A lire : GTO
Ces initiales ne sont pas empruntées au jargon automobile, mais servent d’étendard à l’un des héros de manga les plus exubérants de la planète Japon, j’ai nommé Onizuka Eikichi, 22 ans, célibataire, toujours puceau et autoproclamé Great Teacher Onizuka.
Arrivé à Tokyo 6 ans plus tôt ce fier loubard de quartier cherchait toujours aussi désepérément du travail. La vie était plus simple à Shonan (1), lorsque son meilleur ami Danma Ryuji et lui, formait le “Onibaku Combi”, le duo de motards le plus craint de la région. Une réputation de terreur gagnée à coup de multiples torgnoles savamment administrées ou stoïquement subies. Mais ils avaient grandit tous les deux et Ryuji avait finalement ouvert son propre garage moto. Onizuka, lui, broyait du noir, sentant son magnifique destin de mec le plus génial de la terre s’envoler à tire-d’aile.
(1) Région du centre du Japon, le long de la baie de Sagami.
Zi Ultimate Plouc !
Un jour, au terme d’une énième séance de recherche d’emploi foireuse, Onizuka Eikichi, 22 ans, célibataire et libre comme l’air, est frappé par la lumière et décide d’embrasser le rêve de devenir enseignant. Un moyen idéal d’allier une situation financière stable et une vie tumultueuse remplie d’amours interdits avec de jeunes lycéennes, pense alors le brillant carriériste. Se voyant déjà en quadragénaire calvitueux se faire accueillir chez lui par une fringante jeune fille habillée de son seul tablier de cuisine, notre “hellouf” prend donc le parti de se donner corps et âme à l’accomplissement de son destin.
Massivement sous-diplomé, et donc inculte au-delà du réel, Onizuka se heurte d’abord à la dure réalité du curriculum vitae, de la lettre de motivation et de l’entretien d’embauche d’un enseignant. Au terme d’un échange plus que calamiteux avec Hiroshi Uchiyamada, le sous-directeur du collège Kisshō, qui pousse presque notre valeureux crétin à abandonner son projet, Onizuka Eikichi, 22 ans, célibataire et ceinture noire de karaté se voit alors offrir une chance inespérée de réaliser son rêve dans cet établissement grâce à la directrice du collège, Mme Sakurai. Sa mission? Devenir le professeur principal de la classe la plus redoutée par tout l’encadrement.
C’est donc une bande de charmants adolescents d’éducation bourgeoise qu’Onizuka doit se taper. Vifs, sournois et méchamment organisés, ces derniers sont prêts à tout pour obtenir son renvoi ou sa démission. La tâche du GTO est compliquée, surtout que l’utilisation du karaté à des fins pédagogique est proscrite et que le corps enseignant du collège Kisshō voit d’un très mauvais oeil l’intégration de cet énergumène au sein de l’établissement. Mais, au delà de sa délicatesse de porc, de son QI de tortue de mer et de sa plouc-attitude dernier cri, Onizuka Eikichi est un battant, un vrai… et impossible (2) ne fait pas partie de son vocabulaire.
(2) D’ailleurs, il ne sait même pas comment ça s’écrit.
Le thème central de GTO propose une introspection de la société japonaise, à travers le prisme de l’enseignement. Les malaises des professeur et des étudiants sont autant d’obstacles qu’Onizuka doit franchir pour mener sa mission à bien: aux enfants gâtés, dépressifs, suicidaires, égocentriques ou violents, l’homme aux mille grimaces apportera son expérience de chien de rue; aux professeurs aigris et usés par leur profession, le maître du German Suplex (3) leur rappellera la raison pour laquelle ils ont embrassé la carriere d’enseignant. Ce qui aurrait pu être un shonen mièvre et moralisateur se transforme en une hilarante leçon de vie dans laquelle le personnage principal fait office de parcours initiatique pour son environnement. De son côte, Onizuka cherche juste à remplir deux objectifs : garder son boulot et trouver une femme ! Qui a dit que la vie était compliquée ?
Le personnage de Toru Fusijawa est tout simplement génial : un monstre de non-conformisme, loufoque, spontané et lubrique, luttant corps et âmes pour arrêter la marche aveugle d’une société qui ne prend plus le temps de s’épanouir dans sa course effréné vers la réussite, n’hésitant pas à sacrifier son entourage pour parvenir à ses fins. Onizuka Eikichi a lui le pouvoir d’arrêter cette foule en marche, d’attirer son attention et de lui imprimer son message subliminal à coup de burin. Exemple et contre-exemle à la fois, il est l’homme de la situation pour aider les jeunes collégiens à se préparer à l’âge adulte et à construire leur rêve. Il est également le pilier du scénario, qui perd souvent de sa saveur dès qu’il s’éloigne trop longtemps des cases.
(3) Prise de lutte pour le moins impressionnante lorsqu’elle est exécutée par Onizuka.
Côté pinceaux, le design rend brillamment hommage à ce héros, notamment à travers une palette d’expressions faciales des plus délirantes, qui contrastent toutes avec son air de mec brillant, caricature assumée du héros de papier nippon (les yeux en amande, visage de 3/4, petit sourire carnassier). Un foule de références à d’autres héros de manga (Ken le survivant et Doremon en tête), vient également relever la sauce.
Le reste, bien que très classique, tient bon la rampe et offe une lisibilité plus que correcte faisant de GTO un manga très agréable à lire.
Ce sont les pages de Shonen Magazine qui hébergèrent GTO dès 1997, primé par Kodansha l’année suivante (prix du meilleur manga). La série, achevée depuis, connu une excellente adaptation en OAV de 43 épisodes calqués sur le manga, que je vous recommande en VO ainsi qu’en VF (traduction remarquable). Générique.
Une série télévisée avec de vrais acteurs (japonais) a également vu le jour, intitulée GTO Live (12 épisodes), et qui n’a malheureusement retenu que le côté une peu cul-cul du manga, pour un résultat final qui fait légèrement sourire sans plus, et une qualité de réalisation digne d’un Bioman. Les Shonen Young GTO et Bad Company, reviennent, eux, sur la jeunesse mouvementée d’Eikichi et de Ryuji. Enfin, GTO Shonan, 14 days, publié au Japon depuis 2009 raconte la suite des aventures du professeur le plus atypique du monde. C’est dire si le personnage est fouillé.
La version française du manga est elle éditée chez Pika, en 25 volumes.
A dévorer, en manga ou en anime. Tout public.
Si vous ne devez en lire qu’un : Le tome 1.
Et pour finir mon préféré : Je ne peux pas répondre à cette question, vu que j’ai tout lu d’une traite. Mais l’épisode des vacances à Okinawa est un must !
Prix Fnac : 6.61 euros
PHB

















Attitude
Eikichi, il est greaaato. Si il y a un manga que je pourrais lire et relire, c’est bien celui-là.
Par contre je n’avais aucune idée qu’il y avait eu une suite depuis l’an dernier, faut que je vois ça ! Merci pour l’info.
Je ne le savais pas non plus avant de faire cet article. Je me demande où il va se retrouver, c’t'abruti !
Ah yeaaah ! Ca m’a l’air bien fun ça ! Pourtant c’est pas Libanais si ? Pas taper mdr
A l’occase je t’emprunterais bien le tome 1 histoire de me faire une tite idée
On a tous un peu de libanais en soi ^^
Je te conseille de mater l’anime en VF en premier lieu et de compléter ensuite avec le manga. J’ai bien dit en VF, la traduction est fantastique et les voix super adaptées. Une fois n’est pas coutume…
Le langage n’y est pas épuré et on a droit a de la bonne vieille vulgarité bien placée !