A lire : Berserk

nov 20, 2009 6 commentaires de

Etre un héros n’est pas chose aisée.

Je ne parle évidemment pas du héros, poisson tropical d’eau douce de la famille des chichlidae qu’on peut trouver principalement dans les eaux d’Amérique du Sud, mais bien du fameux surhomme universel de base, source d’espoir et modèle de courage cristallisé par les foules enthousiastes à travers les âges. Après, il y a bien des héros qui s’en sortent mieux que d’autres, mais globalement, mieux vaut  ne pas avoir peur d’en baver pour percer dans le métier (Jeanne d’Arc, si tu nous lis…).

C’est sans doute pour cette raison que tous les héros de pure fiction, dociles victimes de l’acharnement de leurs créateurs, enchaînent les marathons épiques saturés en duels, tests et autres épreuves toutes catégories. Berserk ne fait pas exception à cette règle, bien au contraire, et met un point d’honneur à repousser les limites du parcours initiatique de son héros, très inspiré de Conan le barbare et répondant au doux nom de Guts.

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Guts est un jeune guerrier maniant une épée gigantesque qui arpente Midlands, un monde en conflit permanent (très inspiré de l’europe du XVIIIème siècle) dans lequel se côtoient principalement humains, démons, elfes et autres créatures étranges plus ou moins bien intentionnées. Accompagné par Puck, un petit elfe facétieux et bavard, Guts recherche désespérement celui qui fut un jour son maître avant de laisser ses ambitions causer la perte de tous ceux qui lui étaient proches : Griffith, chef de la bande du Faucon, devenu la réincarnation de l’un des cinq seigneurs démoniaques, les God Hand.

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Guts n’avait pas vraiment commencé sa vie de la meilleur des façons : extirpé des entrailles de sa mère morte pendue à un arbre, il fut d’abord  recueilli par des mercenaires avant d’intégrer, bien plus tard, la bande du Faucon. Guerrier solitaire par nécessité, d’un naturel logiquement dur et violent, Guts n’en est pas moins un homme de principe, comme tout héros qui se respecte. Mais c’est  surtout ses capacités surnaturelles au combat, notamment sa faculté à entrer dans une rage aussi indescriptible que destructrice, qui suciteront la crainte et l’admiration de tous ceux qui croiseront sa route, du paysan le plus frêle, au plus titanesque des démons.

Petit point de vocabulaire : le Berserk est un terme tiré du vieux norrois (ou vieil islandais), désignant un guerrier-fauve capable d’entrer dans une fureur sacrée le rendant surpuissant et incontrôlable. Concrètement, sur notre ami Guts, ça donne ça.

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Berserk (Kenpû Denki en Japonais) est donc un très bon manga de Kentaro Miura qui présente deux particularités méritant d’être relevées d’entrée de jeu : la première est la longévité de ce seinen, qui commença à être publié dans les pages du magazine nippon Jet Comics le 26 novembre 1990, la série étant encore inachevée à ce jour ! Pour la petite histoire, l’auteur esquissait les grandes lignes de la saga dès 1988. Adressons donc une petite pensée pour les fans de la première heure, qui viennent à peine de dépasser le cap des 300 chapitres, actuellement diffusés au Japon par le magazine Young Animals.

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La seconde, visible comme une gerbe de sang sur une robe de mariée dès les premières pages de la série, concerne l’extrême violence de ce titre, ce qui lui a valu d’être souvent catalogué dans le registre gore, sans que cela ne soit vraiment justifié, l’oeuvre s’apparentant plutôt au genre dark fantasy médiéval. La violence visuelle et psychologique n’est y pas gratuitement exhibée et sert à broder une histoire des plus humaines, centrée sur le thème de la survie. Le cynisme  du personnage principal est intelligemment balloté au cours rares moments de douceur qui bercent son existence (et qui sont pour le coup très touchants), laquelle est constamment menacée par la folie des hommess et la cruauté des démons.

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Comme dans la plupart des mangas, la lutte de l’individu contre son destin est également l’un des thèmes centraux de Berserk. La tension est donc au rendez-vous, les coups de théâtre aussi. L’ensemble n’est évidemment pas très joyeux (Puck, le petit elfe, ouvre le bal des scènes humoristiques distillées au compte-goutte). L’immersion, par contre, est totale, l’intrigue prenant fréquemment des détours qui offrent au lecteur une odyssée de première classe. Les personnages secondaires sont légions, mais beaucoup finissent par passer l’arme à gauche.

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Côté dessin, pour servir son scénario, Kentaro Miura propose une palette d’illustrations spectaculaires et détaillées à dominante gothique, privilégiant l’intensité au détriment de l’esthétique. Le design des personnages, classique mais racé, se distingue par la spectaculaire créativité de l’auteur dans la composition de son bestiaire démoniaque, qui compte parmi les plus variés du genre. Le découpage de l’action est intense, bien qu’un peu ralenti par les nombreuses scènes comptemplatives ou d’introspection. La lisibilité de l’ensemble  est bonne, peut-être un tantinet trop sombre, ce qui demandera au lecteur un petit effort de concentration pour le décryptage de certaine scènes. L’ensemble est en tout cas redoutable d’efficacité.

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Conclusion : Berserk s’impose comme une icône du manga dark fantasy médiéval. Guts, archétype du héros écorché vif est très attachant, sa quête de vengeance ne souffrant d’aucun moment de répit et atteignant parfois des sommets de souffrance difficile à supporter, pour lui comme pour le lecteur. Les nombreuses quêtes annexes offertes par cette aventure renforce l’intérêt de la saga, qui n’a de toute façon rien à envier à l’élite du genre, en terme de longévité. Deux prix viennent d’ailleurs couronner les aventures de Guts, dont celui de meilleur Seinen en 2007 (soit 17 ans après la publication du premier chapitre).

Résolument épique et enragé, Berserk se découvre plus facilement en passant par la case série animée, l’adaptation éponyme (Kenpū Denki Berserk pour le pays du soleil levant), qui date de 1997, reprenant en 25 épisodes la rencontre entre Griffith et Guts en expurgeant une bonne partie des éléments scénaristiques du manga (dont le pauvre Puck). Cette liposuccion n’enlève heureusement rien aux fondamentaux du récit. Pour finir, Berserk est résolument destiné à un public adulte. Les âmes sensibles sont donc tenues de s’abtenir ou d’assumer. Moi, personnellement, j’ai eu ma dose de frissons (oh que oui !).

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Plusieurs éditions de Berserk sont disponibles, la plus générique, proposée par Glénat, comptant 32 tomes (sur 34 pour le Japonais Hakusensha, série en cours). Deux  autres éditions françaises n’ont jamais été achevées :  Samourai (1 tome) et Dybex (6 tomes).

Si vous ne devez en lire qu’un : le Tome 1

Et pour finir, mon préféré (enfin, celui qui m’a vraiment secoué) : Le Tome 13.

Prix Fnac : 6.18 €  (Glénat).

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PHB

Bibliothèque, Manga

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A propos de l'auteur

Né au point A. En route pour le point G. Vous pouvez me retrouver sur mon blog perso..

6 réponses to “A lire : Berserk”

  1. thios says:

    super le coup de l’image de Guts en mode berserk,ça done directement une idée sur L’état du hero en mode super saiyen.La photo de Zodd est magnifique le sozie ou presque de Rigald général de Easley dans Claymore!

  2. Kryska says:

    Hé ben ! Si je comprends bien c’est pas du tendre qu’on a là !
    Pas trop mon genre de lecture j’avoue, mais tu as réussi à attirer ma curiosité. Et c’est déjà un acte héroïque en soit !

  3. Set says:

    Comme j’ai trop à lire en ce moment (à cause de toi!), je vais tenter l’anime rien que pour voir Guts en mode Berserk

    • fylyp82 says:

      L’anime est très réussi, même si pour le mode Berserk, les images du manga sont beaucoup plus parlantes. Relire le manga par la suite es une véritable redécouverte du plot. C’est l’ordre que j’ai moi-même suivi, et ça a payé!

  4. fylyp82 says:

    33 ème volume en français, et toujours pas de nouvelles news concernant le nouvel anime, dont les extraits sont disponibles ici:

    http://www.younganimal.com/berserk/cm/index.html

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