A lire: Orion
Masamune Shirow est célèbre pour avoir pondu deux franchises qui ont fait leur petit tour du monde sur grand écran et petite lucarne: Ghost in the Shell (publié dès 1991, comptant deux adaptations au cinéma en 1995 et 2004 ainsi qu’une série TV) et Appleseed (publié dès 1985 et riche d’une adaptation en anime ainsi que de deux long métrages d’animation).
Parmi les projets moins connus de ce mangaka originaire de la ville de Köbe, Orion (Senjutsuchōkōkaku Orion) s’impose en vilain petit canard. Synopsis (perché, pour le coup).
L’humanité, étalée sur plusieurs planètes, à trouvé un moyen de détruire tout le karma négatif généré par les mauvaises actions et les pensées malveillantes des humains: le Naga à neuf têtes. Mais les Dieux regardent d’un mauvais oeil cette incursion dans le domaine divin. Susano Orbatos, le dieu de la destruction partage cet avis… Franchement, inutile de vous en dire plus.
Comme à son habitude, Masamune Shirow nous impose une héroïne aux formes rebondies (Seska Fuzen) et surexploite son système de légendes entre les cases pour tenter de nous expliquer le délire. Parce qu’il s’agit bien ici d’un délire scénaristique orienté action et poussé jusque dans les six voies du Bouddha. On est loin des proportions et du rythme des deux titres énumérés plus haut. L’heure est plutôt à l’exagération façon Dragon Ball Z, le karma en plus. Dieux et humains se croisent dans une course à la fin du monde, ça castagne, ça vanne à tout va, bref, c’est le bordel le plus cosmique.
Côté dessin, Masamune Shirow se (re)lâche: c’est assez brouillon dans l’ensemble, certaines cases sont carrément bâclées, le découpage des scènes est parfois assez saccadé, on a droit à du SD une case sur deux (grosse tête et petit corps). Tout porterait à croire que l’auteur n’avait qu’une envie: torcher cette série en quatrième vitesse.
Orion est pourtant loin d’être un manga raté pour autant. L’univers qu’il propose vaut le détour (le mariage de la science et des concepts des religion asiatiques) et Shirow ne fait aucune concession à son style d’écriture et de dessin. Malgré le manque de soin évident porté à l’ensemble, le titre est bien plus qu’un simple produit dérivé d’un auteur de talent (découvrez le facétieux docteur Hebime !).
En bref, si vous êtes fan de manga et de Masamune Shirow, je vous conseille ce titre ne serait-ce que pour le petit quelque chose caché dans ses pages. Dans le cas contraire, acclimatez-vous d’abord au genre pour pouvoir pleinement apprécier l’expérience.
Une fois n’est pas coutume: si vous ne devez en lire qu’un, ben forcez-vous à lire les deux.
Et pour finir, mon préféré: les deux.
Série achevée chez glénat: 2 tomes.
Existe en 1 seul volume chez Dark Horse Libri.
Prix fnac Glénat: 12,26 €
Prix Fnac Dark Horse Libri: 14,82 €



Je vais pas courir l’acheter, mais à l’occasion pourquoi pas !
Je te les prêterai… Je les possède… En fait ils traînaient dans la librairie familiale à Kaslik (Liban) depuis une bonne dizaine d’années. J’ai pas résisté et je me les suis payés. C’est vrai que ce n’est pas abouti, mais, comme dit plus haut, ya un petit quelque chose de frais.