300

mar 05, 2010 3 commentaires de Marv

300 de Zack Snyder

L’histoire :
480 avant Jésus Christ. L’armée Perse, forte de cent nations, si puissante que la terre tremble sous ses pas et que ses flèches masquent le soleil, s’apprête à écraser la Grèce, île de raison et de liberté dans une mer d’obscurantisme et d’esclavagisme. Entre la Grèce et cette vague destructrice menée par le tyrannique Xerxès autoproclamé empereur Dieu, il y a un petit détachement d’à peine trois cents guerriers, la garde rapprochée du Roi Léonidas.
Le rapport de force est démesuré, la bataille est désespérée, mais ces soldats sont plus que des hommes…Ce sont des Spartiates !

"Vite ! Le blu-ray est sorti !"

SPARTA ! PREPARE FOR GLORY !
On pouvait se poser plein de questions sur un projet comme 300. Zack Snyder avait déjà prouvé qu’il pouvait prendre un sujet couillu et le traiter de manière frontale avec sa sympathique Armée des morts, mais comment avec un film de studio rendre honneur au graphic novel d’origine de Frank Miller (2eme génie des comics en partant de la droite derrière Alan Moore avec a son actif moult chefs d’œuvres tels que Dark Knight ReturnsBatman : Year OneDardevil à son plus haut niveau, DK2Sin City, et plein d’autres) ?
Grâce lui soit rendu, Snyder ne s’est pas fait de nœuds au cerveau devant la tâche et a conservé trois idées fortes en tête : Miller ! Miller ! Miller !

Comme Rodriguez sur Sin City, Snyder joue la carte de la fidélité totale via le tout numérique à la subtile différence près qu’au lieu de s’en tenir à l’œuvre originale case par case jusqu’à en être figé, il lui donne une nouvelle dynamique pour sa transposition à l’écran sans renier l’univers visuel ou la morale jusqu’au boutiste de son auteur.

Certains se méfiaient comme la peste d’un film entièrement tourné sur fond bleus et verts (à l’exception de 2-3 plans a chevaux, ndc), qu’ils se rassurent, Snyder s’est approprié la technologie dans le seul but de la mettre au service de l’art et de l’implication du spectateur.

Le film est d’une plastique impressionnante. Le grain numérique saturé parfois à l’extrême (j’ai hâte de le revoir sur un écran HD) donne un mélange délicieux entre les tons âpres de Miller, le lyrisme d’un Frazetta et les compositions imparables de la Renaissance, comme dans les œuvres de David. Tout cela, soyons bien d’accord, est artificiel et on le sent à chaque seconde dans l’étalonnage parfait de l’image, mais c’est justement ce qui est appréciable dans le propos visuel de 300 : Jamais on aurait pu parvenir a un tel degré visuel sans passer par un ordinateur, ce qui fait réfléchir sur la place de la haute technologie dans le 7ème art, tellement décriée par certains passéistes aveugles alors que son utilisation, même constante (chaque plan, chaque détail) peut être un formidable moyen de raconter une histoire et pas une façade facile cachant la médiocrité d’une mise en scène ou d’un scénario.

"Tiens, il pleut"

THIS IS SPARTA !

Mais Snyder n’en reste pas là et offre une réalisation a la mesure du travail visuel accompli. Il donne un vrai point de vue sur l’œuvre qu’il aborde en lui donnant, et c’est louable, plus de force mythologique qu’historique(ce qui justifie a lui seul le style du film). L’histoire nous dit que l’armée Perse était de 7000 hommes ? Le film en rajoute 200 000 facile (simple estimation, le film n’offre pas de chiffre précis mais des plans larges de foules gigantesque composants l’armée). Xerxès est traité comme une vraie icône (2,50 mètres a la pesée et une voix d’outre-tombe), les Immortels comme de vrais monstres et le film se permet même de rajouter quelques figures à la ménagerie Perse, inédite du comic. C’est d’ailleurs l’un des deux seuls points faibles du film a mon goût : le film donne une scène superbe et jubilatoire contre un géant Perse, le bien nommé Uber, et en montre plus loin un autre monstrueux, force de la nature chauve de 3 mètres sur deux, décoré d’une chaîne au nez et aux tétons et pourvus de sabots à la place des pieds et de défenses d’éléphants en guise de mains. Devant une présentation aussi alléchante, on était en droit d’attendre une confrontation contre les spartiates, mais on ne le verra au final que pour une scène, trop courte en plus. On a le sentiment que Snyder, bien intentionné, a trop voulu en faire, a trop voulu en montrer et a dû se restreindre sur certaines choses et donner de la place à d’autres personnages.
Intervient alors, mon second et dernier regret du métrage : l’ajout de scènes inutiles avec une sous intrigue concernant la Reine Gorgo, absente chez Miller et qui aurait du le rester chez Snyder. On comprend la volonté des producteurs de donner du poids au seul vrai rôle féminin de la bande pour se rassurer devant la barbarie promise mais ces scènes n’apportent vraiment rien au film, entachent le rythme fou des batailles, et alourdissent le propos suffisamment clair à mon goût. Si il pouvait les couper dans un prochain montage et les remplacer par des scènes d’affrontement entre les 300 et la bestiasse décrite plus haut, le film serait parfait.

Les batailles ? si le film ne fait pas le poids avec les néo-zélandais pour les échanges culturels de masse, il fait plus que bonne figure dans les duels mano a mano, beaux a en pleurer. Il faut voir comment Snyder tient sa caméra face à au massacre, utilisant le ralenti comme un Dieu et gardant une lisibilité de l’action inouïe. Il faut voir ce monstrueux plan-séquence, filmé en travelling latéral où Léonidas embroche un escadron entier, le tout en variant la vitesse (ce qui renforce le lyrisme visuel et le coté mythologique), en insistant sur les coups donnés dans la caméra et en changeant les tailles de plan dans le cadrage au sein d’un même mouvement sans jamais perdre l’attention du spectateur, bien au contraire. Dans sa manière de montrer et de découper l’action(sur une musique géniale au passage), Snyder capte les valeurs extrêmes de ses héros à chaque instant dans leur chair (ils ont tous des physiques de statues greco-romaines) (a part le bossu ok), dans leurs postures, dans chaque réplique et là il faut voir les acteurs, tous géniaux car prenant avec sérieux leurs rôles et hurlant du Miller comme si leur vie en dépendait. A ce titre il faut voir la performance de Gerard buttler, hallucinant de justesse. Perso, j’avais pu un acteur mâle aussi viril et croyant autant en son rôle depuis 15 ans… Même un Russel Crowe de la grande époque de Gladiator fait timide a coté. Quand aux fillettes peroxydées de Troie ou d’Alexandre, on en parle même pas…
Maintenant c’est sûr : Conan Le Barbare (1er vrai chef d’oeuvre d’héroic fantasy du cinéma) a trouvé son fidèle successeur en la personne du Roi Léonidas.

Le Travelling dont je parle un poil plus haut : a lui seul un grand moment de cinéma

UN FILM D’HOMMES
300 n’oublie pas le fond au profit de la forme et se colle a la vision burnée de Miller : rejet total des institutions religieuses, impériales, belliqueuses, esclavagistes et obscurantistes, apologie exacerbée de l’honneur, de la bravoure, du courage et du devoir contre la soumission devant la barbarie, jusqu’au sacrifice si il le faut et mise en valeur primordiale de la liberté et de la démocratie devant tout le reste qu’il faut défendre avec l’armée la plus forte, impitoyable, violente et hargneuse qui soit. Rappelons que la bataille est historiquement à l’origine de l’idée de nationalisme et de patriotisme, mais pas dans le mauvais sens et là je dis attention (petite digression obligatoire vu la polémique que peut engendrer le film) :
Car évidemment, un tel propos (facilement détournable pour des gens mal avisés) n’a pas manqué d’être traité de fasciste par les gauchistes, mous et aveugles de la Terre entière, notamment au festival de Berlin (l’histoire a de ces raccourcis…) ce qui est bien hors-de-propos avec le cadrage de l’histoire où il n’est pas question de race inférieure ou supérieure mais de protection du peuple et de sa liberté par la force militaire contre l’ennemi obscurantiste, impérial et immoral. D’autres trouveront des parallèles avec le discours de Bush et celui de Léonidas ou les 300 avec les GI en Irak. Encore une fois, mieux vaut prévenir que guérir, c’est totalement hors sujet et  très mal connaître Miller, vraie grande gueule de droite mais pas d’extrême droite, qui aura plutôt tendance a envoyer se faire foutre les républicains comme les démocrates et à traiter tout le monde de tarlouzes incapables qui font tout de traviole.
Mais je le répète une dernière fois : 300 est avant tout l’histoire d’hommes, des vrais, des purs et durs, qui se battent pour protéger leurs familles et leurs terres, en petit nombre contre la multitude, et qui préfèrent mourir en hommes libres, debout sur le champ de bataille, que de vivre à genoux.

« This is Spartaaa ! » Puisqu’on arrête pas de vous le dire !

6/6
Œuvre totalement marvesque du premier au dernier plan, 300 est une expérience inoubliable, monstrueusement belle et intense, burnée, ultra-jouissive et surtout fidèle à un chef d’œuvre de papier et à son génie d’auteur.
Réalisation magistrale, propos fracassant, univers visuel complet, ces spartiates vont marquer leur temps, qu’on se le dise !
THIS IS MASTERPIECE !

Et on accepte les ticket restaurant Spartiate uniquement

Ciné Américain, Cinéma

A propos de

Descendant direct des plus grands héros de l'espèce humaine, le Marv est un aventurier au coeur d'or, dont le courage et la bravoure sont si puissants qu'ils pourraient lui faire soulever des montagnes ou des jupes par la seule force de sa pensée et dont les exploits sont si impressionants qu'ils sont vénérés jusqu'au pays du soleil couchant. Sans peur, humble et d'une modestie folle, le Marv, ce grand romantique, est un passionné. Amoureux du cinéma depuis 1895, le Marv n'a de cesse que de bouffer de la pelliculle jour et nuit quitte à en exploser. Le Marv est particulièrement féru de cinéma de genre, de tout ce qui se prête à la subversion, la culture geek, la contre culture et qui montre les tripes de son auteur. Le Marv dèteste le politiquement correct et le cynisme. Mais ce que le Marv préfere, ce sont les films qui arrivent a aligner à l'image un sens aigu de l'awesomeness, un propos philosophique, une pertinence métaphysique, des femmes nues et des grosses explosions.

3 réponses à “300”

  1. fylyp82 says:

    Brutal !!

    Voici une bande annonce alternative à ce carton historique ”

    http://www.youtube.com/watch?v=KDRAhiBtOrQ

  2. Grishka says:

    Décidément Snyder ne peut pas s’empêcher de faire d’excellents films.
    Encore un métrage que j’ai adoré, et qui m’a fait découvrir bien tard un chef d’oeuvre des comics.

  3. Kryska says:

    Un des premiers films en HD à rejoindre mes étagères. Très très bon film, une œuvre d’art à ne pas manquer !

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