A lire : Blacksad

mai 01, 2010 4 commentaires de

  • John Blacksad, le félin enquêteur désabusé
  • Cet article a été écrit par Mélanie, auteur invité du Blog-Bazar.

    Blog Bazar redécouvre pour ses lecteurs une pépite de la Bande Dessinée : j’ai nommé le chef d’oeuvre espagnol, Blacksad. John Blacksad est détective privé. C’est surtout un grand chat noir, doté d’une carrure d’athlète devant lequel s’extasient toutes les créatures féminines qu’il rencontre. Issu des bas-fonds de New-York, il fait partie de ces gens qui ont « bien tourné ».

    « Avant je courais devant la police maintenant je cours après les méchants ».

    Mais parfois, Blacksad se dit à lui-même que « les hommes se comportent comme des animaux« . Et pour cause. Le New York dans lequel il résout ses enquêtes est un New York où règle la loi du plus fort, où l’humanité est une denrée rare que l’on piétine dans l’indifférence.

    « Il y a des matins où l’on a du mal à digérer son petit déjeuner… surtout si on se retrouve devant le cadavre d un ancien amour… »

    Sur ces mots, il se promet de venger Natalia, la jeune actrice avec qui il a vécu une histoire d’amour. Son enquête le menera vers les hauts sommets de la société contre qui même les forces de l’ordre ne peuvent rien. Pourtant, justice sera rendu.

    Chacuns des volets des aventures de notre héros se situent dans un socio-contexte politique chargé de tensions. Le pouvoir de l’argent (tome 1), les idéologies raciales (tome 2) ou encore les chasses aux sorcières maccartististes (tome 3) plantent un décors de non-droit, où les autorités légitimes elles-même figurent parmi les meilleurs ennemis. Dans ce chaos ambiant, un seul justicier peut y mettre de l’ordre.

    Ce polar dessiné est l’aboutissement d’une première collaboration entre le dessinateur Guarnido et le scénariste Canales. Ensemble, ils vont inventer, à la manière de Lafontaine, un monde peuplé de personnages anthropomorphes, dont l’apparence physique préfigure souvent leur beauté ou leur laideur intérieure. Cette dualité dessinera le visage des Etats Unis, partagé entre la bonté et l’ignominie, les bons et les méchants les forts et les faibles, l’amour et la haine.

    En choisissant de s’inscrire dans l’Amérique des années 50, les auteurs perpétuent fidèlement l’univers de la fiction policière. Aussi, l’atmosphère de l’ouvrage est principalement fondé sur une recherche sur les couleurs et la lumière, qu’ils formaliseront par le recours à l’aquarelle. Cette technique picturale permettra de donner un relief exceptionnel aux dessins. Ils réussiront, par un fort travail de composition, à faire des couleurs un acteur à part entière, qui a tout à dire sur le déroulement de l’intrigue.

    À celà s’ajoute un cadrage tout à fait original, digne des grands écrans de cinéma. On rencontre des points de vue absolument  étonnants qui nous font passer d’image en image avec une souplesse tout à fait confortable, qu’il serait farouche de ne pas apprécier. Pour l’heure, ce que l’on doit retenir de cet aspect, c’est que chaque plan doit être compris comme un ensemble équilibré et solidaire.

    Enfin, On reconnaîtra à Guanido un incroyable sens du mouvement. Les scènes de bagarres nous font virevolter dans tout les sens, et on aurait presque mal pour notre héro, qu’on a vu se retrouver joliment poché.

    Blacksad

    Cette série nous offrent à revisiter le polar sous l’angle de la fable policière. « Blacksad est en ce sens proche du cinéma hollywoodien des années 40, avec ses films noirs où chacun avait la gueule de son emploi » [1]. Canales nous apprendra sur ce point que le choix de composer une bande dessinée animalière tient au fait que « La BD est un moyen très condensé. Il faut faire passer plein d’informations et ce côté symbolique des personnages – qui viennent déjà de la fable ancienne – est très intéressant. C’est du terrain gagné par rapport à ce qu’on veut communiquer au public.« [2].

    Si cette chronique a réussi à vous mettre  l’eau à la bouche, ne perdez pas de temps pour lire les trois premiers tomes, car le quatrième devrait sortir à la rentrée. En attendant, voici quelques planches pour prendre votre mal en patience.

    Une de nos favorites…

    BD, Bibliothèque

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    A propos de l'auteur

    Guest... Mais qui est Guest ? Tout simplement un auteur de passage, une plume en voyage qui s'est arrêtée quelques instant pour nous écrire un petit quelque chose.

    4 réponses to “A lire : Blacksad”

    1. fylyp82 says:

      C’est clair que ça donne envie. Voilà une BD que j’ai parcouru et à côté de laquelle je suis passé sans en déceler tout ce qui en fait une petite merveille… Problème de maturité sans doute ! Je vais y remédier.
      Sinon, y a un parallèle à faire avec les enquêtes de l’inspecteur Canardo.

    2. Grishka says:

      C’est marrant, c’est typiquement le genre de BD pour lesquelles la couverture me fait envie, le pitch à l’air cool, le dessins joli… mais que j’achète jamais. Souvent parce que je suis toujours dans le coin pour acheter autre chose.
      En tout cas l’univers de Blacksad me plait beaucoup, il rejoint aussi sec ma liste de truc à acheter. Et ensuite il sera dans la liste de truc à lire ^^

    3. Kryska says:

      Pour le peu que j’en ai vu, les planches ont l’air effectiveent super bien conçues et le trait travaillé.
      Après est-ce que le côté « animal » des perso va me plaire ? Faut voir mais à priori ça devrait le faire :-)
      Très bon article en tout cas !

    4. Mélanie says:

      Cette petite n’est rien comparé au talent du dessinateur. il ne faut surtout pas manquer de lire la BD! En tout cas, Merci au lectorat pour sa clémence et son bon accueil! Rendez-vous au prochain article ;) ou au prochain apéro?
      M

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