/Scrameustache.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6821" title="Scrameustache galaxiens" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/03/Scrameustache.jpg" alt="" width="403" height="512" /></a></p>
<p style="text-align: center;">PHB</p>
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		<title>Le 9ème Art et ses Tiseurs d&#8217;élite</title>
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		<pubDate>Sun, 06 Feb 2011 19:11:31 +0000</pubDate>
		<dc:creator>fylyp82</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p>Si le Larousse et le petit Robert ne font pas mention du verbe &laquo;&nbsp;tiser&nbsp;&raquo; dans leurs versions en ligne, la toile regorge de forums dans lequels les internautes usent de toute leur science pour expliciter ce terme, qui semble à l&#8217;origine venir tout droit du vocabulaire de la verrerie. &laquo;&nbsp;Tiser&nbsp;&raquo; signifierait &laquo;&nbsp;placer du combustile dans le four à fusion&nbsp;&raquo;, explication que l&#8217;ont peut trouver dans la deuxième édition du Dictionnaire de la langue française d&#8217;<strong>Emile Littré</strong> <strong>(1)</strong>. Le temps eut bien entendu raison de la monogamie lexicale de ce verbe pour le gratifier d&#8217;un sens beaucoup plus universel et actuel aux yeux des amateurs de spiritueux. Ainsi, quand le <em>Littré</em> se contente de la sobre explication technique originelle, l&#8217;argot national tout azimuths attaque en force et livre son interminable chapelet d&#8217;expressions, référencées ou pas, pour s&#8217;approprier le bébé et lui rendre sa définition la plus populaire, à savoir l&#8217;action de boire de l&#8217;alcool.</p>
<p>Sur le forum du site<a href="http://www.languefrancaise.net/"> languefrancaise.net</a>, on pourra donc traduire &laquo;&nbsp;Tiser&nbsp;&raquo; par, au choix : &laquo;&nbsp;lichetronner&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;avoir la dalle en pente&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;piper&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;être vacciné au salpêtre&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;bitumer&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;pitancher&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;purger l&#8217;zinc&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;se rincer la dalle&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;mouiller la meule&nbsp;&raquo;, &laquo;&nbsp;pictonner&nbsp;&raquo;, ou encore le très élégant &laquo;&nbsp;payer sa tournée aux gaspards&nbsp;&raquo;<strong> (2)</strong>. Ce rapprochement avec l&#8217;art de la pochtronnerie semble d&#8217;ailleurs autant lié à l&#8217;action de gaver un four de combustile qu&#8217;à l&#8217;origine du mot tisane (d&#8217;où l&#8217;expression &laquo;&nbsp;se prendre une tisane&nbsp;&raquo;). Comme quoi les voies de la langue française sont elles aussi, impénétrables.</p>
<p>Ce petit préalable linguistique effectué, rentrons sans plus attendre dans le vif du sujet à travers un petit tour d&#8217;horizon des tiseurs les plus remarqués de la bande dessinée franco-belge. Ce classement se voulant aussi sommaire que possible, la rubrique des commentaires est là pour permettre aux lecteurs de rendre grâce aux soûlographes reconnus qui brilleraient ici par leur absence. Le manga et les comics sont quant à eux exclus de cette sélection pour des raisons qui seront exposées en fin d&#8217;article.</p>
<p>Attaquons-nous sans plus tarder au podium, la première place au panthéon des ivrognes de papier revenant indéniablement quant à elle au Capitaine Haddock, dans les aventures de Tintin.</p>
<h6><span style="font-weight: normal;">(1) Qu&#8217;il est possible de télécharger gratuitement sur le site de la </span><a href="http://www.bnf.fr/fr/acc/x.accueil.html"><span style="font-weight: normal;">Bibliothèque Nationale de France</span></a><span style="font-weight: normal;">.</span></h6>
<h6><span style="font-weight: normal;">(2) Merci à l&#8217;utilisateur Lefanstouf pour cette savante énumération.</span></h6>
<p><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/haddock.bmp"><img class="aligncenter size-full wp-image-6348" title="haddock" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/haddock.bmp" alt="" /></a></p>
<h3>Bouteille d&#8217;or : Capitaine Archibald HADDOCK</h3>
<p>Le meilleur ami de Tintin est sans doute la représentation la plus universelle de l&#8217;alcoolique dans tous ses états. Lorsque le petit reporter belge le rencontre pour la première fois à bord du cargo le &laquo;&nbsp;Karaboudjan&nbsp;&raquo;, dans l&#8217;album <em>Le Crabe Aux Pinces d&#8217;Or </em>(1941), c&#8217;est une épave complètement ravagée et au bord de la folie qui l&#8217;accueille dans sa cabine. Haddock avait alors abandonné sa fierté comme son autorité de capitaine au profit de son lieutenant Allan Thompson, qui lui, entretenait le vice de son supérieur pour pouvoir s&#8217;adonner tranquillement à ses petits trafics parallèles. Delirium Tremens, coma éthylique, agressivité, crise de manque : <strong>Hergé</strong> dessine avec Haddock tout ce qui peut toucher de près ou de loin aux conséquences physiologiques de cette addiction, avec un certaine naïveté, qui ne banalise pas pour autant le danger que peut représenter ce genre de comportement, pour leur auteur comme pour ceux qui l&#8217;entoure.</p>
<p>Ce sera d&#8217;ailleurs le grand axe de traitement du sujet par Hergé tout le long des aventures de Tintin, faisant évoluer un Haddock en victime permanente des appels du pied de Bacchus, agissant parfois en dépit du bon sens le plus élémentaire. Il décidera par exemple de braver l&#8217;interdiction faites à l&#8217;équipage de la fusée lunaire dans <em>On a Marché sur la Lune</em> (1954) d&#8217;embarquer de l&#8217;alcool pendant le voyage, et cherchera, à la suite d&#8217;une cuite rondement menée à l&#8217;insu de tous, à revenir sur terre par ses propres moyens, manquant ainsi de faire entrer la fusée en collision avec un astéroïde. Parallèlement, Hergé ne jugera jamais ce bon vieux capitaine, le gratifiant même d&#8217;une baraka propre aux amateurs de Whisky. Ses fonctions de président de la ligue anti-alcoolique dans l&#8217;<em>Etoile Mystérieuse </em>(1942) ayant eu autant d&#8217;effet sur sa dépendance qu&#8217;un cyclamen sur la parade nuptiale d&#8217;une baudroie abyssale, C&#8217;est Tryphon Tournesol qui aura finalement raison de l&#8217;alcoolisme du capitaine, par voie de médication dans <em>Tintin et les Picaros</em> (1976). Un album qui est aussi, coïncidence troublante, le dernier de la série (Hergé s&#8217;éteindra 6 ans plus tard).</p>
<p>Archibald Haddock s&#8217;impose donc sans conteste comme le cas d&#8217;école par excellence.</p>
<p><strong>* Boissons de prédilection : Whisky, Rhum et autres alcools forts, vins doux.</strong></p>
<p><strong>* Fumeur : Pipe à tabac.</strong></p>
<p><strong>* Femmes de Joie : non (à moins que dans sa jeunesse&#8230;)</strong></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/les-enquetes-de-canardo-1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6351" title="Canardo drunk" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/les-enquetes-de-canardo-1.jpg" alt="" width="491" height="369" /></a></p>
<p style="text-align: left;">
<h3>Canette d&#8217;argent : L&#8217;inspecteur CANARDO</h3>
<p style="text-align: left;">Alors que le premier de nos lauréats se présente plutôt comme une victime de son accoutumance, le laconique détective privé de <strong>Benoît Sokal</strong> est ce qu&#8217;on appelle un alcoolique convaincu, qui se complaît dans le marasme dans lequel la boisson le plonge. Son rapport conflictuel avec la bouteille fait son apparition pour la première fois dans <em>Le Flic qui m&#8217;aimait</em>, l&#8217;une des histoires courtes publiée dans le recueil <em>Premières Enquêtes</em> (1979) : on y voit le canard accoudé au zinc, mendiant misérablement un crédit au barman pour étancher sa soif une dernière fois, avant de se faire jeter comme un malpropre hors de l&#8217;établissement et de rencontrer celle qui l&#8217;empêchera à tout jamais de trouver le bonheur auprès des femmes : Clara la Maquerelle (qui porte par ailleurs les traits d&#8217;une élégante grue).</p>
<p style="text-align: left;">A partir de cet épisode, la boisson dépassera le stade de l&#8217;occasionnel chez ce héros pour devenir sa complice de tous les instants et de toutes les émotions : la passion (<em>La Marque de Raspoutine</em>, 1982), le dépit (<em>La Mort Douce</em>, 1983), la lâcheté (<em>Noces de Brumes</em> 1985), la mélancolie (<em>L&#8217;Amerzone</em>, 1986) ou encore l&#8217;habitude (<em>L&#8217;île Noyé</em><em>e</em>, 1992 et les suivants). Canardo essayera bien de s&#8217;en défaire, comme dans <em>Noces de Brumes</em>, où il se sevrera pour mieux affronter son ennemi juré, un effort aussi anecdotique que passager. Il finira par normaliser ses rapports avec ses excès à partir de l&#8217;<em>Ile Noyée </em>et aura même l&#8217;occasion de joindre l&#8217;utile à l&#8217;agréable en excerçant son métier. Dans <em>Un Misérable Tas de Petits Secrets</em> (2001), par exemple, il sera invité à déguster une cave à vin exceptionnelle alors que dans <em>Le Buveur en Col Blanc </em>(2003), il enquêtera sur la mort d&#8217;un célèbre oenologue.</p>
<p style="text-align: left;">Pour conclure, avec sa dégaine à la Columbo, l&#8217;inspecteur Canardo est l&#8217;archétype du pilier de comptoir de cabaret, satisfait de pouvoir contempler son avenir partir en fumée pendant que ses regrets lui rongent le coeur.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>* Boissons de prédictection : Bière (marque Klutch), Whisky, vins rouges et blancs.</strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong>* Fumeur : Cigarettes, haschish.</strong></p>
<p style="text-align: left;"><strong>* Femmes de Joie : Quelques jolies petites cailles, de temps en temps&#8230;</strong></p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/alexis_image_4.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6356" title="Farpaitement" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/alexis_image_4.jpg" alt="" width="330" height="286" /></a></p>
<h3>Galopin de bronze : OBELIX, le tailleur de menhirs</h3>
<p>Tombé dans une marmite de potion magique lorsqu&#8217;il était petit, Obélix est fréquemment mis au supplice par Panoramix, qui est amené à l&#8217;en priver à chaque distribution du précieux liquide, et ce, pour d&#8217;évidentes craintes pour la santé du géant (craintes qu&#8217;<strong>Albert Uderzo</strong> concrétisera dans l&#8217;album <em>La Galère d&#8217;Obélix</em> paru en 1996). De là à penser que les mémorables cuites qui ponctuent le parcours du compagnon d&#8217;Astérix servent à compenser cette frustration, il n&#8217;y a qu&#8217;un pas. Obélix n&#8217;est pourtant pas, en apparence du moins, un grand buveur. Simplement, il lui arrive assez souvent de picoler sans égard à sa propre tolérance, ce qui l&#8217;amène à finir rond comme une barrique en moins de temps qu&#8217;il est nécessaire pour le dire.</p>
<p>Sa murge la plus mémorable restera celle qu&#8217;il partagera avec Abraracourcix à Lutèce, chez le beau-frère de ce dernier, et qui donnera lieu à la création d&#8217;un néologisme hilarant construit sur l&#8217;anagramme de l&#8217;adverbe &laquo;&nbsp;Parfaitement&nbsp;&raquo; qui deviendra &laquo;&nbsp;Farpaitement&nbsp;&raquo; (<em>Les Lauriers de César, </em>1972). D&#8217;autres exemples de laisser aller chez ce gros bébé pourront aussi être vécus en direct dans <em>Astérix chez les Bretons</em> (1966) ou encore <em>Astérix chez les Belges</em> (1979), la dernière aventure scénarisé par <strong>René Goscinny</strong>). Bref, l&#8217;ébriété d&#8217;Obélix est un gimmick majeur des aventures d&#8217;Astérix le Gaulois, reflétant ici l&#8217;image de l&#8217;alcoolique innocent qui ignore tout de son propre vice.</p>
<p><strong>* Boissons de prédilection : Cervoise (à l&#8217;exception de la cervoise tiède chère aux britanniques), vins divers et variés.</strong></p>
<p><strong>* Fumeur : Non.</strong></p>
<p>* <strong>Fille de Joie : Dans une certaine mesure, Falballa.</strong></p>
<p><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/megot.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6362" title="megot" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/megot.jpg" alt="" width="400" height="242" /></a></p>
<h3><strong>Pinte du Jury : Désiré MEGOT, professeur d&#8217;éducation physique</strong></h3>
<p>Indétrônable pierre angulaire des aventures du <em>Petit Spirou</em> (<strong>Tome</strong> et <strong>Janry</strong>) depuis le premier album en  1987, l&#8217;indésirable Désiré Mégot est un ivrogne moderne dans toute sa splendeur, cristallisant par sa simple silhouette l&#8217;ensemble de la classe moyenne des poivrons &laquo;&nbsp;made in bistrot&nbsp;&raquo; : bière, pastis, whisky, pinard&#8230; aucune boisson n&#8217;est de trop pour franchir le seuil de son gosier. Fervent amateur de paris, joueur professionnel de loto, c&#8217;est un personnage vain qui garde tout de même une certaine lucidité malgré son éthilisme quasi-permanent qu&#8217;il exhibe sans aucun complexe jusque dans ses cours d&#8217;éducation physique. Cette authentique outre à mauvais vin arrive même à corrompre parfois l&#8217;abbé Langelusse, à qui il arrive parfois de piocher secrètement dans ses réserves de vin de messe.</p>
<p>Un véritable diamand brut.</p>
<p><strong>* Boisson de prédilection : Tout ce qui dépase 4 degrés de volume d&#8217;alcool.</strong></p>
<p><strong>* Fumeur : Carrément et autant que possible.</strong></p>
<p><strong>* Filles de Joie : Tous les samedis soirs.</strong></p>
<p><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/SMT-des-Batignolles.gif"><img class="aligncenter size-full wp-image-6364" title="SMT des Batignolles" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/SMT-des-Batignolles.gif" alt="" width="354" height="475" /></a></p>
<h3><strong>Hors Concours : SOEUR MARIE THERESE DES BATIGNOLLES</strong></h3>
<p><strong><span style="font-weight: normal;">Jamais le Bon Dieu, dans sa grande miséricorde, n&#8217;aura connu pareille décadente dans ses rangs : lubrique, droguée, violente, politiquement insortable, la pensionnaire des &laquo;&nbsp;Petites Sœurs du Pardon-Excusez-moi&nbsp;&raquo; est une pièce unique dans le patrimoine mondiale de la soûlographie. Elle boit de tout, et dans des proportions infâmantes, même pour un habitué de la route des vins. La créature de </span><span style="font-weight: normal;">Maester</span><span style="font-weight: normal;"> n&#8217;épargne aucune parcelle du bon goût, serait capable d&#8217;étaler Diogène en personne en un petit quart d&#8217;heure et ne saurait, pour le coup, être classée avec ses congénères. Elle écume les bistrots, multiplie les ardoises, et serait même prête à voler pour assouvir son intarrissable soif d&#8217;alcool. Un être au-delà de la compréhension humaine doublé d&#8217;un exemple à ne suivre sous aucun prétexte, sous peine de mettre sa vie en danger.</span></strong></p>
<p><span style="font-weight: normal;"><strong>* Boissons de prédilection : Tout ce qui se boit ou se transfuse, à la notable exception de l&#8217;eau bénite.</strong></span></p>
<p><span style="font-weight: normal;"><strong>* Fumeuse : Absolument tout ce qui peut être consommé de cette manière.</strong></span></p>
<p><span style="font-weight: normal;"><strong>* Hommes de joie : Tout ce qui bouge et qui fait abstraction de son physique, sans limite d&#8217;âge.</strong></span></p>
<p><span style="font-weight: normal;"><strong><br />
</strong></span></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/47_1_atomic_bar_bd.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6363" title="Atomic Bar Haguenau" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/47_1_atomic_bar_bd.jpg" alt="" width="480" height="223" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p>La liste ne s&#8217;arrête (heureusement/malheureusemenent?) pas là : on aurait pu citer Robert Bidochon (<em>Les Bidochons</em>, par <strong>Binet</strong>) et son alcoolisme caricatural de pochard à la française, sa variante belge et célibataire Célestin Dupilon (<em>Les Aventures de Spirou et Fantasio</em>, époque <strong>Franquin</strong>), Kurdy Malloy (<em>Jeremiah, </em>par <strong>Hermann</strong>), sac à vices par excellence, Les Trolls de Troy (les séries <em>Lanfeust </em>et <em>Trolls de Troy</em>, d&#8217;<strong>Arleston</strong> avec <strong>Tarquin</strong> pour la premier et <strong>Mourier</strong> pour la seconde), qui peuvent rompre les enchantements en s&#8217;en mettant une solide, les rats de <em>Pacush Blues</em> (<strong>Ptit Luc</strong>), dans leur mimétisme poussé à l&#8217;extrême des travers humains, ou encore le lieutenant Bab&#8217;s (<em>Soda</em>, <strong>Tome</strong>, avec <strong>Luc</strong> <strong>Warnant </strong>puis <strong>Bruno</strong> <strong>Gazotti</strong>) et qui règle ses problèmes de couple en s&#8217;imbibant la cafetière à grands coups de bourbon. Le point commun des tous ces &laquo;&nbsp;tiseurs d&#8217;élite&nbsp;&raquo; est que leur alcoolémie est une habitude permanente qui est presque toujours érigée au rang de trait de caractère, assumé la plupart du temps sans l&#8217;ombre du moins petit complexe. Une particularité qui s&#8217;explique certainement par des facteurs culturels propres aux auteurs de BD franco-belge, et qui pousse visiblement la plupart d&#8217;entre eux à démarginaliser l&#8217;ivresse, voire à la rendre sympathique.</p>
<p>Le même phénomène est abordé avec un regard assez académique dans les comics et les mangas dans lesquels la tendance à la boisson est souvent limitée à sa fonctionnalité scénaristique ou à une finalité moraliste : aux Etats-Unis, elle sera plus une tare pour le héros (<em>Iron Man</em>, <strong>Stan Lee</strong>) ou correspondra à une période sombre de son parcours (<em>The Dark Knight Returns</em>, <strong>Frank Miller</strong>). Mais elle n&#8217;a encore jamais pris (autant que je sache) cette apparente normalité dont elle est revêtue en Europe, la faute sans doute à un certain puritanisme éditorial étroitement lié à l&#8217;épisode de la prohibition au début du XXème siècle, ou encore à l&#8217;utilisation de l&#8217;alcool dans l&#8217;expropriation forcée des Indiens d&#8217;Amérique. La donne est sensiblement différente en Angleterre, où le vice est beaucoup plus banalisé que dans les comics d&#8217;outre-atlantique (<em>Judge Dredd</em>, par <strong>John Wagner</strong> et <strong>Carlos Ezquerra</strong>) sans prendre cette dimension illustrative telle qu&#8217;elle existe de l&#8217;autre côté de la manche.</p>
<p>Dans le manga, l&#8217;interprétation est moins rigide, mais plus schématique, la boisson étant presque automatiquement liée à la luxure, à la virilité et au sexe. Les héros qui cumulent ces deux vices sont légions, mais correspondent presque tous au modèle pervers et débauché démocratisé par <strong>Toriyama Akira</strong> avec le personnage de Tortue Géniale (Kame Senin) dans <em>Dragon Ball : o</em>n relève deux personnages du même registre dans deux des trois mangas les plus populaires du moment au Japon (Jiraya sensei pour <em>Naruto <span style="font-style: normal;">de </span><span style="font-style: normal;"><strong>Masashi Kishimoto</strong></span>, </em>et Kyoraku Shunsui dans<em> Bleach</em> de <strong>Tite Kubo</strong><em>), <span style="font-style: normal;">en sachant que tout le monde picole dans le </span>One Piece<span style="font-style: normal;"> d&#8217;<strong>Eiichirō Oda</strong>, manga basé sur la piraterie et actuel numéro 1 des ventes de shônen</span>. </em>Quelques exceptions sont tout de même à noter, comme Vash The Stampede (<em>Trigun</em>, de <strong>Yasuhiro Nightow</strong>), héros au coeur tendre et à l&#8217;alcool triste, Eva Heineman (<em>Monster</em> de Naoki Urasawa) pour qui l&#8217;alcool est un moyen direct et pathologique d&#8217;oublier son chagrin, ou encore le <em>Great Teacher Onizuka</em> de <strong>Torû Fujisawa</strong>, qui se cuite uniquement quand il est dans la difficulté.</p>
<p>Les héros de mangas et de comics ont donc été exclus de ce classement car ceux qui pouvaient tenir la comparaison avec les poids lourds de la bande dessinée franco-belge ne sont tout simplement pas légion, les quelques appelés n&#8217;arrivant tout simplement pas à exprimer avec autant d&#8217;authenticité et de verve,toute la complexité du rapport qu&#8217;entretien l&#8217;être humain avec l&#8217;alcool. Il n&#8217;en reste pas moins que la question est abordée dans les quatre coins du monde où le neuvième art existe, dans des aventures que l&#8217;on peut consommer sans la moindre modération.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/dupilon1b.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6370" title="Celestin Dupilon" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/02/dupilon1b.jpg" alt="" width="544" height="160" /></a>PHB</p>
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		<title>Tintin au pays des susceptibilités</title>
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		<pubDate>Wed, 19 Jan 2011 10:10:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>fylyp82</dc:creator>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Georges Prosper Rémi</strong>, plus connu sous le pseudonyme de Hergé, naquit le 22 mai 1907 à Etterbeek, dans l&#8217;agglomération de Bruxelles. Sa mère flamande comme son père wallon ne se doutaient alors pas que leur fils allait devenir le précurseur de la bande dessinée franco-belge et par la même occasion, l&#8217;une des figures historiques du plat pays. Il décèda le 3 mars 1983 à Woluwe-Saint-Lambert après une existence aussi remplie et controversée que le furent les aventures de ses héros préférés : Tintin, reporter du &laquo;&nbsp;Petit Vingtième&nbsp;&raquo; et Milou, son fidèle Fox Terrier à poils durs.</p>
<p><strong>Hergé </strong>se fit essentiellement connaître du grand public à travers les péripéties de son journaliste intemporel dont la houppe et les airs de vieux garçon n&#8217;eurent de cesse de fasciner les foules jusqu&#8217;à aujourd&#8217;hui : si la <em>Société Nationale des Chemins de fer Belges</em> <strong>(1)</strong> loue en effet ses services pour fêter son 175ème anniversaire, dans une exposition prenant place au <a href="http://www.museeherge.com/">Musée Hergé</a> jusqu&#8217;en février 2011, le 7ème art lui offre cette même année une troisième adaptation sur grand écran, signée <strong>Steven</strong> <strong>Spielberg</strong>, soit 50 ans après <em>Tintin et la Toison d&#8217;Or</em> (1961) et <em>Tintin et les Oranges Bleues</em> (1964), deux productions franco-belges assez approximatives dans leur ensemble mais qui eurent le mérite d&#8217;essayer. Hergé, comme Tintin, avaient alors tout deux déjà bien vécu, et leur célébrité n&#8217;avait rien à envier aux héros des comics américains.</p>
<p>A quoi doivent-ils leurs succès planétaire commun? La réponse se trouve dans une multitude de facteurs qui tiennent d&#8217;abord à la qualité du travail de dessinateur et de scénariste de l&#8217;artiste, qui est étroitement liée au génie de son trait ainsi qu&#8217;à ses talents d&#8217;observateur du monde dans sa globalité. Le deuxième faisceau d&#8217;indices réside lui dans la polémique qui a coexisté autours de son interprétation de certaines vérités de son temps, et qui a poussé une frange de son public à le taxer de partisan du colonialisme, voir de raciste pur et dur. C&#8217;est ce dernier aspect qui sera abordé dans cet article.</p>
<h6><span style="font-weight: normal;">(1) La SNCB, ou encore la Nationale Maatschappij der Belgische Spoorwegen (NMBS) en flamand.</span></h6>
<p><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/Tibet_tintin.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5939" title="Tibet_tintin" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/Tibet_tintin.jpg" alt="" width="355" height="498" /></a></p>
<h2>Hergé qui fâche&#8230;</h2>
<p>Pour pouvoir commenter cette facette du travail de Monsieur Hergé, il est primordial d&#8217;avoir un bref aperçu de sa biographie, pour se rendre compte de la nature de l&#8217;environnement intellectuel dans lequel l&#8217;homme et sa créature se sont épanouis. De nombreux ouvrages étayent cette question en détails, me permettant donc de me limiter à quelques grandes lignes significatives, parmi lesquelles nous retiendrons : son engagement dans le milieu du scoutisme comme celui d&#8217;<em>Action catholique</em> <strong>(2)</strong>; son expérience des deux Grandes Guerres Mondiales, la première en tant qu&#8217;écolier, la seconde comme lieutenant réserviste; la précocité de sa passion pour le dessin et le manque d&#8217;enthousiame de son entourage à cet égard pendant son enfance; sa rencontre en 1934 avec <strong>Tchang Tchong-Jen (3)</strong>, jeune étudiant chinois à l&#8217;Académie des Beaux-Arts de Bruxelles, qui lui permettra de donner une autre dimension à son travail de recherche; et enfin, la grande implication personnelle de l&#8217;auteur tout au long de sa carrière, calquée sur le succès grandissant de Tintin et souvent au détriment de sa santé et de son moral.</p>
<p>Il faut enfin savoir que c&#8217;est à partir de 1925 que le jeune Rémi commença sa carrière de dessinateur en intégrant le journal ultra-catholique et nationaliste le <em>Vingtième siècle</em>, recommandé par l&#8217;abbé <strong>Wathiau</strong> qu&#8217;il fréquente alors dans le cadre du scoutisme. Le directeur du journal, l&#8217;abbé <strong>Norbert Wallez</strong>, grand admirateur de Mussolini devant l&#8217;éternel, eut une grande influence sur Hergé, qui publia en 1926 les <em>Extraordinaires Aventures de Totor</em>, un scout débrouillard chef de la patrouille des Hannetons. De fil en aiguille,<em> Totor</em> devint reporter, et se vit flanqué d&#8217;un compagnon canin pour finalement devenir <em>Tintin</em>. S&#8217;inspirant du livre de <strong>Joseph Douillet</strong>, <em>Moscou sans Voiles</em>, paru en 1928, les premières aventures du petit belge le firent voyager en URSS. L&#8217;album en noir et blanc baptisé <em>Tintin au pays des Soviets</em> fut quant à lui publié en 1930, les aventures de son héros ayant au préalable fait tripler le tirage du <em>Petit Vingtième, </em>supplément du <em>Vingtième siècle</em> destiné à la jeunesse et dont il avait la charge depuis 1928.</p>
<h6><span style="font-weight: normal;">(2) Mouvement initié par le Pape Léon XIII afin de relancer l&#8217;enthousiasme religieux en Europe.</span></h6>
<h6><span style="font-weight: normal;">(3) On retrouvera le jeune homme dans les traits du jeune Tchang dans </span><em><span style="font-weight: normal;">Tintin et le Lotus Bleu</span></em><span style="font-weight: normal;"> et bien plus tard, dans </span><em><span style="font-weight: normal;">Tintin au Tibet</span></em><span style="font-weight: normal;">.</span></h6>
<p><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/tintinandco.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5929" title="Tintin en famille" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/tintinandco.jpg" alt="" width="500" height="364" /></a></p>
<p>Hergé est donc un artiste qui a fréquenté certains milieux relativement mal vus pour leurs opinions politiques et sociales à une période donnée, ce qui a pu se ressentir sur certains des 23 albums qui constituent l&#8217;intégralité des aventures du petit reporter. La critique insiste d&#8217;abord et principalement sur <em>Tintin au Congo</em>, paru en 1931<strong> (4)</strong>, qui pêche en effet par son aspect colonialiste et condescendant envers les peuples africains : on y voit en effet un Tintin conquérant et moralisateur, à la limite du missionnaire, soucieux de vouloir éclairer un continent représenté comme une congrégation de primates reconnaissants envers la race blanche et les bienfaits de la civilisation occidentale <strong>(5)</strong>. Même si le reporter est tout d&#8217;abord un justicier, cette qualité passe résolument au second plan au profit du côté &laquo;&nbsp;afrikaner sans scrupules&nbsp;&raquo; qui manipule les superstitions avec un sang-froid glacial pour parvenir à ses fins : abattre de l&#8217;éléphant, du lion et du rhinocéros en masse, dans la joie et la bonne humeur, tout en prenant quelques photos au passage pour son journal préféré. Hergé regrettera sincèrement cet épisode, qui selon lui, lui avait été commandé pour revigorer la fibre colonialiste de la nation belge au Congo, dont le statut commençait déjà à être menacé par le mouvement rebelle syncrétiste mené par le congolais <strong>René Matswa</strong>.</p>
<p>L&#8217;autre grand scandale qui entâche la réputation de l&#8217;auteur est relatif à l&#8217;Etoile Mystérieuse, paru en 1942, et dans lequel l&#8217;expédition scientifique à laquelle Tintin participe aux côté du capitaine Haddock pour récupérer un astéroïde venant de s&#8217;écraser sur la Terre, est concurrencée de manière déloyale par des bandits à la solde d&#8217;un riche banquier New Yorkais d&#8217;origine juive du nom de Bohlwinkel, personnage dont le physique nétait pas sans rappeler les caricatures de la propagande nazie. A cette intrigue maladroite s&#8217;ajoute, entre autres, une case existant dans la version publiée dans le magazine <em>Le Soir </em>(Le <em>Vingtième Siècle</em> ayant été fermé en 1940 par les nazis), et dont le retrait fut exigé par les éditions Casterman pour la version album, mettant en scène deux personnages juifs se frottement avidement les mains en évoquant la perspective de ne plus avoir à payer leurs dettes grâce à une fin du monde annoncée comme imminente. Hergé se défendra par la suite en affirmant que personne à l&#8217;époque n&#8217;était vraiment au courant de la politique de Shoah initiée par le IIIème Reich. Pour plus de détails sur ce sujet, je vous conseille de parcourir l&#8217;<a href="file:///Users/abcdef/Desktop/Herg%C3%A9/Herg%C3%A9%20et%20Tintin%20antis%C3%A9mites%20%3F%20Par%20Yerouchalmi.webarchive">analyse</a> de Yerouchalmi <strong>(6)</strong>.</p>
<p><span style="font-size: 10px;">(4) Par commodité, toutes les dates accolées aux titres des aventures de Tintin seront ici celles de leur première publication en album.</span></p>
<h6><span style="font-weight: normal;">(5) Le choix des termes utilisés peut sembler excessif, mais l&#8217;image est malheureusement fidèle au contenu qu&#8217;elle décrit.</span></h6>
<h6><span style="font-weight: normal;">(6) Sur le site de l&#8217;Association France Israël.</span></h6>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/hergex8.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6080" title="herge qui fâche..." src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/hergex8.jpg" alt="" width="299" height="288" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p>Pointer du doigt ces deux récits est absolument légitime mais s&#8217;en contenter serait réducteur, car en effet, une lecture approfondie permet d&#8217;établir le constat suivant : Hergé n&#8217;épargne presque personne et se plaît à représenter, avec plus ou moins de malice, les différentes nationalités qu&#8217;il implique dans ses histoires à travers certains clichés qui sont alors monnaie courante aux différentes époques auxquelles elles ont été imaginées :</p>
<p>Dans <em>Tintin chez les Soviets</em>, on a droit à une descente en flamme sans la moindre nuance du communisme et des peuples qui le défendent et si l&#8217;on peut (et l&#8217;on doit) fustiger la vision affigeante des Africains telle qu&#8217;elle existe dans <em>Tintin au Congo</em>, il faut également souligner que les Indiens d&#8217;Amérique (<em>Tintin en Amérique</em>, 1932) ou les Incas (<em>Les Sept boules de Cristal</em> et <em>Le Temple du Soleil</em>, 1948 et 1949) passent également pour de joyeux sauvages aux antipodes de la raison. Et que dire de la vacuité et l&#8217;immoralité des arabes (<em>Tintin au Pays de l&#8217;Or Noir</em>, 1950 et <em>Coke en Stock</em>, 1958), ou la tendance militariste des pays d&#8217;Europe de l&#8217;Est (L&#8217;Affaire Tournesol, 1956), pour ne citer que ces exemples. On peut également noter la grande sympathie de Hergé pour les dictateurs (Le général Alcazar pour l&#8217;Amérique du Sud, qui apparaît à plusieurs reprises depuis l&#8217;<em>Oreille Cassé</em><em>e</em>, 1937<em>, </em>jusqu&#8217;à <em>Tintin chez les Picaros</em>, 1976), ou les monarques, comme le Maharadjah de Rawhajpoutalah dans <em>Les Cigares du Pharaon</em>, 1934 ou encore, le roi Muskar XII dans <em>Le Sceptre d&#8217;Ottokar</em>, 1939.</p>
<p>Si on ajoute à celà le dédain total (affiché) de Tintin envers la vie animale, la tendance au carnage animalier se perpétuant dans plusieurs albums, jusqu&#8217;au <em>Temple du soleil</em>, dans lequel,accompgné du Capitaine Haddock et de Zorrino, il massacre tout ce qui bouge avec une indifférence qui fait froid dans le dos, on peut aisément s&#8217;aventurer à considérer que le père du petit reporter est un monstre ethnocentrique sans égard pour ce qui ne sert pas ses intérêts et son idéal de justice tronqué&#8230;</p>
<p>Et ainsi, commettre une grosse erreur de jugement.</p>
<p><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/herge-cansado.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5926" title="herge-cansado" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/herge-cansado.jpg" alt="" width="470" height="356" /></a></p>
<h2>&#8230; par ses formes plus que par son fond.</h2>
<p>Tout d&#8217;abord, Hergé est un artiste qui a subit de plein fouet les critiques qui l&#8217;ont visé pour les deux albums cités plus haut, tout comme les reproches de faits de collaboration pendant la Deuxième Guerre Mondiale. De cette volte-face d&#8217;une opinion publique changeante avec le temps et fortement influencée par les courants de pensée des vainqueurs, il réagira par une franche remise en question, très visible au cours des derniers épisodes des aventures de Tintin et Milou, dans lequel il perséverera dans sa démarche tout en polissant légèrement sa manie du cliché culturel. Un effort assez impressionnant sur soi-même de la part d&#8217;un homme qui est mort à une époque qui n&#8217;avait strictement plus rien à voir avec celle à laquelle il était né. Les plus érudits d&#8217;entre vous ont certainement eu l&#8217;occasion de parcourir un manuel scolaire de géographie datant du début du XXème siècle, dans lequel le fringuant coq français dominait, sur l&#8217;échelle des valeurs et du mérite, toute la faune insalubre de ce bourbier hostile appelé l&#8217;Europe, le grizzly russe mal famé et l&#8217;odieux bouledogue britannique en tête <strong>(7)</strong>. Un témoignage du passé qui en dit long sur les mentalités de l&#8217;époque, et les deux conflits mondiaux sont là pour rappeler que ces vieilles habitudes ont eu la peau dure (sans parler des conflits plus récents, de la Guerre Froide au Soudan, en passant par la Tchétchénie et le Moyen-Orient).</p>
<p>Bref, sur ce point, on peut simplement reprocher à Hergé d&#8217;avoir fait certains choix avant 1945 qui n&#8217;étaient finalement pas les bons après cette date et qu&#8217;il ne fut, ni plus ni moins que l&#8217;un des fragments du reflet de son époque. Il faut enfin rappeler qu&#8217;il porta également un regard critique sur la société occidentale, et ce depuis les premières aventures de son héros, comme en témoigne sa vision des Etats-Unis dans l&#8217;album <em>Tintin en Amérique </em>: les Américains y sont représentés comme d&#8217;énergiques fanatiques du profit, assoiffés de dollars et n&#8217;hésitant pas à exproprier manu militari les tribus indiennes pour mettre la main sur le gisement de pétrole découvert par hasard par Tintin. Visionnaire, Hergé dénonce également à maintes reprises l&#8217;influence des grandes sociétés sur les pays développés, tout comme leur participation à divers trafics allant de l&#8217;opium (Les Cigares du Pharaon et Le Lotus Bleu) aux esclaves (Coke en Stock), faisant et défaisant les gouvernements au passage. Un aspect de la société internationale qui est au centre du débat entre souveraineté et mondialisation encore aujourd&#8217;hui. Enfin, la condescendance de l&#8217;occident envers le reste du monde reste un thème central dans la majorité des aventures de Tintin.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/tintin-18389.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5936" title="Tintin réclame" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/tintin-18389.jpg" alt="" width="480" height="480" /></a></p>
<p>Deuxième point sur lequel il est important d&#8217;insister : exception faite de <em>Tintin chez les Soviets</em> et <em>Tintin au Congo</em>, dans lesquels la limite entre la naïveté et la manipulation est trouble, les intrigues développées dans ses histoires ne sont que d&#8217;innocentes aventures extrêmement bien documentées dont le seul but est de faire évader le lecteur vers de nouveaux horizons et de lui donner envie de découvrir le monde, depuis le fond des océans (<em>Le Trésor de Rackham le Rouge</em>, 1943) jusqu&#8217;à la surface de la Lune (<em>Objectif Lune</em> et <em>On a marché sur la Lune</em>, 1953 et 1954). Le choix des nations <strong>(8)</strong> n&#8217;a d&#8217;autre objectif que de situer l&#8217;histoire, et Hergé prit même le parti d&#8217;inventer des pays pour cibler une civilisation sans risquer de titiller les égos (La Bordurie et la Syldavie, dont il est fait mention la première foi dans le <em>Sceptre d&#8217;Ottokar</em> en sont de parfaits exemples). Il est donc plus juste de considérer les aventures de Tintin comme une série de carnets de voyage romancés que comme un outil de propagande servant un objectif précis. La neutralité du trait de Hergé, le dessinateur appuie d&#8217;ailleurs beaucoup cet aspect à la fois ludique et pédagogique. Une neutralité qui donne finalement à l&#8217;ensemble des clichés qui pourraient paraître racistes une certaines fraîcheur naïve, qui nous rappelle qu&#8217;il n&#8217;y a certainement de tabous que dans la tête des gens qui pensent à mal. Il est d&#8217;ailleurs assez amusant de remarquer que pour un ancien scout et activiste catholique, Hergé entoure son héros d&#8217;un capitaine de cargo alcoolique (Haddock) et d&#8217;un scientifique aux concepts révolutionnaires (Professeur Tournesol), pour ne citer que ces derniers. A cet égard, Hergé est plus proche du progressiste que du xénophobe obscurantiste.</p>
<p>Enfin, et c&#8217;est certainement un aspect tellement évident qu&#8217;il est souvent oublié par les analystes : Tintin est un héros fondamentalement bon. Il défend la veuve, l&#8217;orphelin et l&#8217;opprimé et ce depuis le premier album, peu importe les origines ou les motivations<strong> (9)</strong> de ces derniers. Il ne tue pas ses ennemis, sauf en dernier recours, c&#8217;est-à-dire quand d&#8217;autres vies que la sienne sont menacées et ne fatigue pas les gens avec des sermons moralisateurs creux. Il est spontané, droit, loyal, sociable, ouvert, courageux et mène une vie saine, comme le petit scout qu&#8217;il était sous les traits de Totor. Il peut aussi bien respecter la loi qu&#8217;aller à son encontre si sa conscience le lui dicte. Enfin, il combat des maux qui sont universels et toujours d&#8217;actualité au XXIème siècle. Ce côté irréprochable est sans doute un peu ringard, mais est loin d&#8217;être un vice, surtout que, et c&#8217;est là le plus important, Tintin ne s&#8217;identifie à aucune idéologie politique ou religieuse précise, si ce n&#8217;est un humanisme idéalisé, sorte de compassion chrétienne moderée et rationnelle. Là où il est finalement attaquable, c&#8217;est pour son manque respect pour la faune sauvage, qui flirte avec la délicatesse d&#8217;un boucher de village. Pour aller plus loin, à une époque ou un manga comme <em>Death Note</em>, fascine les foules sans que personne ne crie au scandale, mettre Tintin sur la banc des accusés relève tout simplement de l&#8217;hypocrisie.</p>
<p>Pour conclure, il faut attirer l&#8217;attention du lecteur sur les modifications apportées au contenu des aventures de Tintin qui avaient été publiées avant l&#8217;explosion de la notoriété du personnage dans les années 50, modifications réclamées par diverses personnalités ayant contribué à la nouvelle vague de publication des albums en version couleur et destinées à faire disparaître quelques références gênantes ça et là, comme par exemple la délocalisation de la banque Bohlwinkel dans l&#8217;<em>Etoile Mystérieuse</em> de New York à la nation fictive de Sao Rico, et ce, pour ne pas froisser le brave Oncle Sam. Un détail qui en dit long sur les tendances révisionnistes de notre époque. Mais bon, ne nous plaignons pas : l&#8217;oeuvre nous a été fidèlement colportée dans son ensemble.</p>
<h6><span style="font-weight: normal;">(7) Je n&#8217;ai malheureusement pas de références à vous conseiller, si ce n&#8217;est que quelques souvenirs recueillis ça et là chez d&#8217;authentiques bouquinistes, mais une recherche approfondie permettra aux plus téméraires d&#8217;entre vous de savoir de quoi il en retourne.</span></h6>
<h6><span style="font-weight: normal;"><span style="font-weight: normal;">(8) Peu d&#8217;auteurs de bandes dessinées peuvent d&#8217;ailleurs se targuer d&#8217;avoir impliquer autant de nationalités et d&#8217;ehnies en si peu d&#8217;albums.</span></span></h6>
<h6><span style="font-weight: normal;">(9) A la franche exception des mendiants, qu&#8217;il secoue sans mépriser, ce qui est assez drôle et tragique à la fois pour le petit côté dnneur de leçon que ce détail trahit.</span></h6>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/tintin-le-lotus-bleu12143861221-700x4721.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-6085" title="Le Lotus Bleu" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/tintin-le-lotus-bleu12143861221-700x4721.jpg" alt="" width="546" height="368" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p>Tintin n&#8217;est pas la seule série de Monsieur Hergé, qui a entre autres créé les personnages de <em>Quick et Fluke</em> ou de<em> Jo, Zette et Jocko</em>, lesquels ne partagent avec leur aîné que la tendre naïveté de l&#8217;auteur dans ses choix de fictions. Les aventures de Tintin ont en effet eu un impact tel sur le monde de la bande dessinée que les qualifier d&#8217;<strong><span style="font-weight: normal;">œ</span><span style="font-weight: normal;">uvre universelle n&#8217;est pas exagéré. A noter qu&#8217;elles furent traduites en 49 langues et qu&#8217;elles n&#8217;ont pris que quelques élégantes rides, grâce au graphisme révolutionnaire d&#8217;un dessinateur (théoricien de la ligne claire) et la minutie d&#8217;un scénariste (initiateur du Studio Hergé), tous deux réunis dans le corps d&#8217;un seul et même homme qui aimait faire explorer la planète à ses lecteurs et qui devait rêver à sa manière d&#8217;un monde plus juste.</span></strong></p>
<p>C&#8217;est pour toutes ces raisons qu&#8217;il est impératif d&#8217;oublier les petites susceptibilités du siècle dernier et de parcourir l&#8217;intégralité des albums de cette série, qui à mon avis possède une vertu rare dans les fictions d&#8217;aujourd&#8217;hui : celle de nous donner envie de découvrir le monde avec tout ce qu&#8217;il comporte comme différences.</p>
<p style="text-align: center;"><img class="aligncenter size-full wp-image-5921" title="tintin_kirby" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/tintin_kirby.jpg" alt="" width="540" height="236" /></p>
<p style="text-align: center;">PHB</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">
]]></content:encoded>
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		<title>Nanobook : Jean Giraud, Gir et Mœbius</title>
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		<pubDate>Wed, 05 Jan 2011 06:00:14 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Ausi connu sous les deux pseudonymes que sont Mœbius et Gir, Jean Giraud, né le 8 mai 1938 à Nogent-sur-Marne, est ce qu'on peut appeler, sans craindre d'en faire des tonnes, un monument de la bande dessinée et de l'illustration, en France comme en dehors de ses frontières.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Ausi connu sous les deux pseudonymes que sont <strong>Mœbius </strong>et<strong> Gir</strong>, <strong>Jean Giraud</strong>, né le 8 mai 1938 à Nogent-sur-Marne, est ce qu&#8217;on peut appeler, sans craindre d&#8217;en faire des tonnes, un monument de la bande dessinée et de l&#8217;illustration, en France comme en dehors de ses frontières.</p>
<p>Il est également l&#8217;un des rares conquérants du neuvième art à avoir été adoubé par un Président de la Republique Française Chevalier de l&#8217;Ordre des Arts et des Lettres, décoration honorifique qui récompense « <em>les personnes qui se sont distinguées par leur création dans le domaine artistique ou littéraire ou par la contribution qu&#8217;elles ont apportée au rayonnement des arts et des lettres en France et dans le monde. </em>». C&#8217;était en 1985.</p>
<p>Il existe même un timbre à son effigie, émis en 1988.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/moebius-04.gif"><img class="size-full wp-image-5749 aligncenter" title="moebius-04" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/moebius-04.gif" alt="" width="551" height="360" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: left;">En 1954, alors qu&#8217;il n&#8217;a que 16 ans, il intègre les Arts Appliqués et fait ses premières armes en tant qu&#8217;illustrateur en travaillant à la fois pour la publicité, la mode ou la décoration et en collaborant à diverses revues de l&#8217;époque, notamment Far West, dans laquelle paraîtra sa première bande dessinée : Frank et Jérémie, en 1956, dont en voici un petit exemple (cliquez sur l&#8217;image pour mieux en profiter)</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/giraud-premiere-bd1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5751" title="giraud-premiere-bd" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/giraud-premiere-bd1.jpg" alt="" width="475" height="175" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: left;">Apprenti du célèbre <strong>Jijé</strong> , avec lequel il travailla notamment sur un épisode de <em>Jerry Spring,</em> il publie ses premières planches dans le magazine satirique <strong>Hara Kiri</strong> sous le pseudonyme de <strong>Mœbius</strong>. Mais c&#8217;est sa rencontre avec <strong>Jean-Michel Charlier</strong>, alors scénariste (<em>La Patrouille des Castors</em>, <em>Tanguy et Laverdure</em>) et rédacteur en chef des éditions <strong>Dargaud</strong>, qui collaborera avec lui sur <em>Blueberry</em>, une série d&#8217;aventures dans le Far West américain qui lui valut la reconnnaissance officielle de Jacques Lang et de la Vème République.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/blueberry_007.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5746" title="blueberry_007" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/blueberry_007.jpg" alt="" width="491" height="369" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: left;">La notoriété de Jean Giraud explose à partir de 1973, à travers les pages des magazines <em>L&#8217;Echo des Savanes</em>, puis de <em>Metal Hurlant</em> en 1975, dont il est l&#8217;artisan principal. C&#8217;est l&#8217;époque du <em>Bandard Fou</em> (1974), de <em>Harzack</em> (1976), du <em>Cauchemar Blanc</em> (1977), des <em>Yeux du Chat</em> (1978) ou encore <em>Major Fatal</em> (1979).</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/canenb20cmku0.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5756" title="Jean Giraud" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/canenb20cmku0.jpg" alt="" width="510" height="384" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: left;">L&#8217;hyperactivité artsistique de l&#8217;ami Gir l&#8217;amène à se frotter au milieu du cinéma, en rencontrant, dans les années 70, un autre monstre polyvalent de la bande dessinée, le chilien Alexandro Jodorowsky (<em>La Caste des Meta-Barons</em>, <em>Les Aventures d&#8217;Alef-Thau</em>). Après cette rencontre, il sera ainsi amené à collaborer, entre autres, sur le story-board de l&#8217;adaptation cinématographique du <em>Dune</em> de <strong>Frank Herbert, <em><span style="font-weight: normal;"><span style="font-style: normal;">d</span></span><span style="font-weight: normal;"><span style="font-style: normal;">es</span> Maîtres du Temps</span> </em><span style="font-weight: normal;">de </span>René Lalou</strong> ou du <em>Tron</em> de <strong>Disney</strong>, et même sur la conception des costumes d&#8217;<em>Alien</em> de <strong>Ridley Scott</strong>.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/MoebiusTheCollectedFantasiesOfJeanGiraud_08072007_235122.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5759" title="Moebius 2" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/MoebiusTheCollectedFantasiesOfJeanGiraud_08072007_235122.jpg" alt="" width="540" height="694" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: left;">Les années 80 sont celles de la consécration personnelle et de l&#8217;exportation massive : Moebius devient en effet le porte-étendard et le grenier de <em>Starwatchers</em>, une société une société spécialisée dans l&#8217;édition et la diffusion de produits dérivés de la bande dessinée, créée par Claudine Giraud et dont la vocation est d&#8217;exploiter et de commercialiser les oeuvres de son époux, dans les multiples domaines qu&#8217;il a pu explorer. A côté de cette aventure dans le monde du merchandising, Jean Giraud, multiplie les collaborations interdisciplinaires, comme pour le Willow de <strong>Ron Howard</strong> et <strong>Georges Lucas </strong>en 1987, et l&#8217;<em>Abyss</em> de <strong>James Cameron</strong> en 1989, et sans oublier de créer au passage, en 1981, la série de bandes dessinées l&#8217;<em>Incal</em> (encore appelée <em>Les Aventures de John Difool</em>), en collaboration avec Jodorowsky.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/star.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5762" title="star" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/star.jpg" alt="" width="380" height="500" /></a></p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">Il n&#8217;abandonnera pas pour autant la bande dessinée, continuant de dessiner les aventures de <em>Blueberry </em>(même après le décès de Jean-Michel Charlier en 1989), mais se lançant aussi dans de multiples projets parallèles, dont on pourrait retenir, l&#8217;adaptation en 1985 de <em>La Ferme des Animaux</em> de <strong>George Orwell</strong>, parmi tant d&#8217;autres.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/8-jean-giraud-moebius-40-days-desert-b-1999-L-1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5765" title="8-jean-giraud-moebius-40-days-desert-b-1999-L-1" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/8-jean-giraud-moebius-40-days-desert-b-1999-L-1.jpg" alt="" width="539" height="394" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: left;">Les deux décennies qui suivent et se ressemblent pour le vétéran, avec en point d&#8217;orgue, sa collaboration avec <strong>Luc Besson</strong> sur <em>Fifth Element</em>, un pas de plus sur le chemin qui mènera à l&#8217;adaptation (très libre) au cinéma de sa pièce maîtresse en 2004 , réalisé par Ian Kounen, et mettant en scène Vincent Cassel dans le rôle du Marshall Blueberry. A côté des services rendus au septième art, Jean Giraud enchaînera les recueils d&#8217;illustrations, les expositions, et ce, sans abandonner pour autant sa passion pour le neuvième art. Ci-dessous, le Titeuf de <strong>Zep </strong>revu par l&#8217;artiste.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/moebius.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5769" title="moebius" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/moebius.jpg" alt="" width="448" height="448" /></a></p>
<p style="text-align: left;">L&#8217;oeuvre de Moebius recèle bien des trésors à admirer pour le profane comme pour l&#8217;initié. S&#8217;en faire une idée et se permettre de l&#8217;évaluer dans son ensemble requiert une quantité consiérable de temps libre assez difficile à se procurer. Mais il est au moins possible, au regard de cette prolifique carrière au cours de laquelle l&#8217;interressé à toucher à autant de domaines artistiques différents, de rester muet d&#8217;admiration devant cet homme qui a largement contribué à l&#8217;évolution des arts graphiques au cours des cinquante dernières années. Ce qui fait finalement de lui un véritable monument, à qui l&#8217;on souhaite de vivre encore longtemps.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/moebius-thumb-471x637.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5770" title="moebius" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2011/01/moebius-thumb-471x637.jpg" alt="" width="376" height="510" /></a></p>
<p style="text-align: center;">PHB</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">
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		<title>Concept : BlogBD.fr</title>
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		<pubDate>Tue, 30 Nov 2010 11:58:39 +0000</pubDate>
		<dc:creator>fylyp82</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Il fut un temps où l&#8217;on disait des français qu&#8217;ils n&#8217;avaient pas de pétrole, mais des idées. Cette expression avait d&#8217;ailleurs une fort jolie variante dont il serait dommage de vous priver : pas d&#8217;essence, mais la quintessence de l&#8217;esprit (1). Le concepteur de blogsbd.fr donne la réplique à ce constat, avec un site internet [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Il fut un temps où l&#8217;on disait des français qu&#8217;ils n&#8217;avaient pas de pétrole, mais des idées. Cette expression avait d&#8217;ailleurs une fort jolie variante dont il serait dommage de vous priver : pas d&#8217;essence, mais la quintessence de l&#8217;esprit <strong>(1)</strong>. Le concepteur de <a href="http://blogsbd.fr/">blogsbd.fr</a> donne la réplique à ce constat, avec un site internet regroupant un grand nombre de blogs d&#8217;auteurs de bande dessinées, rassemblés au nom de la maxime suivante : &laquo;&nbsp;Economisez du papier, lisez des blogs BD&nbsp;&raquo;.</p>
<p>Il s&#8217;agit en fait d&#8217;un recueil bien pensé, et en perpétuelle évolution, de titres connus (<em><a href="http://www.gastonlagaffe.com/gag/">Gaston Lagaffe</a></em>, pour un exemple de grands classiques; <a href="http://www.blog-bazar.com/concept-les-autres-gens/"><em>Les Autres Gens</em></a>, pour citer une oeuvre plus récente) ou plus confidentiels (<em><a href="http://www.loicsecheresse.com/blog/index.php?2010/11/29/512-album-hecate-belzebuth-bientot">Hecate et Belzebuth</a></em>, par Stéphane Melchiord Durand, à qui sont empruntées les cases trônant en tête de cet article), mis à la disposition des internautes dans des formats lisibles et agréables à parcourir : une sorte de bouquiniste virtuel, en somme, chez qui vous pouvez squatter pour pas un rond. Le site propose, sur une même page, une sélection principale, dans laquelle se côtoient les auteurs confirmés qui tentent de conquérir la toile, ainsi qu&#8217;une sélection secondaire regroupant des outsiders, aux talents souvent dévastateurs, comme le démontre cette excellente histoire courte baptisée <a href="http://www.manolosanctis.com/bd/282/train-phantasme">Train Phantasme</a>, à dévorer en trois minutes, et publié en version papier chez Manolosanctis <strong>(2)</strong>. BlogBD a aussi le mérite de ne pas se limiter à la bande dessinée francophone, proposant également un certain nombre de comic strips dans la langue de Shakespeare (<a href="http://dilbert.com/strips/comic/2010-11-27/?utm_source=feedburner&amp;utm_medium=feed&amp;utm_campaign=Feed%3A+DilbertDailyStrip+%28Dilbert+Daily+Strip%29">Dilbert</a>; <a href="http://www.explosm.net/comics/2249/">Cyanide &amp; Happiness</a>)</p>
<h6>(1) Cette expression connut d&#8217;ailleurs un grand regain de popularité avec la crise mondiale de l&#8217;énergie en 1973.</h6>
<h6>(2) Editeur communautaire ciblant plutôt un public adulte.</h6>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/11/draw119.jpg"><img class="size-full wp-image-5595 aligncenter" title="Blogbd 2" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/11/draw119.jpg" alt="" width="360" height="545" /></a></p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">Plutôt que de passer en revue l&#8217;essentiel des titres mis en avant par ce site (tâche dont vous vous acquitterez, jen suis sûr, avec le plus grand plaisir) nous avons eu la chance de pouvoir poser quelques questions au cerveau de l&#8217;histoire, le surnommé Matt, qui s&#8217;est plus qu&#8217;aimablement prêté au jeu :</p>
<p style="text-align: left;"><strong>B-Bzr</strong> : <strong>Qui sont les artisans du site?</strong></p>
<p style="text-align: left;">Matt : Je suis seul derrière le site.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>B-Bzr : </strong><strong>Quand et comment avez-vous monté l&#8217;affaire (Avez-vous été épaulé par un sponsor) ?</strong></p>
<p style="text-align: left;">Matt : Le site a 4 ans.  Je me suis en fait inspiré du site d&#8217;un ami qui présentait les mises à jour de blogs intimistes. J&#8217;ai transposé le principe avec les blogs BD. Retrouvant souvent les mêmes blogs dans les liens des blogs BD, je me suis dit que ça pouvait avoir un intérêt pour plusieurs personnes.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>B-Bzr : En résumé, votre mode de fonctionnement et vos ambitions ?</strong></p>
<p style="text-align: left;">J&#8217;améliore le site selon mes envies de développer et les retours des utilisateurs, j&#8217;ajoute ou enlève des blogs BD à ma sélection selon mes lectures et découvertes. Pas d&#8217;autre ambition que le plaisir de faire découvrir des bandes-dessinées.</p>
<p style="text-align: left;"><strong>B-Bzr : Vos titres préférés parmi ceux qui sont sur votre site ?</strong></p>
<p style="text-align: left;">Difficile de choisir, les blogs sur mon site (entre 100 et 200) sont déjà mes préférés parmi les nombreux blogs BD existants sur le web. Si je devais en choisir un, je penserais en ce moment à celui de <a href="http://monsieur-le-chien.fr/">Monsieur le Chien</a> qui se fait trop rare (mais pour la bonne cause, il a de nombreux projets d&#8217;albums sur lesquels il travaille).</p>
<p style="text-align: left;"><strong>B-Bzr : Merci beaucoup !</strong></p>
<div>
<div><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/11/59358112.jpg"></a></div>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-5598 aligncenter" title="Debout Les Moules" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/11/59358112.jpg" alt="" width="342" height="640" /></p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">Après quelques heures passées à découvrir les mille trésors proposés par Matt, le verdict est sans appel : alors que l&#8217;ergonomie du site permet une prise en main rapide, pour les simples visiteurs comme pour ceux qui souhaitent proposer leurs blogs, l&#8217;ensemble est convivial et aussi aéré que possible, pour une navigation sans entraves. Quand au contenu, il est tout simplement de premier choix, que ce soit dans la sélection des artistes confirmés ou dans la liste des outsiders. L&#8217;intérêt du site est maximal.</p>
<p style="text-align: left;">Car en effet, la démarche du BlogBD est simple mais ingénieuse, dans la mesure où elle rend accessible un média mis à mal par le développement des technologies numériques au moyens de ces dernières, et contourne ainsi le plus gros handicap de la bande dessinée dans sa quête de public : son prix par album; le tout, en transposant sur la toile un concept déjà utilisé par les grandes surfaces du livre qui aménagent des espaces dédiés à la lecture au sein de leurs établissements. La seule différence notable au final, au-delà des sensations que procure le papier, est que la bibliothèque ainsi formée comporte des titres qui ne seront pas passés (ou ne passeront peut-être jamais) par la case &laquo;&nbsp;édition&nbsp;&raquo;. Et ça, ça n&#8217;a pas de prix&#8230;</p>
<p style="text-align: left;">Un site à donc ajouter sans plus tarder à vos favoris&#8230;</p>
<p><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/11/331_secret-us.1291108040.gif"></a></p>
</div>
<p style="text-align: center;"><img class="size-full wp-image-5602 aligncenter" title="BlogBD" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/11/331_secret-us.1291108040.gif" alt="" width="400" height="542" /></p>
<p style="text-align: center;">PHB</p>
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		<title>A lire : Idées Noires</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Nov 2010 13:30:42 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[André Franquin, fait partie de la garde prétorienne de la bande dessinée belge, au même titre que Morris (le père de Lucky Luke) ou Peyo (le créateur des schtroumphs), avec lesquels il a d'ailleurs été amené à collaborer par le passé pour remplir les pages du célèbre magazine Spirou, en compagnie de Will (Benoît Brisefer; Natacha) et Jijé (véritable machine à dessiner à l'interminable bibliographie).]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>André<strong> Franquin</strong>, fait partie de la garde prétorienne de la bande dessinée belge, au même titre que <strong>Morri</strong><strong>s</strong> (le père de <em>Lucky Luke</em>) ou <strong>Peyo</strong> (le créateur des <em>schtroumphs</em>), avec lesquels il a d&#8217;ailleurs été amené à collaborer <strong>(1)</strong> par le passé pour remplir les pages du célèbre magazine <em>Spirou</em>, en compagnie de <strong>Will</strong> (<em>Benoît Brisefer</em>; <em>Natacha</em>) et <strong>Jijé</strong> (véritable machine à dessiner à l&#8217;interminable curriculum). Au cours d&#8217;une carrière d&#8217;une exceptionnelle longévité que seul un infarctus réussit à interrompre en 1997, Franquin donna vie tour à tour aux célèbres <em>Spirou et Fantasio</em>, à l&#8217;impayable <em>Gaston Lagaffe</em>, ainsi qu&#8217;à l&#8217;étrange <em>Marsupilami</em>, en passant par les enthousiastes <em>Modeste et Pompon</em> <strong>(2)</strong>. Bien que l&#8217;ensemble de son oeuvre ait donc été largement dominée par la conception de strips humoristiques, teintés la plupart du temps par une charmante naïveté, la personnalité idéaliste de Franquin se dévoila de manière totalement différente dans une mini-série de deux albums intitulée <strong>Idées Noires,</strong> tour à tour publiés en 1981 et 1984 par les éditions <em>Fluide Glacial</em>.</p>
<p>Ce projet de comic strip pétri d&#8217;humour noir permet, une fois parcouru, d&#8217;aborder différemment le reste de l&#8217;oeuvre de Franquin. Le lecteur découvrira ainsi un homme fataliste, déchiré entre candeur et réalisme, un dessinateur très critique envers les incohérences de la société, n&#8217;hésitant pas à tailler dans le lard pour en dénoncer les injustices et maniant avec adresse le fin et le grotesque, pour un résultat qui n&#8217;a besoin d&#8217;aucun artifice pour déployer toute la noirceur de ses cases et de ses bulles.</p>
<p><em>(1) La redécouverte de cette collaboration est un sujet d&#8217;actualité, comme en témoigne cet article de 2005 paru dans les pages de la Libre Belgique : <a href="http://www.lalibre.be/culture/livres/article/252839/morris-franquin-et-peyo-avant-la-case.html">http://www.lalibre.be/culture/livres/article/252839/morris-franquin-et-peyo-avant-la-case.html</a></em></p>
<p><em>(2) Peyo, et même Goscinny (scénariste d&#8217;Astérix), participèrent à l&#8217;élaboration de certains albums de ce petit couple de fiancés.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/11/franquin-idees-noires.jpg"><img class="size-full wp-image-5293 aligncenter" title="franquin-idees-noires" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/11/franquin-idees-noires.jpg" alt="" width="472" height="638" /></a></em></p>
<p style="text-align: center;"><em><br />
</em></p>
<p style="text-align: left;">Un bref aperçu de la biographie de Franquin permet de faire quelques raccourcis pour tenter de justifier un tel projet dans une bibliographie à dominance douce et dingue : il y a d&#8217;une part, un père banquier strict et carriériste pour deux, qui provoqua un certain &laquo;&nbsp;sentiment d&#8217;étouffement&nbsp;&raquo; chez son fils, comme le traduit l&#8217;auteur dans une interview recueillie par Francis Matthys pour le journal <em>Libre Belgique</em>, en 1981. Certains analysent d&#8217;ailleurs le personnage récurrent du banquier <em>Aimé De Mesmaeker </em><strong>(3)</strong>, qui apparaît dans les aventures de Gaston Lagaffe comme un représentation de la figure paternelle de l&#8217;auteur. A travers lui est également décriée le capitalisme mercantile, que le fantasque employé de bureau s&#8217;emploie à démonter en privilégiant la créativité à la productivité, la joie de vivre aux cadences de production.</p>
<p style="text-align: left;">Il est d&#8217;ailleurs amusant de signaler que la parution du premier tome d&#8217;Idées Noires suit de peu l&#8217;adaptation complètement ratée de Gaston au cinéma, prenant la forme d&#8217;un navet maladroitement intitulé &laquo;&nbsp;Fais gafe à la gaffe&nbsp;&raquo;, et comptant tout de même Daniel Prévost et Marie Anne-Chazel parmi ses comédiens. Cette adaptation vaudra ce commentaire acerbe, de la part de Franquin, en 1980: &nbsp;&raquo;<em>Quelle horreur ! Je n’ai jamais vu une adaptation de BD au cinéma réussie. Ce sont deux genres qui ne s’entendent pas : un personnage comme Gaston est amusant parce que son graphisme amène l’humour</em>. &laquo;&nbsp;<strong>(4)</strong></p>
<p style="text-align: left;">De là à y voir une critique indirecte faite à l&#8217;industrie du cinéma de vouloir faire feu de tout bois, il n&#8217;y a qu&#8217;un pas.</p>
<p style="text-align: left;"><em>(3) Habile déguisement de l&#8217;expression anglaise &laquo;&nbsp;The Mess Maker&nbsp;&raquo; largement inspiré du patronyme de Jean De Mesmaeker, collaborteur de Franquin au sein du journal de Spirou.</em></p>
<p style="text-align: left;"><em>(4)  Merci au site internet <a href="http://www.actuabd.com/Biographie-de-Franquin-4-histoires-roses-et-idees-noires">Actuabd.com</a> pour ses nombreuses informations sur la vie de cet auteur.</em></p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><em><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/11/franquin2.jpg"><img class="size-full wp-image-5300 aligncenter" title="franquin2" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/11/franquin2.jpg" alt="" width="450" height="386" /></a></em></p>
<p style="text-align: left;">L&#8217;autre grande raison qui explique ce projet tient à la santé psychique de Franquin, sujet aux dépressions nerveuses, qui seront fatales à la survie des Idées Noires, et préjudiciables à la suite des aventures de Gaston. Un mal être qui trouve sa source dans le métier exercé lui-même, qui réclame sans concession un effort de conciliation entre les &laquo;&nbsp;exigences du gagne-pain et celle de la création&nbsp;&raquo;<strong>(5)</strong>. Cette difficulté, mise côte à côte avec le caractère plutôt altruiste de Franquin (qui a même été amené à collaborer ponctuellement avec des organismes comme Amnesty International) explique sans mal pourquoi Gaston seul ne suffisait pas à rassénérer son géniteur, qui décrit lui-même son nouveau bébé en se référant à son champion : &laquo;&nbsp;Les idées Noires, c&#8217;est un peu comme Gaston trempé dans la suie.&nbsp;&raquo;</p>
<p style="text-align: left;">Optimiste naïf devant l&#8217;éternel, Franquin, arrêtera de dispenser ses sombres pensées au bout de deux albums, en se justifiant ainsi : &laquo;&nbsp;Ces albums étaient plus pessimistes que révoltés.&nbsp;&raquo; Une critique on ne peut plus exacte, qui ne cacha pas la déception de <strong>Gotlib</strong> <strong>(6)</strong>, admiratif devant le style novateur de son collaborateur.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;"><em>(5) A ce sujet, lire l&#8217;article  sur Yvan Delporte sur le blog </em><a href="http://www.voir.ca/blogs/nicolas_dickner/archive/2007/03/29/l-ombre-de-franquin.aspx"><em>Hors Champ</em></a><em>, autre maître dépressif du 9ème art, décédé en mars 2007 à l&#8217;âge de 78 ans.</em></p>
<p style="text-align: left;"><em>(6) Marcel de son prénom, prolifique auteur de bande dessinée, et fer de lance du magazine Fluide Glacial.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/11/ideesnoires_t0.jpg"><img class="size-full wp-image-5302 aligncenter" title="ideesnoires_t0" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/11/ideesnoires_t0.jpg" alt="" width="500" height="650" /></a></em></p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">Si les deux albums semblent privilégier la contemplation et la réflexion, il ne faut perdre de vue que Franquin sait avant tout manier la plume et le pinceau, rendant ici une copie d&#8217;une minutie extraordinaire, matérialisée par un dessin exécuté à la loupe et gérant avant une ingéniosité déconcertante les contrastes et l&#8217;inversion entre le noir et le blanc. Le reste se passe de commentaire, si ce n&#8217;est pour souligner une fois de plus les grandes similitudes entre le graphisme des Idées Noires et de Gaston Lagaffe, pour une violence des messages dispensés sensiblement accrue par cette ressemblance (l&#8217;éternel syndrôme du clown tueur qui fait plus peur que le bonhomme déguisé en gangster).</p>
<p style="text-align: left;">En un mot comme en mille, les Idées Noires constituent un pan incontournable et unique de la bibliographie d&#8217;André Franquin, qui, comme beaucoup d&#8217;autres, nous a quitté bien plus tôt que nous ne l&#8217;aurions souhaité. A charge pour vous de les feuilleter au moins une fois en promettant à son auteur de ne pas vous laisser affecter par la noirceur des ses pensées, inspirées par des évènements et des comportements qui sont malheureusement toujours d&#8217;actualité près de trente ans plus tard.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/11/FranquinInoiresguerre.jpg"><img class="size-full wp-image-5304 aligncenter" title="FranquinInoiresguerre" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/11/FranquinInoiresguerre.jpg" alt="" width="454" height="591" /></a></p>
<p style="text-align: left;">La série existe encore en deux tomes, le deuxième en format 16*24  (autours de 6 euros par tête), mais peut être aussi acqui en version intégrale (autours de 10 euros). Un <a href="http://ideesnoires.free.fr/albums_co/index.htm">site internet</a> qui vaut le détour est aussi dédié à la série.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/11/Franquin-Idees-Noires-003-petit.jpg"><img class="size-full wp-image-5305 aligncenter" title="Franquin - Idees Noires - 003 - petit" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/11/Franquin-Idees-Noires-003-petit.jpg" alt="" width="348" height="344" /></a></p>
<p style="text-align: center;">PHB</p>
<p style="text-align: left;">
]]></content:encoded>
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		<title>A Lire : Sanguine</title>
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		<pubDate>Tue, 19 Oct 2010 10:51:48 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Le lecteur suit les traces de Manfred Von Kriek, un aristocrate déchu qui se voit confier la lourde tâche de ramener son riche oncle catholique pris au piège en plein territoire protestant, dans un monde où le fanatisme religieux est devenu un mode de vie. Cette mission humanitaire cache en fait une manoeuvre bassement interressée de Reinhart Von Kriek, père et frère des deux précédents personnages, auprès de Wallenstein, figure historique de la noblesse tchèque et homme de guerre de génie ayant sévit de à 1583 à 1634.]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Benoît Sokal est connu pour être le père du célèbre <strong>I</strong><strong>nspecteur Canardo</strong>, policier éthylique dont les aventures comptent à l&#8217;heure actuelle près de 20 albums, traduits en 10 langues. En 1987, ce dessinateur, également scénariste et créateur de jeux vidéo, collabora avec Jean Populaire <strong>(1)</strong> sur un projet de bande dessinée intitulé <strong>Sanguine</strong>, prenant place en Allemagne pendant la guerre de trente ans.</p>
<p>Ce titre tient en un album de soixante-dix pages publié par <em>Casterman</em> dans sa collection <em><strong>(A suivre)</strong></em>, laquelle proposait de 1978 à 1997, les versions reliées des séries publiées dans le magazine du même nom. Jean-Paul Mougin, alors rédacteur en chef de l&#8217;hebdomadaire souhaitait donner ses lettres de noblesse à la bande dessinée, en faisant tendre le 9ème art vers le &laquo;&nbsp;roman graphique&nbsp;&raquo;. Si <strong>Corto Maltese</strong> (Pratt) ou <strong>Adèle Blanc-Sec</strong> (Tardi) prirent leur marques dans les pages de ce recueil, il faut reconnaître que la plupart des titres qui y ont été publiés sont restés assez confidentiels, faute d&#8217;être assez accessible pour le grand public <strong>(2)</strong> et sans doute jugés trop légers pour séduire les érudits de la littérature. De plus, la seule contrainte imposée par l&#8217;éditeur aux auteurs invités à collaborer étant de ne pas dépasser les dix pages par semaine, les délires &laquo;&nbsp;visuelo-intellectuels&nbsp;&raquo; sans queue ni tête furent légion (à l&#8217;instar des hallucinations érotiques de Milo Manara), ne réservant donc cette catégorie de bande dessinée qu&#8217;aux aficionados les plus féroces, à l&#8217;indifférence générale des autres.</p>
<p>La démarche n&#8217;était pourtant pas contre-productive et porta malgré tout de jolis fruits, comme le titre qui nous rassemble aujourd&#8217;hui.</p>
<p><em>(1) Dramaturge et chorégraphe belge de son état.</em></p>
<p><em>(2) D&#8217;autant plus que ce dernier se détache de plus en plus de la bande dessinée franco-belge au profit de la déferlante manga en occident, en cette fin de XXème siècle.</em></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/10/IMG_0004.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-5073" title="IMG_0004" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/10/IMG_0004.jpg" alt="" width="579" height="427" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: left;">Ce récit se déroule donc dans une Allemagne déchirée par un conflit qui embrasa les territoires d&#8217;Europe centrale au XVIIème siècle, avec pour point de départ, la défenestration de Prague de 1618<strong> (3)</strong>. Le lecteur suit les traces de Manfred Von Kriek <strong>(4)</strong>, un aristocrate déchu qui se voit confier la lourde tâche de ramener son riche oncle catholique pris au piège en plein territoire protestant, dans un monde où le fanatisme religieux est devenu un mode de vie. Cette mission humanitaire cache en fait une manoeuvre bassement interressée de Reinhart Von Kriek, père et frère des deux précédents personnages, auprès de Wallenstein, figure historique de la noblesse tchèque et homme de guerre de génie ayant sévit de à 1583 à 1634. Enfin, sachez aussi que dans cette histoire, &laquo;&nbsp;Sanguine&nbsp;&raquo; est le prénom d&#8217;une femme qui aura son rôle à jouer dans ce drame.</p>
<p style="text-align: left;">C&#8217;est avec une bonne dose d&#8217;humour et de cynisme qu&#8217;Alain Populaire monte le décor dans une préface <strong>(5)</strong> de six pages illustrées par son compère. Sans être indispensable à la compréhension de la trame de l&#8217;histoire, ce texte ajoute une dimension littéraire au récit, avec un état d&#8217;esprit très voisin de celui des premières aventures de la série fétiche de Benoît Sokal. Loin d&#8217;être générique, le traitement rigoureux de cette préface et du récit dans son ensemble rappellera au lecteur passablement instruit que ce pan de l&#8217;Histoire d&#8217;Europe lui est relativement inconnu. Le travail du scénariste sur ce titre peut donc s&#8217;imposer comme un agréable point de départ pour entreprendre des recherches sur cette période.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;"><em>(3) Il s&#8217;agit de la deuxième défenestration de Prague de l&#8217;Histoire, au cours de laquelle deux gouverneurs habsbourgeois furent jetés par l&#8217;une des fenêtres du chateau de Prague (Hradshin).</em></p>
<p style="text-align: left;"><em>(4) Un subtil clin d&#8217;oeil aux amateurs de Houblon, la Kriek étant une variété de bière belge.<br />
</em></p>
<p style="text-align: left;"><em>(5) Une démarche qui n&#8217;est pas très répandue dans la bande dessinée, sans pour autant être anecdotique.</em></p>
<p style="text-align: center;"><em><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/10/IMG_0002-copy1.jpg"><img class="size-full wp-image-5139 aligncenter" title="sanguine 3" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/10/IMG_0002-copy1.jpg" alt="" width="553" height="305" /></a></em></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: left;">La ressemblance avec l&#8217;univers de l&#8217;inspecteur Canardo en terme d&#8217;ambiance ne s&#8217;arrête pas à la narration laconique et au cynisme fataliste de la trame de l&#8217;histoire. Manfred Von Kriek est un héros kafkaien dans toute sa splendeur qui aurait aisément pu noyer sa solitude au côtés du canard en paletot : &laquo;&nbsp;homme fait pour la paix&nbsp;&raquo; dans un monde en proie à une guerre d&#8217;une rare violence <strong>(6)</strong>, artiste préférant la peinture au meurtre et fils empêtré dans une relation de résignation avec un père qui ne s&#8217;intéresse qu&#8217;à la récupération manu militari par seigneur interposé de quelques terres ancestrales confisquées au cours des évènements, Manfred n&#8217;en reste pas moins coupable de ne s&#8217;être jamais révolté. Il restera d&#8217;ailleurs, comme l&#8217;annonce la préface, un personnage en perpétuelle errance. On en verse pas de larmes sur un pleutre&#8230; Dernier axe de rapprochement entre les univers des deux artistes collaborant sur Sanguine : l&#8217;humour narratif jouant sur le cynisme est particulièrement bien maîtrisé.</p>
<p style="text-align: left;">Au dessin, les amoureux de Benoît Sokal seront ravis de le découvrir dans un exercice assez inhabituel pour lui : dessiner des personnages humains. A ce sujet, il est surprenant de voir que si dans Canardo, le dessinateur réussit très bien à incarner l&#8217;homme dans la bête, il parvient avec autant d&#8217;aisance à faire l&#8217;inverse dans<strong> Sanguine</strong> : même sans museau, il est aisé de distinguer les chiens des rats sous ses pinceaux. L&#8217;esthétique est racée, les dessins détaillés, et le choix des couleurs, l&#8217;autre grand point fort de cette bande dessinée, est en harmonie parfaite avec l&#8217;ambiance et l&#8217;univers du récit. Quant au découpage, sans être révolutionnaire, il assume sans complexe le rythme de l&#8217;histoire.</p>
<p style="text-align: left;"><em>(6) La préface d&#8217;Alain Populaire la décrit d&#8217;ailleurs comme ayant été &laquo;&nbsp;de l&#8217;ordre du monstreux&nbsp;&raquo;, adjectif que Benoît Sokal s&#8217;applique à illustrer avec justesse.</em></p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/10/sanguinecouv.jpg"><img class="size-full wp-image-5152 aligncenter" title="sanguinecouv" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/10/sanguinecouv.jpg" alt="" width="400" height="542" /></a></p>
<p style="text-align: left;"><strong>Sanguine</strong> s&#8217;impose comme un &laquo;&nbsp;one shot&nbsp;&raquo; sans concession d&#8217;une collaboration ponctuelle entre les deux artistes. Le cadre historique inédit, le trait particulier et la narration en sont les principaux atouts, effaçant au passage les imperfections d&#8217;une oeuvre qui aurait mérité d&#8217;être d&#8217;avantage développée. Il restera au lecteur qui aura achevé la lecture de cette aventure le plaisir de se remémorer les quelques répliques intemporelles qui auront agrémenté son voyage aux côtés de Manfred Von Kriek, dont en voici un bel exemple, glapi par Wallenstein :</p>
<p style="text-align: left;"><em>&laquo;&nbsp;Des hommes ? Encore des hommes? Que voulez-vous que j&#8217;en fasse ?!</em><em> (&#8230;) Sans or, les hommes ne sont rien ! Ils trahissent ! Ils s&#8217;enfuient ! Ils disparaissent ! Des chiens sans fidélité ! </em></p>
<p style="text-align: left;"><em>De la racaille !&nbsp;&raquo;</em></p>
<p style="text-align: left;">Pour finir, je ne saurais que trop vous recommander ce titre, qui rend hommage à l&#8217;une des facettes les plus ingrates (commercialement parlant) de la bande dessinée franco-belge. Un titre encore disponible chez les libraires, jusqu&#8217;à une prochaine et définitive rupture de stock.</p>
<p style="text-align: left;">Prix : Autours de 12 euros.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/10/IMG_0003.jpg"><img class="size-full wp-image-5150 aligncenter" title="Sanguine 4" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/10/IMG_0003.jpg" alt="" width="427" height="710" /></a></p>
<p style="text-align: center;">PHB</p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: left;">
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		<title>Nanobook : Olivier Ledroit</title>
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		<pubDate>Sat, 10 Jul 2010 12:33:42 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Né à Meaux (Ile-de-France), le 3 juin 1969, Olivier Ledroit est un dessinateur et coloriste de bande dessinée déjà célèbre pour nombre de séries cultes auxquelles il a mis ses pinceaux à contribution. Son registre appartient au médiéval fantastique, genre qu&#8217;il a su marquer de sa griffe à travers trois oeuvres majeures : Les Chroniques [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Né à Meaux (Ile-de-France), le 3 juin 1969, Olivier Ledroit est un dessinateur et coloriste de bande dessinée déjà célèbre pour nombre de séries cultes auxquelles il a mis ses pinceaux à contribution. Son registre appartient au médiéval fantastique, genre qu&#8217;il a su marquer de sa griffe à travers trois oeuvres majeures : <strong>Les Chroniques de La Lune Noire</strong>, <strong>Sha</strong> et <strong>Requiem</strong>.</p>
<p>Le Dragon qui apparaît sur la vignette en tête d&#8217;article est une illustration qui a été utilisée pour le tome 4 des Chroniques de La Lune Noire : <em>Quand sifflent les serpents</em>. Cette série est le point de  départ d&#8217;une carrière loin d&#8217;être inachevée à ce jour.</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/07/24463-1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-4724" title="Ledroit 2" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/07/24463-1.jpg" alt="" width="403" height="712" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: left;">Après deux ans d&#8217;études sur les bancs de l&#8217;Ecole des Arts Appliqués Duperré, à Paris, et quelques illustrations pour le compte de magazines de jeu de cartes, Olivier le droit rencontre François-Marcela Froideval, lequel est considéré aujourd&#8217;hui comme l&#8217;un des précurseurs du jeu de rôle en France.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/07/illustration-olivier-ledroit_00012152.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-4727" title="Ledroit 3" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/07/illustration-olivier-ledroit_00012152.jpg" alt="" width="506" height="655" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: left;">Leur collaboration sur les Chroniques de la Lune Noire, publié par <em>Zenda</em><strong> </strong>(maison d&#8217;édition française, rachetée en 1994 par <em>Glénat), </em>avant que le flambeau ne soit repris par <em>Dargaud</em>, ne durera pas plus de 5 tomes (les cinq premiers) et un hors-série (<strong>Les Arcanes de la Lune Noire : Ghorgoy Bey</strong> en 2001). La série fut quant à elle reprise par le jeune Cyril Pontet, qui en esquissa les dernières cases en 2008, au grand dame d&#8217;une majorité de lecteurs.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;"><img class="aligncenter size-full wp-image-4729" title="Planche_bd_190_CHRONIQUES DE LA LUNE NOIRE" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/07/Planche_bd_190_CHRONIQUES-DE-LA-LUNE-NOIRE.jpg" alt="" width="490" height="700" /></p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">Ledroit rencontre alors les prolifiques scénaristes <em>Thomas Mosd</em><em>i </em>et <em>Patt Mills.</em>, S&#8217;ensuivent alors 4 ans de collaboration infructueuses, marquées par l&#8217;échec commecial de la série <strong>Xoco </strong>avec le premier, et l&#8217;imparfaite complétion de<a href="http://www.blog-bazar.com/a-lire-sha-lombre/"> Sha l&#8217;Ombre</a> avec le second. Les éditions <em>Vent d&#8217;Ouest</em> et <em>Soleil</em>,  n&#8217;ont apparemment pas été étrangères à cette période de vaches maigres.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/07/ledroitfilles1.jpg"><img class="size-full wp-image-4731  aligncenter" title="ledroitfilles1" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/07/ledroitfilles1.jpg" alt="" width="389" height="247" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/07/ledroitfilles2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-4732" title="ledroitfilles2" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/07/ledroitfilles2.jpg" alt="" width="389" height="275" /></a></p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/07/ledroitfilles3.jpg"><img class="size-full wp-image-4733  aligncenter" title="ledroitfilles3" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/07/ledroitfilles3.jpg" alt="" width="378" height="307" /></a></p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">C&#8217;est la série <strong>Requiem</strong> qui va s&#8217;imposer finalement comme l&#8217;oeuvre référante de notre homme et entériner une collaboration haute en couleurs entre lui et Patt Mills. Les deux hommes devaient être faits l&#8217;un pour l&#8217;autre tant les idées tordues de l&#8217;un ont magistralement été retranscrites par l&#8217;autre, le tout étant issu d&#8217;un registre on ne peut plus baroque et décalé.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/07/reqwall2.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-4735" title="Ledroit 4" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/07/reqwall2.jpg" alt="" width="558" height="416" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: left;">Le destin de Requiem est lui-même des plus singuliers : c&#8217;est en effet avec <em>Jaques Collin</em>, fondateur du regretté <em>Zenda</em>, que Ledroit et Mills crèent la maison d&#8217;édition <em>Nickel</em>, par laquelle sera publiée cette nouvelle saga, non sans connaître un grand succès commercial, surtout pour une oeuvre aussi dérangée.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/07/344071-Heavy_Metal-Heinrich_Requiem-Olivier_Ledroit-Rebecca-Requiem_Vampire_Knight-requiem_chevalier_vampire.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-4738" title="Ledroit 5" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/07/344071-Heavy_Metal-Heinrich_Requiem-Olivier_Ledroit-Rebecca-Requiem_Vampire_Knight-requiem_chevalier_vampire.jpg" alt="" width="559" height="537" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: left;">Si la teinte gothique et gore de Requiem caractérise bien le style d&#8217;Olivier Ledroit, elle n&#8217;en est ni plus ni moins qu&#8217;un simple aspect. Le dessinateur gère, entre autres, merveilleusement bien les couleurs et le sens du détail, pour les objets, les bestiaux et les paysages. Autre trait particulier : celui des visages, particulièrement saillants et marqués sur l&#8217;ensemble de son oeuvre.</p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/07/9782914420211_5.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-4740" title="Ledroit 6" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/07/9782914420211_5.jpg" alt="" width="500" height="636" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: left;">Olivier Ledroit est actuellement l&#8217;un de ces rares professionnels de la bande dessinée européenne confortablement calés dans l&#8217;industrie du 9ème art, qui plus est, grâce à des titres qui sont aux antipodes du &laquo;&nbsp;Tout Public&nbsp;&raquo;. Son oeuvre, qui martyrise le mauvais goût tout en restant fidèle à une certaine vision de l&#8217;esthétisme, s&#8217;adresse majoritairement à un public averti.</p>
<p style="text-align: left;">Un dessinateur à craindre ou à adorer.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/07/61laSuccube1_12092007_230252.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-4744" title="61laSuccube1_12092007_230252" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/07/61laSuccube1_12092007_230252.jpg" alt="" width="258" height="487" /></a>PHB</p>
<p style="text-align: center;">
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		<title>A lire : Sha l&#8217;Ombre</title>
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		<pubDate>Fri, 04 Jun 2010 06:00:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>fylyp82</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Le XVIème siècle nous était enseigné à l&#8217;école comme celui qui marquait le début de la glorieuse Renaissance, mettant enfin un terme au sombre Moyen-Age gangréné par la guerre de 100 ans, la féodalité malsaine, la peste et l&#8217;obscurantisme répressif. Comme par magie, l&#8217;Humanisme était né, l&#8217;Amérique était découverte et Rabelais sortait son Pantagruel. Ce [...]]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Le XVIème siècle nous était enseigné à l&#8217;école comme celui qui marquait le début de la glorieuse Renaissance, mettant enfin un terme au sombre Moyen-Age gangréné par la guerre de 100 ans, la féodalité malsaine, la peste et l&#8217;obscurantisme répressif. Comme par magie, l&#8217;Humanisme était né, l&#8217;Amérique était découverte et Rabelais sortait son Pantagruel. Ce que nos enseignant oubliaient parfois de nous dire, à l&#8217;époque, c&#8217;est que l&#8217;inquisition avait encore de beaux restes. D&#8217;ailleurs, sur le plan de la tolérance religieuse et de la cohabitation pacifique entre les différents cultes, ont aurait aisément pu appeler cette période le &laquo;&nbsp;Très-Bas Moyen-Age&nbsp;&raquo;. Sans rentrer dans le détail, il n&#8217;est pas faux d&#8217;avancer que la peur de l&#8217;autre et de Dieu avait ravivé la flamme de bien des bûchers, alors que les grands esprits juridiques de l&#8217;époque (le pieux Jean Bodin en tête) s&#8217;employaient, en bons jurisconsultes, à faire de la torture une science humaine.</p>
<p>C&#8217;est dans ce charmant univers que nous transportent dans un premier temps le scénariste britannique Patt Mills et le dessinateur français Olivier Ledroit pour nous raconter les aventures de Lara, une jeune sorcière passée au grill en France dans sa quête de vengeance à l&#8217;encontre de ses bourreaux un demi siècle plus tard à 5000 bornes de là, dans la mégalopôle futuriste américaine de New Eden. Vaste programme !</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/06/shat1.jpg"><img class="aligncenter size-full wp-image-4469" title="shat1" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/06/shat1.jpg" alt="" width="468" height="282" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p>Avant de s&#8217;intérresser à l&#8217;histoire un peu plus en détails, nous allons plutôt aborder le style de cette bande dessinée, particulier à bien des égards, ce qui était prévisible au regard du pedigree des auteurs. Au scénario, nous avons donc Pat Mills, prolifique auteur britannique de comics, amateur d&#8217;Histoire (avec un grand H), de réincarnation et de voyage temporel. J&#8217;avais déjà pu dévorer la série<em> Sláine, </em>monument de noirceur et d&#8217;instinct guerrier sur fond de folklore celtique avant de m&#8217;attaquer à Sha, ce qui me laissait espérer le meilleur pour la suite.</p>
<p>Surtout qu&#8217;au dessin, ce n&#8217;était ni plus ni moins que l&#8217;inépuisable (cocoricoooo) Olivier Ledroit, auteurs des 5 premiers tomes des <em>Chroniques de la Lune Noire</em> (avec  François Froideval) et de Requiem (scénarisé par le même Mills), délire vampirico-épique qualifié à juste titre par la majorité de ses lecteurs de &laquo;&nbsp;tuerie sans nom&nbsp;&raquo;. L&#8217;un des plus célèbres auteurs de bande-dessinée Medieval-Fantastique est aussi l&#8217;un des plus productifs et des plus diligents. Si son style de dessin est plus que particulier (notamment pour ce qui est de la forme visages), la grande force de Ledroit reside dans son découpage audacieux, son souci du détail et sa garnde maîtrise des couleurs, le bonhomme, une fois n&#8217;est pas coutûme, privilégiant les techniques d&#8217;aquarelle dans c dernier domaine. Le résultat dans Sha est assez impressionnant, et avec du recul, il est possible de s&#8217;apercevoir que l&#8217;ombre du chevalier vampire de <em>Requiem</em> devait déjà lui trotter dans la tête à cette époque (Sha a été exécuté de 96 à 98, alors que Requiem a commencé a être publié en 2000).</p>
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/06/A-4.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-4480" title="A 4" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/06/A-4.jpeg" alt="" width="485" height="669" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: left;">Quid du scénario ? Eh bien, près une entrée en matière des plus tonitruantes, où le lecteur se retrouve devant le bûcher de la pauvre Lara, vendue par sa meilleure amie aux sbires démoniaques de l&#8217;inquisition, l&#8217;âme en détresse de la pauvrette est secourue par Sha, une entité d&#8217;une autre dimension qui l&#8217;autorise donc à se réincarner dans le corps d&#8217;un lieutenant de police de New Eden quelques siècles plus tard, une ville que Ledroit a su mettre en image avec brio et dans laquelle Pat Mills instaure un nouvel ordre moral des plus obscurs. Mais seulement voilà&#8230;</p>
<p style="text-align: left;">Trois petits tomes concluent assez rapidement un scénario qui à mon sens en aurait mérité deux de plus et un brin de linéarité dans le fil conducteur. On sent que l&#8217;influence du comics a frappé à la porte de la réalisation de cette série, privilégiant le découpage de l&#8217;action assez statique, malgré la majesté des scènes, ce qui n&#8217;explique pas tout. Mon avis sur la durée de Sha est bien entendu à prendre avec des pincettes, étant donné quen bon fan de manga, je suis plus sensible aux séries fleuves. Mais tout de même, on sent au troisième tome, qui ne perds rien en qualité d&#8217;éxécution, que tout cela prend fin un peu trop vite.</p>
<p style="text-align: left;">La faute peut-être aussi à l&#8217;éditeur Soleil, qui a apparemment exapséré les auteurs tout le long de leurs collaboration, avec comme point d&#8217;orgue, le flop de La Porte Ecarlate, une réalisation des deux compères qui ne dépassera pas le stade du premier tome.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/06/A-3.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-4475" title="Sha 4" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/06/A-3.jpeg" alt="" width="508" height="191" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: left;">Surtout que tout le reste est fantastique : les personnages sont racés, l&#8217;environnement est magistralement développé en peu de cases, les textes (dialogues, monologues et citations) sont d&#8217;une grande qualité et l&#8217;histoire de vengeance se défend sans aucune peine dans une orgie d&#8217;illustrations complexes saturées de couleurs, ordonnées par un découpage à couper le souffle sur les grandes scènes dans lesquelles l&#8217;utilisation des techniques d&#8217;aquarelle prend tout son sens. La violence est au rendez-vous, magnifiquement embellie par ces mêmes techniques. L&#8217;héroïne, quant à elle, pourra peut-être paraître un peu quelquonque pour certain, mais personnellement, je trouve qu&#8217;elle tire bien son épingle du jeu.</p>
<p style="text-align: left;">Pour conclure, je vous recommande chaudement Sha, si vous êtes fan des histoires glauques et ésotériques, confrontant les univers futuristes aux créatures légendaires de passés improbables. Rien que la reliure signée par les éditions Soleil en fait un petit bijou qui trônera avec élégance dans votre bibliothèque (format 26 par 32 cm). De plus, il se pourrait bien que mon appréciation sur la durée de vie de cette série ne fasse pas l&#8217;unanimité et que nombre d&#8217;entre vous trouvent que l&#8217;oeuvre se suffit à elle-même.</p>
<p style="text-align: left;">En tout cas, Sha décoiffe !</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/06/A-51.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-4481" title="A 5" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/06/A-51.jpeg" alt="" width="485" height="669" /></a></p>
<p style="text-align: center;">
<p style="text-align: left;">Si vous ne devez en lire qu&#8217;un : Vous rigolez, ou quoi ! Lisez les trois !</p>
<p style="text-align: left;">Et pour finir, mon préféré : Le tome 2, Soul Wound.</p>
<p style="text-align: left;">Prix moyen : Autours de 12 euros par tome.</p>
<p style="text-align: left;">
<p style="text-align: center;"><a href="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/06/A2.jpeg"><img class="aligncenter size-full wp-image-4482" title="Sha 5" src="http://www.blog-bazar.com/wp-content/uploads/2010/06/A2.jpeg" alt="" width="312" height="437" /></a></p>
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