A Lire : Saint Seiya Episode G
“Les chevaliers du Zodiaque” en français.”Los Caballeros del Zodiaco” en espagnol, “I Cavalieri dello zodiaco” en Italien, “Zodiac Knights” en anglais… au regard de cette palette de traductions, il semble que les fans de Saint Seiya soient légion sur cette terre.
Pour ceux qui auraient échappé à cette déferlante télévisuelle du début des années 90, associée en France au Club Dorothé, Saint Seiya est d’abord un manga de Masami Kuramada (très) librement inspiré de la mythologie grecque et retraçant l’épopée des chevaliers de la déesse Athéna, réincarnée dans notre monde à chaque fois que la terre est menacée (rien que ça !).
Le pouvoir surhumain de chaque chevalier dépend d’une constellation (si, si !) et est intégré dans une hiéarchie allant du bronze à l’or, la puissance de chaque classe étant proportionnelle à la valeur du métal de son armure. Le récit est lui centré sur les aventures de cinq chevaliers de bronze (Seiya, du signe de Pégase, Shiryu, du Dragon, Hyoga du Cygne, Shun d’Andromède et Ikki du Phénix), et leur lutte pour permettre à leur déesse, réincarnée dans la personne de Saori Kido, de récupérer son trône au Sanctuaire, trône ô combien vilement subtilisé par le Grand Pope, premier représentant divin de l’ordre des chevaliers d’Athéna.
L’idée était fédératrice et la série, qui fut publiée de 1986 à 1991 dans le très populaire Weekly Shonen Jump, fut assez vite transposée sur le petit écran par la non moins célèbre Toei Animation, adaptation qui, malgré le nombre assez impressionnant d’aberrations de toutes sortes, et ce, jusque dans le doublage (1), forgea la popularité mondiale de la franchise. Comme quoi un manga moyen porté à l’écran à la va-comme-je-te-pousse peut vraiment casser des briques !
Pour ma part, je ne suis pas ici pour casser du Pégase mais pour vous présenter une filiale plus récente de cet univers, sobrement intitulée Saint Seiya Episode G, le “G” servant d’initiale au mot Gold. Les plus perspicaces d’entre vous auront compris que ce shônen, scénarisé par le père de la saga originelle et illustrée par Megumu Okada, va se focaliser sur les fameux chevaliers d’or, personnages secondaires adulés par les fans de la franchise.
(1) La censure combinée à l’amateurisme peut faire des ravages. Voir à ce sujet les épisodes doublés en français de Ken le Survivant (adaptation du manga Hokuto No Ken de Tetsuo Hara et Buronson).
Entrons donc sans plus tarder dans le vif du sujet…
Le 28 mars 1979, un incident dramatique frappe le coeur des Etats-Unis : une avarie du réacteur de la centrale nucléaire de Three Mile Island, en Pennsylvanie fait planer le spectre d’une catastrophe sans précédent sur le sol américain. Pour éviter le pire, les autorités font appel à un négociateur, dont la tâche sera d’accompagner un jeune garçon aux origines inconnues jusqu’au coeur de la centrale. Le commanditaire de cet ordre étrange émane d’une entité qui dépasse le gouvernement américain lui-même et tout porte à croire que l’incident est l’oeuvre d’un individu agissant seul.
Le jeune garçon, quant à lui, est l’un des douze chevaliers d’Or du sanctuaire d’Athéna, Aiolia, chevalier d’Or du Lion…
Saint Seiya Episode G est tout d’abord destiné aux fans de la saga originelle de Kuramada. cette déclinaison affichant clairement deux ambitions : Opérer une refonte radicale du graphisme en ne gardant que les armures comme constante, et développer les personnages secondaires de Saint Seiya, en ce concentrant sur ceux qui ont été de tout temps plébiscités par le public : la garde des douzes chevaliers d’or, calqués sur les douze signes du zodiaque de notre bonne vieille astrologie.
Histoire de ne pas tomber dans le recyclage intégral, un nouvel ennemi fait son apparition des profondeurs de la mythologie grecque : les Titans, ou, très grossièrement, la génération de Cronos (2), père de Zeus. Leur objectif ? Dominer la terre (ben tiens !) et se venger du fils parricide en commençant par en faire voir de toutes les couleurs la petite dernière de la famille, l’incontournable Athéna, déesse de la justice et de la guerre. Les chevaliers sacrés vont avoir du boulot!
(2) En fait, Mr Kuramada nous fusionne Cronos, et Chronos, divinité primordiale du temps dans les traditions orphiques. Merci Wiki !
Alors, pari gagné ? Dans un sens, oui.
Saint Seiya Episode G fait littéralement passer son référent pour le chevalier du zodiaque du pauvre (3) et la technique de Megumu Okada y est pour quelque chose. Le choix d’un alliage entre dessin à la main et traitement informatique est efficace et renforce l’impact des manifestations du pouvoir des différents protagonistes. Les dessins sont de ce fait très détaillés, ce qui permet au lecteur de s’extasier sur l’attraction principale de cet univers, à savoir les fameuses armures sacrées, qui sont les grandes gagnantes de l’opération.
L’ensemble est très spectaculaire mais semble avoir été conçu en haute définition. Du coup, l’utilisation du noir et blanc et du format de poche pose un problème majeur de lisibilité surtout pour les petites cases. Par conséquent, parcourir les pages de l’Episode G peut s’avérer parfois assez pénible, malgré quelques pages en couleurs publiées en début de tome (pour autant d’oasis pour les yeux). Ceci dit, le manga étant résolument baroque, la fluidité de l’action passe vite au second plan au profit de la contemplation.
L’autre choix discutable concerne le design des personnages qui rompt brutalement avec celui de son prédecesseur tout en poussant l’androgynie jusqu’à son paroxysme. Visages, corps, mâle ou femelle, tout, à part les yeux, est filiforme. Certains fans ont critiqué cette décision alors que d’autres l’ont acclamé. Pour ma part, une fois l’effet de surprise passé, je dois admettre que le résultat m’a rapidement plu. C’est bien entendu un avis tout ce qu’il y a de plus subjectif, mais force est de reconnaître que ce choix ne dénature pas l’univers du manga original.
(3) Bon j’exagère peut-être un peu, faites vous une idée en jetant un coup d’oeil vous même. Et ne confondez pas avec Saint Seiya, The Lost Canvas, une autre déclinaison récente du même univers.
En ce qui concerne le scénario, la révolution attendra ! Mr Kuramada nous livre un récit manichéen d’une lourdeur biblique, dans lequel il est plus question de passion que d’action, l’intrigue se limitant presque à une succession de batailles toutes aussi épiques les unes que les autres, avec une petite touche de mystère, pour le principe. La grande thématique est l’affranchissement de l’homme par rapport aux Dieux. Point.
Mais l’ingrédient qui sauve la trame de ce shônen est sa grande richesse en termes de références mythologiques, l’auteur allant jusqu’à employer le grec ancien pour la dénomination de certains lieux, rituels et attaques. Alors certes, c’est plus pour faire joli qu’autre chose, mais il faut admettre que l’immersion n’en est que renforcée. A noter également que beaucoup de fans attendaient un récit centré sur la jeunesse des tous les chevaliers d’or et que ce voeu-là, a été consciencieusement comblé par Mr. Kuramada. Pour finir, l’introduction des Titans est, elle, vraiment réussie.
Episode G, actuellement publié en France par Panini Comics (Akita Shôten pour le Japon, série achevée) souffre peut-être de sa pesanteur esthétique et d’une fidélité excessive par rapport à la saga d’origine. Mais pouvait-il en être autrement, tant le concept se suffit finalement à lui-même, avec toutes les imperfections qu’il comporte ? Ma réponse personnelle est non, car l’univers de Saint Seiya n’est ni plus, ni moins qu’une fresque apostolique moderne, prêchant la bonne parole en sublimant ses représentants. Et dans un monde aussi iconophage que le nôtre, le combat de Mr Kuramada était gagné d’avance.
Toujours est-il que ce shônen s’adresse d’abord et surtout aux fans de Saint Seiya, mais servira peut-être aux plus jeunes de rampe de lancement vers les aventures des chevaliers de bronze, en anime ou en manga. Pour les plus âgés, même si tout est possible dans ce bas monde, j’ai bien peur qu’il ne soit trop tard pour apprécier le délire.
Si vous ne devez en lire qu’un : Le tome 1 (mais lisez le 2 par la suite pour vous faire vraiment une idée).
Et pour finir, mon préféré : Le tome 11.
18 tomes disponibles au Japon, la publication française en est à 17, un tome 0 est à inclure dans le compte (déjà paru en France). Et comme j’en parle toujours : la série fit son apparition eu Japon dès 2002 dans le magazine Champion Red.
Prix Fnac : 8.95 euros.
PHB














Attitude
5 commentaires
Je vais me faire taper, mais j’ai quasiment jamais lu ou vu Saint Seya, quelque soit le format. Et j’avoue ne pas avoir tant que ça envie de m’y mettre.
Tu ne seras point châtié, mon cher Grishka. Comme dis plus haut, à ton âge, c’est mort. Si ça ça avait dû se faire, ça se déjà serait fait…
Moi perso, j’ai grave accroché quand j’étais jeune. Donc c’est resté, mais avec beaucoup de reproches sur la réalisation, une fois la puberté passée.
Je devais avoir dans les 5 ou 6 ans quand ça passait au club Dorothée lol
Donc bon niveau compréhension de l’univers, les armures d’or, tout ça, c’était du genre… comment dire… peanuts !
En résumé, trop jeune à l’époque pour apprécier Saint Seya à sa juste valeur, et sûrement trop vieux pour m’y mettre sans préjugés maintenant !
Désolé fylyp, mais sur ce coup là je passe aussi mon tour
Bizarement j’ai revu récemment quelques épisodes de Dragon Ball Z, (qui passait à la même période à la TV si je me souviens bien) et je serais déjà un poil plus partant pour m’y remettre… à voir
J’suis pas d’accord quand tu dit que la série et avant tout destiner au fan de saint seya personnellement j’aime pas du tout les chevalier du zodiaque j’ai regarder 3,4 épisode et ça ma pas plus mais cette version et excellente et j’en suis fan.
Au contraire les fan pourrait être troublé voire contrarié par le design qu’on les personnages et les armures.
Ben le débat (voire la guerre sainte) a déjà eu lieu sur les forums et le résultat est le suivant : Il y avait tellement d’erreurs et de frustrations en suspens sur l’ancienne version que celle-ci avait finalement le mérite de mettre la barre graphique un peu plus haut (même si je te l’accorde, c’est toujours kitsch à mort).
On va dire que les fans ont plutôt apprécié le geste, dans l’ensemble.