A Lire : Death Note
JE M’APPELLE YAGAMI LIGHT.
Je suis né le 2 février 1986 et je vis à Tokyo avec mes parents. Je suis un brillant lycéen au physique des plus agréable, doté d’une intelligence au-dessus de la moyenne. Sans vouloir me vanter, je pense faire partie de l’élite de ce pays. Humble et discipliné, je m’efforce chaque jour de rendre hommages aux talents que la nature m’a confié et que mes parents ont su protéger avec amour. J’ai aussi une adorable petite soeur, Sayu, qui m’adore et pour qui je m’applique à jouer les grands frères modèles.
Mais ces privilèges n’ont jamais fait de moi le plus heureux des hommes car j’ai toujours été trop attentif à la corruption du monde. La violence et la misère semblent en effet indémodables sur cette terre et je suis malheureusement trop réaliste pour espérer pouvoir changer les choses à moi tout seul. Je suis conscient que la vie d’un homme s’y épuiserait en vain, et je ne suis moi-même, malgré toutes mes qualités, qu’un simple mortel.
Un jour, je fus témoin d’un évènement singulier : un cahier noir tomba de je ne sais où pour se poser sur l’herbe de la cours du lycée. Je pus observer le phénomène depuis la fenêtre de la salle de classe. A la fin de la journée, je fus surpris de retrouver ce même cahier là où mon regard l’avait laissé. Personne ne semblait y avoir fait attention. Je m’en approchai alors pour le ramasser. Sa couverture était intégralement noire et mettait en valeur un titre étrange, écrit par une main malhabile : Death Note.
Je ne sais toujours pas quelle force poussa l’être rationnel que je suis à emporter ce cahier chez moi. Peut-être cette phrase, qu’il contenait et qui énonçait ce qui semblait être la première règle d’une longue série :
La personne dont le nom est écrit dans ce cahier mourra…
JE M’APPELLE RYUK ET JE SUIS UN SHINIGAMI.
En d’autres termes, je suis un ange de la mort. Admirez ma dégaine ridicule de clown gothique ! Ne me demandez pas mon âge car il paraît que je suis immortel. Si vous enviez ma position, je vous rassure tout de suite : vous ne ratez rien !
Le monde dans lequel je vis n’est qu’un désert grisâtre qui s’étend à perte de vue et dans lequel je m’emmerde sec avec mes semblables. Tuer les humains depuis ce trou à rats est ma seule attribution et je peux vous dire que ça fait longtemp que ça ne m’amuse plus. Il faut dire que les tuer en inscrivant simplement leur nom dans le Death Note que le Roi des Shinigamis m’a refourgué, c’est marrant cinq minutes. Allez ! Une petite heure tout au plus, le temps de faire le tour de toutes les petites nuances de ce cahier à la con. Mes collèguent, eux, tuent l’ennui en jouant aux osselets, mais pour tout vous dire, ça me blase aussi.
C’est pour ça que moi, Ruyk le Shinigami, j’ai trouvé une excellente idée pour passer le temps : j’ai laissé tomber mon Death Note dans le monde des humains...
Les concepts les plus simples sont souvent les plus efficaces. Prenez Tetris, par exemple : il s’agit, dans ce jeu, d’empiler des briques, l’une après l’autre, pour les aligner en vue de les faire disparaître. Le concept tient en une phrase mais son application ouvre la voie à une multitude de combinaisons en fonction de la vitesse de chute des briques, des différentes formes qui se succèdent ou encore de ce que rapporterait une ligne au joueur en terme de récompense.
Dans Death Note, le principe est tout aussi sommaire : tuer des gens en inscrivant simplement leur nom sur un cahier prévu à cet effet. Mais, pour que ça marche, il faut avoir en tête le visage de la personne dont on veut se débarasser . Par conséquent, il est impossible de tuer toutes les personnes portant le même nom que l’élu de votre coeur. Autre petit détail amusant : la mort a lieu par crise cardiaque dans les quarante secondes qui suivent l’inscription du nom dans le carnet. Il est néanmoins possible de préciser la cause de la mort. Cela fait, l’utilisateur du Death Note disposera d’un délai supplémentaire de six minutes et quarante secondes pour détailler les circonstances du décès… Pour finir, la question qui fait peur et que cet objet met en avant est : que’est ce que nous rapporterait la mort de quelqu’un ?
Arrêtons-nous là…
Death Note est donc un Shonen diabolique dont le scénario a été imaginé par une femme, Tsugumi Oba (1) et qui a été remarquablement mis en images par Takeshi Obata. La publication s’est faite d’abord au Japon dans les pages du fameux Weekly Shonen Jump, de décembre 2003 à mai 2006, avant de connaître un franc succès à l’international, lui permettant d’être traduit dans plusieurs langues, dont le français (par Kana, en 13 volumes, série achevée). Le manga fut également adapté en un anime de 37 épisodes d’une remarquable qualité, signé Studio Madhouse. Enfin, 3 adaptations cinématographiques ont vu le jour au Japon, toutes un gros cran en dessous en terme de qualité. Je vous laisse plutôt jeter un oeil au premier générique de l’anim.
Il n’y a rien à ajouter sur le manga lui-même : beau, lisible, soigné et offrant une montagne de textes pour décrire une véritable partie d’échec sur fond de roman policier. L’édition de Kana est, quant à elle, très classe.
(1) Respect, messieurs.
Le succès de Death Note s’explique beaucoup par l’ingéniosité du concept qui a réussi à matérialiser un pouvoir aussi violent que celui de donner la mort à distance dans un des objets les plus universels. De plus, c’est ci un support destiné à la création qui est mis au service de la destruction, et l’idée nous amène tous à envisager notre possible réaction si nous nous retrouvions avec un tel objet entre les mains ! Nos amis les belges, dont on ne remet plus le sens de l’humour en question, ont d’ailleurs fêté Death Note à leur manière :
http://www.20minutes.fr/article/185417/Monde-Decouverte-macabre-en-Belgique.php
Toujours est-il que voir évoluer Light Yagami, premier de classe en béton armé avec un tel objet est une excellente occasion de voir l’étendue des possibilités qu’offre ce pouvoir et les précautions à prendre pour l’utiliser.
Suivez donc le guide, et ne l’agacez surtout pas… Kira veille au grain.
Si vous ne devez en lire qu’un : Le tome 1, puis le 2, puis le 3, puis le 4, puis le 5, puis le 6…
Notez qu’il existe un pilote de 55 pages contenu dans le tome 13, qui est plus un guide book. Pour public averti.
Prix Fnac : 8.08 euros.


















Attitude
Intéressant. Surtout si la série n’est pas très longue (parce que des séries sans fins au bout d’un moment… dur). En tout cas le concept du cahier est vraiment chouette.
Moi j’ai regardé l’anime.. La première partie avec L c’est super bien… après avec M, bof… ça s’essoufle c’est de la redite…
Je te rejoins là dessus. Le manga n’y coupe pas non plus. En fait, plus que de la redite, c’est la décadence du personnage qui est le point développé par la suite. Et donc, fan de L ou de Kira, on est dans les deux cas déçu, même si finalement ce développement est tout ce qu’il y a de plus cohérent.
Il aurait peut-être dû être plus court?