Au Service Secret de Sa Majesté

avr 27, 2010 4 commentaires de

ON HER MAJESTY’S SECRET SERVICE de Peter Hunt
Ian Fleming’s On Her Majesty’s Secret Service
1969

(Vous pouvez voir le trailer en cliquant sur la vignette)

L’histoire :
En bon gentleman qu’il est, James Bond empêche une superbe créature de se suicider et tombe amoureux pour la première fois de sa vie. La jeune femme n’est autre que la fille d’un des parrains les plus puissants de la Mafia. Parallèlement, 007 doit retrouver Blofeld , son pire ennemi qui est sur le point de lâcher un virus capable d’éradiquer la race humaine.

FAR OUT ! FAR UP ! FAR MORE ! JAMES BOND 007 IS BACK !
Attention les yeux, voici le plus grand James Bond de tous les temps, l’épisode maudit, celui qu’on a voulu vous cacher et qui pourtant porte un vrai chef d’œuvre au sens le plus noble du terme !
Vous ne me croyez pas ? Vous pensez que je m’emporte, que j’exagère parce que c’est Bond ? Ben ça se voit que vous n’avez pas vu le film !
Le but du réalisateur Peter Hunt (ex-monteur et réal de 2ème équipe sur les précédents films) était clair dès le départ : Réaliser le meilleur de tous les James Bond. Et il s’en est donné les moyens. Et il y est arrivé.

Le scénario est le plus fidèle de tous les films au roman de Fleming (dont on dit généralement qu’il est le meilleur de tous, et c’est sans doute vrai), n’ajoute qu’une seule scène d’action et une seule scène de dialogue en plus(la citation d’un poème de James Ellroy, donnant une touche de lyrisme en plus), le reste étant une transposition aussi ressemblante que possible au roman. Le film a donc d’emblée une structure très riche et très équilibrée avec 5 actes discernables comme dans une tragédie de Shakespeare, avec une vraie construction des personnages, tous très crédibles, humains avec des motivations fortes, des sentiments qu’ils essayent de refouler et des obstacles physiques et psychologiques, bref on sent une vraie écriture, jusque dans les dialogues dont on apprécie a leur juste valeurs tous leurs niveaux une fois qu’on les a lu, vu et écoutés plusieurs fois.

C’est sans doute le seul 007 (bon d’accord y’a aussi le nouveau Casino Royale maintenant) où il existe une vraie profondeur émotionnelle et l’exploit est d’avoir réussi un film aussi fort sur le plan humain tout en gardant un grand spectacle de pur ciné.
Pour la première fois, on a vu un James Bond humain. On a vu qu’il avait des failles, qu’il était obligé de se servir de sa tête au lieu de compter sur des gadgets (ici il n’y en a qu’un et est invisible) qu’il pouvait perdre, qu’il pouvait avoir peur, qu’il pouvait fuir, qu’il pouvait ressentir des choses et qu’il pouvait même tomber amoureux et demander en mariage une femme !
J’imagine la stupeur du public de l’époque, mais j’imagine aussi les fans de l’époque qui avaient lu le livre et se dire « ENFIN » !

Le plus beau dans tout ça c’est qu’on peut prendre le film par n’importe quel bout, tout est parfait. La réalisation est exemplaire quand elle n’est pas révolutionnaire. A cette époque, Hunt savait qu’il fallait que le film puisse passer à la Télévision, et comme c’était l’usage à l’époque, qu’il allait subir un pan and scan, autrement dit un formatage pour que, grosso modo, le rectangle ciné rentre dans la boite carré, coupant ainsi sèchement un quart de l’image à gauche et un quart a droite. Hunt opère donc chaque plan avec toujours l’action au centre de l’image et remplit son cadre avec de superbes compositions se servant admirablement du 2:35. Pas un seul plan n’est vide, pas un seul mouvement n’est injustifié, pas un seul détail de l’image n’est laissé au hasard.
La mise en scène de l’action reprend les évolutions apportées par le jump cut et le crash cut inventés par Hunt et y apporte une nouvelle touche à la réalisation, se focalisant sur les secondes les plus fortes de l’action et coupant tout ce qui est superflu ou marque une pause au sein d’une action. En matière de mise en scène des séquences d’action, le film a au moins 20 ans d’avance sur son temps et même aujourd’hui il fout une branlée monumentale à la plupart de ses contemporains.

Opération Tonnerre avait révolutionné la façon dont on filmait sous l’eau ? Au service Secret de Sa Majesté (OHMSS pour les intimes) révolutionnera la façon dont on filme sur la neige. En engageant un skieur olympique pour filmer les poursuites, la caméra n’a jamais été aussi prêt de l’action, le tout avec une vitesse et une dynamique dingues, le caméraman filmant a l’envers a skis aussi vite que les cascadeurs devant lui à l’endroit, sur les côtés, sur un seul skis, avec des sauts, des figures, une course de stock-cars dérapant sur la glace et s’envoyant dans le décor, une poursuite en bobsleighs sur une piste normalement interdite, des prises de vues aériennes à 360 degrés, des chutes sur plus de 100 m, une vraie avalanche qui s’étend sur 3 kilomètres, et j’en oublie… Pour l’époque c’est même pas du jamais vu. C’est juste une remise en question de l’écriture dramaturgique de l’action au cinéma qui balaie d’un coup tout ce qu’on a pu voir avant. Depuis ce film, seuls MacTiernan  et James Cameron ont réussi à se hisser à ce niveau de perfection technique et scénique sur des films entiers.
Et encore, si ça s’arrêtait seulement au scénario et à la réalisation !

Parce qu’en plus, le film se permet d’avoirs d’excellents acteurs, de Telly Savalas (Kojak) qui campe le meilleur des Blofeld avec un naturel déconcertant à Diana Rigg dans le rôle de la plus belle et la plus impressionnante de tous les James Bond Girls en passant par George Lazenby, dont on n’attend rien, et qui pourtant offre tout ce qu’il a et mets littéralement ses tripes à l’écran. Ils sont tous brillants d’intensité mais aussi très réalistes, voire parfois même intimiste (qui aurait cru voir un jour l’adjectif « intimiste » donné pour un Bond ? Franchement ?). Et il faut voir comment la direction de la photo arrange Diana Rigg, la filtrant jusqu’à lui donner des allures d’Ange ou de Sainte selon le plan (pas difficile de comprendre pourquoi les fans lui vouent un culte à elle et pas aux autres).

Et vous croyez que ça s’arrête là ? Et bien non, le film offrant en plus des décors magnifiques, une atmosphère originale, belle et étrange (du pur Fleming) liant toujours amour et mort jusque dans les costumes et surtout, at last but not least, la bande originale la plus extraordinaire qu’on ai jamais écrite pour un film d’action, rien que ça. Mélangez vos morceaux préférés de John Williams, d’Howard Shore, de Jerry Goldsmith, de Michael Kamen, De Basil Poledouris, d’Alan Silvestri et d’Ennio Morriconne, et vous aurez une petite idée du niveau carrément divin atteint par John Barry  sur ce film. Rien qu’en l’écoutant, on retrouve la galvanisation, la jubilation et la jouissance que procure le film avec le theme principal explosif, on tombe amoureux et on pleure avec le theme de Tracy, on est terrifié par ceux du Piz Gloria et de Blofeld, mariant le suspense et l’angoisse, bref on a rarement autant été plongé au cœur de l’action qu’avec ce score. Parfait, je vous dis.

Et comme si ça ne suffisait pas, la fin arrache le cœur et traumatise de sa dure morale : pour être le meilleur chevalier au service de sa Majesté il faut n’avoir rien a perdre ou être prêt a tout perdre, y compris ce qu’on aime le plus et même sa propre âme.

Les +
-Pfiuuuuuuuu par où commencer ??
-Réalisation : parfaite.
-Scénario : parfait.
-Acteurs : parfaits (si si, même Lazenby)
-Production design : parfaite.
-Séquences d’actions : révolutionnaires et parfaits.
-Montage : Parfait.
-Dialogues : Parfaits. (on y cite du Ellroy ! rendez-vous compte un peu de ce que ça implique dans un blockbuster de cette ampleur…)
-Cadrage : Parfait.
-Bond-Girl : Parfaite.
-Méchant : Parfait.
-Le pré-générique : Parfait (ah cette intro !)
-Le Générique : Parfait.
-La Musique : Parfaite.
-La Chanson : Parfaite (Louis Armstrong, c’était pas n’importe qui)

Les –
-Non mais cherchez pas, perdez pas vôtre temps, y’en a pas…

Note générale : 6/6
Sur l’échelle des Bonds : 7/7
Objectivement ? Le plus poignant de tous les bonds, le mieux pensé, réalisé, monté, scénarisé, joué, et filmé de tous.
Subjectivement ? Un chef d’œuvre total intemporel a s’en péter les yeux de bonheur, plus qu’un Bond parfait, un film parfait !

CE QUE VOUS NE SAVIEZ PAS

-Il est une légende urbaine fausse et pourtant très répandue que je hais par-dessus tout, c’est de croire que OHMSS a fait un bide au ciné. Ce n’est pas vrai. Pour un budget de 7 M $, il en rapporta 87 M dans le monde, ce qui est certes moins que ses prédécesseurs mais qui reste énorme en terme de rapport budget/revenus. Il fut le 2ème plus gros succès mondial de l’année 1970.

-Comment Lazenby eut le rôle de sa vie ? Mettons les événements dans l’ordre chronologique. D’abord on proposa le rôle à Roger Moore, qui aurait bien accepté mais qui était encore sous contrat pour la série Le Saint. On a ensuite proposé le rôle à Timothy Dalton qui refusa car il pensait (à raison) qu’il était alors trop jeune pour le rôle. On est ensuite revenu vers Connery avec un chèque d’1 Million de dollars, mais il refusa. Commença alors une chasse à l’homme inouïe pour trouver LE mec idéal. 2000 acteurs passèrent l’audition. Plus de 400 passèrent le second tour. Toutes les stars de l’époque y sont passés. Aucun n’était satisfaisant. Tous les agents de Londres font passer leurs poulains aux auditions, et dans ceux-là il y en a un ancien vendeur de voitures, un australien devenu mannequin en Angleterre qui n’a jamais joué dans un seul film de sa vie. Ce type, c’est George Lazenby. Et il va tout faire pour avoir le rôle. Il va commencer par aller chez Anthonny Sinclair, le tailleur exclusif de Sean Connery, auquel il rachète un costume d’un de ses films. Le jour même, il va chez le coiffeur à l’hôtel Dorchester en disant au coiffeur qu’il veut la même coupe que Sean Connery. Et là où il a très bien joué son coup, c’est qu’il avait su que ce jour-là il y avait chez ce coiffeur connu, Cubby Broccoli, assis juste derrière le George ! Cubby aurait dit alors à son coiffeur « C’est marrant, le type qui vient de passer aurait fait un bon James Bond, mais on dirait un business man qui a réussi ». L’après-midi qui suit, Lazenby va au siège de EoN Productions sans rendez-vous pour passer le casting. La secrétaire lui refuse l’accès. Il attend qu’elle ait le dos tourné, et il fonce vers les escaliers pour aller vers les bureaux de Harry Saltzman. Il se pose alors contre une porte, peinard, les bras croisés et balance à Saltzman « Alors, il parait que vous cherchez un nouveau James Bond ? ». et voilà, ça a marché au culot… Quelques jours plus tard, George confie un secret au réalisateur Peter Hunt :
-Georges Lazenby :  Peter, je suis désolé mais je suis pas un acteur.
-Peter hunt : Quoi ? Tu Plaisantes ?! Mais t’es forcément acteur !
-Georges Lazenby : Non, non…
-Peter Hunt : Ecoute-moi. Tu ne dis rien à personne, et moi je ferai de toi le prochain James Bond.
Lazenby prit donc ensuite des cours de diction pour effacer son accent australien ainsi que des cours de théatre pour travailler sa gestuelle. Hunt aurait dit alors aux producteurs : « Pas besoin d’un acteur pour faire James Bond. Du moment qu’il est assez grand, qu’il plait aux filles et qu’il bouge bien, on peut prendre n’importe qui et en faire un James Bond ».
Les producteurs veulent quand même s’assurer que Lazenby fait l’affaire en action et lui font tourner une scène de baston contre le catcheur professionnel Yuri Borienko. Lazenby…qui ne s’est jamais battu de sa vie devant une caméra…comment dire… il s’est un peu laissé emporté et a un peu abîmé le russe, allant jusqu’à lui péter le nez ! L’énorme brute était a terre, pissant le sang et se tordant de douleur (on a encore les photos pour le prouver). Saltzman l’a enjambé, s’est précipité sur Lazenby pour lui serrer la main et lui dire « tu feras l’affaire, mon bonhomme ! »
Et voilà comment on devient James Bond !

-Comment Lazenby perdit le rôle de sa vie ? Il ne fut pas viré par les producteurs, même si il s’entendait très mal avec ceux-ci. L’ambiance du tournage fut exécrable, Lazenby ayant vite prit la grosse tête et enchaînant les gaffes à une vitesse folle. La presse ne fut pas tendre avec lui et entreprit un grand travail de démolition du film un avant sa sortie, sortant les rumeurs les plus invraisemblables mois après mois comme quoi Diana Rigg mangeait de l’ail avant ses scènes de baisers avec lui alors que c’était une blague de plateau. Ou encore que Lazenby ne savait pas conduire, qu’il s’engueulait avec tout le monde, qu’il avait peur de l’eau froide, qu’il s’était cassé une dent de devant… ça vous rappelle quelqu’un ? Enfin bref, tout cela encouragea sûrement ce qui suivit.   Il démissionna, tout simplement et refusa un contrat de 7 (je dis bien 7) films, croyant que Bond était un anachronisme ambulant, ce type en smoking et aux cheveux courts dans une époque de hippies et de Easy Rider… Lazenby regretta toute sa vie cette décision. Il pensait pouvoir enchaîner les succès et il avait en projet un film en duo avec Bruce Lee, un de ses amis proches au début des années 70, mais ce dernier mourut quelques semaines à peine avant le tournage du film à Hong-Kong. La carrière de Lazenby fut alors une suite de désastres et de mauvais choix. Si on met de coté la vingtaine de navets qu’il s’est enfilé pendant les 30 années suivantes, on retiendra des participations assez étranges, comme son rôle de Jor-El, père de Superboydans la série des 80’s, ou encore le rôle récurrent de Mario dans la série TV Emmanuelle (rassurez-vous, ce n’est qu’un rôle de…dialogues) ou encore la voix d’un méchant pour le D.A. Batman. Son dernier film en date est un petit Teen Movie inconnu en France où on le voyait aux cotés de Anna Faris (les Scary Movie, Lost In Translation) et Milo Ventimiglia (Rocky Jr dansRocky Balboa). A noter qu’il fut nominé comme meilleure révélation masculine aux Golden Globes de 1970. Sa prestation, bien que mal vue par le grand public, et divisant même une partie des fans, reste tout de même sincère et remarquablement honnête pour un type qui n’avait jamais joué de sa vie. On peut même le dire objectivement, il a accomplit un bien meilleur boulot que Connery ou Moore sur certains de leurs 007. Quoi qu’on en dise, ce type a été une fois James Bond, il l’a bien fait, et il mérite qu’on se souvienne de lui comme on se souvient des autres.

-Le rôle de Tracy fut d’abord proposé à Catherine Deneuve qui refusa car selon elle un film aussi peu sérieux qu’un 007 aurait entaché sa si brillante carrière et tourna donc à la place Manon 70 dont bien sûr tout le monde se souvient. On proposa ensuite le rôle à Brigitte Bardot qui refusa de tourner dans un Bond si celui-ci se faisait sans Sean Connery. Elle tourna ironiquement la même année avec Connery dans cette magnifique daube qu’est Shalako. Le rôle fut donc finalement attribuée à la belle Diana Rigg.

-Puisqu’on en est à Diana Rigg, faisons le point sur les liens qui unissent 007 à Chapeau melon et Bottes de CuirGoldfingeravait Honor Blackman(début de la série), OHMSS ici présent a Diana Rigg, ex miss Emma Peel(milieu de la série), on trouve aussi dans le film Joanna Lumley qui joua à la fin de la série mais qui est certes plus connue pour son rôle culte de Patsy dans la série anglaise Absolutely Fabulous et enfin Patrick Macnee dans Dangereusement Vôtre, le flegmatique John Steed présent à chaque épisode.

-La géniale musique du générique devait à l’origine avoir des paroles ! Mais la difficulté de trouver quoi que ce soit de musical collant avec le titre chanté conduisit Barry a écrire une chanson alternative qu’on retrouve dans le film, variation sur le thème d’amour du film, We Have All the time In the World. La chanson est chantée par Louis Armstrong et c’est d’ailleurs la dernière chanson qu’il enregistra de son vivant.

-Le film joue sur quelques références aux précédents épisodes : Lorsque Bond croise un balayeur, celui-ci siffle le thème deGoldfinger. Plus tard, en rangeant son bureau, il retrouve la ceinture du bikini d’Ursula Andress dans Dr. No, la montre de Red Grant de Bons Baisers de Russie, et le mini-respirateur sous-marin de Opération Tonnerre, le tout avec un extrait de bande-son de chaque film collant à l’objet.

(!)(!)(Attention Spoilers)(!)(!)
-Voici le plan d’origine du réalisateur, sur lequel les fans auront toujours des regrets de ne jamais avoir pu connaître : le film devait finir sur un plan large montrant Tracy et Bond en voiture, partant de leur fête de mariage. Le film suivant(Les Diamants Sont Eternels) aurait alors débuté sur la mort de Tracy en séquence de Pré-générique et le reste du film aurait été cette sombre histoire de vengeance se concluant sur un duel au sabre ultra-violent entre Bond et Blofeld, comme décrit dans le roman On ne vit que deux fois. Mais une fois que Lazenby fut viré, ils rajoutèrent la séquence mortuaire d’origine, créant ainsi l’un des premiers twists les plus poignants de l’histoire du cinéma.

-Lazenby est l’acteur le plus jeune a avoir joué James Bond au cinéma (30ans) et le seul a ne pas être né au Royaume-Uni (il vient d’Australie).

-Connaissez-vous l’expression « briser le quatrième mur » ? Cela signifie qu’un personnage de fiction à un moment précis prend conscience qu’il est un personnage de fiction et s’adresse directement au public (exemple, Edward Norton expliquant face caméra les boulots de Tyler Durden dans Fight Club). OHMSS est le seul Bond qui brise le quatrième mur avec une réplique méga-culte chez les fans (qui fut d’ailleurs inexplicablement coupée dans la version française !) de Lazenby nous adressant un cinglant « This Never happened to the other fellow », réplique qu’il avait pris l’horrible habitude de dire durant le Tournage à l’équipe du film pour se plaindre et qui signifie en bon français : «ça, c’est jamais arrivé à l’autre type », faisant bien sûr référence à Sean Connery…

-c’est le seul Bond où Q appelle 007 par son prénom, juste après son mariage. Apparemment ça porte malheur…

-Lorsqu’il cherche son arbre généalogique familial, Bond tombe sur une armoirie vieille du 14ème siècle présentant une devise : Le monde ne suffit pas.
Vous vous doutez bien sûr que le titre du 19ème film vient de là. Pour ce qui est des connexions profondes entre le 3ème Brosnan et OHMSS, rendez-vous dans la future critique du film ! (oui je sais, on y est pas encore !)

-Notez le gunbarrel customisé et unique de Lazenby : Lorsqu’il se retourne pour tirer, il est le seul qui aura posé un genou à terre. Marque ultime de servitude envers sa Majesté ?

-Ilse Steppat qui joue le rôle de la femme de Blofeld, Irma Bunt était une grande actrice allemande réputée. Elle mourut d’une crise cardiaque 3 jours après la sortie du film.

-Bien que ce soit déjà le 6ème film et contre les idées reçues, c’est la première et une des très rares fois où James Bond sauve vraiment le monde dans le sens ou il sauve la planète d’une destruction totale ou l’humanité dans son ensemble.

-Le Piz Gloria existe réellement : c’est le premier restaurant au monde a avoir été fabriqué en haut d’une montagne et on ne peut y accéder que par un téléphérique comme dans le film. Le restaurant existe encore à l’heure actuelle, ne survivant rien qu’avec la publicité du film. C’est un des lieux de pèlerinage les plus importants qui existe au monde pour un fan, au même titre que la résidence de Fleming en Jamaïque, le Goldeneye.

-Il y a une scène dans le film où Bond, pour passer le temps, lit un magazine Playboy. Non, Lazenby n’est pas un pervers, c’est simplement une référence : Playboy fut le premier magazine a publier des nouvelles de Fleming dès les années 50, voire des romans entiers, au rythme d’un chapitre par mois. Le magazine entretient beaucoup de liens avec Bond, notamment en mettant en avant les James Bond Girls d’une façon dont je vous laisse imaginer, ou en prenant le sujet 007 comme un fait d’actualité de nombreuses fois en couverture. Timothy Dalton fit même une couverture en 87 (ce qui est exceptionnel pour un homme).

-Les producteurs avaient en tête une scène assez étrange, devant expliquer le changement d’acteur dans l’histoire par le biais d’une opération de chirurgie esthétique. La scène fut abandonnée, heureusement, pour minimiser le plus possible le remplacement.

-Vous vous souvenez de John Jordan, ce caméraman taré ayant perdu un pied lors du précédent Bond ? Il est revenu en pleine forme sur OHMSS en créant un harnais spécial le reliant à l’hélicoptère, rendant ainsi une image aérienne ultra-stable unique à l’époque. Il apporta son invention pour le tournage du film Catch 22 (grand film de guerre avec Orson Welles), mais brisa son harnais lors du tournage, le faisant chuter à 500 mètres au-dessus de la terre ferme. Sa mémoire et son travail admirable font parti de l’héritage de la saga. R. I. P.


-Dans la première prise du plan final, Lazenby en est venu aux larmes. Peter Hunt retourna une seule autre prise de ce moment historique en grognant à son acteur principal :   »Bond ne pleure pas. »

Ciné reste du monde, Cinéma

Related posts:

  1. DR. NO
  2. On ne vit que deux fois
  3. Goldfinger
  4. Bons Baisers De Russie
  5. Operation Tonnerre

A propos de l'auteur

Descendant direct des plus grands héros de l'espèce humaine, le Marv est un aventurier au coeur d'or, dont le courage et la bravoure sont si puissants qu'ils pourraient lui faire soulever des montagnes ou des jupes par la seule force de sa pensée et dont les exploits sont si impressionants qu'ils sont vénérés jusqu'au pays du soleil couchant. Sans peur, humble et d'une modestie folle, le Marv, ce grand romantique, est un passionné. Amoureux du cinéma depuis 1895, le Marv n'a de cesse que de bouffer de la pelliculle jour et nuit quitte à en exploser. Le Marv est particulièrement féru de cinéma de genre, de tout ce qui se prête à la subversion, la culture geek, la contre culture et qui montre les tripes de son auteur. Le Marv dèteste le politiquement correct et le cynisme. Mais ce que le Marv préfere, ce sont les films qui arrivent a aligner à l'image un sens aigu de l'awesomeness, un propos philosophique, une pertinence métaphysique, des femmes nues et des grosses explosions. Vous pouvez me retrouvez sur mon forum

4 réponses to “Au Service Secret de Sa Majesté”

  1. fylyp82 says:

    Ce James m’avais laissé perplexe. D’une part j’avais adoré le concept de Bond amoureux, d’autre part, Georges Lazenby (le mannequin italien), n’étais pas trop ma tasse de thé.
    Fait-il partie de ceux qui ont bn vieilli?

  2. Grishka says:

    Et bin je l’avais jamais vu avant hier soir ! M’a bien plu. Il a pas si mal vieillit en plus. Musique énorme, réalisation géniale. Lazenby on aime ou pas, mais il aurait fallut qu’il fasse plus de Bond pour qu’on se fasse vraiment une idée du talent du gars. Un bon moment en tout cas !

  3. Caliméro says:

    Totalement d’accord avec l’article, ce film est réellement parfait à tous les points de vue. Les scènes d’action sont excellentes, je trouve Lazenby très bon (et très sous-estimé surtout). Mention spéciale à la scène finale, je n’ai jamais ressenti autant de tristesse au cinéma que là… »We have all the time in the world… » ;)

Laisser une réponse