A lire : Hellsing

mar 24, 2010 4 commentaires de

L’Angleterre, de nos jours.

La police est mobilisée autours d’un petit village, théâtre d’une macabre tragédie. Tous ses habitants semblent en effet avoir été pris d’une crise de folie meutrière depuis la récente arrivée d’un prêtre, inconnu au bataillon. Plusieurs membres des forces de l’ordre locales dépêchées sur place ont été tuées.

Une femme fait irruption dans la tente qu’ont dressés les policiers à l’entrée du village pour y abriter le quatier général des opérations. L’air sévère et hautain perçant à travers d’élégantes lunettes, la blonde glaciale révèle aux officiers la vraie nature des évènements qui l’appellent en ces lieux : tous les habitants de la commune ont été transformés en goules (1) qui dévorent tous les êtres vivants qu’elles rencontrent, n’obéissant qu’à un seul maître, le vampire déguisé en prêtre qui s’est infiltré parmi eux.

Se saisissant d’un cigare contenu dans la boîte que lui tend son majordome, elle ajoute, devant ses interlocuteurs médusés, que cette opération est du ressort de la Fondation Hellsing, dont elle est l’unique dirigeante, ne répondant de ses actions que devant la Reine d’Angleterre elle-même. Elle conclut, en esquissant un rictus carnassier, qu’elle a déjà dépêché quelqu’un sur place pour régler une affaire qui, au regard de son air désabusé, semble n’être qu’une simple opération de nettoyage pour son organisation.

(1) La définition de ce terme est multiple dans la littérature fantastique, allant de la femme vampire au zombi. Les goules de Hellsing s’inspirent plus de ce dernier.

L’agent déployé sur les lieux pour éliminer le vampire se dirige tranquillement vers sa future victime. L’homme est grand de taille, vêtu d’un long manteau pourpre et d’un chapeau assorti qui laisse dépasser quelques mèches de ses cheveux bruns et lisses. Le maigre espace séparant son col du bord de son couvre-chef laisse apparaître le reflet de ses lunettes teintées à califourchon sur son nez aquilin, au-dessus d’un sourire généreux et dément. Il semble apprécier le spectacle qu’offre la pleine lune, et pour cause : l’homme s’appelle Alucard et n’est pas humain.

C’est un puissant vampire au service d’Integra Wingates Hellsing et de sa fondation.

Les premières pages de ce seinen vous laissent avec un doute : est-ce un manga bien sérieux ? Voir Alucard se prendre une volée de plomb sans broncher (mais en perdant 10 litres de sang) et constater que cette brute est soumise à une nénette qui le traite de nul dès que l’occasion se présente présage une parodie poussive. Mais il n’en est heureusement rien car force est de constater au fil des pages que Hirano Kota propose une interprétation déjantée du mythe du vampire tout en respectant les fondamenatux de la créature balkanique.

Outre le fait que l’histoire se passe en Angleterre (2), ce qui est très agréable dans Hellsing c’est justement cet effort de rigueur dans la transposition de personnages et d’organisation fictives à notre époque, effort qui transparaît surtout dans les innombrables petites références aux légendes, à la littérature et au jeux de rôle qui pullulent dans ce manga. L’organisation Hellsing, par exemple, est protestante et se querellera bien entendu avec la section Iscariot du Vatican, profondément catholique et allergique à la descendance de la Réforme. Tout se joue sur des détails, pour reprendre le jargon footballistique.

(2) Bien plus qu’un rappel à l’oeuvre de Bram Stoker et son Dracula.

Côté scénario, Hirano Kota nous propose ni plus ni moins qu’une guerre, déterrant un cauchemar historique du passé en lui refaisant une beauté : un bataillon de Schutzstaffel (3) dirigé par un major assoiffé de sang, qui n’a d’autre objectif d’en découdre avec Londres, Hellsing et Alucard. Il y a là aussi un effort considérable de rigueur dans la reconstitution de ce Millenium Bataillon, des uniformes jusqu’àux zeppelins. Pas de réflexion profonde ou de message particulier n’est livré au lecteur ici. Hellsing se veut être un manga d’aventure intense et tordant à la fois, objectif qu’il atteint sans difficulté.

Les personnages, quant à eux, sont tous aussi séduisants et fouillés les uns que les autres. Mention spéciale à la fragile Victoria Celas, au majestueux Alucard et au fanatique Alexander Anderson.

(3) Les fameux SS


Une palette d’illustration élégantes et racées fait avaler la pillule, avec un graphisme légèrement grossier qui permet de faire dans la surenchère sanguine sans devenir écoeurant. Le point fort réside dans le design des expressions faciales et des regards qui reflète de manière efficace la démence, point d’orgue de tout le manga.

Un grand soin est apporté à l’ensemble qui est très lisible, même si quelques cases un peu sombres vous paraîtront confuses. Le découpage de l’action est quant à lui d’une rigeur scolaire.


La sauvagerie inconsidérée, le charisme de ses personnages principaux et le délire historique sont les trois clés du succès de Hellsing, qui fut d’abord publié de 1998 à 2008 dans le magazine nippon Young Kings Ours avant d’être relié en 10 tomes (série terminée) par l’éditeur Shonen Gahosha. C’est Tonkam qui prit ensuite le relais pour la version française. L’auteur s’est également fendu d’une série appelée The Dawn qui retrace la genèse de la Fondation Hellsing ainsi que d’une mini-série intitulée Crossfire relatant le quotidien de la section Iscariot, cette dernière étant incorporée dans les trois premiers tomes du manga.

Deux adaptations en anime ont vu le jour. La première, produite par le studio Gonzo Digimation, est riche de 13 épisodes de 25 minutes chacun et ne suit la trame du manga que jusqu’à l’episode 6. Produite en 2002, elle se distigue par un choix plus réaliste et velouté pour le graphisme, ainsi qu’une bande originale exceptionnelle signée Yasushi Ishii qui fait oublier la pauvreté de l’animation pour une immersion maximale. Je vous en laisse apprécier le générique.

La seconde, plus récente n’est pas en reste. Intitulée Hellsing Ultimate, elle reprend fidèlement le manga, à quelques détails près, pour un festival d’hémoglobine euphorique signé Geneon Entertainment. Actuellement riche de 7 épisodes de 45 minutes (série inachevée commencée en 2006), elle se distingue par l’énorme soin apporté à la qualité d’animation. Une bande son un peu plus pompeuse fait perdre un peu de la magie présente dans la première série mais l’atmosphère de l’anime n’y perd au change.

Voilà ce que l’on pouvait dire sur Hellsing. Je vous le conseille donc à sang pour sang.

Si vous ne devez en lire qu’un : le tome 1.

Et pour finir, mon préféré : le tome 6.

Prix Moyen : Autours de 7 euros.

PHB


Bibliothèque, Manga

Related posts:

  1. A Lire : Monster
  2. A lire : Claymore
  3. A lire : Berserk
  4. A lire : MPD Psycho
  5. A lire: Orion

A propos de l'auteur

Né au point A. En route pour le point G. Vous pouvez me retrouver sur mon blog perso..

4 réponses to “A lire : Hellsing”

  1. shanoto says:

    « Master ? !!  »
    ; »)) trop fort

  2. fylyp82 says:

    L’OAV 8 de Hellsing Ultimate est enfin définitivement programmée pour le printemps 2011 au Japon. L’écart entre cet épisode et le precédent s’explique apparemment par un décès dans l’équipe en place. Une information glanée sur un forum d’animecrazy.net et non confirmée (je continue mes recherches).

  3. fylyp82 says:

    Enfin une vrai date ! L’OAV 8 de Hellsing est prévue pour le 22/6/2011, selon le site Adala News, qui reprends une info communiquée par le magazine Young King Ours, qui publie entre autres Drifters de Kohta Hirano (le papa de Hellsing).

    Le magazine, rappelle aussi que la série comptera 10 épisodes au total, avec un changement de studio prévu pour les deux derniers (en espérant qu’il n’y ait pas de rupture graphique entre les deux).

    http://adala-news.fr/fr/hellsing-ultimate-oav-8-date/

Laisser une réponse