A lire : Lincoln
Dans la catégorie « antihéros », je vous présente Lincoln. C’est lui, sur la vignette.
Né vers le début du XXème siècle, de père inconnu et de mère prostituée, Lincoln vivote au pays des cowboys, entretenant, par sa seule présence, la grande lassitude de son entourage à son égard. Et pour cause! Cynique, mou, aigri, grande gueule et passablement malhonnête, le bonhomme n’est définitivement pas un brave type. Pis, aucun atome de son être ne semble aspirer à le devenir.
Mais c’est pourtant vers lui que se tourne Dieu (oui, vous avez bien lu!), et qui, pour aider notre zigue à se remettre dans le droit chemin, va lui conférer la difficile mission de devenir son nouveau champion! Mais Lincoln est loin d’être le messie… Très, très loin…
Petite mise au point: Dieu apparaît ici sous les traits d’un nain , un rien déguenillé (voir ci-dessus) et qui se roule nonchallament clope sur clope lorsqu’il n’est pas en train de subir les sautes d’humeur de sa nouvelle brebis égarée. Son vieux pote, le Diable (un nain dans le même genre, mais en rouge), traîne aussi dans le coin et s’emploie gaiement à lui mettre les bâtons dans les roues (normal, quoi!).
C’est donc flanqué de cette singulière équipe que Lincoln part à l’aventure.
Avec Lincoln, Olivier Jouvray, dont c’est le premier projet personnel en tant que scénariste de bandes dessinées, marque un grand coup. Non content de renouveler le western parodique, un genre déjà exploité jusqu’à l’os, il nous offre un récit où l’humour grinçant sert aussi à tresser une réflexion légère mais pertinente sur la confrontation entre réalisme et idéalisme. A noter que Dieu, le Diable et Lincoln abordent ici un débat contemporain et géographiquement ciblé, comme le rapporte le scénariste dans une interview accordé au site BD-Theque, en 2007:
« Nos grands-parents pouvaient devenir des héros en faisant la guerre, nos parents ont essayé de devenir les héros de la libération des mœurs en 68 et nous… Ben nous que dalle, on est pas des héros. Je pense que c’est une bonne chose pour l’humanité de devoir apprendre à vivre heureux sans cet héroïsme romantique mais va falloir s’habituer à cette nouvelle situation. »
http://www.bdtheque.com/interview-olivier-jouvray-virginie-ollagnier-et-efa-22.html
Je vous laisse apprécier un dialogue qui en dit long.
Quant aux dessins, racés et adroitement dépouillés, ils s’adaptent remarquablement à cette fable moderne. Le découpage des cases, sobre et précis, ne néglige ni les dialogues, ni l’action, pour un rendu lisible à l’esthétique sommaire, mais néanmoins délicate. Deux autres membres de la famille Jouvray sont ici à l’oeuvre (Jérôme pour le dessin et Anne-Claire pour les couleurs). Au final: une symbiose parfaite avec le scénario de leur frère Olivier qui fait de Lincoln un véritable chef d’oeuvre, en chantier depuis 2002 et encore inachevé à ce jour.
Que la bande dessinée soit votre tasse de thé ou non, Lincoln s’impose comme une référence incontournable de la nouvelle vague francophone du neuvième art, déjà primée par neuf fois (dont un anecdotique Prix International de la BD Chrétienne !!). Car au-delà des détails, la magie de Lincoln tient au personnage lui-même, auquel il est facile de s’attacher sans la moindre hésitation une fois la couverture passée. D’ailleurs, un gars qui envoie Dieu et Diable bouler à chaque tentative de sermon de l’un où de suggestion faussement désinterressée de l’autre ne peut que plaire!
Seul petit bémol, un tome de cette saga à une durée de vie d’un cornet de pop corn, et même si les délais de parution sont raisonnables par rapport à la moyenne européenne (6 albums depuis 2002, édité chez Paquet), l’attente est longue pour le fan, même si chaque album reste centré sur un épisode complet.
Voilà, vous savez tout. Bien, sur ce, je vous laisse en sa charmante compagnie…
Si vous ne devez en lire qu’un : le tome 1 : Crâne de bois
Et pour finir, mon préféré: le tome 6 : French Lover.
Prix Fnac : 10.45 €
PHB






Merci à Grishka pour les scan… Loué soi… oups
Pinaise voilà qui est bien dit ! A lire et à déguster !
Ça à l’air chuper!
Ca l’est ! Tu me dirais pour le tome 1
« né de père inconnu et de mère prostituée ».. ahah pas de chance le gars. Sinon le style de dessin c’est pas vraiment mon style, mais l’histoire à l’air bien marrante. SI j’ai le tps je passerai les lire à la Fnac. Merci pour la découverte !
Hey du Lincoln sur le Blog-Bazar !!!
Me fait penser que j’ai pas lu le dernier moi…
Bon parraît que lire des bouquins à la Fnac c’est le mal, Faiz… piratage manuscrit un truc comme ça mdr
Enfin y parraît quoi :p
Bonne lecture z’à vous !!
clair lincoln trop bien mon prefere le premier tome aussi par contre decu par le tome 6 deja que 48 pages ca fait pas beaucoup pour deux ans d’attente et de plus je n’ai pas retrouvé ce qui m’avait plus avant dans le tome 6 on parle surtout d’autres personnages mais bon on verra le prochain en esperant que l’histoire se recentre sur lincoln
ciao a tous et bonne lecture