A lire (Et Pourquoi Pas, A voir) : Naruto

avr 17, 2010 4 commentaires de

Notre histoire se déroule à une époque impossible à dater, mais qui semble postérieure à la nôtre, malgré sa grande ressemblance avec le Japon féodal. Le monde s’est divisé en cinq grands pays qui comptent sur la puissance militaire des ninjas issus des villages cachés situés à l’intérieur de leur frontières.

Le village caché de la Feuille (Konohagakure no Sato) est le puissant dépositaire de la puissance militaire du Pays du Feu (Hi No Kuni). On raconte que ce village fut pratiquement réduit en cendres quelques années plus tôt, sous les assauts d’un terrifiant démon connu sous le nom de Kyuubi, le Renard à 9 queues. L’Histoire veut que ce soit le chef du village, le combattant de génie qui avait accédé très jeune au rang de quatrième Hokage (ombre du feu) qui réussit à mettre fin à l’offensive du démon. Ce fut sa dernière mission.

Apparemment incapable de tuer le Kyuubi, le quatrième Hokage le scella, grâce à un puissant sort, dans le corps d’un nouveau-né. Ce dernier grandit bien gré mal gré, injustement assimilé à la créature qu’il abritait en son sein et considéré comme une arme par une parties des respnsables de son village. C’est les aventures de ce jeune garçon que ce shônen nous propose de suivre : les aventures D’Uzumaki Naruto.

Ma rencontre avec le petit blond qui se donne des airs de terreur remonte à 2006 et coïncide avec l’arrivée de la freebox dans notre ancienne colocation. A cet époque, la chaîne Game One était la première à avoir introduit la série en France et mon colocataire était logiquement tombé sous le charme du petit ninja. Personnellement, j’en avais bien entendu parler mais je m’appliquais à jouer au réactionnaire tant les similitudes avec le classique Dragonball me sautaient aux yeux, à commencer par la couleur des vêtements du héros ou la coupe de cheveux, très proche des codes de l’oeuvre de Toriyama.

Mon intuition était bonne tant Naruto est un shônen fidèle à son nekketsu (littéralement sang bouillant), autrement dit, sa recette de shônen : un héros orphelin, honnête à la limite de la naïveté, qui va utiliser ses pouvoirs hors-normes pour réaliser son rêve, et dont les forces se déculperont lorsqu’il sera sur le point de perdre ou de mourir.

Je trouvais aussi que le design géneral de la série était assez grossier, et la qualité d’animation moyenne. Je fis donc de la résistance pendant un petit mois ou deux… jusqu’au jour où je finis par suivre un épisode entier avec mon colocataire, avant d’enchaîner sur les 5 suivants. Le mal était alors fait. La série comptait alors près de 200 épisodes d’un premier arc que je me suis goinfré jusqu’en 2008, année à laquelle le deuxième arc adapté en animé arriva dans nos frontières…

Naruto est donc une série prenante et originale qui pêche néanmoins sur plusieurs aspects. Premier problème, commun à beaucoup de séries au long-cours, le nombre d’épisodes inutiles, bonus ou traînant en longueur, surchargés de flashbacks et de perspectives souvent futiles et inintéressantes. On suit à contre-coeur parce qu’il faut suivre et c’est tout.

Deuxième grief, la qualité de l’animation qui est va de  moyenne à mauvaise, à l’exception de quelques (trop rares) épisodes dans lesquelles la barre remonte de plusieurs crans. A noter que le deuxième arc, Naruto Shippuden est dans l’ensemble de bien meilleure qualité.

Enfin, les gens allergiques à l’humour potache à la japonaise sentiront les vannes de naruto passer.

Alors pourquoi s’infliger autant d’épisodes ? Eh bien, si la série se démarque malgré tout par la qualité correcte de la bande son et une certaine régularité dans le traitement d’une trame aussi longue, les vrais clés du succès planétaire de Naruto sont contenues dans le shônen de Masashi Kishimoto.

L’univers développé par le magaka est impressionnant : hormis les hordes de personnages secondaires sur lesquels la trame se fixe volontiers, il faut également compter avec un cadre rigoureusement travaillé (un passé dans lequel se mêle des anachronismes technologiques surprenants) et un système de combat très addictif, mélangeant arts ninjas, combat brut et déferlantes sauvages de pouvoir dans un registre visuel sensiblement différents de celui de Dragon Ball.

Autre point fort, le scénario est centré sur le personnage de Naruto passant progressivement à l’âge adulte (Un autre point commun avec l’oeuvre de Toriyama), en insistant beaucoup sur le ressenti du héos face aux dilemne que la vie d’un guerrier impose et les contraintes posée par la présence d’un démon dans son corps. Les deux oeuvres se différencient par contre sur le traitement de l’aspect historique et géopolitique du cadre, très développé dans Naruto et fantastiquement parodié dans Dragonball (souvenez-vous de l’armée du Ruban Rouge).

Il ya ensuite cette intelligence marketing dans la conception même du scénario : le personnage d’Iruka Sensei apparaissant au début de la série a été « commandé » par l’éditeur dans un souci d’identification des jeunes lecteurs. Si Uzumaki Naruto est sans conteste la coqueluche des marginaux, son ami et rival Uchiwa Sasuke est le stéréotype même du beau gosse surdoué ténébreux, le fantasme stéréotypé de générations entières d’adolescentes; Tsunade, la puissante Sannin, utilise un sort pour garder ses 20 ans ainsi qu’une poitrine de porn star alors que son homologue Jiraya est un pervers qui se complaît dans le rôle d’auteur de recueils érotiques, son premier fan n’étant autre que Kakashi Sensei, le second maître de Naruto. Bref, côté public, ça ratisse large.

Enfin, l’intrigue est tout sauf linéaire et fait intervenir des ennemis charismatiques aux profils et aux abilités variés que je vous laisse décourvrir.

Comme à mon habitude, lorsque j’aborde un manga en passant d’abord par la case « anime », je reprends l’oeuvre originale au moment ou je rattrape la série télévisée, je la dévore de A à Z pour me retrouver « Gros Jean comme devant » avec deux versions de la même franchise à suivre à un rythme de parution régulier. Je me détache d’ailleurs assez souvent de l’anime au profit du manga, plus concis et surtout, plus en avance sur l’histoire. Pour Naruto, j’avoue que le traitement des derniers épisodes est vraiment de bonne qualité, ce qui m’a poussé à suivre de temps en temps la progression de l’anime.

Le manga de Naruto souffre également d’un manque de soin global au niveau du design, franchement limite sur certaines cases tant pour la qualité d’exécution que pour l’esthétique, souvent grossière. Ce dernier aspect se comprend mieux quand on sait que ce shônen s’adresse également à des enfant japonais de pres de 5 ans. Le sujet, aussi guerrier soit-il, ne peut alors évidemment pas être traité comme un Claymore, ou un Berserk.Bref, manga et animé se valent : si le manga va directement à l’essentiel, la série apporte un gros plus en terme d’ambiance.

Allez, avant de finir, un petit top 5 des génériques de la série !

Verdict : Le petit ninja de Konoha s’est en tout cas imposé comme LA référence du manga grand public, malgré ses nombreux défauts. Au-delà du marketing, au delà de l’effet de mode, Masashi Kishimoto ne trompe pas son monde et s’évertue à livrer un contenu cohérent et constant qui fait vibrer son shônen (publié dans Weekly Shonen Jump depuis 1999). Uzumaki Naruto est en tout cas loin d’être un héros anodin, comme Goku en son temps.

L’adaptation en série animée signée Studio Pierrot se divise en deux arcs successifs intitulés Naruto (220 épisodes) et Naruto Shippuden (156 épisodes, série en cours). De plus, la franchise est déjà riche de 7 longs métrages animés et d’une foule astronomique de jeux vidéos inspirés du manga sur toutes le consoles existants depuis le début du XXI ème siècle. La version française du manga, signée Kana, suit quant à elle de près la publication japonaise.

A lire, ou à voir, si vous avez BEAUCOUP de temps à perdre.

Pas de tome préféré ce coup-ci non plus, pour le côté lecture… l’ensemble est trop homogène. Mais je peux d’ores et déjà vous dire que j’ai adoré le duo Deidara et Sasori et qu’Orochimaru est un vilain de première catégorie. Concernant l’anime, la série met un gros coup de trique dès le départ avec les épisodes centrés autours du démon du village de Kiri (nan, rigolez pas).

Prix par tome : autours de 7 euros

Bibliothèque, Manga, Série, Télé

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A propos de l'auteur

Né au point A. En route pour le point G. Vous pouvez me retrouver sur mon blog perso..

4 réponses to “A lire (Et Pourquoi Pas, A voir) : Naruto”

  1. Grishka says:

    Jamais été ma tasse de thé. Un peu long, et puis j’arrive pas à accrocher à l’univers. Quel succès par contre !

  2. fylyp82 says:

    Pas ta tasse de thé, ça je peux comprendre… même moi j’ai failli ne pas tomber dans le panneau… mais une fois que tu tombes, ça a un côté attachant que les autres mangas grand public n’ont pas…

    Et puis le côté incantation pour les attaques à coup de signes des mains, c’est trop fort (un peu kitsch, comme les poses ridicules des canassons du zodiaque..)

  3. Saïda says:

    Je ne suis pas trop d’accord avec la comparaison qui est faite avec Dragon Ball Z ! Les deux personnages progressent dans deux univers totalement différent de plus leur histoire diffère énormément. A part la coupe de cheveux je ne vois pas !
    Sinon ta critique est assez bonne dans l’ensemble.

  4. fylyp82 says:

    Je pense que la comparaison tient la route.

    Je suis d’accord avec toi sur le fait que Naruto le petit ado concentré sur le combat mais conscient des choses de la vie diffère radicalement de l’abruti de Goku qui pense que le mariage se mange.

    Mais rappelle-toi que ce dernier avait quand même conscience de la perversité des autres (il propose quand même des photos de bulma à poil au grand kaioshin pour utiliser les dragons ball pour le combat contre Boo).
    De plus, la coupe de cheveux de Naruto ressemble quand même pas mal à celle des saiyens en super guerrier.
    Ultime ressemblance, les deux héros ont un plus qui leur permets de s’entraîner plus efficacement que tous le monde (le kage bushin pour naruto, la nature de sayien pour l’autre) et la source de leur pouvoir est d’abord la colère que les deux aprennent ensuite à maîtriser (c’est ce qui différenciera Goku de Vegeta par la suite).

    Après, je suis d’accord avec toi sur la différence des deux univers : les jutsu, c’est un peu plus fouillé que les kamehameha et autres canons d’énergie, et il y a un véritable travail sur l’environnement dans naruto qui reste à l’état embryonnaire dans DB. Sans oublier le relationnel et l’affectif entre les personnages, caricatural dans ce dernier manga et essentiel dans l’univers d’Uzumaki Naruto

    Et pour finir, je te remercie de m’avoir lu, d’avoir commenté et surtout de ne pas être d’accord sur tout ^_^ !

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