A lire: Walking Dead

août 21, 2009 9 commentaires de

Dans le vaudou haïtien, le zombi est une personne victime d’un houngan (prêtre vaudou), plongé dans un état cataleptique et privé de son âme par l’administration d’une puissante drogue à base de détrodotoxine (extrait du tétraodon, le fameux poisson-ballon).

Depuis que le père Georges A. Romero a jeté les bases du Zombi occidental moderne avec sa perle cinématographique Night of the Living Dead (1968), les déclinaisons n’ont pas manqué. Et pour cause, le concept est génial.

Pour faire simple, le mort-vivant est un humain, (bien) plus mort que vif, qui évolue en fonction des membres qui lui restent (par exemple, s’il n’a plus de pieds, il rampe) et qui n’a qu’un instinct qui prend toute la place du reste: manger de la chair bien frétillante.

Si un humain en bonne santé se fait mordre (ou/et griffer, ou/et baver du sang dessus, en fonction des interprétations) par un mort-vivant, il lui reste un minimum syndical de temps avant d’avoir sa carte membre et se mettre à imiter ses nouveaux copains. D’où la tendance pandémique du phénomène. Petit détail croustillant: comme il est à priori mort, le zombi se décompose inéluctablement au fil du temps, d’où le look de la mort qui tue.

Le vocabulaire mort-vivant est des plus sommaires (modulations de grognements), les facultés terrifiantes, dans la mesure où, insensibles à la douleur ou a la peur, ces monstres ont forme humaine, ne dorment pas et sont impossibles à raisonnner. Autrement dit: s’ils coincent une victime, ils passent direct à table, sans politesses ni autre forme de procès.

Bref, ce concept est une véritable panacée scénaristique, les constantes établies ouvrant la porte à toutes les élucubrations permettant de justifier l’existence de ces horreurs, ou de fantasmer sur leur possible évolution, voire leur hypothétique humanité.

Mais en face de ces horreurs, il y a en général des humains (bien vivants, ceux-là). Ces incorrigibles bâtisseurs de villes et élaborateurs de règles, avec leur inébranlable instinct de conservation, leur arrogance et leur peur panique de l’inconnu…

Vous l’avez compris, c’est donc sur eux que Walking Dead braque ses projecteurs.

Walking Dead est un comic qui raconte les déboires d’un groupe de suvivants en pleine invasion de morts-vivants aux Etats-Unis, un classique du genre. Un héros flic de quartier, Rick, nous est assigné d’entrée de jeu. Sa femme et son gosse trainent quelque part. Il doit donc survivre pour espérer les retrouver dans des States réduits en champs de ruines et grouillant de cadavres nécrophages ambulants. Bien évidemment, Etat, communications et infrastructures sont aux abonnés absents. Pauvre Rick. Voilà pour les grandes lignes du scénario.

Alors que je marquai une courte pause entre deux tomes, la personne qui m’avait conseillé ce titre me glissa un inestimable conseil, que je vous invite à suivre scrupuleusement avant d’aborder les pages de ce comic : ne t’attache à aucun des personnage que tu rencontreras dans Walking Dead

Il était difficile d’être plus clair, et pourtant…

En bref, on a droit à un scénario glauque et passionnant de Robert Kirkman alternant habilement psychologie des personnages, action et suspense, servi par des dessins en noir et blanc d’un grand réalisme, légèrement tronqué pour servir le genre.

A ce dernier poste, Charlie Adlard remplace Tony Moore dès le tome 7, changement qui passe presque inaperçu pour le commun des mortels (dont je fais visiblement partie). Le réalisme dans la description des situations de survie (adaptation à l’environnement, organisation du groupe, gestion des traumatismes) est un des grands artisans du succès d’une oeuvre construite sur le thème des morts-vivants. Ce message a été reçu sans le moindre infime écho de friture par les artisans de Walking Dead. Pour finir, la violence est présente sans pour autant faire dans la surenchère gratuite. Je ne vous en dis pas plus.

Verdict: Lisible, soigné et inspiré, ce comic book vaut absolument le détour.

La série est publiée aux Etats-Unis chez Images Comics depuis 2003. Huit tomes sont actuellement disponible aux éditions Delcourt (tome 9 disponible depuis octobre 2009), la série étant encore inachevée. Une série TV est en production depuis le mois d’aout 2009.

Ne vous laissez pas impressionner!

Si vous ne devez en lire qu’un:  Tome 1, Walking Dead.

Et pour finir, mon préféré: Tome 4, Amour et Mort (The Heart’s Desire).

9 Tomes disponibles chez Delcourt; 1 tome chez Semic (première édition du tome 1, rare)

Adaptations: une série TV éponyme en chantier.

Prix Fnac: 12.26 € (Editions Delcourt)

PHB

Bibliothèque, Comics

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A propos de l'auteur

Né au point A. En route pour le point G. Vous pouvez me retrouver sur mon blog perso..

9 réponses to “A lire: Walking Dead”

  1. grishka says:

    Punaise je m’en remettrai jamais de ce comic ! vivement la suite.
    L’éditeur à sorti une autre série appelé the Loving Dead (enfin série je sais pas j’ai vu qu’un tome) qui montre le point de vue des zombie, avec certain d’entre eux qui commence à avoir des côtés bien humains, faute d’un meilleur mot.
    Quoi qu’il en soit dés que le 8eme Walking Dead (d’ailleurs les Walking Dead, c’est les morts ou les survivants ? ^^) je me jette dessus comme un zombe sur un bout de viande.

  2. fylyp82 says:

    J’espère que j’ai pas trop mal décrit le truc… C’est vrai que c’est fort. Moi qui suis plus fan de manga, là je m’incline.

  3. Kryska says:

    Je dirais que c’est une description qui a un certain mordant ^^
    Bon si je survie à la tone de bouquins et de films que je dois déjà découvrir, je me pocurerais bien le tome 1 histoire de voir ce qu’il a dans les tripes (hmm…). Et si je succombe, je reviendrai quand même pour le bouffer !!!!!

  4. grishka says:

    Petite news pour ceux qui lisent : le tome 9 intitulé « ceux qui restent » sortira le 07/10 !
    6 mois d’attente pour 1h de lecture… c’est blasant !

  5. fylyp82 says:

    Meme probleme avec le MPD psycho… là c’est un an voire plus d’attente carrément. Octobre aussi pour le tome 13.

  6. Grishka says:

    Petite news au passage : en passant innocemment chez Glénat cet aprem, J’ai découvert que le tome 10 « Vers quel avenir ? » est sorti !

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